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'2(30 SIR \MLFRID LAURIER.
sans ignorer que celle agissante démocralie est le point menaçant de l'horizon dont toi ou tard pourrait bien descendre le premier orage.
Le Canada est actuellement soumis à un régime qui donne satisfaction à toutes ses aspirations, lui permet de se développer à son aise et ne laisse subsister de suzeraineté que jusle assez pour le mettre à l'abri des insatiables convoitises de ce puissant voisin, imprégné par atavismede l'art « de bien surprendre et de bien prendre ».
Il sérail malaisé de croire que sir Wilfrid Laurier ne soit pas au courant de la marche de ses desseins. Depuis longtemps déjà, dans son inconcevable présomption, l'Amérique yankee, dont l'appétit voile toutes les iniquités, rêve d'absorber le Canada, de le plier à ses vues, de le subordonner à sa politique, de l'enchaînera ses destinées. C'est l'évidente et primordiale raison qui a fait des hommes politiques du groupe canadien-français, et de sir Wilfrid Laurier entête, les partisans résolus delà tutelle anglaise; car l'abandon d'une intégrité certaine et d'une indépendance, de quelque prix qu'on les paye, serait un irrémédialjle désastre pour la nationalité française, un coup mortel pour l'avenir de cette race qtii compterait pour bien peu dans l'immensité du territoire fédéral et perdrait à coup sur l'égalité polili(|ue dont elle jouit actuellement.
Ce sont choses que sait pertinemment le chef du parti libéral dont la politique clairvoyante consiste à soutenir la couronne d'Angleterre qui se trouve être révidente sauvegarde des droits et privilèges d'une race dont il est la plus haute expression.
« Parler de Laurier, c'est faire le portrait d'un grand patriote, d'un homme d'État distingué, d'un législateur
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éclairé, d'un illustre chef de parti qui l'ait Tadmiration ds ses concitoyens et possède l'entière adhésion de ses compatriotes dans la politique par lui suivie dans l'administration de la chose publique'. »
Entre tous les hommages dont s'est trouvé entouré sir Wilfrid Laurier, il en est peu où le caractère de Téminent libéral ait été plus finement et plus sincèrement apprécié que dans les pages que M. Paul HameHe lui a consacrées. Elles obtinrent, d'ailleurs, pour remerciement, la lettre suivante adressée par le Premier Canadien à l'écrivain français :
Ollawn. 2r, février 189s.
Monsieur.
Je suis proroiidéinent touché par votre letti-e et, dans votre trop bienveillant article, je trouve à toutes les lignes la main indulgente d'un compatriote. L'expression est de vous, et je l'accepte de grand cœur. Je ne saurai assez vous dire à quel point je vous suis reconnaissant de l'intérêt que vous portez à mon pays et à moi-même. Je n'ai certainement rien à reprendre à votre article et je n'ai Jpas surtout à me prévaloir de l'invitation, que vous me faites, de vous signaler les inexactitudes de faits qui auraient pu s'y glisser. 11 est évident que vous connaissez à fond ce pays, bien que vous n'y soyez jamais venu, pas du moins que je sache. Laissez-moi vous dire que vous avez saisi avec une rare clairvoyance et exposé avec une claire netteté les problèmes dont l'ensemble constitue aujourd'hui la situation politique de la Confédération canadienne. Vous avez parfaitement saisi et rendu le sentiment de fierté que les Canadiens de race française conservent de leur origine et le sentiment non moins profond qu'ils ont des devoirs