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en
CAMBODGE
(Arrête du 17 octobre 1905)
NOMBRE
de
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TONKIN
(Arrêté do 3 juin 1903)
NOMBRE
de
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(Arrêté
du 19
avril 4MI)
KOVBRB
de
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ce 3
Rustres
Exploitation en coupe libre.
Pour toutes les autres règles et formalités auxquelles sont soumis les coupeurs exploitant librement, il est nécessaire de se reporter aux règlements en vigueur»
L'exploitation en périmètre réservé a été instituée et réglementée au Tonkio par Exploitation en péuu arrêté du 20 août 1902, modifié par un second arrêté, en date du 3 juin 1903. V é| mauvais ré- La destruction effrénée de certains massifs boisés (principalement sur la ligne «ultats.
Hanoi-frontière de Chine) avait décidé le Service forestier, après entente avec la Résidence supérieure, à accorder des privilèges exclusifs de coupe en périmètres réservés, sur lesquels les exploitations pourraient être facilement surveillées et conduites en vue de la reconstitution et de l'aménagement futurs. Ces périmètres devaient former le noyau des réserves forestières du Tonkin.
L'obtention d'un privilège exclusif de coupe en périmètre réservé (accordé pour une période de dix années) était soumis à certaines conditions qui paraissaient offrir toutes garanties aussi bien au Service forestier qu'aux bénéficiaires.
Un catitionnemen t de $20 par hectare concédé devait servir de garantie de gestion et pouvait être remboursé intégralement dès que le Service forestier jugeait que l'exploitant avait engagé des avances sérieuses pouvant en tenir lieu.
Une redevance annuelle territoriale de $ 04 par hectare, pour toute la superficie accordée en privilège de coupe, était exigible d'avance chaque année.
En revanche, tous les bois sortant des périmètres ne payaient que les huit dixièmes des redevances fixées pour la coupe libre.
Cette exonération, jointe au droit exclusif de coupe, à la faculté de couper toutes les essences sans minimum de dimensions et à la durée du privilège, permettaient d'espérer que les bénéficiaires — aidés par le Service forestier — se conformeraient aux règles culturales (abatage au ras de terre, réserve d'un certain nombre d'arbres à l'hectare et coupe de proche en proche. L'expérience de quatre années n'a pas confirmé ces prévisions favorables. Le Service forestier a dû proposer au Gouverneur général un projet d'arrêté supprimant l'obtention des privilèges exclusifs découpe en périmètre réservé. Cet arrêté a été signé à la date du 19 mars 4 907. Les privilèges en cours conservent tous leurs droils jusqu'à l'expiration du délai de dix ans prévu et seront à cette époque classés d'office comme réserves forestières ; ceux qui seraient retirés par suite de non exécution des clauses ou par suite de déchéance seront également classés d'office comme réserves forestières et le cautionnement confisqué.
Exploitation en do- La création des réserves et leur nombre actuel a amené le Service forestier à prémaine réservé p arer un cahier des charges en vue de l'exploitation par adjudication ou par marché par adjudication ^ ^ ^ gp^un arrêté du Gouverneur général, en date du 5 septembre i 905, a rendu ou marc e gr ^ ca hi er ^ charges applicable en Cochinchine, où il est en vigueur depuis cette
époque.
Dans ses grandes lignes, ce cahier des charges fixe deux façons d'opérer qui sont résumées dans l'article 1 er du chapitre I er :
t La vente des coupes assises dans le domaine forestier réservé, conformément aux aménagements en vigueur, a lieu soit par adjudication publique, soit par marché de gré à gré, lorsque le premier mode n'a donné aucun résultat ou est jugé inapplicable. »
Toutes les réglementations en vigueur ont prévu l'exploitation en domaine réservé, soit par adjudication, soit par marché de gré à gré.
11 serait désirable que le cahier des charges en vigueur enCochinchine fût rendu applicable à toutes les circonscriptions, maintenant que le système des privilèges de coupe est supprimé au Tonkin.
Les deux systèmes qui subsistent sont appelés à rendre les plus grands services. L'adjudication s'impose chaque fois que la concurrence est possible; elle permet à tous les intérêts en cause de se manifester ; elle met l'Administration à l'abri du reproche de favoriser les uns au détriment des autres et elle assure le maximum de revenus du domaine forestier que le Service forestier a mission de gérer. Le marché de gré à gré peut être appliqué dans certains cas où la concurrence parait impossible.
En 1906, a eu lieu à Bienhoa, en Cochincbine, la première adjudication. . La vente comprenait huit articles, décontenance variable, formant un total de 278 h. 35 a., renfermant approximativement 940 mètres cubes de bois en grume de toutes catégories et 84. 800 stères de bois de feu. L'arpentage, le balivage et le dénombrement avaient été faits aussi soigneusement que possible; avant la vente, des affiches avaient été apposées dans les principaux centres et notamment à Saigon et à Cholon. Des affiches-cahiers donnant le détail des articles mis en vente, l'étendue des coupes, la quantité estimative des produits, les chemins de vidange, étaient à la disposition des marchands, ainsi qu'une carte du massif de Bienhoa. La vente eut lieu au rabais, dans une des salles de l'Inspection de Bienhoa. Le stère de bois de feu fut adjugé 0$05,0$13, 0$12,0$15, 0$18, 0$ 12, 0$\â, 0$18, suivant les articles, ce qui donne une moyenne de 0$13 le stère, alors qu'en coupe libre., ce même stère n'aurait eu à payer que la redevance de $ 40 prévue. Le bois d'œuvre à exploiter devait payer les redevances prévues, suivant les différentes catégories, à l'arrêté du 7 avril 1904.
Les résultats de celte première vente dépassaient les prévisions du Service forestier qui n'avait pas espéré que, pour la première fois, la concurrence pût être aussi vive. Les raisons de cette plus-value paraissent être les suivantes :
1° La proximité de Saigon, l'accès facile des coupes et le transport par voie ferrée;
2° La qualité des bois de feu qui renferment une certaine qualité de bois durs, alors qu'en coupe libre, ils se composent uniquement d'essences non classées d'une moindre valeur calorifique.
Les résultats de 1907 dépassent ceux de 1 906. La vente du 21 mai 1907 marque une seconde étape qui consacre la méthode. Comme en 1906, la vente comprenait huit articles, d'une contenance variable, formant un total de 266 h. 16 a, renfermant approximativement 52.200 stères de bois de feu. La vente fut faite, cette fois, non plus au rabais, mais, sur la demande du président du bureau, aux enchères. Cette façon d'opérer donnait aux concurrents annamites plus de garanties que la vente au rabais, à laquelle ils ne sont pas habitués. Le stère de bois de feu
Adjudication ; heureux résultat* de
l'application de ce procédé.
Marché de gré à gré.
fut adjugé 0^09,0 $18, 0^33, 0$33, 0$34, 0$31, 0$29, 0$35, suivant les articles, ce qui donne une moyenne de 0$27 par stère. Le rendement en argent à l'hectare ressort à 62 $97 (y compris le prix de vente du bois d'oeuvre), chiffre élevé par rapport à 1906, mais bien inférieur au rendement normal d'une forêt dont les peuplements n'ont pas été dévastés.
Une nouvelle vente par adjudication a eu lieu le 5 septembre, à Baria, où le stère a été adjugé aux enchères au prix moyen de 0$ 20.
Partout ailleurs, on a été obligé de recourir au marché de gré à gré, soit par suite des difficultés que présente l'exploitation, soit par suite de la pauvreté des peuplements qui écartait la concurrence. Dans d'autres coupes, le marché degré à gré a été employé pour éviter au Service forestier des travaux de nettoiement que l'adjudicataire s'engageait à exécuter en échange des produits utilisables.
Les prix consentis pour ces marchés de gré à gré n'ont jamais été inférieurs à la redevance de 0$03 par stère perçue en Cochinchine, à titre de statistique, sur les bois de feu sortant des réserves. La maximum atteint a été de0$ 075 par stère.
La création de réserves nouvelles dans toutes les circonscriptions permettra d'augmenter les exploitations par marché de gré à gré, principalement dans les régions difficiles d'accès, mal desservies comme voies de communication, où il est naturel d'appliquer un prix de vente proportionné aux difficultés que rencontre l'exploitant.
Principes de sylviculture
Là où le Service forestier accomplit directement sur la forêt son œuvre de gérance, il s'est efforcé d'appliquer les principes fondamentaux de toute sylviculture rationnelle.
Etant donnée la catégorie de produits que l'on a décidé d'obtenir, il fallait d'abord choisir le traitement à appliquer à la forêt, puis aménager la forêt en vue de ce traitement, de manière à ce qu'elle rende en quantité et en qualité le maximum de produits de la catégorie désirée et de manière aussi à ce que cette production reste constante et soutenue, en telle sorte que Ton soit assuré, dans la forêt ainsi aménagée, d'obtenir indéfiniment le même revenu annuel.
C'est sur ces principes: choix de la catégorie de produits, maximum de production, constance du revenu, que le Service forestier a basé la direction de l'exploitation dans les réserves.
Aménagement.
Cest en vue d'alimenter les villes et les villages en bois de feu que se poursuit la dévastation la plus intense des boisements indo-chinois. C'est donc à produire rationnellement du bois de feu que le Service forestier devait s'attacher d'abord,
•Ifs en séries d'exploitation.
sans négliger pourtant complètement la production du bois d'oeuvre. Le mode de traitement choisi pour cela a été le taillis sous futaie.
Pour appliquer ce traitement à un massif, il a fallu de tonte nécessité en éva- Division des masluer exactement la surface et en asseoir définitivement les limites. Arpentage et délimitation, telles ont donc été les opérations primordiales. On pouvait alors diviser le massif en c séries d'exploitation». La série est la véritable unité d'exploitation ; c'est la surface aménagée de manière à pouvoir en elle-même assurer chaque année et indéfiniment un revenu constant.
11 ne restait plus qu'à subdiviser la série en coupes, c'est-à-dire en surfaces dont Coupes .
chacune doit être parcourue entièrement par l'exploitation en une année et qui, ensuite, ne subira plus aucune exploitation jusqu'à la fin de la révolution.Si celleci est limitée par exemple à vingt ans, la série comporte 20 coupes dont chacune, une fois exploitée, aura dix-neuf ans de repos pour reconstituer son peuplement. La durée de la révolution adoptée en général a été, en effet, de vingt ans, ce laps de temps étant suffisant dans ce pays pour obtenir du bois de feu de bonnes dimensions.
Dans ces coupes annuelles, tous les efforts du Service forestier ont tendu à faire Règles de eoupe. respecter les trois règles suivantes : d'abord la coupe au ras du sol et la coupe de proche en proche, qui sont fondamentales dans toute exploitation rationnelle, quel le qu'elle soit et ensuite le respect strict du balivage, qui est la règle propre au taillis sous futaie.
Coupe au du sol.
La coupe au ras de terre est indispensable pour permettre aux rejets qui naîtront sur la souche exploitée de s'enraciner immédiatement dans le sol même et de se nourrir par leurs jeunes racines, au lieu de tirer leur subsistance de la souche mère, qui ne tarde pas à pourrir. Rien n'était plus contraire aux séculaires coutumes indigènes. Tous ceux qui ont parcouru la forêt connaissent ces innombrables exploitations où l'arbre est coupé à près d'un mètre au-dessus du sol ; ils ont pu voir les rejets malingres portés sur cette haute souche déjà demi-pourrie et condamnés à périr, entraînés dans sa chute, avant d'avoir fourni un gros arbre. Malgré ces usages invétérés, les bûcherons indigènes, tant au Tonkin qu'en Cochiachine, se sont assez vite plies à cette règle nouvelle pour eux. Elle est déjà même devenue à son tour une habitude sur les coupes du Service forestier, dans les régions où les exploitations rationnelles se succèdent depuis deux ou trois ans.
En ce qui concerne la coupe de proche en proche, il est évident que la disse- Coupe de proche mination des bûcherons à travers toute la coupe avait le double inconvénient de en P«*chet rendre la surveillance impossible et de multiplier les dégâts de l'exploitation. Chaque arbre abattu et tiré en plein peuplement en abîmait un grand nombre autour de lui; avec la coupe de proche en proche, au contraire, les bûcherons n'avancent qu'au fur et à mesure que le parterre de la coupe est déblayé derrière eux : leur peine
Bajivage.
Vidange.
est diminuée, le dommage de la vidange est réduit au minimum et la surveillance est assurée.
Enfin, c'est le balivage qui permet d'associer la production du bois d'oeuvre à la production du bois de feu. Dans chaque coupe, le Service forestier a marqué, préalablement à l'exploitation, un certain nombre de sujets d'essences choisies, de différentes dimensions, qui ne serout point abattus. Ces arbres, au nombre de 100 à 130, seront ainsi respectés de révolution en révolution, les uns durant deux révolutions, les autres durant trois ou quatre, jusqu'à ce qu'ils aient atteint des dimensions qui permettent d'en tirer du bois d'industrie.
Non seulement ces arbres ainsi réservés fournissent du bois d'œuvre, mais ils jouent un double rôle en faveur du peuplement qui va renaître après la coupe : d'une part, ils donnent des graines assurant la propagation des bonnes essences el; d'autre part, ils protègent le sol par leur ombre contre la sécheresse et l'invasion des grandes herbes, qui sont le plus grand danger d'incendie.
Sur quelques coupes, on a pu trouver en abondance, au moment du balivage, des sujets d'essences de choix à réserver (go, sao, sen, vap, lau-tau, en Cochinchine ; lim, cheo, gie, tau, au Tonkiu). Sur beaucoup d'autres, le peuplement avait été tellement épuisé en sujets de bonne qualité, que Ton a bien dû se contenter d'essences médiocres. Mais alors, le Service forestier a introduit dans ces coupes, par semis ou plantations en assez grande quantité, des essences de valeur qui, à la prochaine révolution, permettront d'opérer un balivage de choix.
Si les bûcherons indigènes se sont bien vite soumis aux trois règles qui viennent d'être énoncées, les exploitants européens ont élevé de nombreuses protestations contre la coupe au ras du sol et contre le balivage. Le Service forestier doit pourtant les maintenir strictement ; on ne peut pas réclamer de lui qu'il prenne la responsabilité d'exploitations destructrices, et, en dehors des trois règles précitées, il ne saurait y avoir, en aucun pays et sous aucun climat, d'exploitation sage et prévoyante.
Mais si la coupe au ras du sol et le balivage assurent le maximum de produit en bois d'œuvre et bois de feu associés, la division en coupes ne peut assurer l'uniformité et la constance du revenu qu'à la coudition que chaque coupe puisse rester en repos durant toute la révolution, sans être fatiguée par la vidange des autres coupes de la série. En un mot, il faut que chaque coupe soit reliée directement aux grandes voies de communication, chemins de fer, routes ou cours d'eau.
Voilà pourquoi, partout où sa gérance est effective, le Service forestier s'est préoccupé de percer les massifs de laies sommières, de chemins de ronde et de voies de vidange.
On comprendra que toutes ces opérations exigent du temps, du personnel et des dépenses. Si l'on se reporte au tableau ci-dessous, qui montre les faibles moyens dont a pu disposer le Service forestier en 1906, on se rendra compte,, avec évi-
dence, des raisons pour lesquelles sa gestion effective et directe n'a pas pu s'étendre à des surfaces plus importantes :
Inscrip- r tion »
btdgéUire
No
Nature de la dépense
Aménagement et délimitation des réserves
Pépinières, reboisements travaux divers
Sentiers et tranchées. . . .
Essais d'exploitation en régie
Transport de bois saisis aux lieux de vente
Totaux des paragraphes. .
Dépenses 19u5
Différences
Cochiichine
Piastres
Cambodge
Piastres
Tonkin
Annam
Piastres
Piastres
Totaux
Piastres 3.136 20
Piastres 3.600 001
11 n'est pas douteux que déjà à ia prochaine révolution, l'importance de bois d'œuvre dans les coupes et l'augmentation très sensible du volume de bois de feu à l'hectare, rémunéreront très largement les sommes employées à la gestion et à la mise en valeur et que l'ou doit donc considérer les sommes ainsi employées, non comme des dépenses, mais comme des placements très avantageux.