M. Laurier à la Irilmne
l'avenir, il se montre pratique autant que positif et s'inspire plutôt de la raison que de l'enthousiasme. Toujours maître de sa pensée, il conduit ses discours avec sang-froid et sagacité; en une élocution ferme, précise, et décisive à bon escient, il ne dit que ce qu'il veut et le dit de franche et persuasive façon.
Supérieurement doué de l'esprit philosophique nécessaire à l'orateur, le Premier Canadien embrasse, d'un coup dœil, tous les côtés d'une question, puis joignant la séduction de l'éloquence à la force d'une logique serrée, la dégage de tous ses voiles et en fait ressortir dans une ordonnance excellente les principes dominants; ses raisonnements s'enchaînent logiquement, ses arguments se déroulent avec une clarté et une précision dont il tempère la sécheresse par des développements imprégnés d'un loyal accent de sincérité.
Aucun orateur canadien n'a plus brillé de cet éclat ferme et vivant de l'homme vraiment supérieur qui se révèle un maître dans les hautes régions intellectuelles et dans toutes les sphères de la pensée humaine.
En des harangues qui retranchent à ses auditeurs la faculté d'apprécier la durée du temps, sir \\'ilfrid Laurier, doué pour les grandes paroles comme pour les grandes choses, porte dans son langage le ton sérieux et décisif qui convient aux esprits sûrs d'eux-mêmes, et sème ses idées d'un accent convaincu qui se fait singulièrement impressionnant lorsque ses convictions les plus chères se trouvent en jeu.
Jamais il ne plie ou ne louvoyé, ne cède ou ne marchande, son attitude est invariablement d'une droiture virile, sa vigilance est constante et infatigable; son franc parler ne ménage aucune influence et remplit jusqu'au bout les plus sévères obligations. Ces vertus qui l'inspirent heureusement pour parler au cœur lui octroient au même titre le droit de parler aux intelligences.
En lui l'orateur enveloppe, domine, transfigure rhomme ; il l'emporte sur tous ses compétiteurs par la liaison logique de toutes les parties de ses discours, par la pureté de la diction, par le tact d'un langage d'où se trouvent bannies l'invective et l'acrimonie.
Le parfait équilibre de ses forces intellectuelles a déterminé chez lui cette parole mesurée qui le caractérise et sied merveilleusement à l'autorité du Parlement. Sir Wilfrid Laurier est aux yeux des lettrés canadiens comme un souvenir, comme un suprême écho du génie latin.
Quelle énergie de pensée et quelle puissance communicative dans le développement régulier du principe qu'il pose.
Quand la lutte se fera sur les pures questions de principes, quand les actes seront jugés d'après les pensées qui les inspirent et les pensées d'après leur valeur propre; quand on ne craindra plus d'accepter ce qui est bien ou de rejeter ce qui est mal de peur qu'en acceptant ce qui est bien ou en rejetant ce qui est mal on ne rende trop fort un parti à doctrines perverses et à tendances dangereuses; il m'importe peu de quel côté se trouvera la victoire. Quand je dis qu'il m'importe peu, je n'entends pas dire que je suis indifférent au résultat de la lutte. Je veux dire ceci : si la lutte tourne contre nous, l'opinion exprimée sera la libre expression du peuple; mais j'en ai la conviction, un jour viendra où nos idées jetées en terre germeront et porteront leurs fruits, si le semence en est saine et juste.
Quelle impression de grandeur et de dignité se dégage de son éloquence où la pureté du langage le dispute à celle de la pensée!
Messieurs, lorsque dans cette dernière bataille qui rappelle le monument de W'olfe, et de Montcalm, la mitraille semait ia mort dans les rangs de l'armée française; lorsque
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les vieux héros, que la victoire avait tant de fois suivis, virent la victoire leur échapper; lorsque couchés sur le sol, sentant leur sang couler et leur vie s'éteindre, ils virent, comme conséquence de leur délaite, Québec aux mains de l'ennemi et le pays à jamais perdus, sans doute leur pensée suprême dut se tourner vers leurs enfants, sur ceux qu'ils laissaient sans protection et sans défense; sans doute ils les virent persécutés, asservis, humiliés, et alors, il est permis de le croire, leur dernier soupir put s'exhaler dans un cri de désespoir. Mais, si d'un autre côté, le ciel permit que le voile de l'avenir se déchirât à leurs yeux mourants; si le ciel permit que leur regard, avant de se fermer à jamais, pénétrât dans l'inconnu... n'est-il pas permis de croire que leur dernier soupir s'éteignit dans un murmure de reconnaissance pour le ciel.
On sent le cœur d'un grand patriote palpiter sous ces mots.
Quelle force de persuasion dans ses discours où pétille une flamme qui éclaire et réchauffe, où se répand une chaleur pénétrante qui subjugue l'auditeur !
Si nous, le peuple de la province de Québec — pour qui a été fondée cette Confédération, — devons être les premiers à l'attaquer, si nous devons être les premiers à porter une main sacrilège sur l'arche sacrée de nos libertés, combien de temps pouvons-nous espérer que ce système se maintienne ■/ Si nous devons être les premiers à attaquer le système fédéral, le canon de la citadelle de Québec aura encore à faire retentir sa grande voix pour sonner le glas de nos libertés provinciales.... Nous aimons le drapeau britannique parce que nous avons trouvé à son ombre le bonheur et la liberté. En même temps nous sommes des descendants de la France, de cette grande nation qui s'est placée avec l'Angleterre à la tête de la civilisation moderne ; nous avons puisé dans notre origine des traits caractéristiques et des institutions que nous regardons
comme un héritage national, et auxquels nous adhérons de toute notre âme.
Sir Wilfrid Laurier, esprit méditatif porté aux hautes improvisations, est né éloquent comme il est né honnête; l'inflexibilité de ses principes atteste que la probité la plus stricte est compatible avec la politique,
C'est avec un art mesuré et avec toute la réserve que lui imposent ses fonctions qu'il manie la polémique ; sa préoccupation n'ayant d'autre règle que la recherche de la vérité exposée avec modération.
Gratifié de la puissante vitalité d'un esprit sagement démocratique, ce chef éloquent, capable de tout conduire et de tout régler, fait preuve d'une supériorité marquée sur tout ce qui l'entoure et le suit et possède une action décisive sur un Parlement où nul orateur n'est écouté avec plus d'attention et d'agrément.
Quelque grand que soit un homme, il ne l'est jamais que de sa grandeur propre. C'est ainsi que sir^^'ilfrid Laurier sachant tout ce que peut produire l'énergie persistante de l'activité individuelle ne perd jamais une occasion d'enrichir ses connaissances personnelles et d'orner son imagination. Doué d'un grand talent d'assimilation il lit, et s'instruit.
« Sir Wilfrid Laurier — remarque ]\1. Willison — a une prédilection marquée pour les meilleurs ouvrages de philosophie et de haute érudition. Il est plus que familier avec la meilleure poésie anglaise et place Burns au premier rang des poètes. Mais les livres de son cœur sont Shakespeare, Macaulay, les discours de John Bright et les quelques discours et documents de Lincoln qui ont été conservés. La touchante harangue de Lincoln à
Geltysbiirg et son second discours inaugural font Tadmiration du chef libéral. C'est d'après les lignes politiques tracées par c<'s grands hommes que M. Laurier dirige sa carrière; c'est dans le langage simple et puissant de Bright et de Lincoln qu'il raisonne, persuade et gagne le peuple à lui.
« C'est à la bibliothèque que le chef libéral consacre la plupart de ses loisirs. C'est là qu'il se sent le plus disposé à conduire la conversation sur des sujets qui révèlent sa profonde érudition, la solidité de son esprit, la force et l'étendue de son intelligence, les goûts et caprices du critique et du lettré. Peu d'hommes peut-être, au Canada, possèdent une plus belle collection des meilleurs ouvrages de littérature française et anglaise. Ici encore, le chef libéral n'a pas cherché à éblouir. Sa collection de livres est modeste, comparée à bien des grandes bibliothèques, indices trop souvent de la richesse plutôt que de la culture. C'est le contenu et non pas le couvert qui en a déterminé le choix. Ils ont été lus, non pas seulement exposés, et c'est dans les pages de ses auteurs anglais favoris qu'il a puisé cette pure diction anglaise, forte et sympathique, qui en fait l'égal des maîtres mêmes d'une langue qui n'est pas la sienne. »
A cette étude incessante, l'esprit du Premier Canadien est devenu la personnification de la clarté lumineuse dans l'ordonnance des raisons logiquement déduites, dans l'analyse minutieuse des faits et des idées.
Sa vie est le symbole du travail constant et persévérant de chaque jour, de chaque instant; assouplir les qualités qu'fl a reçues de la Providence règle sa conduite; chacun de ses discours dénote un progrès marqué, un perfectionnement en cette éloquence innée qui, pour être un don déjà nature, n'en a pas moins été développée par une étude opiniâtre.
Pénétrés de ses admirables facultés, les Anglais admi-
rentce Canadien-Français qui a, maintes fois, fait montre de son loyalisme et d'un patriotisme qu'il est merveilleusement propre à ressentir et à exprimer. Ils respectent ce chef libéral qui atteste chaque jour à nouveau sa face et sa vigueur,
Ils tiennent en grande estime cet éloquent orateur aux ressources de dialectique infiniment variées, cet éminent diplomate qu'un patriotisme éclairé nourrit de sages déductions, cet esprit judicieux qui parle admirablement leur langue et connaît leur histoire et leur littérature aussi bien sinon mieux que leurs premiers hommes d'État.
Ils aiment à l'entendre citer avec tact et commenter avec érudition leurs célèbres historiens et leurs grands parlementaires.
M. Blalce, disait en 1884 sir Wilfrid Laurier, est sans contredit une des organisations mentales les plus extraordinaires qu'il y ait aujourd'hui dans le monde. Son éloquence n'emprunte rien aux moyens ordinaires de l'orateur; elle procède tout entière d'une seule force : la force intellectuelle.
Sa puissante intelligence embrasse tout. Il possède à la fois la vue d'ensemble et la vue de détail. Toutes les lignes extérieures du plus vaste problème politique sont nettes devant lui ; aucun des points microscopiques de la question légale la plus épineuse ne lui échappe.... Quand il traite un sujet, il l'épuisé, et, quand il le laisse, il n'y a plus rien à dire, ni même rien à répondre, et quand enfin il reprend son siège, ses partisans sont dans l'enthousiasme et ses adversaires ne peuvent se défendre d'exprimer leur admiration. Sir John Mac Donald est d'un genre tout différent. Chose singulière chez un esprit aussi alerte, l'expression chez lui manque de bonheur et de mouvement. Il hésite, il se répète, il est incorrect, mais dans tous ses discours surgit un clou qui va droit au but. Il excelle à saisir le point faible d'un adversaire.... Ce qui caractérise sir Charles Tupper, c'est la force et surtout l'audace. C'est
le Danton de la Chambre. Il parle avec l'abondance, la véhémence, la fougue d'un torrent. Plus la cause qu'il doit défendre est désespérée, plus il est audacieux. Il affirme les propositions les plus insoutenables avec un aplomb qu'aucune apostrophe, aucune interruption ne sauraient décontenancer. Bien loin de là, si une interruption vive vient démolir sur-le-champ une assertion trop hasardée, au lieu de battre en retraite, ne fût-ce que de l'épaisseur d'une semelle, il s'écrie invariablement: « Je remercie mon interrupteur : ce qu'il vient de dire prouve tout ce que je dis. » Puis il répète sa thèse précédente avec un redoublement d'énergie, d'arguments et de vigueur.
Son talent où la dignité du penseur se mêle à la voix grave de l'expérience les émerveille, sa fermeté de principes les frappe, son désintéressement et son inviolable fidélité au drapeau libéral leur donnent l'exacte mesure des multiples vertus qu'il symbolise à leurs yeux.
C'est sans colère qu'ils écoutent ses déclarations patriotiques ; ils le savent, en efTet, inébranlablement attaché au culte de la liberté, de la justice et de l'honneur.
Guidé dans l'accomplissement de .ses devoirs par la foi ardente et l'inébranlable confiance qu'il nourrit dans les brillantes destinées de sa patrie, il a su, pour la servir, allier une hauteur de pensées et une largeur de vues peu communes, avec une circonspection et un tact non moins dignes d'hommages.
Dans un temps où les renommées disparaissent aussi rapidement qu'elles s'élèvent, la sienne ne pâlit point. Son nom, <[u'invoquent les opinions les plus diverses, s'impose dans les discussions parlementaires.
Il a cet ascendant qui entraîne les hommes et domine
256 SIR WILFRID LALHIEn.
les situations. Il cumule la perspicacité qui devine, la prudence qui attend, le dévouement qui ose. Rigide initiateur d'une politique empreinte de la plus grande sagesse, cet esprit droit et pénétrant éclaire tous ses actes de la lumière la plus propice aux intérêts canadiens.
En ce pays où vivent deux races diiïerentes, dont l'histoire a fait un seul peuple, sir Wilfrid Laurier, premier ministre français d'une colonie anglaise, a obtenu ce miracle de contenter tout le monde; aussi jouit-il d'une faveur sans cesse croissante. Tout en flattant l'élément anglo-saxon, il a donné satisfaction à linstinct patriote de sa race, et, de ce chef, resserré son unité sans cesse menacée par ces énergiques et entreprenants sujets anglais, adversaires naturels des droits religieux et nationaux des Canadiens -Français.
C'est en favorisant la survivance continue de leurs traditions et de leurs attaches avec le passé qu'il a pour toujours trouvé le chemin de leur cœur, et c'est ainsi qu'au premier appel de sa volonté, la nationalité canadienne-française s'est affirmée avec puissance aux yeux des Anglo-Saxons.
Cet ascendant se doit attribuer aux sentiments dont sir Wilfrid Laurier est animé, « à son àme plus encore qu'à son génie ». Il ne connaît, en effet, ni l'esprit de rancune, ni l'esprit d'exclusion, et rend hommage à tous ceux en qui il reconnaît, comme en son propre cœur, la foi du patriotisme.
Durant la lutte électorale de 1891, l'abbé Casgrain s'exprimait ainsi à l'égard du chef du parti libéral :
« Malgré toutes leurs sympathies britanniques, les membres de l'opposition au Parlement fédéral ont été forcés de choisir pour chef un Canadien-Français, M. Laurier, dont la supériorité les a séduits et vaincus. M. Laurier est une riche nature. Doué d'un grand sens
SON CARACTÈRE. '2j7
politique, il rappelle Lamartine par sa physionomie, son air inspiré, son éloquence.
« II parle un français exquis et manie si admirablement la langue anglaise qu'on le regarde comme le député des Communes parlant l'anglais le plus pur. Dès que sir John Mac Donald aura disparu de la scène politique, Ihomme de la situation sera M. Laurier. »
Homme fait pour l'action, il a l'esprit net et positif (jui la suggère; à la fois très habile et très réfléchi, il concentre dans ses actes et dans ses visées tout ce qu'il y a d'applicable et de pratique. Nature large et prompte tjui possède la double conscience de son but et de sa force, il a conservé, à travers toutes les fluctuations de la politique, la fidélité la plus intransigeante, le dévouement le plus absolu à une cause qui est celle du Canada môme.
En dépit du loyalisme que cet incomparable entraîneur de conscience professe vis-à-vis de la métropole, il est loin de vouloir inféoder le Canada à TAngleterre. Bien naïfs ou bien ignorants sont ceux qui lui en attribuent la pensée ou lui en supposent le désir.
.J'aime la France qui nous a donné ta vie, j'aime l'Angleterre qui nous a donné la liberté; mais ta première place dans mon cœur est pour te Canada, ma patrie, ma terre natale. Certes, mes yeux ne se tassent pas de contempler ce Paris si plein de merveilles, Paris ta ville lumière, comme Victor Hugo l'a appelée avec tant de vérité, ta plus belle sans contredit de toutes tes villes, mais- Paris avec toutes SCS beautés ne parte pas à mon âme comme le rocher de ' >uébec.
2r.8 SIR WILFP.ID LAURIEll.
Certaines voix autorisées ont également laissé percevoir la crainte que, dans sa préoccupation dominante de mener à bien l'évolution économique du Canada, sir Wilfrid Laurier ne perde de vue l'objectif constant du groupe canadien-français et n'assume ainsi la plus lourde et la plus grave des responsabilités. De telles appréhensions sont sans fondement, car, d'un esprit analytique el réfléchi chez qui tout relève du bon sens et de l'expérience, le Premier canadien n'a, par surcroît, ni goût ni faiblesse pour l'annexion.
Lui prêter de telles opinions c'est, en réalité, mettre en doute un patriotisme qui les a toutes inspirées, un patriotisme qui n'a, lui-même, d'autre limite que celle du dévouement.
L'avenir démontrera l'inanité de ces propos; le temps en fera justice.
Sir ^^'^ilfrid Laurier, dont le sang est inoculé de « l'utile fièvre des idées françaises », est un esprit de vaste envergure ouvert à toutes les magnanimes aspirations; doué de l'inlelligcnce pénétrante des nécessités de l'heure, il ne s'attarde — en politique sensé — à aucune suggestion chimérique, et soumet tout au joug d'une sévère raison. Fondés sur un examen attentif des intérêts^du Canada, ses desseins se trouvent être parfois à longue échéance et nécessitent, pour en préciser la portée, une réflexion aussi lucide que persistante.
Quoique interprèle fidèle du sentiment anglais, il est foncièrement Canadien-Français et n'a pas un instant cessé d'être dominé par la pensée d'un avenir dont la garde lui est commise.
Je ne permettrai certes pas de me faire des lectures sur la loyauté; je suis sujet britannique et je m'honore, autant que qui que ce soit dans cette Chambre, de ce noble titre. Mais que l'on n'attende pas de moi que je laisse ce gouver-
nenient fouler aux pieds des compatriotes sans amis, sans défenseurs et sans représentants dans cette Chambre.
L'âme de ce grand patriote a toujours vibré à runisson de l'âme canadienne, et son activité embrasse tous les objets relatifs aux intérêts fondamentaux d'où peut dépendre le bonheur de ses compatriotes.
« Comme M. Lafonlaine, M. Laurier fut un jour arrêté et traîné devant les tribunaux de son pays, non pour avoir dénoncé le gouvernement, mais son factotum, son commensal. C'est le 20 avril d881 que parut, dans r « Électeur » de Québec, un article intitulé : « La Caravane des quarante voleurs » et suivi, le lendemain, d'un autre : « Lltistoire se répèle ». Voyant la dette provinciale augmenter dans des proportions alarmantes, un déficit annuel de 600 000 dollars dans les finances, notre crédit épuisé et le gouvernement mis dans la triste et pénible nécessité de quémander le secours du pouvoir fédéral, au détriment de notre autonomie provinciale. Laurier jeta le cri d'alarme dans l'intérêt public, afin de sauver notre Province de la honte et du déshonneur que l'administration du chemin de fer du Nord attachait à son nom. Le procès eut un immense retentissement. Le jury ne pouvant s'accorder. Laurier fut libres »
INlalgré la faveur dont le chef du parti libéral bénéficie en Angleterre, malgré ses démonstrations de bon vouloir envers ce peuple orgueilleux de sa primauté nominale, loin de son esprit est l'idée d'imposer à son pays une solidarité forcée et de l'enchaîner de gaieté de cœur au char de l'impérialisme anglo-saxon.
Quant aux États-Unis, impatients de tous obstacles et de toute concurrence, le Premier Canadien n'a nullement fait le siège de leurs bonnes grâces; il n'est pas