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ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES

d*Extrôme- Orient.

Les élablissements scienlifiques existant actuellement en Indo-Chine sont les suivants :

L'Ecole Française d'Extrême-Orient ;

L'Ecole de Médecine de Hanoi ;

L'Institut Pasieur de Nhatrang ;

L'Institut Bactériologique de Saigon;

Le Laboraloire Bactériologique de Hanoi;

L'Observatoire Météorologique et magnétique de Phu-lien, avec un réseau de postes d'observations inéléorologiques s'étendant sur toute l'Indo-Cbine et sur les pays voisins ;

Le service Géographique de Tlndo-Chine ;

Le Service de la carie géologique.

Presque tous ces établissements ont été fondés depuis 1897. Ecole française La création de l'Ecole Française d'Extrême-Orient datedu mois de décembre

1898. Les conditions de cette création, son objet,le fonctionnement de Tinstittution nouvelle ont été résumés, Tannée dernière, dans une séance de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres de l'Institut de France, par M. Louis Finol, Directeur-adjoint de l'Ecole dos hautes études de Paris (Sorbonne), qui est placé à la tête de l'Ecole française. M. Finot s'exprime ainsi, dans son compte rendu à TAcadémie :

« L'Ecole Française d'Extrême-Orient a été fondée par un arrêté de M. Doumer, Gouverneur Général de l'Indo-Chine, du 15 décembre 1898 ; elle a été définitivement constituée par un décret présidentiel du 27 février dernier. Ce mode de création à deux degrés est un procédé communément appliqué en Indo-Cbine depuis quelques années : les projets d'institutions nouvelles sont d'abord réalisés par un arrêté; Texpérience décide ensuite de leur sort: si elle est contraire, un nouvel arrêté les annule ; si elle est favorable, un décret les consacre. Le décret est le critérium de la réussite. 11 semble donc que l'Ecole Française ait réussi.

w II y en a un autre indice: c'est l'empressement qui se manifeste de divers côtés à en revendiquer la paternité. L'Ecole se découvre chaque jour des patrons inconnus et imprévus,qui en auraient souhaité, réclamé, provoqué la fondation. Celte émulalion, assurément honorable pour nous, pourrait à la longue modifier sensiblement Taspect réel des faits. Nos origines, pour récentes qu'elles soient, s'estompent déjà d'une légère brume de légende. C'est ce qui m'engage à en dire un mot en commençant. Si l'Ecole vit, comme je Tespére, assez longtemps pour avoir une histoire, nous épargnerons ainsi certaines perplexités à son futur historien.

« C'est ici^ je crois, que l'idée première en naquit. Quelques membres de

l'Académie, qui prenaient un intérêt particulier au passé de l'Indo-Chine et déploraient la disparition presque complète des études historiques dans la Colonie, avaient eu la pensée d'y installer un philologue chargé d'une double mission: Tune, de contribuer par ses travaux personnels à la connaissance du pays: l'autre, dégrouper autour de lui les travailleurs locaux, de les aider de ses conseils, de leur communiquer les notions de sancrit et de pâli, d'archéologie et d'histoire religieuse nécessaires à toule recherche sur une civilisrtion d'origine indienne: car il s'agissait, avant tout, sinon exclusivement, de restaurer l'élude de cette partie de Tlndo-Chine qui doit à l'Inde ses monuments, ses coutumes et son culte.

« Ce plan était, par la force des choses, (rès-limité. Peut être l'était-il trop pourproduire à bref délaides résultais appréciables. Quoi qu'il en soit, il n'eut pas à subir l'épreuve des faits et, à peine ébauché, fil place à un dessin plus vaste, dicté par des considérations un peu différentes.

€ A ce moment, Tlndo-Chinese transformait. L'assemblage mal cohérent de pays que la conquête avait successivement rangés sous Tautorité de la France devenait un corps organisé auquel des vues mieux concertées, des ressources mieux réparties et de plus puissants moyens de production et d'échange ouvraient un nouveau champ d'activité. Dans le plan de ce jeune Etat colonial, une place fut réservée à la science : on créa des laboratoires, des services chargés de préparer, par l'observation des phénomènes naturels, un développement plus rapide de la colonisation. On décida aussi la fondation d'un établissement de hautes études philologiques.

« Plusieurs motifs avaient inspiré cette décision à l'organisateur de l'Union indo-Chinoise.

€ Un motif pratique d'abord. Une grande colonie peuplée de races multiples, diff'érentes de langue, de mœurs, de traditions, les unes sauvages, les autres héritières d'une culture ancienne, — cette colonie a un intérêt manifeste à posséder sur les populations qu'elle domine ou qu'elle avoisine des notions exactes, résultant d'enquêtes impartiales et méthodiques, telles qu'un grand établissement scientifique peut seul les mener à bien.

<r En outre, une nation européenne qui prend possession d'un vieux sol historique est en quelque sorte comptable au monde civilisé des souvenirs dont elle a la garde : elle a le devoir de les conserver et de les faire connaîlre. C'est une dette d'honneur qu'elle ne saurait répudier sans déchoir dans l'opinion de l'étranger et dans sa propre estime. Or, celle lâche ne pouvait être remplie que par une institution permanente.

« Un dernier molif eut l'action la plus décisive sur les résolutions du Gouverneur Général : ce fut l'intérêt de l'orientalisme français.

« Peut-être avez-vous gardé le souvenir d'un article (1) où un savant éminent

(1) Philologie et colonisation, dans Critique et Politique, par James Darmesteter.

qui élailcn même temps un brillant écrivain, faisait spirituellement ressortir les travers de l'orienlnliçme allemand : <( le vague des questions posées et des réponses, l'absence presque absolue de sens historique. . . .,1e piétinement, sur place dans un cercle étroit de matériaux remâchés et de formules routinières... ». « Tout cela, ajoulail-il, lient ace divorce entre la recherche théorique et la connaissance pratique, qui a été la loi de l'érudition allemande. Elle s'est hypnotisée s'jr un passé de convention, faute d'avoir cherché à la source du présent l'instinct de la réalité et delà vie: pour connaître, comprendre et revivre le passé, il faut avoir, si peu que ce soit^ vécu le présent qui en vient, et qui seul peut rendre, par réflexion ou par écho, la couleur ou la voix de ce passé qu'il continue. »

« Ces vues, d'une franchise si éloquente, eurent la rare fortune de frapper par leur justesse un esprit h la fois digne de les comprendre et capable de les réaliser. C'est la pensée de James Darmesteter qui a scellé la destinée de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Il convient que son nom y demeure attaché, avec celui de l'homme d'Etat qui l'a fondée, avec ceux des savants qui en ont élaboré le plan avec tant de clairvoyance et de sagesse. (1) ».

Les lignes suivante>, du même compte rendu, méritent encore d'être citées:

Cl L'Ecole française est donc avant tout une institution de recherches scientifiques. Le domaine de ces recherches est vaste. Il ne se borne pas à l'Indo- Chine: il ombrasse tout l'Extrême-Orient, en y comprenant Tlnde. Assurément, nous avons envers notre colonie des devoirs particuliers, et nous aurons d'autant moins de peine à nous en acquitter qu'elle offre à l'étude les questions les plus intéressantes et les plus variées; mais il serait contraire au bon sens de s'y enfermer. L'Indo-Chine ne s'explique pas par elle-même : elle est un confluent de races et de civilisations, qu^on ne saurait comprendre sans remonter à leurs sources. On ne peut étudier le Laos sans le Siam et la Birmanie, le Cambodge sans l'Inde, l'Annam sans la Chine, le;: Chams sans la Malaisie. L'Extrême-Orient est un tout, et c'est ce tout qui constitue le champ de travail de notre Ecole.

« Elle est autre chose encore qu'un établissement scientifique : elle est un service administratif chargé de la conservation des antiquités. Il faut avoir visité les monuments de Tlndo-Chine pour bien comprendre à quel point ce service était urgent, et combien il est à regretter qu'il ail été créé si tard. Une habitude constante s'était établie de dépouifler les temples de leurs sculptures pour en orner les jardins et en enrichir les collections privées ; les inscriptions elles-mêmes n'échappaient pas à ces fantaisies décoratives. Ce qui a été dilapidé ainsi est incalculable. Le musée fondé jadis à Saigon aurait pu préserver beau-

« (1) Le projet de règlement, préparé par MM. Barth, Bréal et Sénart, de concert avec M. Doomer, et approuvé par TAcadémie dans sa séance du 9 décembre 1898, devint l'arrêté constitutif du 15 décembre. •

coup de choses anciennes: il fut un jour transformé en palais administratif; quant aux collections qu'il abritait, nous les cherchons encore. Nous avons mis fin à ce pillage en proposant à la sanction du Gouverneur Général une législation protectrice qui met dorénavant nos monuments à l'abri de toute mutilation et de toute altération. On ne reverra plus ces théories de sculptures qui voyagaient sur terre et sur merau gré d'archéologues amateurs. Pas une pierre ne quittera désormais sa place sans une autorisation régulière. La période nomade est close et, espérons-lc, définitivement. (1). »

Le Gouvernement Général mit à l'étude, en 1898, un projet de création, en Ecole de Méde Indo-Chine, d'une Eco'e destinée à former des médecins indigènes. L'intenlion de Hanoi

première était d'établir l'Ecole à Saigon. Au Conseil supérieur, où le projet fut examiné, dans la session du mois de septembre 1898, et reçut l'accueil le plus favorable, des objections furent présentées quant à l'emplacement de l'Ecole. Des raisons tirées du nombre et de la nature des maladies qui frappent les indigènes du Tonkin, de l'importance de la population dans cette partie de la Colonie, de la proximité des provinces de la Chine où l'action médicale française s'exerce, étaient invoquées en faveur du choix de Hanoi pour l'installalion de l'Ecole.

Après de nouvelles études et des incidents qui retardèrent la solution attendue, la fondation de l'Ecole de médecine, à Hanoi, fut définitivement décidée au cours de l'année 1901. Une installation provisoire en a été immédiatement faite, afin de ne pas ajourner son fonctionnement jusqu'à l'achèvemont des travaux de bâtiments nécessaires à son installation permanente.

L'Ecole de médecine de Hanoi est un établissement d'utilité pratique et scientifique. Elle a, en effet, pour objet, en premier lieu, de former des médecins asiatiques capables d'assurer, avec les médecins français et sous leur direction, le service de santé en Indo-Chine et dans les postes médicaux créés à l'extérieur; en second lieu, de contribuer aux recherches scientifiques intéressant l'éliologie et le traitement des maladies qui affectent, en Extrême-Orient^ les Européens et les indigènes.

La formation, en Indo-Chine^ d'un cor|>s de médecins asiatiques procède de sentiments d'humanité sur lesquels il est inutile d'insister ici. Elle répond, en outre, à des vues politiques qu'on peut avouer hautement. Le médecin indigène instruit par nous, payé par nous, sera, grâce à l'autorité dont il ne peut manquer de jouir, un instrument actif de l'influence française. Notre domination gagne, en solidité et en sécurité, à se montrer bienfaisante. Elle l'est déjà par la .sécurité qu'elle assure à la population, par le bien-être qu'elle lui apporte. Son action se complétera de la façon la plus heureuse, en devenant compatis-

« (1) Les règles applicables aux nionumenls hisloriqiies ont élc édictées par l'arrêté du 1) mars 1900. La liste des monuments a été promulguée par l'arrêté du 6 février 1901. »

santé et ulilc à ceux qui souffrent. Le niédecin fornoé à l'Ecole de Hanoi, qu'il soit en Indo-Chine on dans les postes médicaux de rextérieur, servira la France en même temps qu'il servira l'humanité.

Le caractère scîenlifique de la nouvelle Ecole est assuré par l'existence de cabinets et de laboratoires de recherches, mis à la disposition des professeurs, spécialement choisis pour leurs connaissances et leurs travaux aniérieurs, et des savants français appelés en mission en Indo-Chine. Le choix du Docteur Yersin, dont la réputation est universelle, pour la direction de l'Ecole de médecine de Hanoi, témoigne de la volonté de (iure, de cet établissement, un centre important d'éludés scientifiques.

;tiiuu bactério- L'Institut Pasteur de Nhalrang, ainsi que le fait remarquer le Docteur logiques Yersin, dans la note qui accompa»;ne ce rapport, avait été créé quelques

mois avant le 1«' janvier 1897. Mais il était, à cette époque, encore à l'état embryonnaire. En cinq années, Tlntituta été organisé et développé dans les conditions mêmes qu'a fixées son savant directeur, à qui aucun moyen d'action, aucun crédit n*a jamais été refusé.

« Aujourd'hui, dit le Docteur Yersin, le laboratoire est constitué par plurieurs groupes de constructions bien aménagées. Il possède un outillage scientifique perfectionné, un personnel habile et dévoué. 11 s'occupe, non seulement de la peste humaine, mais de la peste bovine, ainsi que diverses autres épizootiesqui déciment les troupeaux en Indo-Chine. Il a entrepris des essais agricoles dans le but de faire des recherches scientifiques sur diverses questions de cultures industrielles pouvant intéresser la Colonie. »

Au cours des cinq dernières années, l'Institut de Nhatrang a étendu son action hors de Tlndo-Chine, par des envois de sérum anti-pesteux, particulièrement aux Indes anglaises, au Japon et en Chine, par le traitement des pestiférés de ces pays, entrepris directement par le Docteur Yersin, par des missions à Java, dans la presqu'île de Malacca et ailleurs, confiées au Directeur et au personnel de l'Institut.

Aucun crédit n'était inscrit, au budget de 1896, pour l'Institut de Nhatrang.

Il figurait au budget, en 1897, pour moins de 19.000 piastres. Les crédits qui lui sont affectés sont aujoud'hui supérieurs à 40.000 piastres.

Ces chiffres donnent la mesure du développement de rétablissement.

L'Institut bactériologique de Saigon, qui fut fondé, comme annexe de l'hôpital, il y a dix ans, a pour objet la préparation du vaccin jennerien' la vaccination contre la rage, les analyses bactériologiques. Il fournit de vaccin, en même temps que l'Indo-Chine, les colonies françaises de l'Océan Indien et du Pacifique et un certain nombre de pays étrangers d'Extrême-Orient.

Jusqu'à Tannée dernière, l'Institut de Saigon dépendait, à la fois du Lieutenant-Gouverneur et du Service de santé de la Cochinchine. Ses dépenses incombaient au budget local.

Les directeurs qu'à eus successivement Tlnslitul se sont plaint de celte organisation. Elle a élé récemment réformée. L'Institut de Saigon est devenu autonome. Il est rattaché au Gouvernement Général et dispose de ressources plus importantes, prélevées sur le budget général de Tlndo-Chine. Son directeur est nommé sur présentation du Directeur de l'Institut Pasteur de Paris.

Jusqu'en 1900, le Service de santé du Tonkin recevait de Tlnstitut bactériologique de Saigon le vaccin jennerien et envoyait, pour être traitées à cet Inslilut, les personnes mordues par des chiens enragés.

Les inconvénients de cette manière de faire ayant élé signalés à diverses reprises, il fut décidé, au mois de novembre 1900, qu'un laboratoire serait créé à rhôpital de Hanoi pour laconfeclion du vaccin et des moelles antirabiques. Un médecin de l'hôpital fut envoyé en mission à Tinslitut de Saigon pour se perfectionner dans la technique des opérations à faire dans ce but. Il procéda, à son retour, à l'installation du laboratoire.

Cette organisation embryonnaire est destinée à donner naissance très prochainement à un institut bactériologique ayant tous les moyens d'études et de production nécessaires.

Le Service météorologique a été créé en Indo-Chine, au cours de Tannée Service météorolo- 1898, avec le concours éclairé de M. Mascart, membre de l'Institut, directeur ^^^

du bureau central météorologique de France, et du père Froc, directeur de l'observatoire de Shanghai.

L'année même de sa création, un grand nombre de stations ont pu être fondées dans les diverses régions de l'indo-Chine. Ce premier réseau, ultérieurement complété, s'est progressivement étendu aux pays voisins. Actuellement, le service météorologique indo-chinois comprend quarante-cinq stations pourvues de tous les instruments nécessaires à des observations précises. Six de ces stations sont en Cochinchine, neuf en Annam, onze au Tonkin, six au Laos, trois au Cambodge et uneàQuang-tchéou. Au Yunnan, sont les trois stations françaises de Yunnan-sen, Mongtzé et Ssemao ; dans le Quang-tong, les stations de Canton, Pakhoï et Hoihow ; dans le Quang-si, celle de Long-lchéou ; au Siam, les stations de Bangkok et Chantaboun ; enfin, dans la presqu'île malaise, la station de Kajang.

Les fonctionnaires chargés des stations établissent des bulletins de leurs observations quotidiennes, qui sont centralisés au Bureau central météorologique de France et à la Direction de l'Agriculture et du Commerce de l'Indo-Chine, et partiellement publiés dans le Bulletin Eœnomique.

Le Service météorologique a été complété par la création d'un Observatoire météorologique et magnétique donl remplacement a été fixé, après de sérieuses études, sur la colline de Phu-lien, à quelques kilomètres de Uaiphong. L'Observatoire de Phu-lién, construit sur le modèle de celui récemment édifié à Shanghai^ doit une partie de ses instruments à la générosité de M . BischofTsbeim,

membre de la Chambre des Députés et de TAcadémie des Sciences. Il a pour objet l'élude des phénomènes météorologiques et magnétiques, et particulièrcmcni des perturbalions atmosphériques, si fréquentes et si redoutables à la navigation, en Extrême-Orient.

L'utilité pratique du Service météorologique ainsi constitué dans notre colonie, aussi bien pour la marine et le commerce que pour Tagriculture et la sanlé publique, n'est pas plus contestable que son grand intérêt scientifique. C'est une des premières créations de ce genre faites au cours de la période de cinq années envisagées dans ce rapport, et c'est une de celles des résultats de laquelle on peut grandement se féliciter.

ice géographi- Depuis l'occupalion des diverses parties de l'Indo-Chine par les troupes

françaises, des levés lopographiques ont été faits, des ilinéroires relevés, qui ont donné lieu à l'établissement de caries provisoires. Un bureau de TEtat-major du Commandant en chef était chargé du travail d'assemblage et de mise à l'échelle des travaux ainsi exécutés. Manquant de moyens d'action, de personnel spécialisé et de malériei, le bureau topographique de l'Etat-major produisait les cartes indispensables à la marche des colonnes et à une connaissance superfici'ille et vague du pays ; il ne pouvait prétendre faire œuvre scientifique.

Le nivellement du delta du Tonkin, ordonné et exécuté dans d'excellentes condilions en 1897, les études pour l'établissement d'un plan d'ensemble des chemins de fer à construire, faites la même année et l'année suivante, à travers le Tonkin, l'Annam, la Cochinchine, le Cimbodge et le Laos, apportèrent des éléments nouveaux et précieux à la géographie de Tlndo-Chine. Il en fut de même des travaux de la mission d'ingénieurs envoyés en Chine en 1898, qui fournit, sur les provinces méridionales de cet empire, particulièrement sur le Yunnan, des levés topographiques el des renseignements aussitôt mis à profit.

Les travaux poussés ainsi plus activement et plus méthodiquement que par le passé, ne répondaient cependant pas aux besoins et au bon renom d'une grande colonie française.

Il lui fallait des cartes exactes, scientifiquement établies, par des hommes spéciaux, disposant de tous les moyens d'action nécessaires. Le service géographique de l'armée, qui a acquis dans la Métropole une si haute réputation, devait pouvoir fournir, à l'Indo-Chine, le plan d'organisation, les méthodes et le personnel.

En 1898, une entente fut faite, dans ce but, avec le Général Bassotqui mit, avec un grand empressement, sa science personnelle et celle de ses collaborateui*$ au service du Gouvernement Général. Le Lieutenant-Colonel Lubanski fut mis à la disposition de la Colonie pour procéder à l'organisation projetée.

Le Service géographique de l'Indo-Chine put être officiellement fondé par on arrêté du 5 juillet 1899, qui le régit encore aujourd'hui. Pourvu d'un personjiel de géodésiens et de topographes, appliquant les méthodes scientifiques qui ont

fait leurs preuves dans la Métropole, disposant des inslruments et du malériel de reproduction le plus perfectionné, il fait œuvre géographique sérieuse el définitive. Sa tâche principale consiste à établir une carte régulière de Tlndo- Ghine, basée sur un réseau géodésique parfaitement calculé où viennent prendre place successivement les plans précis et détaillés, levés, au fur et à mesure des besoins delà défense militaire, des travaux publics, de la colonisation, etc..

Mais, en même temps qu'il exécute ce travail définitif el de longue haleine, le Service géographique met à jour^ améliore, rectifie, complète les cartes provisoires précédemment faites. Il en donne des éditions nouvelles, plus soignées quant à l'exactitude des levés et quant à l'exécution matérielle.

La première partie de la carte régulière de l'Indo-Chine, qui embrasse le delta du Tonkin, est achevée sur plus de 7.000 kilomètres carrés et sera très problemenl terminée à la fin de Tanné prochaine. Des cartes régulières des environs de Saigon, de l'île de Poulo-Condore, du territoire de Quang-lcliéou etc. ont été exécutées en 1899, 1900 et 1901.

L'établissement de la carte géologique de Tlndo-Chine doil compléter l'œuvre Carie géologiq du service géographique.

Le Service géologique, qui travaille à rélablis?ementde cette carte, a été fondé en 1897 et rattaché à laDircclion de l'Agriculture et du Commerce. lia produit, depuis lors, d'intéressants résullals des explorations et des éludes faites en Annam, au Tonkin, dans les provinces chinoises du Yunnan, du Quang tchéou et du Ssetchouen.

Ce service doit être prochainement réorganisé et complété par l'institution d'un service des Mines à la tête duquel sera placé un ingénieur du corps des Mines de la Métropole, dès à présent mis à notre disposition par le Ministre des Travaux publics.

Aux institutions dont il vient d'être parlé, s'en ajouteront prochainement Etablisf-ements] d'autres ayant, comme elles, un intérêt à la fois scientifique et pratique. La i®^^'

fondation d'une école, ayant pour objet l'élude scientifique de la flore et de la faune de l'Indo-Chine, est projetée, et les conditions de son exécuiion sont actuellement étudiées par les services compétents. Seront également créées des bourses accordées chaque année à des artistes, peinires et sculpteurs, qui viendront en Indo-Chine, en même temps que chercher une note d'art nouvelle, donner leur concours, par les œuvres qu'ils produiront, à la vulgarisation en France des choses indo-chinoises. Les artistes en mission trouveront ici des ateHers appropriés à leur travaux. Enfin, une école d'Ans et Métiers sera incessamment fondée à Hanoi. Elle embrassera, dans son enseignement théorique et pratique, toutes les branches des arts décoratifs, et particulièrement celles déjà pratiquées en Indo-Chine, et tous les métiers pour lesquels la formation de chefs ouvriers et contre-maîtres indigènes, habiles et instruits, est nécessaire au développement de l'industrie locale.

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