‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 56 sur 190 · V. - NOUVELLES MESURES ÉDICTÉES CONTRE L'USAGE DE.LftPIUM · texte numérisé non relu

V. - NOUVELLES MESURES ÉDICTÉES CONTRE L'USAGE DE.LftPIUM

On comprend que le Gouvernement chinois, en présence des progrès si rapides de l'opiomanie, ait cherché à enrayer le mal.

Lesnouvelles mesures qu'il vient d'édicter auront-elles des résultats plus sérieux que celles qu'il a prises autrefois et dont nous venons de constater la parfaite inutilité?

On peut l'espérer, car redit du 20 septembre 1906 a répondu à un mouvement très vif d'une certaine partie de l'opinion, mouvement qui a son origine dans la propagande des réformistes dont le programme comprend la lutte contre l'usage de l'opium. En outre, l'opposition faite par les puissances occidentales, notamment par l'Angleterre, à toute mesure restrictive du commerce de l'opium, n'existe plus. Enfin, l'édit porte non seulement interdiction d'importation, mais encore interdiction de la culture du pavot.

Voici les dispositions de cet acte et du règlement du 21 novembre de la même année :

c I. — Un terme de dix années est fixé pour la culture du pavot, avec réduction proportionnelle de 1/9 chaque année.

c II. — Des cartes spéciales seront distribuées aux fumeurs, dont le nomhre atteint environ 30à40%dela population. Les fonctionnaires et les notables deyrpnf, se corriger les premiers de ce vice. Les fumeurs seront divisés en deux catégories : ceux de plus de 60 ans et ceux de moins de 60 ans. A ceux faisant partie de la première catégorie, une carte A sera remise ; à ceux de la seconde, une carte B. Mais le titulaire d'une carte B ne pourra pas, lorsqu'il atteindra 60 ans, recevoir une carte A en échange de la sienne.

c III. — A l'exception des gens ayant passé la soixantaine, envers lesquels Qa se montrera indulgent, qu'ils se soient corrigés ou non, tout fumeur. ayant un permis de la classe B devra diminuer d'année en année sa consommation de de?* pu trois dixièmes.

c IV. — Un délaide six mois est fixé pour la fermeture des fumerie» à " lampe) ouverte " ; interdiction est faite de présenter, dai$ les restaurant^ les, cabarets, de l'opium aux hôtes ; les marchands d'articles pour fumeries devront* daitf teftrô mois, abandonner leur commerce.

c V. — Les débits d'opium seront, dans un laps de dix années, fermés progrès* sivement, Les patrons de ces établissements ne devront délivrer la drogua aim acheteurs que sur la présentation de leur, permis*

t VI. — Les médecins chercheront les remèdes les plus propres à guérir de la passion de l'opium, mais ne contenant ni dross ni morphine ; ces médicaments seront distribués par les soins des institutions de bienfaisance.

< VIL — Les Maréchaux, Vice-rois et Gouverneurs ordonneront aux fonctionnaires locaux de s'entendre avec les notables pour créer des sociétés pour la suppression de Popium.

c VIII. — Les fonctionnaires locaux et les notables seront chargés de l'exécution du présent règlement.

€ IX. — Les fonctionnaires seront traités d'une façon particulièrement rigoureuse, car ils doivent donner l'exemple au peuple. Cependant, ceux âgés de plus de 60 ans seront l'objet d'une certaine tolérance. Pour les autres, il faut faire une distinction. Les hauts mandarins devront demander un congé au Gouvernement, durant lequel ils se corrigeront de leur vice ; ils seront remplacés pendant leur absence par des intérimaires. Les mandarins subalternes auront un délai de six mois pour se déshabituer de la drogue.

c X. — L'importation de l'opium est prohibée. Le Gouvernement s'entendra, en conséquence, avec les Ministres des puissances ayant des traités avec la Chine .

c II sera également défendu de laisser entrer sur le territoire de l'Empire, sauf pour l'usage des médecins, de la morphine et les tubes qui servent â l'injecter. *

Comme on le voit, c'est la première fois que le Gouvernement chinois envisage le problème de l'opium et de sa prohibition sous toutes ses faces.

Il interdit la culture du pavot, il prohibe l'importation de la drogue et il en réglemente la consommation.

Examinons ce qui a été fait dans chaque ordre d'idées depuis la promulgation de l'édit impérial du 20 septembre 1906.

1° Interdiction de la consommation

De l'ensemble des renseignements qui ont été fournis au Gouvernement général de l'Indo-Chine en 1907, il résulte que les prescriptions de l'édit impérial ont été généralement suivies.

Les vice-rois ont rivalisé de zèle pour seconder les vues du pouvoir central. Ils ont chargé les trésoriers, les grands juges, les surintendants de la gabelle de leurs provinces respectives d'adresser aux mandarins sous leurs ordres, aux notables et au peuple, des proclamations.

Parmi celles-ci, les unes exhortaient les agents subalternes à surveiller l'application stricte du règlement du 21 novembre 1906, recommandaient l'emploi préalable, à l'égard des fumeurs, de moyens persuasifs, conseillaient l'installation d'hôpitaux, l'organisation de ligues pour combattre l'usage de l'opium dans toutes préfectures et sous-préfectures et déclaraient inviolables les envoyés de ces ligues. Les autres, dans leur zèle d'extirper le vice, fixaient un délai de six mois pour la

fermeture des fumeries, sous peine d'amende et d'emprisonnement, voire môme de la confiscation des biens des contrevenants au profit de l'Etat, prohibaient, d'une manière absolue, le commerce des ustensiles de fumeurs, soumettaient débitants et clients à un contrôle sévère et à des obligations strictement définies.

Ces mesures rigoureuses contre les consommateurs, qui seraient d'une légalité douteuse en d'autres pays, ont pu être appliquées sans soulever de troubles ni de protestations parmi les populations des villes et des campagnes.

Voici, à ce sujet, les communications reçues de nos représentants en Chine : Notre Ministre à Pékin écrivait à la date du 8 août : « Depuis la publication del'édit impérial du 20 septembre dernier, aucun décret nouveau n'est venu modifier les mesures décidées par le Gouvernement impérial et qui ont reçu un commencement d'exécution dans tous les grands centres; à Pékin, à Shanghai, les fumeries ont été fermées. *

Le Consul de France à Fou-tchéou rendait compte, à la date du 22 mai, que * des 3.000 boutiques à opium qui existaient récemment encore dans la capitale du Fo-kiôn, il n'en restait plus une ouverte à cette date *. 11 ajoutait: « L'activité des sociétés anti-opium, complétée par l'action des autorités locales, a permis d'obéir aux ordres de Pékin. Des comités de vigilance ont été formés dans toutes les provinces, divisées en districts et les diverses sections ont pour tâche de constater non seulement que les fumeries sont fermées, mais qu'elles ne se rouvriront pas, quand les tenanciers pourront croire à un relâchement des mesures ordonnées. Le résultat peut-être le plus remarquable de cette campagne, a été d'y intéresser la jeunesse chinoise et les étudiants, qui ont célébré par des processions les résultats obtenus et dont l'importance n'échappera à personne . >

Le Consul général de France à Tchen-tou (Sze-tchouen) faisait connaître, à la date du 16 août, que c la réglementation du commerce et de la consommation de l'opium a été mise en vigueur le 8 de ce mois, sans que les mesures prises aient provoqué le moindre incident. On craignait, ajoutait-il, des difficultés à l'occasion de la fermeture des fumeries, mais en réalité, celles-ci ont été réduites de onze ou douze cents à trois cents. Nul ne peut obtenir de l'opium s'il n'est muni de deux permis de la police indiquant le taux mensuel de sa consommation; chaque achat est noté.sur une feuille et la quantité marquée une fois atteinte, il ne doit plus être remis d'opium à la personne. De môme, les fumeries justifieront par leurs livres qu'elles n'ont pas dépassé par fumeur le taux admis et que tout l'opium, par elles pris en compte, a bien été débité. > Le Consul de France à Han-kéou donnait, à la date du 21 août, les renseigne*

ments suivants :

« Les fumeries de Woo-chang, en face de Han-kéou, résidence du vice-roi, ont

été fermées dans les premiers jours de juillet, et celles de Han-kéou un mois après.

Les tenanciers n'ont reçu aucune indemnité ; les autorités leur ont seulement

racheté le matériel, pipes et accessoires de fumeurs, à un prix raisonnable.

«t Des pjénalités ont été édictées contre les personnes qui rouvriraient une fumerie et contre l'agent de police dans le ressort duquel aurait eu lieu la contravention. *

Le. consul de France à Canton, à la date du 6 août, rendait compte de la situation dans le Sud en ces termes :

« Suivant l'exemple donné dans beaucoup d'autres villes de Chine, les autorités viennent de décider la fermeture de toutes les fumeries, à dater du 9 août prochain; il sera égalemeut interdit de donner à fumer dans les restaurants, les maisons de thé et autres lieux publics, et ce, sous peine d'amende et de prison. Cependant, les boutiques précédemment autorisées à débiter l'opium peuvent continuer leur commerce, mais il leur est interdit d'en délivrer au premier venu. Seuls, les fumeurs reconnus, qui ne pourront se corriger instantanément, auront le droit d'en acheter. Il leur sera délivré, à eet effet, un permis spécialrevêtu du sceau des autorités, et sur la présentation duquel les marchands seront autorisés à vendre à chacun une certaine quantité d'opium ».

Enfin, M. Rozier, inspecteur des Douanes et Régies de lindo-Chine, envoyé en mission à Canton, spécialement pour la question de l'opium, a présenté un rapport très documenté, dont voici quelques extraits :

<r De son côté, le juge provincial, après avoir exhorté la population à créer une association contre l'usage de l'opium , publiait un règlement général relatif à la constitution de cette ligue ou société, et arrêtait les grandes lignes de son organisation et de son fonctionnement.

c Le règlement élaboré par ce haut fonctionnaire prévoit que la société ne devra

et ne pourra s'occuper que de la propagande contre le trafic de l'opium, que le

nombre de ses membres sera illimité, que le président, à Canton* sera élu par les

v comitésdesÀssociations de bienfaisance et, dansles préfectures et sous- préfectures,

* par les notables locaux, que tous les notables locaux, désirant s'abstenir de l'opium

et exhortant la population à s'en abstenir, seront nommés membres d'honneur de

la société.

« A peine ce règlement était- il publié et affiché queles neuf sociétés debienfaisance

et les soixante-douze corporations de Canton étaient convoquées à des réunions

publiques où de nombreux orateurs se firent entendre et proclamèrent la nécessité

de fonder une société sur les bases fixées par le règlement du juge provincial.

« Depuis l'inauguration de l'Association contre l'usage de l'opium et l'ouverture de l'hôpital fondé par elle pour y recevoir les malades pauvres désireux de s'abstenir d'opium, qui coïncida avec la date de la fermeture des fumeries, de nouvelles proclamations ont été adressées par le juge provincial, grand-chef de la police, imposant un permis à tous les fumeurs sans exception, ainsi qu'aux marchands d'opium préparé et plaçant sous la protection des autorités les envovés de l'Association contre l'opium dans tous les villages où ils vont prêcher la guerre à l'opium et exhorter les populations rurales à l'abstinence.

« Pendant que les autorités et les fonctionnaires poursuivaient l'application du règlement, la Société anti-opium procédait, en grande pompe, à son inauguration

le jour de la fermeture des fumeries, qui restera, à en croire les journaux dé Canton, une date mémorable dans les annales de la ville.

c De nombreux étudiants, la presse et les corporations fêtèrent avec un grand enthousiasme ce réveil de la Chine.

c On représenta dans les théâtres des scènes préparées pour la circonstance, dans lesquelles les fumeurs, ridiculisés et stigmatisés, faisaient tous les frais des traits d'esprit des auteurs.

c Des processions, organisées à grands frais, parcoururent les principales mes de la ville. On y exhiba, naturellement, des fumeurs d'opium dans des accoutrements inspirant la piété ou le dégoût.

« Le 14 août, c'est-à-dire cinq jours après son inauguration, la Société avait délivré 3.023 permis à des fumeurs désireux de suivre, chez eux, le traitement antiopium. Lie 8 septembre, plus de 4.000 fumeurs, disait-on, s'étaient fait inscrire et photographier pour obtenir gratuitement les médicaments ou pilules de l'Association. A en croire les nouvelles répandues dans le public par la presse chinoise, des associations similaires auraient été organisées dans toutes les autres provinces, mais il semble que, nulle part, cette association n'ait acquis une vitalité plus forte qu'à Canton.

c La vente d'opium, qui était de 6.000 à 8.000 taels par jour, avant le 9 août, serait tombée à 4.000 environ en septembre dernier ; ces chiffres semblent être corroborés par les renseignements puisés chez les marchands d'opium préparé. Ceux-ci, au nombre de 400 environ au début de Tannée, ne seraient que 200 à peine actuellement et leurs ventes auraient baissé du cinquième et même du quart, au dire de quelques-uns. »

2° Prohibition de l'importation

La prohibition de l'importation de l'opium étranger en Chine exigeait de la part du Gouvernement chinois une entente préalable avec les puissances ayant des traités avec la Chine.

La Grande-Bretagne était la principale intéressée, eu égard à ses possessions de Tlnde, qui exportent en Chine la majeure partie de sa production d'opium ; c'est donc à elle que la première requête fut adressée.

On lui demanda :

1° De réduire d'un dixième par an, à partir de 1907, le montant des importations de l'opium indien, en prenant pour base la moyenne des importations de 1904 à 1905 ;

2° D'autoriser l'envoi à Calcutta d'un fonctionnaire chargé du contrôle de la vente, de l'emballage et de l'exportation de l'opium indien à destination de la Chine;

3o D'accepter l'augmentation à 320 taels par picul du droit d'importation actuel de 110 taels sur l'opium indien;

ào D'obliger le Gouvernement de Hongkong à prendre des mesures contre la contrebande et d'empêcher la sortie vers la Chine de l'opium préparédans cette colonie;

5° De faire procéder à la fermeture des fumeries et à l'interdiction de la vente des ustensiles de fumeur sur les concessions anglaises en Chine ;

6° De faire l'application immédiate de la clause II du traité Mackay, c'est-à-dire la prohibition de l'importation de la morphine et des tubes à injections.

Cette requête plaçait le Gouvernement britannique dans une situation embarrassante. Poussé,d'un côté par le Parlement, la presse,l'opinion publique, il désirait aider la Chine dans sa tentative de réforme, mais il était, de l'autre, retenu par les graves intérêts que la politique nouvelle menaçait de compromettre. C'était, en particulier, uue perte considérable pour le budget de l'Inde, qui retire du monopole de la vente de l'opium un revenu de près de 100 millions de francs, soit un vingtième des recettes totales.

Le Gouvernement britannique ne s'est pas arrêté à ces considérations d'intérêt. Il a fait connaître à la Chine qu'il acceptait de diminuer d'un dixième chaque année, et ce, pendant trois années, jusqu'en 1910, l'importation de l'opium, concurremment avec une réduction égale de la culture du pavot en Chine.

Les autres demandes du Gouvernement impérial : envoi d'un fonctionnaire à Calcutta, remaniement des droits de douane et de likin sur l'opium étranger, règlement du trafic et de l'usage de la drogue sur les concessions britanniques, surveillance plus étroite de la destination des produits de la bouillerie de Hongkong, furent toutes accueillies, sous les réserves qu'il était naturel de stipuler en pareille circonstance.

3° Interdiction de la culture

C'est par la suppression graduelle de la culture du pavot que débute le règlement du 26 novembre 1906, sans doute pour montrer toute l'importance qu'attache le Gouvernement impérial à cette mesure. C'est, en effet, la clé de voûte de la réforme. Comme nous l'avons montré précédemment, cette culture s'est développée dans un graud nombre de provinces. Elle procure aux populations des ressources immédiatement réalisables et elle est pour le Trésor de certaines provinces une ressource précieuse . On conçoit aisément le désarroi profond dans lequel toute mesure ayant pour but la diminution de cette culture, doit jeter à la fois le commerce indigène et le budget provincial.

Les autorités chinoises ne paraissent pas s'être rendu compte de la difficulté de leur tâche. Elles ont fait connaître aux indigènes que la surface des terrains cultivés en pavots devait être réduite annuellement d'un dixième, pour être totalement • abolie en dix ans. Quelques vice-rois, entre autres celui du Yunnan, dans leur zèle de plaire à la Cour, ont même réduit à trois années le délai accordé pour la suppression complète des cultures, en menaçant de pénalités rigoureuses ceux de leurs administrésquicontreviendraient à ces ordres. De plus, les terres elles-mêmes sont

frappées d'une taxe extraordinaire de six taels par mécu (1), ce qui augmentera de 300 piastres ie prix de revient du picul d'opium.

Au Yunnan, d'après une communication de notre consul à Mong-tseu,en date du 23 septembre 1907, « les diverses mesures prises contre la culture du pavot auraient eu pour résultat de diminuer la production pour Tannée courante d'environ 45 %. Les mesures supplémentaires qu'on se proposait d'appliquer dès le commencement de Tannée prochaine, devaient contribuer encore à abaisser le chiffre de la production et tendraient même à la rendre nulle » .

Celte information, toutefois, n'est pas confirmée par les informations recueillies sur place par les marchands qui ont'parcouru les principaux centres de production . Il semble, au contraire, que les autorités locales n'auraient pas tenu la main à l'exécution rigoureuse des prescriptions du vice-roi en ce qui concerne la culture du pavot, et que la production de la saison actuelle serait sensiblement la même que celle de la saison précédente.

Il en serait de même au Sze-tchouen. D'après une récente communication (2 décembre 1907) du Consul général, délégué du Ministère des affaires étrangères à Tchen-tou,iI ne serait plus question d'interdire la culture du pavot, en présence de l'hostilité des populations et de l'impossibilité de combattre la contrebande avec les moyens d'action dont disposent les autorités.

Celles-ci avaient installé un bureau spécial, qui était autorisé à faire l'acquisition de l'opium brut, à le préparer et à ie vendre aux habitants ayant une licence, à un prix qu'il fixait lui-même.

Cette organisation, placée sous le contrôle immédiat du vice-roi, paraissait seule susceptible d'amener la suppression progressive de la production aussi bien que de la consommation locales, Tune et Tautre très sévèrement réglementées. Mais elle n'a pu fonctionner eu raison de l'impuissance des autorités à faire exécuter les mesures prescrites. Les producteurs se dérobaient et se livraient à la contrebande qui, pour être réduite, aurait exigé une force de police considérable.

Le vice-roi fut ainsi amené à une sorte de capitulation. «Dans sa proclamation rétablissant la liberté des transactions », dit notre Consul général à Tchen-tou, « il avoue cette impuissance, tout en justifiant plus spécialement la suppression du monopole par des considérations tirées de la très grande importance de celte branche du commerce au Sze-tchouen . A en croire le vice-roi, la drogue ainsi vendue au dehors ne servirait guère qu'à composer des médicaments, ce qui légitime la tolérance accordée à son commerce. La vérité est que le programme élaboré pour la suppression de l'usage de l'opium ne pourra être appliqué, au moins dans son

intégralité. »

Si ces nouvelles se confirment et si le Gouvernement impérial échoue dans sa tentative de supprimer la culture du pavot et la production locale de Topium, il est à craindre que toutes les autres mesures ne demeurent sans effets sérieux et qu'avant longtemps la réforme ne succombe, comme tant d'autres,sous la coalition des intérêts, dès que le mouvement actuel d'opinion aura perdu de son intensité.

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(1) Le mécu = 50 ares.

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