‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 39 sur 190 · antidiphtérique · texte numérisé non relu

antidiphtérique

L'Institut Pasteur de Saigon est chargé d'assurer le service antirabique tant de Institut Pasteur de la Cochinchine que des régions voisines et de préparer le vaccin jennérien oéces- Saigon,

saire aux mêmes pays.

Gomme à Nhatrang, son personnel ne se borne pas à cette tâche quotidienne ; il poursuit des recherches, d'application pratique, sur les maladies spéciales à Plndo-Chine.

Le médecin-major de 2 e classe Noc, sous-directeur, a porté tous ses efforts sur l'étude de la dysenterie et du béribéri qui font tant de victimes en Cochiochine. Il a reconnu que ia dysenterie qui sévit dans celte partie de l'Union indo-chinoise était la dysenterie amibienne et il a pu déceler l'amibe spécifique dans les eaux d'alimentation de Saigon. Dans l'intestin des béribériques, il a trouvé un ver parasite (uncinaria americana), voisin de celui qui, en Europe, cause l'anémie des mineurs et il poursuit des expériences sur le rôle qu'il est susceptible de jouerdans l'étiologie de la maladie.

Le docteur Denier, médecin de 2« classe de la marine,a fait des essais sur le traitement du choléra au moyen d'un sérum qu'il a préparé à Paris en collaboration avec M. Salimbeni. Les premiers cas traités à Saigon ont confirmé la valeur de ce sérum ; prochainement, il doit aller continuer ses expériences à Manille, où des cas de choléra sont signalés .

MM. Bréaudat etSaint-Sernin, chimistes, ont achevé l'étude des eaux potables de Saigon et ont fourni à ce sujet un travail très documenté, à la suite duquel a été décidée l'adduction dans cette ville des eaux du Donaï prises à Trian.

Les services antirabique et vaccinogéne ont fonctionné régulièrement. 107 personnes ont été soumises au traitement antirabique, 33.421 grands tubes de vaccin antivariolique (1) et 6.651 petits, soit 734. 930 doses, ont été fournis aux divers postes et services de la Colonie.

Institut bactériologique et antirabique de Hanoi

L'Institut bactériologique et antirabique de Hanoi est indépendant de l'Institut Pasteur de Paris. 11 fait partie de l'hôpital de Lanessan et a pour objet d'assurer :

1<> Le traitement des personnes mordues par des chiens suspects de rage ;

2° Les examens bactériologiques nécessités parle service de l'hôpital ou qui sont demandés par les médecins des divers postes du Tonkin.

Il occupe le rez-de-chaussée d'un grand pavillon en maçonnerie autrefois habité par les sœurs et dont l'étage est partagé entre le laboratoire d'hygiène et le service radiographique. Les locaux sont vastes, bien disposés et permettent de donner satisfaction à tous les besoins.

Il est entièrement à la charge du service local et figure au budget du Protectorat pour une somme de 13 . 035 piastres.

Service antirabique. — Dans le cours de 1906, 287 personnes se sont présentées pour suivrele traitementantirabique ; l'élément militaire figure dans ce total pour

(1) Les grands tubes renferment environ 20 doses de vaccin et les petits iO.

une proportion de 48 %• Grâce aux mesures qui ont été prises par l'autorité mi li taire, le chiffre des individus mordus a été moindre qu'en 1905, mais il est encore plus élevé qu'au cours des années précédentes.

Le nombre des cas traités depuis 1902 est le suivant : 182 en 1902,178 en 1903, 192 en 1904, 257 en 1905 et 202 en 1906.

Dans la population civile, le chiffre des personnes mordues s'accroît notablement. C'est la conséquence de la mollesse avec laquelle sont appliquées les mesures administratives prescrites par la loi et de l'indifférence des propriétaires de chiens. De nouvelles instructions ont été données ; au cas où elles ne seraient pas suivies d'effet, le Gouvernement local est décidé à sévir rigoureusement contre les propriétaires de chiens errants et probablement à adopter une taxe progressive proportionnelle au nombre de ces animaux .

Au commencement de 1906, on avait étudié la possibilité d'installer un service de vaccination préventive suivant la méthode du professeur Marie, de l'Institut Pasteur. En raison des difficultés d'exécution et des maigres résultats qui eussent été obtenus par rapport à la grande quantité des chiens annamites dont la vaccination est impossible, on a complètement renoncé à ce projet.

Service bactériologique. — Le laboratoire de bactériologie prête à la clinique un concours quf, chaque jour, devient plus important. Des analyses de sang, de sérosités, de matières fécales sont demandées, non seulement par les médecins traitants de l'hôpital de Lanessan, mais par ceux des différents postes de l'intérieur. C'est aiosi que, dans le cours de 1906, le nombre des analyses a été de 1 .81 8.

Les principales études dont s'est plus spécialement occupé le laboratoire ont trait au béribéri, à la fièvre récurrente, aux parasites intestinaux et aux eaux de de différentes localités.

Laboratoire d'hygiène

Placé sous la direction du pharmacien aide-major Lambert, le laboratoire d'hygiène a principalement pour objet l'étude des eaux potables et résiduelles et celle de leur purification, questions capitales dans ce pays où la pathologie spéciale est caractérisée par la fréquence des maladies à origine hydrique, où l'hépatite suppurée, la fièvre typhoïde, le choléra font des ravages si considérables. Il est chargé, en outre, des différentes recherches se rapportant à l'hygiène : étude chimique et biologique du sol, utilisation agricoledes eaux usées, évacuation et destruction des immondices, recherche du plomb dans l'eau de boisson, des fraudes alimentaires, eic* • •

Depuis son installation, plusieurs travaux importants ont été élaborés, tel qu'un projet de fosses septiques à l'hôpital de Lanessan, une étude des égouts de Hanoi et de Haiphong, une étude sur les eaux d'alimentation, etc. . .

Institut vaccinogène du Tonkln

L'Institut vaccinogène du Tonkin a été créé pour remédier aux inconvénients résultant de l'éloignement de Saigon, ainsi que des difficultés de transport et de conservation du vaccin provenant de cette source. Il fut installé à la fin de 1904, à quelques kilomètres de Hanoi, à Thai-ha-ap, village du Kinh-luoc, dans des locaux ayant appartenu autrefois & l'Ecole de médecine. Le premier vaccin fut fourni au commencement de 1904 ; depuis cette date, l'Institut n'a cessé de fonctionner régulièrement.

Les bâtiments, situés au milieu d'un vaste parc où les bufflons restent en liberté pendant le jour, se divisent en trois groupes :

1° Laboratoire de recherches ;

2° Logement du directeur de l'Institut ;

3° Service vaccinogène.

Le personnel comprend un médecin-major de 2« classe, directeur, deux préparateurs indigènes et cinq garçons d'écurie ou coolies.

Les bufflons employés pour la préparation du vaccin sont fournis par les villages des différentes provinces. Nullement incommodés par les opérations qu'ils subissent, ils sont rendus à leurs propriétaires une huitaine de jours après la récolte du vaccin et quand toutes les pustules sont cicatrisées. Une indemnité de 2 piastres est payée pour chacun d'eux.

Le vaccin, après broyage avec de la glycérine, est mis en tubes (pour 10, 40 ou 200 vaccinations) et conservé à une température moyenne de 10 à 15 degrés. Il n'est jamais délivré aussitôt après les récoltes, parce que la virulence des microcoques pyogènes, normalement associés, est parfois assez fortement exaltée et serait susceptible de déterminer une réaction inflammatoire exagérée avec œdème et engorgement ganglionnaire. Il est d'excellente qualité et donne une moyenne de 95% de succès.

Pendant Tannée 1906, la production du vaccin a été de 645.100 doses, ainsi réparties :

Tonkin 392.610

Annam 215.430

Autres pays , 37.060

En 1905, il avait été délivré 480.929 doses :

Tonkin 869.060

Annam 96.296

Autres pays 15.573

Le directeur de cet établissement, le médecin-major de 2« classe Gauduchau, se préoccupe en même temps des questions d'hygiène et de médecine expérimentale. Dans son laboratoire, il a poursuivi une série d'études fort intéressantes : évolution vaccinale chez le chien, le chat, le singe ; transport de la vaccine par les insectes ; ûltration des eaux argileuses ; microorganismes du pus hépatique et de la dysenterie, etc.. Au cours de ses travaux, il a montré une amibe particulièrement curieuse par sa ressemblance avec les globules blaacs, non seulement au point de vue de son aspect, mais aussi par son activité phagocitaire ; il espère pouvoir l'employer. dans l'organisme pour combattre certaines infections : ce serait un antiseptique vivant, agissant par phagocytose.

L'Institut vaccinogène de Thai-ha-ap est entièrement à la charge du Protectorat du Tonkin ; il figure au budget pour une somme de 9.825 piastres.

Pare vaccinogène de Xieng-kouang

La station vaccinogène de Xieng-khouang a été fondée à la fin de 1904, sur l'initiative et d'après les instructions du résident supérieur au Laos; elle fournit de vaccin le plateau du Tran-ninh et tout le haut-Laos. Avant sa création, le vaccin était envoyé de Saigon, mais les lenteurs du voyage (parfois plus de deux mois) et les variations de la température atténuaient sa virulence, occasionnant ainsi de nombreux insuccès.

Le parc est rattaché à l'ambulance. Il comprend une étable plafonnée et à sol cimenté, avec boxes pour 2 animaux.

En 1905, on a inoculé 17 bufflesses et bufflons, 2 génisses et 1 lapin. La quantité de vaccin fourni pendant cette dernière année a été de 20.898 doses (1.949 petits tubes et 70 gros); elle a servi à alimenter les postes de Yien-tiane, Khong, Luang-prabang, Attopeu, Savannakhet, Keng-trap, ainsi que la commission de délimitation franco-siamoise pendant toute la durée de ses opérations sur la frontière du Laos.

Les crédits affectés à la station vaccinogène et figurant au budget local du Laos s'élèvent à 800 piastres.

Laboratoires de chimie

Outre les établissements ci-dessus, spécialement réservés aux services d'hygiène, la Colonie possède dans chacune des formations hospitalières du service général de Hanoi, Haiphong et Saigon, des laboratoires de chimie, parfaitement outillés, auxquels sont demandées toutes les analyses et recherches qui, le cas échéant, peuvent être indiquées.

Ces laboratoires effectuent principalement les analyses nécessitées par le contrôle hygiénique des boissons et denrées. Les conditions dans lesquelles est prévu leur concours ont été déterminées par un arrêté en date du 31 décembre 1902.

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