V. — ETABLISSEMENTS D'HYGIÈNE
Les établissements divers de l'Indo-Chine ressortissant à l'hygiène son t :
4o L'Institut Pasteur de Nhatrang ;
2° — de Saigon ;
3° L'Institut bactériologique et antirabique de Hanoi ;
4° Le laboratoire d'hygiène de l'Indo-Chine;
5° L'Institut vaccinogène de Thai-ha-ap ;
6° Le parc vaccinogène de Xieng-khouang.
Instituts Pasteur
Les Instituts Pasteur de Saigon et de Nhatrang, fondés le premier par le docteur Calmelte, médecin principal de l re classe des troupes coloniales,en1890, le second par le docteur Yersin, médecin-major de l re classe, en 1897, ont été rattachés à l'Institut Pasteur de Paris par contrats intervenus le 12 septembre 1904 et le 25 avril 1905, entre le Gouvernement général de l'Indo-Chine et cet établissement.
. La réputation de ces deux centres de recherches n'est plus à faire, les services qu'ils ont rendus à l'humanité et à la cause delà civilisation étant suffisamment établis. En dehors de la préparation de certains vaccins et sérums contre la peste, la variole, la rage, etc. . ., ces Instituts concourent brillamment et utilement aux progrès de la médecine par les savantes recherches qui sont effectuées dans leurs laboratoires et qui ont été déjà couronnées de remarquables succès. La découverte du sérum anlivenimeux, celle du sérum antipesteux, la détermination ainsi que la différenciation de la peste bovine et des épizooties similaires, etc., sont le résultat des patientes études qui y ont été poursuivies et dont l'éclat honore grandement la science française.
Leur rattachement à l'Institut Pasteur de Paris a eu pour objet essentiel de resserrer les liens avec ce puissanlorganisme, d'assurer la continuité dans ladirection et le contrôle des études, et de permettre la collaboration constante, à distance, des élèves de Pasteur en Indo-Chine et à Paris, en ce qui a trait aux maladies et aux épizoolies de l'Extrême-Orient. Il a eu d'ailleurs pourrésultat d'entraîner une économie notable pour les finances de la Colonie : en 1904, les crédits inscrits au budget s'élevaient pour Nhatrang & 29.450 piastres, et pour Saigon à 26.590 piastres, soit au total 50.040 piastres, somme à laquelle il convient d'ajouter 25.000 piastres, pour fournitures de sérums divers achetés en France. En prenant la charge de ces établissements, l'Institut Pasteur de Paris a assumé tous les frais de leur fonctionnement et de leur entretien, moyennant une subvention annuelle de 150.000 francs (soit 75.000 francs pour chacun d'eux), et il s'est engagé à fournir gratuitement :
1<> Le vaccin antirabique nécessaire à la Cochinchine ;
2° Le vaccin jennérien ainsi que toutes espèces de sérums et vaccins préparés par l'Institut Pasteur de Paris jusqu'à concurrence de 100.000 francs.
Le personnel est entièrement au choix et à la charge de l'Institut Pasteur de Paris ; la direction a été confiée à M. Yersin, le fondateur de l'Institut deNhatrang, auquel la science est redevable de la découverte du bacille de la peste et du sérum antipesteux.
Pendant l'année 1906, M. Yersin s'est spécialement occupé de la fièvre récur- institut Pasteur de rente et a poursuivi une série de recherches sur le paludisme et les moustiques de Nhatrang. la région de Nhatrang.
Le médecin-major Vassal a eu l'occasion, à la suite d'une épizootie survenue en 1 906, dans la vallée de Nhatrang, de recueillir les éléments d'une étude très complète sur le surra et les maladies à trypanosoraes de l'Indo-Chine. Chez l'écureuil et le rat palmiste, il a découvert un hématozoaire se rapprochant beaucoup de celui du paludisme ; ce fait est important, car il permet de reprendre l'hypothèse que certains mammifères peuvent jouer un rôle dans la transmission de la malaria.
H. Schein, vétérinaire, a recueilli des observations fort intéressantes dans le cours d'une épizootie de peste bovine qui a sévi sur la province de Phan-thiet.
Les préparations des sérums contre la peste bovine et la barbone sont l'objet de soins spéciaux : toute la manipulation a lieu à Nhatrang. Pour les autres sérums et vaccins, l'Institut possède des réserves assez considérables pour faire face à tous les besoins. Pendant l'année 1 906, il a été délivré à la Colonie :