CHAPITRE IX
Retour de Sirven à Mazamet, où il se constitue prisonnier ; son élargissement.
Danger d'un retour dans le Midi.— Voltaire prépare ce retour. — Changement de TopinioD publique. — Départ de Sirven pour Mazamet. — Il se constitua prisonnier. — Révision de la procédure contumaciale. — Sa fermeté. — Conclusion du procureur et sentence des Juges. — Sirren en appelle au- Parlenweut. —
Sijes Sirven eussent été laissés à eux-mêmes, abreuvés de déceptions et de dégoûts, ils auraient cent fois renoncé à obtenir justice et Feur nom serait ainsi passé d âge en âge, couvert d'ignominie.
Heureusement pour eux, leur protecteur était moin» facile à décourager et plus tenace. Tandis que d'autres, après l'échec en Conseil du roi, se seraient solennellement retirés dans leurs tentes, excusant leur repos par leur activité passée et par l'inutilité de nouvelles tentatives, — Voltaire demeura sur la brèche , infatigable, énergiquement résolu à épuiser tous les moyens. « Je ne lâcherai prise, dit-il, quequand je serai mort. »
Après l'arrêt négatif du Conseil du roi, il ne restait plus aux Sirven qu'à suivre la filière légale, à se r pré-
senter devant le tribunal de Mazamet et, de là, faute d équité, à faire appel au Parlement de Toulouse. Mais comment se rendre dans un pays « où le sang des Cau las fumait encore? » Ils n'y pouvaient penser ; le fanatisme ne le permettait pas; ne le permettaient pas non plus, les ressentiments d'amour-propre soulevés par la requête des Sirven au Conseil du roi.
Voltaire le sent à merveille et il se gardera bien d'engager témérairement la vie de ses protégés. Il en touche un mot à M. Chardon, dans une lettre de condoléance qu'il lui écrit après la décision du Conseil. (24 fév. 4768.) « Monsieur, Cicéron et Démosthènes, à (( qui vous ressemblez plus qu'au maréchal de Villeroi, <c n'ont pas gagné toutes les causes ; je ne suis point du « tout étonné que la forme lait emporté sur le fondj « cela est triste; mais cela est ordinaire... J'ai revu le « pauvre Sirven, il n'y a pas moyen qu'il aille se préce senter devant le Parlement de Toulouse : on l'y puce nirait très-sérieusement de s'être adressé au Maître <( des Requêtes. Il serait injustement pendu ou roué... ce Voilà une famille ruinée sans ressources; mais, ce comme c'est une famille de gens qui ne vont pas à et la messe, il est juste qu'elle meure de faim. » Il forçait ici sa pensée pour mieux apitoyer M. Chardon ; car, il ne croyait pas que cette ruine fut sans ressources; sans cela, il ne se serait pas, dans le temps même où il parlait ainsi, démené comme il le faisait, entretenant des rapports actifs avec les plus hauts personnages du Midi, pour essayer, parleur influence, de modifier l'opinion publique et de rendre possible un nouveau ju-
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gcment. Il présente le fanatisme méridional sous les couleurs les plus odieuses et le montre honni de tous les gens éclairés de l'Europe ; il cherche à Sirven des amis et des protecteurs dévoués dans le Haut-Languedoc , il prépare son retour.
L'abbé Audra, chanoine et professeur d'histoire, le marquis de Bélestat, l'avocat Sudrc, le cardinal de Bernis, reçurent de lui de chaleureuses lettres. Il n'y eut pas jusqu'au prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc qui, à la sollicitation de Saint-Lambert, (l'auteur des Saisons et l'ami de Voltaire), ne recommandât l'affaire Sirven au procureur-général. Il résulta de bons effets de tout ce mouvement. Ces effets, sans doute, ne furent pas immédiats; car, depuis l'arrêt du Conseil, il s'écoula presque une année sans que l'on connut rien d'un changement dans les esprits. Mais le travail se faisait en silence, peu à peu; et toutà-coup, on reçut la nouvelle que des signes non équivoques d'une réaction générale s'étaient manifestés. <c On me mande, disait alors Voltaire au comte d'Ar- « gental, que le Parlement de Toulouse est devenu « une académie de philosophes. »
Et c'était d'autant plus heureux que la sentence , ayant prononcé la confiscation des biens de Sirven, devait être prochainement exécutée. Le 11 septembre 1769, expiraient les cinq années au bout desquelles Sirven perdait et pour toujours, tout son avoir. Il n'y avait donc pas de temps à perdre.
Le comte d'Argental opfne pour que Sirven se présente devant le Tribunal de Mazamet; Voltaire approuve
cette^idée et se remet à l'œuvre pour exciter encore tous ses amis. L'abbé Audra lui avait annoncé que la Parlement de Toulouse commençait à ouvrir les yeux et à rougir des barbaries commises contre Calas. Voltaire s'informe soigneusement, auprès de lui, du danger qu'il y aurait pour Sirven à remettre le pied sur k territoire de la juridiction Toulousaine et lui demande s'il ne connaissait pas quelque magistrat libéral et courageux qui voulut se charger de sa défense. — Il supplie le marquis de Bélestat d'entrer en campagne pour gagner quelques conseillers. Obtenir gain de cause, serait rendre service, tout à la fois, aux Sirven, à l'humanité, à lui personnellement et même au Parlement de Toulouse, qui expierait, par cette réhabilitation, le sang des Calas.
Il écrit à l'avocat Sudre la lettre la plus flatteuse pour en obtenir le secours de ses conseils et de sa parole.
Tout cela se passait dans les premiers mois de
L'opinion publique, et surtout l'opinion des classes oultivées s'était considérablement assainie. Presque tous les avocats, tous les membres du Parlement, audessous de trente-cinq ans, imbus d'un esprit nouveau, s'élevaient contre le vieil esprit persécuteur; décidément la jeunesse, comme l'avenir, appartenait à la tolérance et à la liberté.
Chaque courrier en porte des preuves à Voltaire, dans son château de Ferney. Là, qu'il se trouve au milieu d une bruyante réunion d'amis, qu'il se promène
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solitairement le long de ses épaisses charmilles ou dans les allées sinueuses de son parc, toujours absorbé par la pensée de6 Sirven, — il prévoit, il devine l'issue glorieuse de tous ses efforts. Aussi, redouble-t-il d'ardeur. Comme un général, au champ de bataille, il a l'œil à tout; et, partout, il fait sentir sa présence. Son espoir devient plus assuré, sa voix plus ferme. On lit dan$ son épître à Boileau, en 1769, ces mâles paroles :
Malgré soixante hivers, escortés de seize ans. Je fais au monde eucore entendre mes accents. Dm fond de mes déserts aux malheureux propice. Pour Sirven opprimé, je demandejustice.
Je l'obtiendrai sans doute ; et cette même maia Qui ranima la veuve et vengea l'orphelin, Soutiendra jusqu'au bout la famille éplorée ' Qu'un vil juge a proscrite et non déshonorée.
Les fréquentes relations de Voltaire avec Toulouse lui permettent de connaître le mouvement des espriu tt le temps opportun pour le départ de Sirven. Il avertit M. Sudre que Sirven se tient à sa disposition, qu'il partira au premier avis. Et, peu de jours après, on voit, par un mot d'une de ses lettres, que Sirven dût quitter la Suisse, vers la fin de mars. Cette lettre, datét dUi 4 avril, porte, en effet, que « Sirven est actuelle- « ment devant ses juges et que ses filles, qui sont ac- « tuellement auprès de lui, partiront de suite, si les « juges veulent les interroger. »
A cette époque, Sirvcn était bien rentré dans sa patrie ; seulement, par prudence, il ne s'était pas rendu directement devant ses juges; c'eût été, peutêtre, se trop aventurer. Il voulut sonder lui-même la situation ; et, pour cela, il demeura plusieurs mois incognito dans le Midi de la France. C'est alors, sans doute, qu'en passant à Montpellier, il se fit délivrer les consultations de la Faculté de Médecine et du Collège royal de Chirurgie, qui devaient plus tard réduire à néant le pitoyable rapport des experts de Mazamet.
Le 31 août 1769, Sirven, tout bien considéréré, sachemina résolument vers Mazamet, pour purger sa contumace. En arrivant, il se constitua prisonnier, et fut enfermé dans la prison seigneuriale du village. Sa détention fut rigoureuse; misau secret par l'ancien juge « qui s'était fait le geôlier de son confrère subrogé à sa place,» il ne lui était pas permis de recevoir une lettre; c'est au point que « le geolier-juge )> dût être réprimandé parle procureur-général (1). — Que d'agitations diverses devaient tourmenter Sirven, sous les verroux ! Comme son cœur devait battre à la vue de ces murs, de ces gardiens, de cette ville, au souvenir du terterrible jugement et de l'exécution figurative du Plô, à la pensée des débats et des scènes qui se préparaient! De plus, il était en face de l'inconnu... Comment tout se passerait-il? que serait la nouvelle sentence? Casserait-elle ou confirmerait-elle la première? De là, une source de poignantes anxiétés.
[J] CoanESP., 19 mars 1770.
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Il parait, du reste, qu'il n'était pas le seul en peine; le Haut- Justicier Landes se trouvait dans le même cas. 11 était si loin de s'attendre au retour de Sirven, que son arrivée soudaine, dit un mémoire, produisit sur lui, l'effet d'un coup de foudre. Les remords des faits accomplis, le revirement de l'opinion, la manière dont l'avenir se présentait, en auraient ému de plus intrépides. Une lettre de Voltaire au comte d'Argental, écrite la veille môme du jour où Sirven se livrait à ses juges, nous fait parfaitementapprécier l'état des choses, a Le Parlement de Toulouse (30 août 1769) semble « faire amende honorable aux mânes de Calas, en fa- « vorisant l'innocence de Sirven. Il a déjà rendu un « arrêt par lequel il déclare le juge subalterne incapa- « ble de revoir cette affaire et la remet à d'autres jute ges(1); c'est beaucoup. Je regarde le procès de Sirtc ven comme gagné; j'avais besoin de cette consola- « tion. » Dans ce dernier mot semble passer toute son âme.
Lorsqu'il apprit pourtant que Sirven s'était mis sous les verroux , il craignit que ce ne fut trop prématurément et s'en alarma un peu. (4 septembre 1769, à l'abbé Audra) : « Je ne conçois pas pourquoi cet infortuné se w hâte si fort de se remettre en prison àMazamet... Je « crains pour sa tête dans une prison où il sera proie bablement longtemps. Il m'a envoyé la consultation « des médecins et des chirurgiens de Montpellier. Il
[1) Le Haot-Jasticier en effet, parent de Tune des parliez, ne pouvait lëgacment occuper son ïiègc.
(( est clair que le rapport de ceux de Mazamet était a absurde et que l'ignorance et le fanatisme ont conte damné, flétri, ruiné une famille entière et une face mille très- vertueuse... Ce jugtment est horrible et <c déihonore la France dans les pays étrangers... l'alibi « de Sirven est invinciblement constaté... » Suit une sortie violente contre l'esprit d'intolérance dont il énumère les crimes. « Pourquoi, s'écrie-t-il alors, tant « d'assassinats religieux sont-ilsle partage d'un peuple « si renommé pour la danse et l'opéra-comique ? » Enfin, il demande pour Sirven indulgence et support : « Je vous prie de ne pas vous rebuter des irrégularités « dans lesquelles peut tomber un homme, accablé « dune infortune de sept années capable de déranger « la meilleure tête. »
A la môme date, et ceci nous révèle ses préoccupations et sa dévorante activité, il écrit à d'Alembert, en style d'un parfum assez peu attique : «.... La crasse (c ignorance d'un médecin de village et l'ignorance ente core plus crasse d'un juge subalterne, jointes à la u crasse du fanatisme, ont fait condamner la famille <( entière, errante depuis six ans, ruinée et rivant d'au- « mônes. Cette affaire me donne plus de soins et dïn- <( quiétudes que n'en peut supporter un vieux mala- « de. » Mais, cette fois, le vieux malade est rajeuni par un espoir qui augmente d'heure en heure et qui déjà lui fait envisager comme certaine la justification complète des Sirven ; des nouvelles de plus en plus rassurantes arrivent tous les jours du Languedoc où depuis uae huitaine d'années, comme nous l'avons dit, il s'était
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opéré dans la jeunesse un incroyable changement. Il se félicite que Sirven ait différé jusques-là de purger sa contumace: car, il trouvera les esprits d autant mieux disposés. . - *
Une fois prisonnier, Sirven demande à être immédiatement interrogé par les officiers de Mazamet ; il ne le fut pourtant que trois jours après, le 3 septembre
Après l'interrogatoire, vint la confrontation de 44 témoins sur 192. Le procureur fiscal, malgré toutes les réclamations de Sirven, se prévalut de la loi qui l'autorisait à soustraire à la confrontation les témoins qu'il voulait, par la raison qu'ils n'étaient pas à charge. Mais s'il refusa d'assigner tous les témoins vivants, en revanche il requit la déposition de témoins déjà morts, que l'accusé ne pouvait interpeller. Et cependant, quelqu'imparfaite quelle fut, cette confrontation permit à Sirven de discuter, avec les témoins qu'on lui offrait, la valeur de leurs dépositions. — Cela dura seize jours. — Et Sirven, que Voltaire, dans quelquesunes de ses lettres, représente comme un homme dont l'esprit s'est affaibli, fit preuve d'une mémoire, d'une habileté, d'une énergie, qui montrent chez lui des facultés en parfait état. 11 réussit à convaincre plusieurs témoins d'inconséquence^ de contradiction, de mensonge, et surtout, il mit à la torture le médecin Gallet-Duplessis, seul survivant des deux experts. Pénétré des observations si frappantes des professeurs de Montpellier, il le questionne, le presse, le force à se
rétracter et fait impitoyablement ressortir par une argumentation sans réplique, l'ignorance et la mauvaise foi du rapport. Nous ne reprendrons pas tous ces faits, examinés au long dans le chapitre IV. Qu'il nous suffise de dire que Sirven établit supérieurement son innocence, quoiqu'on lui refusa les témoins dont les dires devaient le mieux le servir; toutes les protestations, tous les efforts de Boulade (qu'on avait forcé de signer son décret d'arrestation et qui, maintenant plus libre, était devenu son conseil), échouèrent devant l'opiniâtreté du juge qui « ne pouvait en conscience, » Jui permettre d'interpeller tous les témoins.
Malgré cette flagrante violation du droit naturel, sanctionnée du reste par le droit écrit de l'époque, Sirven avait trop victorieusement défendu sa cause pour qu'il n'espéra point, de la part de tous, l'aveu de son innocence. — Son attente fut trompée.
Le procureur fiscal le proclama coupable et formula ainsi ses conclusions :
Nous requérons l'accusé duement atteint et convaincu de parricide, pour réparation qu'il soit banni pour dix ans de la ville et juridiction de Mazamet,à lui enjoint de garder son ban, sous les peines portées par les ordonnances; le condamner, en outre, à 1,000 livres d'amende envers le Seigneur.
TêH au Parquet. 16 norembre 1769.
TRINQUIER.
Dans cette réquisition, l'inique le dispute à l'absurde.
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Avec plus de raison encore que pour la première condamnation, on peut poser ce dilemme invincible : Si Accusé est innocent, pourquoi le déclarez-vous coupable? Et s'il est coupable de parricide , que ne le condamnez-vous à la peine des parricides, à la roue ? à la potence, au feu ? Est-ce donc par amour que, contrairement aux lois, vous lui infligez une simple amende et un simple bannissement?
Il fallait bien que ces conclusions parussent criantes pour être entièrement renversées comme elles le furent, par la sentence des juges.
Le jour môme, le juge de Labruguière (remplaçant du haut-justicier de Mazamet), assisté des deux juges qui avaient concouru à la première condamnation, procéda, selon l'usage, à l'interrogatoire de Sirven sur' lajselette et rendit la sentence suivante :
Avons mis les parties hors dinstance et ordonné quç ledit Sirven, accusé, sera élargi des piisons où il est détenu ; ce faisant, avons donné a udit Sirven mainlevée de ses biens, meubles et immeubles à lui saisis et annotés, à la remise desquels tous séquestres et dépositaires seront contraints par les voies de droit et par corps.
La sentence diffère donc essentiellement de la réquisition, en ce qu'elle ne déclare pas les accusés coupables, en ce qu'elle ne les condamne ni au bannissement, ni à l'amende, en ce qu'elle les réintègre dans la possession des biens confisqués. — Néanmoins, elle laisse à leur charge les frais de la procédure contuma—
RETOUR DE SIRYEN
ciale. C'est, en quelque sorte, une réhabilitation, une absolution ; en tout cas, le sentiment de ce tribunal s éloigne beaucoup du sentiment qui dicta les monitoiresct l'arrêt du 29 mars 1764.
Toutes les affaires humaines, a-t-on dit, peuvent se prendre par deux anses. Rien n'est plus vrai, surtout quand la passion s'en mêle ; car, elle bouleverse le sens moral et ne tient aucun compte des faits les plus patents. Mais que les agitations intérieures s'apaisent, que la haine tombe et, avec elle, tombent aussi les préventions et les iniquités. La vue devient lucide, le jugement se rectifie et l'on s'aperçoit souvent trop tard, que l'on a pris les choses par la mauvaise anse, que l'on a écrasé des innocents.
Cest ce qui arriva pour les Sirven; après les avoir plongés neuf ans dans le malheur, on reconnut que l'on s'était trompé. Pourquoi? parce qu'au bout de neu ans, les passions primitives n'existant plus, on discerna clairement la vérité et on l'avoua par la mise hors d'instance des accusés.
Toutefois, cet arrêt, quoique bien préférable à tout ce qui s'était fait jusques-là, laissait encore à désirer et Sirven, — qui se sentait appuyé par la conscience de ses droits, aussi bien que par l'opinion, — ne se montra pas satisfait.
La mise hors d'instance, en effet, ne proclamait pas l'accusé coupable, mais elle ne le proclamait pas non plus innocent. Elle était la simple déclaration qu'il ne serait plus poursuivi criminellement. Elle laissait subsister un vague peu honorable, une marque dmfâmie.
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Quo* libérât notât, disait-on. L'accusation n'était regardée comme calomnieuse que quand on relaxait l'accusé. — En outre, Sirven n'était nullement disposé à payer les frais de la procédure qu'il n'avait pas soulevée et qui s'était faite toute à ses dépens. Aussi, dès qu'on lui signifia la sentence, il interjeta appel devant . la cour de Toulouse, demandant que la sentence des juge6 de Mazamet fut cassée ou réformée; qu'on le relaxât de l'accusation calomnieuse contre lui intentée ; que l'on condamnât les adversaires à lui payer 20,000 livres pour lui tenir lieu de dommages-intérêts.
G'esi dans cette solennelle et dernière phase, qu'ilnous reste maintenant à le suivre.
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