SERVICE GÉOLOGIQUE
Personnel et orgnnisalian du Service. — Le Service géologique, créé par le Gouverneur Général de Flndo-Chine au commencement de 1898, et rattaché à-la Direction de T Agriculture et du Commerce de Tlndo-Chine, fut, par arrêté du 20 février 1898 placé sous la direction de M. Counillon, alors professeur au collège Chasseloup-Laubat. M. Counillon, licencié es sciences naturellesct licencié ès-sciences physiques et chimiques, avait fait partie delà mission Pavie en 1891.
M. Monod, licencié es sciences, fut, par arrêté du i mars 1898, nommé adjoint au Ghef du Service géologique.
Le 15 août de la même année, un arrêté du Gouverneur Général conférait à M. Vasseur, Docteur ès-sciences, professeur à la faculté des sciences de Marseille, le titre de Directeur du Laboratoire du Service géologique de l'Indo-Chine. M. Vasseur avait été le promoteur auprès du Gouverneur Général de la création de ce service, et il lui avait soumis une carte exécutée sous sa direction par MM. Counillon et Monod, sur laquelle étaient réunis tous les documents existant sur la géologie de notre colonie d'Extrême-Orient.
Après M. Vasseur, MM. Gentil et Laurent ontétéàleur tour attachés au Service géologique de rindo-Ciiine, le premier en qualité de pétiographe, le deuxième comme paléobotaniste.
Le Service géologique est resté composé de ce personnel jusqu'au 10 juillet 1901. A cette date, il s* est augmenté d'un préparateur, M. Mansuy, qui s'est beaucoup occupé, en France d'anthropologie, et pourra, par ce fait, rendre au laboratoire, auquel il appartient, de précieux s ervices.
Le personnel ihi Service géologique comprend des géologues résidant en indo-Chine et des géologues de la Métropole . Les premiers ont pour mission de faire les observations et les études sur le terrain et de classer les collections qu'ils ont recueillies dans leurs explorations. Lorsqu'ils ont recueilli des roches ou des fossiles qu'il n'est pas encore possible d'étudier sur place, ils les adressent en communication au Laboratoire de géologie de Tlndo-Chine, placé sous la direction de M. Vasseur^ h la Faculté des Sciences de Marseille. Les géologues de la
M(Hropole nident onsuile leurs ('oii(*<,rues de rindo-^ihiiie, dans la détermitmliori des échantillons <{iii leur sont adressés, au moyen des collections de comparaison ou des ouvrages que le service ne possède pas encore dans la colonie, ainsi que )>ar la compétence spéciale qui leoi* appartient.
Le Service f(éoIoj,nque a réuni, depuis son origine, de nombreuses et forts intéressantes collections pétr()graphi(|ues et paléontolo^iques ; une p^irtie de ces collections est due à de jrénéreux donateurs.
Tvarmw.. — Les premiers soinsdu service furent consacrés à réunir tons les documents existant el pouvant intéresser s -s travaux.
Dans une première mission dans la haute vallée du Fleuve Kouge, en 1899, le Chef adjoint |>arcourut, pendant les mois dt^ mai et de juin, les environs de Yén-bay et de l^o-kay. Il y détermina Tàge d'un certain nombre de terrains parmi lesquels des strates de la période arcbéenne (|ui avaient été signalés antéi'ieurem(Mit comme pouvant contenir des gisements de charbon de tern».. ''es prévisions ne turiMit pas conlirmées. Les terrains des environs de Yènbay lirent découvrir, entn? autres, des grès argileux et micacés dorigine lagunaire contenant une faune et une dore fossiles d'un grand intérêt.
Au commencement de juillet, les chemins n'étant plus praticables à cause des pluies, il reprit la toute de Saigon, où il rapportiiit de nombreux échantillons de roches el de fossiles, pl une grande variété de coquilles vivant dans -le Meuve Kouge ou dans les rivières et les marécages du Tonkin.
Le Chef du Service entreprit ensuite un voyage d'exploration géologique en Annam. Il <Mi rapporta de très nombreux éch;u)tillons présentant une grande variété. Il convient de signaler tout particulièrement un charbon (|ui fut analysé el donna des résultats des plus intéressants, (liî charbon provenait de Vinh-phuoc, près de Tourane. D'après les végétaux qui raccompagnent, ce gisement appartient à la périod<; liasi(}ue. Sa formation doit remonter à peu près à la même époque «fue celles des charbons de llongay.M. Counillon en a rapporté de belles plaquettes entièrement couvertes de végéUiux dans un admirable état de conservation.
.\vant le retour de M.(^ounilIon à Saigon, le Chef adjoint fut envoyé par M. le Gouverneur Cénéral au Yunnan, où il allait voyager, de concert avec un groupe delà .Mission d*études des chemins de Wr du sud de la Colline. II p.ircourul. tantôt seul, tanUH avec différents membres de la Mission, les provinces du Yunuan et du Koui-tchéou, une partie du Sé-tchéouan, puis descendit le Yang-t>é-kiang de Tch'ông-K 'in à Shanghai. Au cours de ce voyage, il put faire des observations stcientithiues d'un grand intérêt, il constata la présence de formations «tppartenant aux périodes archéerme, silurienne, dévonienne, carbonifère, pennienne, triasique et jurassique.
Les ères tertiaire et ({uaternairc. ainsi que la période actuelle, lui fournirent de nombreux échantillons.
.\u point de vue prati<pie, il rapporta des renseignements utiles sur de nombreux gisements de charbon situés daris toutes les provinces chirioises qu'il avait parcourues. Son vovage dura de la (in du njois de septembre 18118 au commencement du mois de juin 1899. A la suite de cette mission, il reijtra en France pour mettre en œuvre les résultats et les documents recueillis pendant son voyage.
Kntre temps, le t^hef du Service organisait le Laboratoire, et réunissait les documents bibliographiques utiles pour constituer une bibliolhè(|ue des ouvrages spéciaux se rapportant à l'histoire naturelle de l'Indo-Chine. Il avait aussi doté le laboratoire d'un certain nombre de cai-tes, et fait copier celles (|u'il ne pouvait se faire céder. Cet important travail a été fait entié" rement par le Secrétaire laotien attaché au service, travailleur d*une patience et d'une application remarquables.
M. Counillon fit également plusieurs tournées en Cochinchine, notamment à Tânan où il alla étudier des gisements des gypses sur lesquels il donna une note an Bulletin Econtnnique (Août 1899, NM4).
Après son retour de France, M. Monod, reprit, au commencement de 1900^ l'étude qu'U avait commencée, de la haute vallée du Fleuve Rouge entre Long-pô et Lao-Kay. Mais, à la fin de juin, à la suite d*une campagne très pénible, il dut abandonner ses recherches pour entrer à l'hôpital de Lao-kay, d*où il fut évacué sur l'hôpital de Hanoi, et, au mois d'août, il se vit obligé de s'embarquer en congé de convalescence.
M. Counillon avait consacré le commencement de l'année 1900 à dresser une carte sur laquelle il avait figuré tous les gisements signalés en Indo-Chine. Cette carte a été envoyée à Paris pour figurer à TExposition.
Au mois d'août, M. Counillon partait pour l'Annam et explorait le pays* jusqu'en janvier 1901 . 11 revint avec de nouveaux renseignements d'une réelle importance scientifique. En particulier, il avait découvert dans les environs de Tourane, dans la vallée de la petite rivière de Hiéu-nien. une faune basique fort bien conservée. Ces fossiles se trouvent dans un schiste noir compact qui accompagne une formation charbonneuse. Le secrétaire laotien qui accompagnait M. Counillon, Oun-Kham, séjourna quelques jours sur le gisement et en rapporta quantité de fossiles d'un intérêt d'autant plus considérable que ce gisement est un des plus beaux qui existent en Extrême-Orient, tant par la grande variété des espèces parmi lesquelles on trouve, pour la première fois en Indo-Chine, des représentants de la famille des Echinides. Une vitrine entière a été consacrée aux échantiUons qui en proviennent et le chef du service, à son retour de France, va avoir à faire un travail des plus importants, pour déterminer et décrire la faune de Huu-Niên. M. Counillon, en effet, a dû se résoudre à prendre à son tour, un congé de convalescence à la suite des fatigues de son exploration dans la Chaîne annamitique et après un long séjour en Indo-Chine.
Le Chef adjoint est rentré de France en juin 1901. Il avait profité de son séjour au Laboratoire de Géologie de l'Indo-Chine, à la Faculté des Sciences de Marseille, pour étudier, sous la direction de M. Vasseur, les échantillons qu'il avait rapportés de Chine. 11 présenta une note à l'Académie des Sciences sur un gisement d'anthracite qu'il avait visité au Koui-tchéou, et qui remontait à une période lui donnant un intérêt tout spécial. M. Bertrand, membre de rinstitut, professeur à l'Ecole supérieure des Mines, voulut bien accorder son appui à cette note en la présentant à l'Académie.
Une partie des résultats de ses études fut publiée dans le Bulletin Economique avec une carte et quelques coupes.
M. Monod est actueUement chargé de continuer les études géologiques cemmencées dans la Qiaine annamitique moyenne, dans la région de Hué.
M. Mansuy, préparateur, arrivé à Saigon en août 1901, après avoir fait une reconnaissance géologique aux environs de Bienhoa, est allé explorer la région de Hatiên et de Kampôt. Il a rapporté du Cambodge de nombreux échantillons de roches, un croquis géologique de la région ainsi qu'une importante série de coquilles vivantes, dont un grand nombre paraissent nouvelles, et seront à décrire. Il a rapporté également plusieurs crânes de différentes espèces de singes, de chiroptères, et un crâne de panthère.
Au Laboratoire, M. Mansuy s'est activement occupé de classer les animaux actuels, auxquels une vitrine a été réservée. H est actuellement désigné pour aller explorer les stations p réhistoriques de la région de Som-ron-sen, au Cambodge.
Pour terminer ce rapide aperçu des travaux exécutés par les membres du Service géologique en Indo-Chine, nous donnons ci-après, la liste des travaux qui ont été publiés par eux.
Publications du Chef du Service :
Note sur le typhon du mois d'octobre 1897 en Annam et au Tonkin (Bulletin Economique, No 1, juillet 1898).
Les mines du Haut-Laos (B. E. No 3, i et 8, septembre, octobre 1898, février 1899).
Note sur les gisements de gypse dans V arrondissement de Tânan (B.E. No 14, août ^^899).
Les mines de Qtumg-nam (B. Ë. No 16, janvier 1900).
Note sur wmy» colection de mineiais offerte pm- M. Beaucerie {W. E., n» 24, juin 1900).
Les gisement.^ aunfères du Haut-Laos (B. E., no 27, septembre 1900).
Avant d'ôtre nommé Chef du Service géologique, M. Gounillon avait présenté à rAcadéniie des Sciences, dans sa séance du 28 décembre 1896, une Note sur la géologie des environs de Luan^'prabang.
M. Monod, Chef adjoint du service a pubUé :
Les charbonnages du Tonkin (B. E. n® 1, juillet 1898).
Rapporta M. If Gouverneur Gniéral sur la question des charbons duHaut'Tonkiu(ïi.E,, no 2 et 3, août et septembre 1898).
Les montagnes de marbre àTourane(ïi. E. N»26, août 1900).
Le gisement de fer de Ban-ruoc (B. E., n** 28, octobre 1900).
Conclmions touchant les charbom (Exirait d'uu rapport à M. le Gouverneur Général sur la géologie (les provinces méridionales de la Chine) (B. E., No33, mars 1901).
Contribution à V étude géologique des prorinces méridionales de la Chine(B. E., No 38. août 1901).
Note sur un tremblement de terres observé au Laos (B. E., no 40, octobre 1901).
Note à r Académie des Sciences sur la présence d'un gisement d'anthracite dévonien au Aouî'fcAéoti (Chine) (comptes-rendus les séances de l'Académie des Sciences, 4 février 1901). En Chine, conférence faite à la Société de géographie de Marseille dans sa séance du 7 février 1901.
A travers la Chine Méridionale^ récit de voyage.
M. Mansuy, préparateur du Service, a publié deux notes dans le Bulletin Economique.
Note sur la pieire de Bienhoa (No 41, novembre 1901).
Im nature des roches employées dans la construction des monuments anciens de Vlndo- Chine (No 42, décembre 1901).
Une note sur la géologie des environs de Kampot et Hatien paraîtra au prochain fiscicoJe de ce périodique.
Travaux dn membres du Sertice Géologique résidant en France. — l^ Directear da Laboratoire de géologie de Tlndo-Chine, M. Vasseur a étudié et comparé, avec les collections existant en Europe, tous les fossiles qui ont été recueillis par les géologues travaillant en Indo-Chine. C'est grâce aux renseignements fournis par lui qu'il a été possible de tirer des conclusions certaines des découvertes faites sur le terrain.
M. Gentil, pétrographe du Service, a commencé à étudier au point de vue lithologique les roches qui lui ont été envoyées.
M. I^urent, paléobotaniste du Service, a étudié les fossiles végétaux trouvés en Indo-Cliine et au Yunnan ; on lui doit deux espèces nouvelles, le Lystea Doumeri des grès d*Yên-bav et le Pasania Vasseuri de Mà-pé: il a publié dans les annales de la Faculté des Sciences de Marseille (Tom. X, fascule 7) une Note sur quelques plantes fossiles du Tonkin.
Saigon, le l«r janvier 1901.
Le Chef adjoint du Service géologiqite de Vlndo-Chine,
G. H. MoNOb.
Vh:
Le Directeur de l'Agriculture et du Commerce de VIndo-Chine,
G. Capus.
NOTE
L'organisation et le fonctionnement
DU
SERVICE FOBESTIER
DE L'INDOCHINE
Le Service forestier, appelé à prendre en Indo-Chine, pays de cultures irrigables, une place de plus en plus importante, a été rattaché par décret du 7 février 1901 à la direction de l'Agriculture et du Commerce de l'Indo-Chine.
L'année 1901 n'a donc été qu'une première étape préparatoire d'organisation générale.
Ce Service est dirigé par un Officier des Eaux et Forêts du cadre métropolitain, relevant directement de l'autorité du Directeur de l'Agriculture, des Forêts et du Commerce. De proche en proche, au fur et à mesure de la mise en action des moyens mis à sa disposition, il devra s'étendre à tous les pays de l'Union Indo-Chinoise. Celle-ci, divisée en circonscriptions forestières, gérées par des officiers des Eaux et Forêts du grade d'inspecteur adjoint, comprendra» en outre, des cantonnements, à la tète desquels seront placés des agents du grade de garde général. Des gardes forestiers européens assurent le service actif dans les cantonnements comprenant une ou plusieurs provinces administratives. Ils sont secondés, dans leur tâche de vérification des produits forestiers, de répression de la fraude et des délits, par un personnel indigène approprié.
Le tableau suivant donne la situation du personnel ainsi que les dépenses correspondantes qui lui sont propres. Nous donnerons plus loin les dépenses pour chacune des cinq années de la période que vise l'ensemble de cette note.
L'état du personnel du Service des forêts pour Tannée 1 902, prévoit :
1 Inspecteur-adjoint, chef de Service ;
i Inspecteurs-adyoints, chefs de circonscriptions ;
6 Gardes généraux, chefs de cantonnements ; 56 Gardes forestiers de toutes classes ; 83 Gardes indigènes de toutes classes.
La majeure partie de ce personnel, à l'exception des trois officiers des Eaux et Forêts du cadre métropolitain, provient de l'ancien service de Cochinchine où des garderies forestières avaient été instituées depuis de très longues aimées. (Premier essai de réglementation: 18 mai 1862). Le- Service forestier n'a donc été que local en Cochincliine et au Cambodge jusqu'en 1901 ; il relevait de l'autorité du Lieutenant-Gouverneur et du Résident Supérieur.
Le rùle des (gardes forestiers a été purement fiscal ; ils étaient en effet plus spécialement chargés de faire payer les redevances prévues et n'appliquaient les règlements qu*au moment de la vérification des trains de bois. La surveillance proprement dite à l'intérieur et celle des expIoitiUions dignes de ce nom n'a jamais été ni étudiée, ni organisée, les règlements n*en donnant pas les moyens et les agents techniques ayant manqué pour cela.
Rien, jusqu'en IK99, n\i été fait au Cambodge, sauf pour le paiement des redevances à l'entrée des bois en (^ochinchine. Tout, par ailleurs, reste à faire dans la colonie.
En ce qui concerne le Tonkin et TAnnam, en effet, il n'y a pas encore eu à proprement parler d'organisation forestière ; on a seulement tenté divers essais de réglementation sans application régulière et sans sanction possible en cas d'infraction aaz règles prévues.
Dans le courant de IfHll il a été fait une étude de la question et une réglementation générale à Tappiii d'un projet d'arrêté a été pré|»aré.
Le développement graduel du personnel européen mis succesivement en service pendant la période ({uinquonnale 1897 à 1901, dans l'ensemble de la colonie, conduit aux données suivantes groupées sous forme de tableau.
(:1IU:0NSCRI1»T1(>N
ADMIMSTRATIVK
Cochinchine et (Indo- Chine).
là
Cambodge.
Ml
Tonkin
Annam
^ Mission ; de
) M. Thomé
Totaux.
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o es <
Mission
de » V M. Ducamp
Cf.
es
es •< o
se
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au O
11 ressort de la lecture de ce tableau (|ue si l'organisation du personnel en général, mis en service, est pour ainsi dire resiée stationnaire, c'est qu'en réalité, seule, la Cochinchine était en cause. Mais les indications relatives aux trois dernières années indiquent nettement la volonté du (îouvernement de lancer la question dans une voie nouvelle. (Missions et nominations d'officiers des forêts).
La protection efficace des surfaces boisées est décidée de façon à assurer, par un meilleur équilibre des forces de la nature, la richesse agricole et forestière du pays.
Les indications de la superficie, en millions d'hectares, de chaque circonscription et celles des .surfaces minima à n'server au domaine forestier, laissent deviner l'importance du rôle que doit jouer le Service forestier chargé de gérer un énorme domaine deux fois sapérieur au moins à celui de la France et qui doit, dans l'avenir, être une source de richesse considérable (1 )-
(1) Le rendement not à l'hectare du domaine forestier des Indes anglaises est de 1 fr. 25. Ea FV«nce il s'clèro moyenne, pour les foHHs domaniales, à 200 francs par hectare. (1.500.000 hectares: 30 iiifllolu ôm ftucs). '
CIRCONSCRIITION