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SERVICE MÉTÉOROLOGIQUE

DE L'INDOCHINE

D'accord avec M. Mascart, le Gouverneur Général de rindo-Chine décida, en 1897, l'établisseinenl d'un certain nombre de stations météorologiques, premières mailles d'un réseau qui devait être complété plus tard. Conformément aux règles établies par le Bureau Central de Paris, ces stations devaient être, les unes principales, armées d'instruments enregistreurs et d'instruments pour la lecture directe; les autres, secondaires, outillées plus sommairement en vue des seules observations à faire sur les conditions climatologiques de la région. C'est ainsi que des stations principales furent créées à Saigon et au Cap S* Jacques, pour la Cochinchine ; à Phnom-penh, pour le Cambodge ; à Nhatrang, Langsa (I^ng biang) et Tourane, pour l'Annam ; à Hanoi, pour le Tonkin.

L'armement de ces stations principales comprend les instruments suivants :

1 Baromètre à large cuvette ;

i Psychromètre ;

i Thermomètre à maxima ;

1 Thermomètre à minima ;

1 Pluviomètre ;

1 Thermomètre enregistreur ;

1 Baromètre enregistreur ;

i Hygromètre enregistreur ;

1 Anémomètre enregistreur.

En même temps, des stations secondaires furent établies au champ d'essais d'Ong-yem, en Cochinchine ; à Quinhone, Hué, Vinh et Thanh-hoa, en Annam ; à Quang-yên, Moncay, Langson, Caobang, Laocay et Hagiang, au Tonkin.

L'outillage des stations secondaires comporte :

1 Thermomètre à maxima ; 1 Thermomètre à minima ; i Pluviomètre.

Les instruments furent commandés en France et M. Mascart voulut bien se charger de les soumettre au contrôle du Bureau Central à Paris.

SITUATION DE L'iNDO-CUlNE (ANNEXES) 32

Dès le mois de juin de l'année 1898, des observations régulières et complètes parvenaient mensuellement au Gouvernement Général, des stations principales de Saigon, Nhatraog, Langsa et Hanoi, ainsi que des stations secondaires de Ong-yem, Quinhone, Hué, Qaaag-yen, Moncay, Caobang et Laokay.

Les autres stations ne tardèrent pas à organiser le service régulier de leurs bulletins d'observations mensuelles; de sorte que, avant la fin de Tannée 1898, le Bulletin Economique de rindO'Chine fut à même de publier les cliiflres d'observations météorologiques recueillis dans les dix-huit stations désormais établies.

Dans le courant de Tannée 1899, le réseau fut étendu et les stations suivantes furent successivement armées :

Stations principales. — Poulo-Condor, en Cochinchine ; Vientiane, au liaos.

Stations secondaires. — Soctrang et Tayninh, en Cochinchine; Kampot et Pursat, au Cambodge ; Djiring et Donghoi, en Annam ; Hongay, ilaiphong, Backan et Vanbu, au Tonkin.

On a pensé, avec juste raison, que Tenquéte sur le régime météorologique de l'Indo-Chine serait utilement complétée par Tétablissement de stations au delà des limites du territoire de la colonie. Comme le concours de nos consuls nous est acquis, nous avons pu outiller, comme stations secondaires :

Mongtzé et Ssémao, au Yunnan ;

Longtchéou, au Kouang-si ;

Pakhoi, au Kouang-toung ;

Hoihow, sur la côte d'Hainan ;

Singapore et Bangkok, dans le golfe de Siam.

De plus, Quang-tchéou-wan a reçu un outillage approprié, Chantaboun a été armé comme station secondaire et Yunnan-sen a été doté de l'ensemble des instruments d'une station principale. Une station similaire va également être créée à Canton.

En somme, le réseau météorologique de Tlndo-Chine comprend, actuellement, dix stations principales et trente-cinq stations secondaires ou climatologiques.

Le service fonctionne d'une façon aussi régulière que possible.

Des télégrammes bi-quotidiens, chiffrés d'après les conventions du Code international météorologique, sont transmis à Hong-kong, Manille et Zikawei, leur conmiuniquant les observations du Cap Saint-Jacques, du Cap Padaran et de Tourane. Ces mêmes dépêches sont transmises au service météorologiqne du Gouvernement Général de Tindo-Chine, aux ports de conunerce de Saigon et de Haiphong, au Commandant de la division navale de Cochinchine et à la Chambre de Commerce de Saigon. Toutes les observations faites dans les stations du réseau indochinois sont adressées mensuellement au Gouvernement Général et publiées au Bulletin Economique de Tindo-Chine. Un duplicata de tous les bulletins est réguUèrement expédié au Burau Central à Paris. De plus, centralisés au service météorologique du (jouvemement Général, ces bulletins servent à dresser Tensemble des graphiques qui constitueront la base pour l'étude comparée de la météorologie en Indo-Chine. Nous devons déjà à cette étude des renseignements d'une importance réelle (1).

Cependant, l'œuvre scientifique, ainsi inaugurée, resterait incomplète si les matériaux, patiemment accumulés, ne devaient pas être mis en œuvre dans le pays même, et si les résultats n'en trouvaient pas une application utilitaire plus ou moins immédiate. La création d'un

\i) Le Balltlin Economique de V Indo-Chinf a public des uotOH sur le typhon du mois d*octobre 1897 - vat la marche du typhon reçu à Tourane le 4 octobre 1900 ; des notes sur la climatologie de Pakhd, de Alongtié, de Rfumit Quang-lcbéou-wan ; des études sor la climatologie de baigon, de Langsa, de Phnompenh, de Tourane, de Hanoi etc. ' sur le régime des moussons en Indo-€hine ; sur la marche du typhon da 14 octobre 190i .

Observatoire météorologique central apparaît donc comme le complément naturel et nécessaire de l'organisation da Service météorologique indo-chinois.

Une commission fut nommée, par arrêté du Gouverneur Général en date du 8 octobre 1897, à TefTet d'étudi»)r cette question. La Commission fîit unanime ù reconnaitre l'utilité de la création d'un établissement scientifique de ce genre. Elle ne se dissimulait pas. toutefois, les difficultés à vaincre pour en réaliser le projet.

En effet, l'armement d'un observatoire du genre de celui de Zikawei, par exemple, nécessite l'acquisition d'instruments fort coûteux, et les difficultés qu'elle craignait de rencontrer étaient moins d'ordre technique que d'ordre budgétaire.

Or, aujourd'hui, cette considération est devenue caduque. Grâce aux libéralités hautement éclairées de M. Bischolïsheim, membre du Parlement, le futur observatoire météorologique dp rindo-Chine pourra être doté d'un outillage complet, non seulement pour l'étude de la météorologie proprement dite, mais encore pour celle du magnétisme terrestre et, dans une certaine mesure, de l'astronomie. De plus, l'œuvre future a pu s'assurer le concours libéral et précieux du Directeur de l'observatoire de Zikawei.

Le P. Froc, qui dirige cet établissement scientifique avec autant de succès que d'autorité, voulut bien se mettre à la disposition du Gouverneur Général de l'Indo-Chine, pour aider l'œuvre à créer de ses conseils et des fruits de son expérience consommée.

Par arrêté du 8 avril 1899, le P. Froc fut chargé dune mission en Indo-Chine pour l'étude du choix de l'emplacement et de l'organisation d'un observatoire central météorologique et magnétique.

Dans le cours de sa mission, le P. Fioc visita successivement les principaux points de la côte, susceptibles de fixer ce choix. L'enquête scientifique à laquelle il s'est livré à été consignée dans plusieurs rapports très étudiés, adressés au (îouverneur Général de l'Indo-Chine.

Cette enquête désignait comme point le plus favorablement situé pour la construction de l'Observatoire, le mamelon de Phu -lien, situé à 9 kilomètres de H liphong, au Tonkin. Les avantages de cet emplacement répondent, d'après le P. Froc, aux conditions de situation topographique, d'ail itude, de dégagement et de facilités de communications requises. Placé dans la zone à l'intérieur de laquelle l'action d is typons se fait sentir, soit directement, soit par des eflets de réactiori périphérique, l'observatoire pourra consacrer à l'étude de ces météores des travaux d'autant plus importants, qu'ils viendront compléter ceux des observatoires de la côte de Chine et de Manille. Le projet de création de l'Observatoire météorologique et magnétique de Phu-liên, soumis au Conseil Supérieur dans sa session de 1899, fut approuvé à l'unanimité par cette haute assemblée.

L'Observatoire sera placé sous la direction de M. Ferra, licencié es sciences mathématiques, ancien attaché à l'Observatoire de Pai'is et de Montsouris. Il centralisera, pour les mettre en œuvre, tous les documents recueillis dans les diverses stations du réseau météorologique.

Il organisera, à l'usage des navigateurs, un service de l'heure et un service des avertissements. Recevant chaque jour télégraphiquement les observations des stations principales du réseau indo-chinois, ainsi que des observatoires de Hongkong, de Zikawei et de .Manille, il établira quotidiennement le comput météorologique à l'usage des navigateurs.

En adoptant, comme l'a fait Sir Robert Hart pour les côtes de Chine, le (iouvernement coréen, pour le littoral de la Corée et le Gouvernement russe pour Vladivostok, le système des signaux d'avertissement usité à Zikawei, l'Observatoire de l'Indo-Chine organisera sur nos côtes un système de sémaphores météorologiques conformes, qui rendra d'inconîestables services à la navigation, depuis Singapore jusqu'à Shanghai.

Enfin, outillé d'horloges Fenon et de chronomètres appropriés, Phu-liên sera un d«^pôt de l'heure non moins apprécié des navigateurs que ne l'est actuellement celui, si ulilemeni et si souvent consulté, de Zikawei.

NOTE

SUR

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