IV. - CONSOMMATION TOTALE DE L'OPIUM EN CHINE
Dans un empire aussi vaste que la Chine, où les moyens de contrôle fontdéfant, il est difficile de déterminer, même d'une manière approximative, le nombre des fumeurs par rapport à la masse de la population. Cependant, une tentative a été faite, dans cet ordre d'idées, par l'Administration des Douanes impériales chinoises, en 1881. A cette époque, l'inspecteur général, Sir Robert Hart, estimait la production de l'opium indigène à une quantité égale à celle de l'opium étranger importé, c'est-à-dire à 100.000 caisses, ce qui faisait au total 200.000 caisses ou '19.000 tonnes. Se basant sur la quantité moyenne fumée dans une journée par une personne, qu'il évaluait à 3 mace, équivalant à environ 12 grammes (1), il n'avait trouvé que deux millions de consommateurs, c'est-à-dire les deux tiers de « un -pour cent de la population totale ».
Depuis l'époque où Sir Robert Hart publiait cette statistique, le mal parait s'être développé avec une rapité extraordinaire, si l'on s'en rapporte aux documents officiels. D'après un rapport de M. Bredon, commissaire des Douanes impériales, c 70% de la population mâle adulte du Sze-tchouen s'adonnerait à l'opium, ainsi
(1) Le mace est la dixième .pâttfe du tael, qui pèse 37 gr. 5.
quebeaucoup, dq femmes et même des enfants »► Et Pédit. impérial du |6^p|em* bre 1906 estime le nombre des fumeurs dans l'ensemble du pays à 30- ou 40.*/., de la population.