‹ Sirven étude historique, d'aprés les documents originaux et la correspondance de VoltaireChapitre 3 sur 26 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

bruyante; mais, pour Sirven, le grand intérêt ressort de ceci, c'est que, son innocence étant manifeste, il fut traité comme coupable. La condamnation de Calas aurait pu, rigoureusement, être une erreur; celle de Sirven ne fut qu'un arrêt de colère, un acte inique du fanatisme méridional à une époque malheureuse.

Et pourtant, cette procédure si retentissante, qui absorba Voltaire neuf années (1) et dont il dit lui-même qu'il ne trouve rien dans l'histoire moderne qui lui plaise plus que la réhabilitation des Calas et des Sirven, — cette procédure ne se rencontre dans aucune histoire générale; peu de personnes en ont entendu parler; et, dans le pays où elle s'est accomplie, à peine en connait-t-on vaguement les points principaux. Nul ne saurait dire la signification d'un petit monument dont Sirven, selon toutes les apparences, a .été l'occasion : tout près de Saint-Alby, à l'extrémité d'un sentier qui conduit de la routo au

(J) L'affaire Calas l'occupa trois ans.

AVANT— PROPOS. E " " ' Vil

village, se dresse une croix de fer supportée par

trois pierres de taille, sur lesquelles on déchiffre cette inscription à demi rongée par le temps : Hoc signum posuit pietatis monumentum Francisais Lafon, an. 4762. — Comment s'expliquer cette croix sur le théâtre premier de l'affaire et érigée Tannée même de l'affaire? Quelle pensée iigure-t-elle? Est-elle un simple monument de simple piété? ou une action de grâce pour un

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