‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 82 sur 190 · I. — TERRITOIRES MILITAIRES · texte numérisé non relu

I. — TERRITOIRES MILITAIRES

En 1902, les territoires militaires, au nombre de quatre, couvraient, la majeure partie du haut-Tonkin, formant une sorte de marche le long de la frontière du Kouang-toung, du Kouang-si et du Yunnan.

Réglementés à cette époque par les arrêtés locaux du 5 mai 1900, ils comprenaient les divisions administratives suivantes :

1er territoire militaire : Cercles de Moncay, Lang-son et Van-linh ;

2 e — Cercles de Cao-bang et Bao-lac ;

3 e — Cercles de Ha-giang et Bac-quang ;

4 e — Cercles de Lao-kay et Bao-ha.

La concentration de tous les pouvoirs entre les mêmes mains avait permis de lutter avec avantage contre la piraterie, d'organiser la haute région, d'améliorer les communications. Les progrès de la pacification permirent de réduire peu à peu l'importance des territoires militaires (arrêtés des 28 mars, 8 avril, 13 mai et 22 octobre 1903, 28 février, 20 juillet, 29 août et 8 octobre 1904).

Par dépêches, en date des 25 juillet 1903 et 24 décembre 1904, le Ministre des Colonies prescrivit au Gouverneur général de faire étudier l'organisation des territoires militaires, en prenant pour base les considérations suivantes :

« Aujourd'hui, l'œuvre essentielle des territoires militaires est accomplie. . • Les habitants du haut-Tonkin sont complètement acquis & notre cause ; ils nous ont donné les meilleurs gages d'adhésion, ils ont largement contribué à refouler au delà de nos frontières les bandes de pirates qui ravageaient leur pays. II n'est plus nécessaire de les soumettre à un régime administratif essentiellement militaire. 11 convient de laisser aux institutions indigènes un plus libre jeu, tout en

les soumettant au contrôle de véritables administrateurs. L'établissement et la perception des impôts, la distribution de la justice ne doivent plus être confiés à des officiers, mais à un personnel civil stable et compétent.

c II y a lieu de remarquer, en outre, qu'au moment de la guerre, tous les officiers étant appelés à marcher, l'administration des populations se trouverait de ce fait supprimée et au moment précis où elle aurait besoin d'être renforcée .»

A un autre point de vue, le Département prescrivait de régulariser le plus tôt possible la situation budgétaire des territoires militaires, laquelle se trouvait régie par l'arrêté du 15 novembre 1900, instituant un budget spécial pour chaque territoire militaire.

En exécution des instructions du Département, il fut pris toute une série de mesures, les unes remettant àrAdministrationcivilelaplusgrandepartiedes territoires militaires, les autres modifiant le régime administratif et financier des territoires militaires conservés.

C'est ainsi que l'administration civile se vit remettre les secteurs de Bao-ha et de Duong-qui, du ¥ territoire militaire (arrêté du 28 mars 1905), le 1 er territoire militaire (arrêté du 20 juin 1905), une partie du cercle de That-khé, du 2 e territoire militaire (arrêté du 21 novembre 1905), le 4 e territoire militaire (arrêté du 12 juillet 1907).

Lies seuls territoires conservés sont le 2 e (Cao-bang) et le 3 e (Ha-giang), qui ne comprennent chacun qu'un seul cercle. Ils sont placés, au point 'de vue de l'organisation financière et administrative, sous l'autorité du Résident supérieur au Tonkin et soumis, à ce point de vue, aux mêmes règles que les provinces civiles du Tonkin (arrêtés des 20 juin, 21 novembre et 29 novembre 1905).

Par contre, les officiers supérieurs commandant les territoires militaires dépendent du Général commandant supérieur, pour tout ce qui concerne la sécurité intérieure et l'exécution de la police frontière. Cette mesure d'exception est justifiée par ce fait, que le service assuré par la garde indigène dans les provinces civiles incombe pour la plus grande part aux troupes régulières dans les territoires militaires. En effet, dans ces territoires, la garde indigène n'est pas constituée et les partisans et les linh-co sont en nombre insuffisant pour assurer la sécurité intérieure. Toutefois, la suppression des petits détachements de troupes régulières se poursuit graduellement ; aujourd'hui, elles n'occupent plus, dans les 2 e et S 9 territoires militaires, que dix-sept postes dont dix postes frontière.

L'instruction militaire et l'entraînement de ces troupes peuvent donc se poursuivre dans des conditions satisfaisantes.

L'institution des territoires militaires, par l'emploi judicieux de l'armée, a permis, à une époque troublée, de rétablir l'ordre en refoulant la piraterie et d'étendre notre action administrative et morale dans les régions difficiles du haut-Tonkin. Une sécurité complète règne aujourd'hui dans ces régions, l'administration y

est organisée, des routes ont été tracées et le développementéconomique s'y manifeste par l'extension des cultures indigènes et la mise en valeur des ressources minières.

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