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PERSONNEL INDIGÈNE

Une ordonnance du Roi d'Annam rendue exécutoire dans toute l'étendue du Protectorat Suppression par l'arrêté du 13 août 1897, a supprimé Jes fonctions de Kinh-luoc du Tonkin dont les attri- JJ^^J^J^®"' "® * butions ont été dévolues au Résident Supérieur dans le môme pays.

Installé en 1886, ce haut dignitaire annamite avait reçu pour mission de représenter la Cour de Hué au Tonkin. 11 devait prêter au Chef de l'administration du Protectorat son concours et son appui pour faciliter, avec l'aide des mandarins provinciaux, la répression de la piraterie et faire cesser l'état de trouble et d'insécurité qui régnait à cette époque dans presque toutes les provinces du Tonkin.

f/Administration française n'a eu i\uk se louer de la collaboration active et eflicace fournie par le Kinh-Luoc à l'œuvre de la pncification générale. Lorsque celle-ci fut établie et quand les indigènes furent habitués à considérer notre occupation comme d'^finitive, les fonctions de Kinh-Luoc n'<iyanl plus de portée politique se réduisirent à l'étal de simple rouage administratif faisant double emploi avec le service des Affaires indigènes installé dans les bureaux de la Résidence supérieure. Ces considérations amenèrent le Gouverneur Général à supprimer, d'accord avec la Cour de lïué, les fonctions de Kinh-Luoc. Ses pouvoirs furent intégralement confiés au Résident Supérieur du Tonkin qui se trouva, par suite, plus à même d'exercer sur l'administration indigène des provinces, un contrôle plus direct et plus efficace.

La suppression des fonctions de Kinh-Luoc ne devait pas entraîner de modifications notables dans l'organisation de l'administration indigène.

Le mandarin qui est à h tête de l'administration provinciale, qu'il soit Tông-dôc, Tuân-phn Administration] ou An-sat, reste toujours le collaborateur immédiat du Résident. Il est indispensable pour le Tinciale annam chef de la province d'avoir à côté de lui un An-sat, pour examiner les jugements rendus par les Phu et Huyên, pour rendre, suivant sa compétence, la justice conformément aux codes et aux ordonnances royales en matière indigène, pour discuter, avec le représentant de l'autorité française, les réclamations des villages en ce qui concerne les impôts, la police et les travaux publics.

La perception des impôts par nos agents, le paiement de la solde des troupes de police et des linh-co par nos caisses, le mode actuel d'exécution des travaux publics, ont réduit notablement le nombre des mandarins provinciaux. Il ne semble donc pas nécessaire de maintenir plusieurs grands mandarins dans chaque province. Un seul mandarin provincial peut suDGre et c'est le cas actuellement pour plusieurs provinces pourvu qu'il soit intelligent et actif, et bien au cournnt des mœurs, des rites, de la justice et de tout ce qui touche à la vie annamite.

Les Phu et Huyên reçoivent, soit par T intermédiaire du mandarin provincial, soit directement du Résident, les instructions relatives à l'exécution du service dans les arrondissements qu'ils administrent et particulièrement celles se rapportant à l'établisseme it des rôles d'impôt, à la police, à la justice et aux travaux publics.

Aucune modification n'a été apportée à l'organisation et au fonctionnement de la commune annamite qui s'administre elle-même, et qui reste chargée, sous sa responsabilité, de la police du village et de son territoire.

Le chpf de canton élu par les notables des villages existe toujours comme représentant de la population auprès du délégué de l'autorité centrale, Phu ou Huyên, ou même auprès du Résident auquel il expose directement les besoins et les revendications des habitants.

Pour avoir le droit de nous montrer plus sévères à l'égard des mandarins concussionnaires Augmentation ou prévaricateurs, T Administration h décidé de relever le traitement des fonctionnaires indi- traitement < gènes, de manière à leur permettre de vivre convenablement. Le Gouvernement du Protectorat mandarins, assure à tous une solde bien supérieure à celle que leur attribuait le Gouvernement annamite.

En outre, et en vertu d'une décision appliquée à partir du i^^ janvier 1900, il est alloné, sur les fonds des budgets provinciaux, aux mandarins administratifs du chef-lieu, ainsi qu'aux Phuet Huyên, une indemnité de fonctions égale à 50 ^/o de leur solde.

Linhco. I^cs gardes spéciaux, sous le nom de linh-co, à raison de dix par mandarin provincial, 'sept

par Phu et six par Huyên sont au service de ces fonctionnaires et touchent une solde sur le budget de la province.

aUon de retrai- Ces améliorations successives de la situation des mandarins et agents de TAdministration an es indigènes. namite ont été complétées par les dispositions de l'arrêté du 15 septembro» 1898 qui ouvre le

droit à pension de retraite, aux indigènes et Asiatiques étrangers titulaires d'un emploi rétribué sur les budgets de rindo-Gliine, aux gardes indigènes et aux tirailleurs tonkinois.

Les secrétaires-interprètes et lettrés employés soit dans les bureaux de la Résidence supérienre, soit dans les provinces, sont compris, bien entendu, parmi les agents à bénéficier de l'arrêté précité.

A cet effet, le Gouverneur Général a créé une caisse des pensions civiles indigènes de Tlndo- Chine et un Conseil d'administration et de conlrôle des reti ailes indigènes.

Les pensions de retraite des tirailleurs et des gardes indigènes sont payées sur les crédit du budget général de Tlndo-Chine.

L'Administration ne s'est pas bornée à améliorer la situation matérielle des mandarins et des fonctionnaires indigènes ; elle s'est également préoccupée d'élever leur niveau moral et intellectuel et de les amener peu à peu à l'étude de la langue française. Ces mesures ont été prises sans à-coup et avec une sage prudence, car, en matière d'enseignement comme en toute autre matière, il importe de ne pas heurter des coutumes héréditaires et des traditions respectables.

le des Hân-66. L'Administration a ouvert, à Hanoi, une école dans laquelle sont admis 30 élèves choisis

parmi les Hâu-bô des provinces du Tonkin.

Ces Hàu-Bô sont eux-mêmes recrutés parmi les lauréats des examens triennaux et les fils de mandarins. Conformément aux dispositions d'un arrôlé du 9 janvier 1897, les llàu-Bô suivent, dans cette école, des cours de français. Ils y apprennent aussi les principes de l'aritlnnétique, quelques notions de géographie et de science pratique ( t usuelle. L'école fonctionne actuellement d'une façon très satisfaisante sous la direction dun mandarin instruit et parlant couranrnnent le français. Le Chef de la section des affaires indigènes de la Résidence Supérieure contrôle la marche et le développement de cette institution et s'sssure des progrès réalisés par les élèves. A l'expiration des cours qui durent deux années, les futurs mandarins sont envoyés en service dans les provinces.

Dans le même ordre d'idées, le Gouverneur Général a institué, par arrêté du 6 juin 1898» une série d'épreuves supplémentaires qui font suite aux épreuves classiques de caractères chinois des concours triennaux de Nam-dinh. Ces épreuves supplémentaires portent sur la connaissance du quôc-ngu* et de la langue française parlée et écrite. Aux termes de Particle 3 dudit arrêté, les mandarins seront choisis de préférence parmi les gradués, cu'-nhon ou tu-tai, ayant subi avec succès les épreuves supplémentaires. Toutefois, en ce qui concerne la connaissance du français, elle ne sera obligatoire, pour l'accès aux emplois publics, qu'à la session des examens triennaux qui auront lieu en 1903 et aux suivantes. Mais ceux des lauréats qui, dès la session de 1900, auront justifié de la connaissance du français, auront un droit de préférence sur les autres.

Ces mesures contribueront à nous attacher par des liens plus étroits la partie instruite et influente de la population tout en facilitant dans les provinces le fonctionnement de l'Administration et la prompte expédition des affaires.

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