AVANT-PROPOS XI
tretenir que de Calas et de Sirven. La France et l'Europe entière en étaient émues. Les grands plaidoyers qui parurent, aidés de l'éloquence et des sarcasmes de Voltaire, préparèrent la régénération publique et hâtèrent le temps où les ministres du roi devaient eux-mêmes réclamer et obtenir enfin la tolérance, après deux siècles de persécutions. A ce titre, l'affaire Sirven mérite une attention spéciale.
De plus, le passé, et surtout le passé mêlé de sang et de boue, renferme de hautes leçons, dont il convient que tous les âges fassent leur profit. A Dieu ne plaise que nous rappelions ce passé pour rallumer, au milieu de nous, la torche éteinte des animosités religieuses. Au contraire, nous ne poursuivons qu'un but de concorde entre communions diverses. Nous ne voulons songer au passé, comme on l'a dit, que pour bénir le présent, pour célébrer les bienfaits d'une douce harmonie et montrer, par un exemple, que cette harmonie vaut mille fois mieux, à tous les points de vue, que l'acharnement des disputes et des supplices. Il en ressor-