‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 5 sur 190 · SECOND SEMESTRE · texte numérisé non relu

SECOND SEMESTRE

Coton.

Légumineuses alimentaires.

Coton.

Coton.

Plantes sarclées(patates, etc.)

Maïs.

Riz.

Riz.

| Plantes à enfouir comme engraia verts I ou à couper comme fourrage.

Riz.

Engrais verts et fourrage.

Engrais verts et fourrage.

Deuxième année

Sixième année

Le coton ne revient ainsi que trois fois en six ans sur le même terrain. A la faveur des engrais verts, on espère non seulement en obtenir des quantités aussi grandes et une qualité supérieure, mais encore l'amener à croître dans des sols où les Annamites n'oseraieut pas en faire.

Riz.

La même observation concerne* le riz.

Toutefois, pour cette dernière culture, on cherche encore à augmenter la production du domaine par ailleurs. Une dizaine d'hectares de terres basses, compactes, difficiles à travailler à cause de leur assèchement tardif après les pluies et de la promptitude de leur durcissement sous l'influence du soleil, n'étaient cultivés par les propriétaires que comme rizières du dixième mois, restant en friche durant la saison sèche. Force a été de les laisser provisoirement à leur destination. Mais dès la récolte du riz, une façon superficielle leur est donnée rapidement, pour permettre l'ensemencement d'une plante destinée à servir d'engrais vert : cela vaut mieux que d'abandonner le sol à une maigre végétation adventice, ainsi que font les indigènes.

La sidération, comme on le voit, joue un grand rôle dans le système de culture mis en expérience. La production des fumiers et l'emploi des engrais commerciaux ne sont point pour cela perdus de vue.

Parmi ces derniers, les résultats des essais entrepris dans les diverses stations tendent à faire écarter comme trop chers, en raison du prix des transports, les matières fertilisantes d'importation. Mais Ton a sur place les tourteaux de coton, de sésame et d'autres graines oléagineuses.

En outre, la station a été dotée d'un bétail assez abondant pour subvenir en grande partie à ses besoius en fumier de ferme.

Les indigènes ont coutume de faire paître leurs animaux sur les mamelons broussailleux, où d'ailleurs ils ne trouvent qu'une maigre pitance, et, quand le temps le permet, dans les rizières en friche ; or, celles-ci ont précisément été supprimées à la station. 11 importait d'autant plus de combler ce déficit en fourrage que le cheptel vif est relativement plus nombreux.

Six hectares de terres de plaine impropre au coton, mais à l'abri de l'inondation, ont été convertis en prairie naturelle aménagée. On y peut faire plusieurs coupes de foin par an et y conduire le bétail au pacage en saison sèche. Deux autres hectares ont été défrichés sur le flanc d'un mamelon pour le même usage. La sole d'engrais vert, dans la rotation des terres à coton, peut aussi, comme cela a été prévu, donner un certain appoint pour l'alimentation en fourrage vert à Tétable, en cas de besoin.

Enfin cinq hectares environ ont été laissés en dehors de tout assolement, pour servir à des productions ou expérimentations spéciales : mùraie destinée à l'approvisionnement d'une petite magnanerie modèle anuexée à la station ; essais de culture de cotons exotiques (caravonica), de céréales (mais du Lang-bian et delà Réunion), ou de plautes diverses (crotalaire, graminées d'Australie).

Pâturage*

Le gros bétail compte une cinquantaine de têtes. Chevaux de service, buffles, bœufs et vaches appartiennent aux races du pays. On s'efforce de leur apliquer les meilleures règles zootechniques.

Un autre élevage donne des espérances de succès : il s'agit de celui du mouton. Cinq brebis et uu bélier de la Malaisie ont été envoyés à Yên-dinh en 1906. Deux brebis succombèrent de bonne heure à une maladie dont, au dire du vétérinaire qui les autopsia, elles avaient manifestement apporté le germe de leur pays d'origine. Les autres se sout assez rapidement acclimatés et sont, après deux années, pleins de santé. Le petit troupeau a doublé en un an par suite des naissances qui sont presque toujours gémellaires.

Elevage.

Depuis longtemps, des efforts isolés avaient été tentés dans le but de perfec- Station sérlclcole tionner la sériciculture eu Indo-Chine. Il importait de reprendre la question mé- de

thodiquement. Dès les premiers mois de 1904, la direction de l'Agriculture, des Phu - taD fl- thuon 8« Forêts et du Commerce avait esquissé un programme dans le but de développer cette source de richesse.

Disons tout de suite que les importants sacrifices consentis à cette occasion par la Colonie ne l'ont pas été en vain. L'essor, particulièrement au Tonkin, a été rapide et considérable (1).

Organisation commune aux stations expérimentales.

Contrôle des dépenses.

Comptabilité,

Observations

relatives aux

cultures.

Toutes les stations expérimentales administrées par la direction de l'Agriculture, des Forêts et du Commerce ont une organisation intérieure commune.

Un contrôle sévère est exercé sur leurs dépenses.

On a cherché, autant que les exigences de la comptabilité publiquejle permettent» à se rapprocher des conditions dans lesquelles un planteur se trouverait placé, tout en n'abandonnant pas la partie scientifique et expérimentale des travaux. Il en résulte une légère complication qui nécessite un personnel de choix.

Les agents s'acquittent, en général, très bien de leur rôle dont ils comprennent l'importance.

Des avances, par petites fractions, sur demandes accompagnées d'un devis estimatif, sont faites aux chefs des stations sur les crédits ouverts au chef de service. Elles ne sont renouvelées qu'après justification régulière de l'emploi des premières sommes.

Les produits de l'exploitation, sauf ceux qui sont réservés pour les distributions gratuites, à titre de propagande, sont vendus sur place et la partie des recettes qui excède les crédits ouverts est versée au Trésor.

Le chef de chaque station est chargé de la tenue de la comptabilité et de la gérance de la caisse de sa station.

Il est pécuniairement responsable de sa gestion.

Il est astreint à la tenue des livres suivants :

1° Quittancier à souches, sur lequel doivent figurer toutes les recettes effectuées par le comptable ;

2° Journal des dépenses ;

3° Livre de caisse faisant ressortir chaque jour le montant et la composition de l'encaisse ;

4° Registre Rattachement des ouvriers employés ;

5° Registre balance pour l'entrée et la sortie des objets de matériel et de mobilier et des matières consommables ;

6° Registre d 'inventaire du matériel et du mobilier.

En dehors de ces livres, les agents responsables ont à établir toutes les pièces justificatives de leur dépenses (factures diverses, rôles de paye, états de solde, etc.).

Ils tiennent à jour les registres de correspondance et les archives de la station.

. En outre, ils doivent noter toutes les observations relatives aux cultures ou intéressant les agriculteurs.

(1) La question est traitée en détail à la fin du chapitre (p. 25 et suir.),

Un carnet d'enregistrement des renseignements climatologiques sert à l'inscription quotidienne des chiffres donnés par les appareils spéciaux et le relevé en est adressé mensuellement au chef du service.

Sur un livre spécial sont détaillés, non seulement jour par jour, mais, pour ainsi dire, heure par heure, tous les travaux effectués, toutes les opérations réalisées, toutes les remarques relatives à la végétation (emploi de la main-d'œuvre et des attelages, prix de vente ou d'achat des denrées ou engrais, époques des semis, notation des diverses phases de la vie des plantes, rendements, etc.).

Ce journal sert ensuite à l'établissement des comptes rendus de chaque culture et des rapports d'ensemble.

Chacune des principales productions de la région est l'objet d'observations qui sont notées sur des cahiers distincts, ce qui permet d'établir une comparaison entre les récoltes de la station et celles dés cultivateurs voisins.

Pour le bétail, en outre du livre d'inventaire, il est ouvert un registre généalogique où sont consignés tous les faits intéressant chaque animal ou groupe d'animaux en expérience.

Enfin, toutes les stations sont pourvues d'une petite pharmacie contenant les médicaments usuels et les instruments nécessaires pour donner les premiers secours en cas d'accident. Le personnel indigène apprécie beaucoup les soins qui lui sont ainsi donnés. Des instructions spéciales ont été remises à tous les agents pour leur permettre de remplir avec discernement leurs fonctions sanitaires.

A dire vrai, les travaux qui se poursuivent depuis trois ans dans les stations Pw>gramme gênéexpérimentales sont maintenus dans un cadre beaucoup trop modeste. action.

A côté des expériences culturales proprement dites, qui intéressent tous les agriculteurs, il eût été utile de poursuivre des essais dont les résultats eussent pu plus particulièrement éclairer les entreprises européennes de colonisation : introduction de matériel agricole à grand travail ; machines hydrauliques ; appareils de protection, de nettoyage, de triage, de conservation et de transformation des récoltes ; outillage servant à la préparation du caoutchouc, des essences, du thé, des textiles, etc.. Mais devant les exigences de la situation financière, on a dû ajourner les recherches dispendieuses.

Il fallait encore moins songer à la création de laboratoires agricoles outillés pour les recherches relatives à la végétation, comme il en existe en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon. Quels que soient les services rendus à l'agriculture par les établissements de ce genre dans les pays où ils existent, c'est une idée à laquelle les ressources encore trop modestes de l'Indo-Chine ne permettent pas de s'arrêter.

Une question d'économie s'est donc tout d'abord imposée dans le choix des études que le Service agricole allait entreprendre parmi la multitude de celles qui méritaient d'attirer son attention.

Difficulté de l'em- Il s'est préoccupé, dès le début, d'élucider la question de l'emploi des engrais plot des engrais commerciaux, tant il est notoire que l'influence de ces matières fertilisantes, jadis commerciaux, inconnues, a révolutionné notre agriculture occidentale depuis un demi-siècle. Il

y était incité par l'opinion unanime des personnes qui s'intéressent à la terre. Mais il semble que, jusqu'à maintenant, pour les cultures ordinaires, l'usage des engrais d'importation est généralement incompatible avec les conditions économiques du milieu.

On pouvait s'y attendre : démontrer au paysan annamite que l'emploi d'engrais appropriés ou d'instruments plus parfaits que ceux qu'il connaît lui permettrait d'augmenter ses rendements, était inutile tant qu'on ne lui donnerait pas les moyens d'en faire les frais. Chacun sait qu'en l'état actuel des choses, il est souvent forcé de s'endetter pour attendre les maigres récoltes qu'il obtient.

Il fallait chercher à l'affranchir de cette obligation en lui donnant d'abord les moyens d'accroître ces rendements sans augmentation de. dépense.

Accroissement des C'est pourquoi toutes les instructions données et souvent répétées aux chefs rendements des j e station concordent sur ces points essentiels : employer, autant que possible, cultures n g - j es procédés de culture indigènes en leur donnant toute la perfection dont ils sont

susceptibles ; cultiver les plantes du pays en s'attachant à les perfectionner dans le sens de la prolificité par une sélection continue et raisonnée.

Toutes les enquêtes auxquelles l'inspection de l'Agriculture a pu se livrer, montrent l'extrême diversité des modes de culture employés en Indo-Chine pour une même production, suivant les lieux ou les circonstances. Quels sont les plus recommandâmes pour une région ou une nature de terres déterminées ? C'est ce qu'il s'agit d'établir.

' En même temps que se poursuit l'amélioration méthodique des semences, des recherches dans ce but sont entreprises : façons comparées des sols, espacement différentiel des plantes, association de plusieurs cultures, influence des assolements, etc. Le résultat de ces études ne consiste pas seulement à rapprocher les uns des autres les produits au double point de vue de la quantité et de la qualité. Le seul critérium dont il soit fait cas est le profit du cultivateur: le prix de revient et la valeur de la récolte sont mis en balance et c'est le plus haut profit seul qui détermine la supériorité d'un procédé.

Quand, par ces moyens combinés, qu'il est d'ordinaire à même d'employer, Ton sera arrivé à mettre 1 indigène en mesure d'accroître ses ressources, les démonstrations seront multipliées pour l'en instruire et les stations expérimentales, entrant dans une autre voie, pourront s'adonner au perfectionnement de l'outillage.

Il est clair que ce n'est pas au bout d'un seul essai, ni de quelques mois, que l'on peut se prononcer sur la valeur d'un procédé. Ce n'est qu'après un contrôle sérieux, la répétition de résultats identiques dans des conditions semblables, que l'on est en droit de se faire une opinion.il faudra souvent des années, parfois de nombreuses années, pour acquérir une certitude. Depuis la fondation des stations

expérimentales, les observations n'ont pas seulement été gênées par l'adaptation encore insuffisante des sols, mais aussi par les intempéries qui, plusieurs années de suite, ont contrarié les cultures de presque toutes les régions de l'Indo-Chine.

Il est à craindre que de tels accidents ne se reproduisent de temps à autre, retardant d'autant les conclusions.

C'est pourquoi la patience et surtout la persévérance sont nécessaires.

Nombre de recherches, en dehors de celles auxquelles le Service agricole et des laboratoires s'est adonné, seraient intéressantes et utiles. Mais, obligé de mesurer l'effort aux ressources de la Colonie, il ne pouvait tout aborder en même temps. La cause principale du faible rendement obtenu en matière de progrès agricole, durant de nombreuses années, tient précisément à l'oubli de ces règles essentielles.

L'inspection de l'Agriculture, à peine ébauchée, a pu immédiatement, dans de R6le des inspecrapides explorations, préciser la nature de certaines richesses végétales peu con- teurs de l'Agrinues et même en découvrir de nouvelles. Il est nécessaire de poursuivre la recon- cu,tur «naissance économique du pays et de faire l'inventaire de ses ressources naturelles.

Aux jardins botaniques est réservée la partie scientifique : collectionnement des Rôle des jardins végétaux et spécialement des espèces utiles; acclimatation des plantes exotiques; botaniques. observations relatives à la végétation comparée des variétés culturales ; création de pépinières; multiplication et dissémination des espèces intéressantes.

Les services locaux d'Agriculture, maintenus dans une orientation commune par la direction centrale, coopèrent plus intimement au développement du pays.

Cette action combinée, bien que de date relativement récente, a déjà produit de bons effets .

La culture du riz n'a pas seulement gagné de nouvelles surfaces, elle fournit aussi Coup d'œil sur le des produits dont la qualité va s'améliorant. Les intempéries qui ont malheureu- progrès des culsement contrarié les récoltes depuis quelques années, n'ont pas permis de juger de tures# l'augmentation des rendements en culture ordinaire. Mais l'influence des recommandations répétées touchant la sélection des semences, celle des concours de paddy institués dans divers pays, se font déjà sentir. La classification systématique des innombrables variétés locales, qui se poursuit, facilite d'ailleurs cette action.

Mais, parmi les céréales, c'est le mais qui a le plus nettement progressé. L'In- Nais.

do-Chine produit des sortes qui peuvent rivaliser avec les plus belles du monde ; elles sont répandues dans toutes les parties du pays ; partout, elles rencontrent les conditions les plus favorables à leur développement. Un courant très sérieux d'exportation s'est dessiné dans ces dernières années.

Les textiles ont été l'objet d'encouragements tout spéciaux. L'Indo-Chine ek Textiles,

possède d'ailleurs déjà un grand nombre et leur culture ne demande qu'à être développée.

Si les tentatives faites pour l'extension de la production de la ramie et du jute,

Coton.

Mûrier.

Sole.

Oléagineux,

Indigo $ canne à sucre; poivre) ta* bac.

Plantes à caoutchouc.

Extraction des parfums.

pour l'introduction de l'industrie de l'aloès (agave) et de plusieurs autres fibres, n'ont pas encore été couronnées de succès, il est deux produits en progrès très sensible, le coton et la soie.

Les cotons à longues soies, malgré les primes allouées à leur culture, n'ont pas pris pied dans la Colonie. Mais les espèces indigènes gagnent d'année en année du terrain. La faveur dont jouissent au Japon les cotons du Cambodge et qui commence à s'étendre à ceux de la Cochinchine orientale et de PAnnam méridional, malgré leur production relativement peu abondante, favorise ce mouvement. Au nord, bien que de qualité inférieure, les cotons du Thanb-hoa sont demandés par les manufactures du Tonkin, aussi voit-on leur culture s'étendre dans ce dernier pays en occupant les sols propices des provinces de Thai-binh, Nam-dinh et Ninh-binh.

L'importance prise par les plantations de mûrier et par la sériciculture a été relatée plus haut. Il était absolument indispensable que ce progrès marchât de pair avec celui de la filature que des recherches précédentes avaient déjà rendu possible. Devant les résultats acquis, en présence de cette solidarité aujourd'hui bien établie entre la culture du mûrier, la production des cocons et l'industrie locale de la soie, il est permis d'envisager, dans un avenir prochain, une exportation importante pour la Colonie.

Les oléagineux attirent vivement aussi l'attention des industriels métropolitains.

Grâce aux études du service local de l'Agriculture en Cochinchine, l'arachide de Java, beaucoup plus productive que celle des indigènes, tend à se substituer à elle dans cette partie du pays . Mais ce sont surtout les huiles de bois, les oléorésines et les fruits de certains arbres (abrasin et garcinia) qui commencent à être demandés.

L'indigotier, la canne à sucre, le poivre n'ont rien perdu de leur importance.

La culture du tabac, après des fortunes diverses, suivant les localités, se maintient en étendue et a une tendance à s'améliorer comme qualité du produit, sous l'influence des acheteurs européens.

Les plantes à caoutchouc jouissent d'une faveur toute spéciale auprès des colons français. Pendant que les indigènes s'adonnaient à l'exploitation effrénée des lianes diverses dont la présence venait d'être reconnue dans les forêts, nos compatriotes entraient résolument dans la voie de la plantation de Yhevea, pour les régions du sud, et du ficus elastica, principalement au Tonkin.

L'existence, sur de grandes étendues, d'un arbre spontané qui parait producteur d'un caoutchouc de tout premier ordre vient, d'être signalée.

L'extraction des parfums est aussi une industrie nouvelle qui se classe déjà en très bon rang. En Cochinchine, comme au Tonkin, des plantations considérables de citronnelle et d'ylang-ylang ont été faites ou sont en train de se faire.

Enfin le café et le thé ont franchi la période d'incertitude qui est au début de chaque nouvelle entreprise.

L'engouement dont jouit, il y a quelque huit ou dix ans, la culture du caféier et qui avait entraîné, dans plusieurs parties de la Colonie, l'attribution de primes élevées, a sensiblement diminué. Un certain nombre d'entreprises ont disparu. D'autres, plus favorisées sous le rapport du choix des terrains, des facilités de main-d'œuvre, des capitaux ou du savoir faire de leurs directeurs, ont prospéré au point de pouvoir servir de modèle, même aux planteurs de nos vieilles colonies.

Le café de Libéria se localise de plus en plus dans les régions du sud, tandis que celui d'Arabie, notamment une sous-variété tonkinoise issue de la variété de Bourbon, est presque exclusivement cultivé dans le nord. Nos planteurs savent désormais que, grâce aux soins qu'ils donnent aux terres, la situation climatérique générale aidant, ils n'ont pas trop à redouter Vhernileia, maladie cryptogamique considérée comme un fléau terrible dans certains pays. Seuls, les ravages causés par un insecte qui ronge le bois leur causent quelque souci ; mais ils ont l'espoir de sortir vainqueurs de la lutte engagée contre cet ennemi.

La prospérité des plantations de théiers ne s'est pas démentie. La production indigène même se perfectionne. Plusieurs maisons se livrent maintenant à l'exportation dés thés d'Annam et de ceux du Tonkin, qui ont conquis une place très honorable sur le marché métropolitain.

Une entreprise vient de se fonder en vue de la fabrication de la théine.

En résumé, l'on peut dire que, malgré des années désastreuses, l'agriculture indo-chinoise a pris son essor, et que, lentement, mais sûrement, elle perfectionne et accroît sa production.

Café

Thé.

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