‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 53 sur 190 · DE L'OPIUM EN CHINE · texte numérisé non relu

DE L'OPIUM EN CHINE

Cette diminution de l'opium importé ne provient pas d'une diminution de la consommation, mais du développement de la production locale.

D'après une enquête publiée en 1888 par l'Administration des Douanes maritimes impériales (Spécial séries, n° 9), l'opium indigène était consommé même dans les ports ouverts, concurremment avec l'opium étranger. Depuis cette époque, la part de l'opium indigène n'a fait qu'augmenter. Dans la vallée du Yang-tseu, on le consomme à l'exclusion de tout autre ; à Tien-tsin et dans les ports du Nord, il entre

(1) La caisse pèse un picul de 60k. 400.

pour les deux tiers dans la consommation générale, pour une part peut-être moins importante dans les ports du sud.

La culture du pavot est aujourd'hui pratiquée un peu partout, sauf dans les lies de Formose et de Hai-nan. Elle a surtout pris une grande extension dans les provinces du Sze-tchouen, du Yunnan, du Koueî-tchéou, du Shen-si, du Kan-sou, du Shan-si, du Kiang-si et du Ngan-hoeï, particulièrement dans les trois premières.

C'est le Sze-tchouen qui produit la meilleure qualité d'opium et en quantité plus considérable. M. Bredon, commissaire des Douanes impériales, dans un rapport daté du 17 juin 1887, l'estimait à 150.000 piculs. Une évaluation plus récente du Bureau des Revues de Pékin, datant de 1896, porte la production du Sze-tchouen à 120.000 piculs.

Au Yunnan et au Koueï-tchéou, la culture du pavot qui y fut introduite dès le XVI e siècle par les mahométans venant du Thibet, occupait, dit un voyageur, M. Baber, qui visita la province en 1872, c un tiers de toute la surface cultivée du pays >.

Il est difficile d'évaluer la production actuelle du Yunnan, même approximativement, en l'absence de toute statistique. On peut cependant, en se basant sur les chiffres d'exportation donnés par nos agents et nos consuls, affirmer qu'elle atteint celle du Sze-tchouen.

La culture du pavot est pratiquée sur une échelle moins vaste dans les autres provinces de la vallée du Yang-tseu (Honan, Tché-kiang, Kiang-si, Ngan-hoeî) et les provinces maritimes au nord du fleuve Bleu (Chih-li, Shan-toung, Shan-si). Il est vraisemblable que la production de ces provinces suffit à alimenter la consommation locale et que seuls les notables et les gens delà classe aisée font usage de l'opium étranger, d'une qualité et d'un prix bien supérieurs.

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