‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 54 sur 190 · III. - OPIUM IMPORTÉ EN CONTREBANDE · texte numérisé non relu

III. - OPIUM IMPORTÉ EN CONTREBANDE

Il n'est pas douteux que cette préférence donnée à l'opium étranger par une clientèle qui s'attache plus à la qualité qu'au prix, ne soit un stimulant puissant pour la contrebande.

Hais cette contrebande a-t-elle l'importance qu'on serait tenté de lui attribuer ? Elle ne peut s'exercer que sur le stock resté disponible, après exportation déclarée vers les ports de Chine. C'est à Hongkong que sont centralisés les envois de l'Inde, de la Perse et de l'Asie mineure. C'est donc dans ce port que s'approvisionne la contrebande. Or, d'après les statistiques publiées par l'Administration de cette colonie, il a été importé :

En 1904 8.153 tonnes d'opium

En 1905 3.056 —

En 1906 3.337 —

'*M! ; a été exporté en Chine:

En 1904 3.024 tonnes d'opium

En 1905 2.942 —

En 1906 3.300 —

L'écart, comme on le voit, ne dépasse pas 150 caisses.

On prétend, d'un autre côté, que la contrebande s'alimente surtout chez le fermier qui écoute ainsi dans le port même de Hongkong les 1 .800 caisses d'opium brut qu'il est autorisé à employer pour sa bouillerie, en comblant le déficit par des achats d'opium préparé par son collègue de Singapore, avec lequel il opère en complet accord. En admettant que le fermier de la colonie portugaise voisine de Macao, qui a également une bouillerie, fasse de même, l'importance de la contrebande ne dépasserait guère la valeur de 3.000 caisses.

C'est une quantité négligeable en regard des cinq ou six cent mille caisses que produit la Chine.

En résumé, on peut affirmer comme conclusion de tous les documents publiés sur la matière que, contrairement aux assertions qui ont cours dans les milieux > chinois, le développement actuel de l'opiomanie en Chine a sa cause, non dans l'importation de l'opium étranger, mais bien dans le développement de la production locale.

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