in-. Latouche : La Vallée-aux-Loups (préface
La Morinerie, de pages de Latouchc, de celles non moins trempées de larmes qu'elle-même a écrites, je suis, en un jour de pluie et de soleil, venu par les routes mouillées vers le petit clos d'Aulnay où le souvenir de la chère et fidèle amoureuse, sous le rideau des lierres et les buissons épais de roses et de magnolias, s'offre visible encore dans la tiède petite àme végétale des mûriers.
M. de La Morinerie, archéologue et folkloriste aussi modeste que savant, ne connut que vers la fin, après que tous les orages eurent passé sur elle, Mlio de Flaugergues.
« Ses yeux, écrit-il, étaient de couleur foncée. Le poète l'a dit : « Ma Muse aux yeux noirs. » « Ses noirs diamants...» Ses cheveux étaient de même nuance ; quelque part Pauline se surprend à parler d'un fil d'argent glissé dans ses boucles d'ébène. En vérité, il n'y a guère là que les éléments d'une esquisse. L'accentuation du nez et du menton à l'âge où j'ai vu Mlle de Flaugergues tenait à l'étrange maigreur de son visage et mon crayon se refuse à en suivre les lignes anguleuses
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pour reconstituer le profil des jeunes années '. » Mais cela, c'est Flaugergues âgée, Flaugergues baignée par les larmes, accablée de ses souvenirs et ne vivant que pour garder son deuil. Un temps fut pourtant, jadis, où Flaugergues, toute portée par ses désirs, toute soulevée d'amour, d'art et de poésie, fut une femme heureuse, et, dans son jeune lyrisme, vint, de sa province sauvage mêler à ce cortège des Muses impatientes que Latouche annonçait :
Delphine aux yeux d'azur, beau front d'Indiana, Flaugergues, Ségalas, Guinard, Tastu, Valmore...
Pauline, attentive, modeste et simple, revenue du Portugal où elle avait vécu, à Rodez qui était sa patrie, offrait alors les traits animés de la jeunesse. « Un shall, dit son ami, un blond chapeau de Florence » ombrageaient son beau front. Et elle était ainsi, dans sa chétive province, qu'une jeune fille impatiente et qui regarde ardemment vers la ville de ses rêves.
Fille de cet intègre et courageux François de Flaugergues que faillit perdre, en 1793, un attachement trop exclusif aux Girondins et que ruina, plus tard, la plus irréductible opposition à Bona-