‹ Situation de l'Indo-ChineChapitre 106 sur 257 · ANNAM · texte numérisé non relu

ANNAM

TONKIN

pour rindo-Chine

kilos.

kilos.

kilos.

kilos.

(1) 81.908 looMs en 1000.

On remarquera la transposition qui s'est faite entre TAnnani et la Cochinchine, au point de vue de l'exportation des grèges. Cela tient à ce qu'en 1899 les soies de l'Annam allaient se faire exporter k Saigon pour éviter certains droits, tandis que l'exportation se fait nmintenant directement.

Explication de la 11 ne faut pas trop s'étonner de la diminution de l'exportation globale des soies grèges de dimmation des ex- rindo-Cliine, qui sont surtout sensibles pour le Tonkin. Elle s'explique par une augmentation '^ ' certaine de l'emploi local de la soie, due à l'enrichissement incontestable de l'indigène.

U'autre part, une partie des grèges tonkinoises sont exportées en quantités croissantes sous forme de tissus à destination de la Cochincliine. Cette exportation se fait surtout sous forme de colis postaux (1). Le bureau d'Hanoi n'a pas enregistré moins de iô.SSÔ colis postaux d'un poids moyen, emballage déduit, de i kilos, et représentant, en grande majorité, des tissus. Mettons 1!2.000 colis seulement de tissus à 4 kilos.Ceia représente de 4S àSO 000 kilogrammes de tissus de soie.

Exportations vers la Hong-kong est le plus important destinataire .des grèges de la Colonie. Elles y sont généra- Métropole, lement rédévidées et réexpédiées aux Indes, ou dans les pays musulmans des rives du

sud de la Méditerranée, quelquefois en. France même. 11 n'a été expédié vers la Métropole que 9.700 kilos de grèges de l'Indo-Chine en 1897 ; 11.000 kilos en Î898 3.686 kilos en 1899, 19i7 kilos en 1900, et 2983 kilos, en 1901 ; soit !29. 116 kilogrammes en cinq ans. 1^ marché de Lyon, trop bien fourni, ne veut pas accepter sous sa forme actuelle la grège indo-chinose.

Bourres et déchets £" revanche, les bourres et déchets de soie sont à la destination à peu prés exclusive de la de soie. Méti*opole. (2) Le reste va à Hongkong. Ils sont aussi en baisse.

Ressources séricico- ^'^^ ressources séricicoles de l'Indo-Chine sont loin d'être exploitées comme elles pourraient les de rindo-Chine l'être. Au Tonkin, en dehors des provinces de Bac-ninh, de Bac-giang, de Nam-dinh et de Ninh-

binli, où les plantations de mûriers naics sur les berges des fleuves pourraient prendre beaucoup d'extension, la région moyenne, notamment dans les provinces de Sontay, de Hung-hoa. de Thai-nguyéri et dans le Yèn-thé, se jinHent an développement du mùrier-arbre. La région moyenne du Thanh-hoa, produit également de la soie. Les mûriers sont abondants au Binlidinh (environs de Quinhone) et au Quang-ngai, en Annam. On les rencontre disséminés en

La filature modèle BasseCochinchine, au Cambodge et au Laos. Mais, en ne faisant porter l'effort de développede Nam-Dinh . nient de cette culture et de cette, industrie que dans celles des régions sus-mentionnées, où

elle est déjà impoi*tante, et où les indigènes la connaissent bien, on pourrait obtenir d'excellents résultats. L'Administration a installé un embryon de magnanerie et de filature modèle à Nanidinhj qui pourra fonctionner d'ici à un an ou deux d'une façon complète, si on lui donne des crédits suffisants. Sans même tenter des essais de croisements avec des . races plus vigoureuses que la race polyvoltine du Delta tonkinois, à cinq ou six élevages par an, notanunent avec certaines races chinoises, Va sélection pnitiquée dans la race indigène suivant les principes extrêmement simples de Pasteur, pourrait se répandre panni les graiueurs annamites et aurait certainement de bons eff'ets.

Valeurs comparées ''^ question de la filature est également très importante au point de vue de la valeur corndes grèges. merciale des produits. Les grèges iilées par la petite tilature-modéle de Nam-dinh, au commen-

(1) RenKeigncnienl dû à l'ubligoance de U. le Directeur de» Po^lo• du Tuukiii.

(2) Maximum: t!24.400 kilos en 1897.

18U0: 400. ItU »

cément de la campagne de 1900, ont été cotées 35 francs le kilo eii France ; alors qae ta soie filée à l'indigène vaudrait au maximum de 15 à 18 francs sur le marché de Lyon, f/existence de cette petite filature a déjà eu une certaine ré]MTCussîon sur la filalure indigène par la leçon de choses — la seule à laquelle les indigènes soient sensibles — qu'elle a donnée, les lileuses indigènes commencent, dans certains villages des enviions de Nani-dinh, à prendre l'habitude de filer an fil régulier de soie, au lieu du (il très irrégulier qu'elles produisaient jusqu*ici. La question du < guindrage » (c'est-à-dire de la dimension de la flotte de soie)Juq)ortante au point de vue commercial, commence aussi à recevoir des indigènes, sous Tinfluence de la filature modèle, l'attention (|u'elle mérite.

11 est bon de rappeler, à propos de la sériciculture indo-chinoise, que la France reçoit tous Les débouchés postes ans la plus grosse partie des grèges filées à reurojiéenne, de Canton (1). Or, nos grèges du sibles en France. Tonkin et de TAnnam, le fait est acquis, peuvent rivaliser avec les grèges de Canton. Elles ont Concurrence avec un éclat (les soies sont jaunes) qui rappellent certaines belles espèces d'Italie. D'autre part, d'après certains spécialistes, elles seraient moins duveteuses, et auraient plus de ténacité et d'élasticité que celles de Canton, (a) La valeur du l'onunerce de soies grèges de Canton a représenté plus de 64 millions de francs en 189U, dant 60 millions pour les « filatures » à l'européenne. L'indo-Chine ne réussirait-elle qu'à se substituer à CiuUon pour un dixième seulement dans ce commerce, ipie l'on aperçoit les bènéiices qui en résulteraient pour la Colonie. D'autre part, cette perspective n'a rien qui puisse efliayer nos ^èriciculteurs métropoliUiins, puistjue la France est obligée d'importer tout les ans de 6 à 8 millions de kilos de soiea grèges, aloi*s qu'eUe n'en produit que 550.000 kilos d'environ {t). La « Fabri(iue Lyonnaise • a produit en 1899, pour près d'un demi milliard de francs de soieries de toutes sortes (3), et cette branche tient la tête, connue valeur, de l'iciduslrie française. C'est assez dire l'intérêt (pii s'attache à la sériciculture indocbinoise, au développement de laquelle la Direction de l'Agriculture et du (k)nmierce de 1 Indo-Chine projette de s'attacher avec uïi soin particulier, sans se dissimuler qu'il y faudra du tem))s.

Peaux brûles. — Les peaux brutes exportées del'lndo-Chine ontre|irêsenté de 1807 à 189'J:

IH^T 2.013 lonnes

En 1895, l'exportation n'avait été qu(î de 1 .237 tonnes et de 018 tonnes en I89(>. Les chiflres plus forts de 1899 sont dûs en partie aux éjiizooties (|ui ont régné, ces années là au Tonkin, en Cochinchine, et surtout dans le sud de l'Annum et au (Cambodge

(I) Exportation de Canton (Gi-ègi'siiMlijri'ii''», à «lojiUiidtiun i\vr> Iiicks; et a lil:ilure» » ciirojH'Onnes, à ilolinaliitiulc l'Eurvpe et des EUito-L'iiis) :

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