Victor Huao
nique, empruntera sa grande portée historique à cet espoir d'incontestable hardiesse : la fédération impériale, question brûlante dont la réalisation gratifierait l'Angleterre puissance « mondiale » d'un surcroît de force et de richesse inappréciables.
Pour la deuxième fois, M. Chamberlain va tenter d'ériger sur ses bases le colossal édifice tendant à affaiblir ou à paralyser le concert européen.
Si l'Angleterre est ambitieuse, M. (^diamberlain ne Test pas à un moindre degré; il possède— c'est incontestable — une vue nette et juste des conditions auxquelles peut se développer et s'imposer à la longue l'Impérialisme anglo-saxon dont il aspire à conquérir la haute direction. Aussi la conférence intercoloniale sera-t-elle grave de conséquences ; si la fédération impériale s'effectuait, la moindre difficulté internationale serait une épée de Damoclès suspendue sur l'empire colonial de l'Europe continentale.
Mais les colonies n'ont pas encore fait connaître leur dernier mot à l'égard de celte grandiose conception qui serait le couronnement d'une prospérité étayée sur l'infatigable constance de la fortune et la tenace obstination du peuple anglais.
« Pour créer l'empire colonial dont la Grande-Bretagne est si justement fière, il a fallu une longue préparation, un ensemble de circonstances fortuites et d'essais incohérents. Les intérêts particuliers ont servi au bien commun; tout s'est arrangé par une sorte de fatalité. Les Anglais ont été mis au monde pour dominer sur les mers comme les abeilles pour faire du miel; ils se sont abandonnés à leur destinée, dès qu'ils l'ont connue'. »
Comme en 1897, vont être mis à l'ordre du jour les problèmes relatifs à l'impérialisme politique et militaire ;