RÉSULTATS ACQUIS
Eo lerminani ce rapport, trop long et pourtant incomplet, peut-être couvient-il de résumer les principaux résultats acquis, dans les cinq années de gouvernement dont il est ici rendu compte.
On peut négliger tout ce qui a le caractère d'appréciations personnelles, et s'en tenir aux laits et aux chiffres. Ils disentassez clairement quelle a été la situation db rindo-Ghine pendant cette période, et quels progrès y ont été accomplis.
Résumé. Ce qu'ils lont ressortir, tout d'abord, c'est que la Colonie a joui d'une paix
profonde et dun ordre parfait ; qu'à la pacification matérielle, achevée dés 1897, a succédé la conquête morale de la population. Et, là encore, c'est l'événement qui en fournil la preuve : la crise chinoise, qui a secoué l'Extrême-Orient en 4900 et 1901, a passé sur l'Indo-Chine sans la troubler. Pendant que la rébellion et la piraterie battaient ses frontières, la Colonie pouvait employer ses troupes au 'oin, se tenir prête à agir partout où il serait besoin, dégarnissant son territoire, sans souci pour Tordre intérieur, sûre du bon esprit des habitants, de leur calme et de leur confiance.
Depuis cinq ans, l'indo-Chine n'a plus d'histoire; ou mieux, elle n'a d'autre histoire que celle de son organisation politique et de son développement économique prodigieux.
Elle était, en 1896, dans une situation ûnanciëre difûcile et inquiétante: elle a, depuis lors, de constants excédents; elle paie annuellement 14 millions de francs de dépenses militaires, exécute de grands travaux et possède près de 30 millions dans ses caisses de réserve.
Le commerce général s'est accru dans les proportions inespérées ; il n'allait guère, annuellement, au-delà de 'siOO millions, et, en cinq années, par une progression rapide, il a dépassé le demi-milliard.
Dans le même temps, la superficie des terres cultivées par les colons français a quadruplé.
Des ponts, des routes, des canaux, des ports maritimes ont été exécutés ou sont en voie d'exécution; la construction d'un réseau de deux mille kilomètres de chemins de fer a été décidée et se poursuit rapidement. Dans ce réseau, figure la ligne de pénétratioa au Yunnan, qui assure à l'activité française uu nouveau et vaste champ d'action.
Le Gouvernement Général, qui n'existait que de nom, s'est constitué et organisé fortement, avec un budget abondamment pourvu, de grands services^ des administrations locales peu à peu réformées.
De puissants ouvrages de défense sont constitués ; les troupes sont renforcées et mises en état d'agir partout où les intérêts du pays l'exigeront.
L'Indo-Chine a développé l'influence française hors des limites de son territoire. Elle à préparé un avenir qui doit faire de la France une grande puissance asiatique.
Il est donc permis de dire qu'au cours des cinq années qui viennent de s'écouler, le Gouvernement Général de l'Indo-Chine a accompli, dans leur intégralité, ses devoirs de gouvernement d'une importante colonie. Les graves questions, qui lui imposaient des résolutions urgentes et un effort soutenu, celles dont la solution importait le plus à la bonne organisation du pays et à son essor économique, ne lui ont pas fait négliger, un seul jour, les affaires d'un intérêt moins considérable ou moins pressant. Tout a marché d'ensemble et d'un pas égal.
C'est que, chez lous, le même concours ardent a été apporté à l'œuvre commune. Aucun des conflits, aucune des rivalités, dont on parle ailleurs, ne s'est produit ici.
Pendant cinq ans, l'Indo-Chine a vécu et travaillé d'une même àme.
Les chefs de l'armée et de la marine, les directeurs des grands services et des administrations ont été des collaborateurs également dévoués et actifs, n'ayant d'autre souci que d'entraîner leur personnel, de faire tendre les forces dont ils disposaient vers le but unique: donner à la Métropole une colonie organisée et outillée, riche et forte.
C'est fait et cela s'est fait modestement, sans bruit et sans réclame. L'Indo- Chine, pendant qu'elle grandissait, n'a pas attiré l'attention, n'a pas fait parler d'elle.
On pourra, dans peu de mois, la présenter au monde avec quelque fierté. Elle se montrera déjà puissante, mais non pas au repos ; en plein travail, au contraire, en pleine marche vers un avenir brillant.
Ceux qui, en toute place et à tout degré, ont concouru à ce résultat ont le droit de penser que leur effort n'a pas été vain et qu'ils ont utilement servi la Patrie.
Hanoi, le 22 janvier 1902.
[je Gouverneur Général de Vlndo-Chim, Paul DOUMER.
Annexes
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