CONCLUSIONS
L'Institut Pasteur de Nhatrang qui n'existait qu'en germe le 1er janvier 1897 a pris corps et s'est développé pendant ces cinq années.
Son but était l'étude des maladies infectieuses de l'homme et des animaux en Extrême- Orient. Nous y avons joint des expériences agricoles, qui ont été pour nous plutôt un délassement qu'un travail.
Nous avons été puissamniont aidés par l*appui bienveillant qui nous a toujours été donné par M. le Gouver neur Général de rindo-Clûne. Il ne nous a jamais marchandé aucun crédit ; nous sommes heureux d(! lui devoir tout. Notre Institut est son œuvre.
Notre tâche est loin dV'tre achevée. Si nous avons fait ({uelques progrès, si nous avons trouvé quelques sérums et vaccins, il y a encore beaucoup de recherches à faire. 1^ cadre de nos expériences tend à s*aj^randir tous les jours ; c'est fiu':\ mesure (|ue nous pénétrerons plus avant dans la connaissance de ce pays nous y découvrirons de nouveaux sujets d* études.
Nhatrang, le 2 janvier ilK)2.
Le Directeur de l'Inêtitut I^amieur de Nha-trang^
or YERSIN.
NOTE
SUR LA
Situation et les Travaux de l'Institat
BACTÉRIOLOGIQUE DE SAIGON
de 1897 à 1901
L'Institut Pasteur de Saigon, fondé en 1891 a pour but : lo la préparation du vaccin jennerien sous forme de pulpe glycérinée, en tubes stérilisés ; 2*^ la vaccination contre la rage après morsure, d'après la méthode pastorienne ; 3» les analyses bactériologiques de liquides organiques pathologiques, et de substances alimentaires ; 4 > Tétutie des maladies endémiques et épidémiquès de Tlndo-Chine.
Service da vaccin. — Depuis le commencement de l'année 1897, l'institut I^asteur de Saigon à fabriqué un total de S68.350 tubes de vaccin, se divisant en 190.374 grands tubes et 77.970 petits tubes. Ce vaccin a été employé dans les divers pays de l'union indo-chinoise, dans les colonies françaises de l'océan Indien et du Pacifique, et enfm par les pays étrangers de l'Extrême-Orient. Les vaccinations qui ont été faites en Cochinchine et au Cambodge ont seules été signalées régulièrement à l'institut de Saigon; elles se sont élevées au total de 1.042. 763, se repartissant ainsi que l'indique le tableau suivant :
Années Vaccinations Revaccinations Total
Totaux 658.548 384.215 1.042.763
Si élevés que soient ces chiffres, ils eussent été plus hauts encore si le service des deux vaccines mobiles de Cochinchine avait fonctionné régulièrement; mais les nécessités du service hospitalier et la pénurie du personnel ont laissé chacune de ces vaccines sans titulaire pendant quelques mois chaque année. La proportion des succès qui a suivi ces opérations s'est élevée à une moyenne de 86.9 pour cent pour les premières vaccinations et de 10<>/o pour les revaccinations. Ce pourcentage a d'ailleurs suivi une marche croissante depuis 1897, et le vaccin fourni actuellement par l'Institut adonné une moyenne de 91 .5 pour cent de succès entre les mains des vaccinateurs de Cochinchine. Il est juste de dire que Tlnstitut ne délivre son vaccin que lorsque, après expérience, d*après une méthode récente indiquée par le Dr Calraette, il donné a d'excellents résultats. Les correspondants de l'Institut, nationaux on étrangers, sont unanimes à reconnaître la bonne qualité actuelle du vaccin.
La préparation de la pulpe vaccinale a nécessité un nombre de bufQons qui s'est maintenu depuis 1897 jusqu'à la fin de 1901 an chiffre moyen de 8 par semaine, et c'est pendant la période
es plaies, alors qoc h v trîote nr f»it nulle part son nppHntion, qne le nombre des bufllons est habituellement le plus fnllilc. Ces animnuv soiil Tournis allernativenienl par l'arrondi ssement de Cliolon et par celui de (iiadinb. et les proprit'Liires. indemnisr-s d'ailleurs par les soins de l'Institut, ont toujours nionti'ê an louable empressement à rt^pondre ani: ilemandes de location de ces animaux, [nnlgrii lus déplacements i(ueli|iierais considérables qui leur sont imposés de ce cbef.
I«s conserves de vaccin i>i)t été délivrées à tous ceux ijui en ont fait la demande, gratuitement aux services de la t'ocbincbine, et à titre remboursable aux autres paj-s de ronian indochinoise, aai: colonies françaises et aux étrangers. Les l'ccettes elTeclDées de ce chef se sont élevées en 1897 à la somme de 1^.108. 8 :tO ; en I8im à 13.738,807; en 1899 à 16.776, $69 en l'JOO. à I3.:»3. S 5K et. en 1001. à la somme delS.TTI, $ 08. Ces recelles ne représentent qu'une faible partie des services rendus par l'Instilut ; car il faut tenir compte de ce fait que la haute proportion des succès apr<'-s les vaccinations préserve d'un fléau redoutable un nombre considérable d'enfants qui sont ainsi ronservés pour plus tard à l'exploitation et au développement du pays.
Service de la rage. — Depuis le commencement de 1897 jusqu'au ii décembre 1901, 451 personnes se sont pcésentées à l'Institut l'asteur do Saigon. Sur ce nombre le traitement antirabique n'a été suivi que par 'Hiô. Les autres n'ont pas été traitées parce que l'observation de l'animal [itordeur a démontré qu'il ne s'apiissait pas de la rajje. Dans le tableau suivant les personnes traitées sont réparties en trois catégories selon l'habilode généralement eniplovée dans les divers Instituts l'asteur.
I.A CATÉooniF. A. — Comprend les ras oi'i la rage de l'animal mordeur a été reconnue expérimenlalenient à l'Institut même ;
La catëuorif. B. ~ r.omprend les personnes mordues par des animanx dont la rage à été affirmée par un certificat de médecin ou de vétérinaire ;
Enfin la Catkuorik C. — Comprend les personnes mordues par des animaux snspects de de rage, et qui n'ont pu faire l'objet d'un examen médical et encore moins d'une expérience biologique.
Slatifitiq'ie itf la rage d'nfuv
lu ijrarilè rfw blnmu-ex lirpiin Ir commmcement de tS97 jiis,,uà In fin de IIHII.