‹ Situation de l'Indo-ChineChapitre 8 sur 257 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

Le développement du commerce d'un pays est, à la fois, la conséquence et le signe certain du développement de la richesse publique. Tout ce qui contribue à accroître cette richesse influe heureusement sur la situation commerciale.

On doit donc trouver, en Indo-Chine, dans les statistiques du commerce, le résultat des efforts, faits en ces. derniers temps, pour développer la production, donner à la Colonie les moyens de circulation qui lui manquaient, assurer Tordre public et la sécurité des transactions, enfin, mettre à la disposition des intéressés tous les moyens de communication et d'information possibles.

Aux travaux et aux œuvres d'intérêt commun aux diverses branches d'activité en matière de colonisation, dont il a été parlé précédemment, il y a lieu d'ajouter les mesures spécialement prises pour favoriser les transactions commerciales. Les actes qui ont pour effet d'améliorer les communications maritimes, les communications postales et télégraphiques, revêtent incontestablement ce caractère.

D'intéressants progrès en ce sens ont été accomplis depuis 1897.

Au Service maritime postal bi-hebdomadaire, qui existait jusqu'alors entre le Services Maritimai. port de Saigon, l'Annam et le Tonkin, en correspondance avec le courrier français de la Compagnie des Messageries Maritimes, il a été substitué, au 1<^r janvier 1898, un service hebdomadaire qui donne, en plus de cette correspondance, celle avec les courriers anglais et allemands. C'est au prix du doublement de la subvention à la Compagnie que cette amélioration a été réalisée.

Un Service maritime postal subventionné, fait avec des bateaux rapides et confortables pour les voyageurs, a été établi entre Haiphong et Quang-tchéou, avec escales à Pakhoi et Hoihow, et prolongement^ en service libre, sur le port de Hongkong.

Un Service français de chaloupes à vapeur relie, depuis le commencement de l'année 1901, cette dernière ville à l'important centre commercial de Canton. Les communications postales sont assurées par lui, et l'Indo-Chine verse, en conséquence, à l'armateur, une subvention mensuelle assez importante. Cette subvention va être augmentée pour qu'il soit effectué un voyage quotidien.

Aux Services maritimes postaux de Saigon à Singapoure et de Saigon à Bangkok, il a décidé d'ajouter un service, fermant le circuit, de Singapoure à Bangkok. Le crédit nécessaire est inscrit au budget général, depuis 1900, et une convention a été passée avec une Compagnie, laquelle n'est malheureusement pas entrée encore dans la voie de l'exécution.

Le service des postes a été organisé au Laos, par la voie du Mékong jusqu'à Commanicationt Luang-prabang, au cours de l'année 1897. ^^^Jhjjiï*^*"

D'une manière générale, du reste, les communications postales ont été sensiblement améliorées; elles ont été étenJues à rextérieur de Tlndo-Ghine, par la création de bureauxde po5te français auQuang-tong, au Quang-si, au Yunnan et jusqu'au Sselchouen.

Le nombre des bureaux de poste était, en Indo-Chine, au début de Tannée 1897, de 149.

Il s'élève, à la fin de 1901, à 2:24, plus onze bureaux de gares ouverts à la télégraphie privée, plus, encore, 32 bureaux secondaires.

Le réseau des lignes télégraphiques indo-chinoises s'est accru, en ces cinq années, de 5.000 kilomètres. Le réseau est passé de 18.000 à 18.000 kilomètres de longueur.

Des mesures prises, pendant cette même période, ont facilité l'accroissement des correspondances postales et télégraphiques. L'unification et la réduction à 5 centimes (2 cents) par mot, par toute Tlndo-Chine^ du prix des télégrammes, a été réalisée en 1898. L'effet de la mesure a été tel que, malgré la diminution de la taxe, les recettes se sont immédiatement accrues. La fixation d'un taux permanent, à raison de 2 fr. 50 la piastre, du prix des timbres-poste en monnaie locale a eu aussi d'heureux effets. Des mesures secondaires, comme la transmission par les courriers des télégrammes envoyés aux ports d'embarquement ou réexpédiés de ces ports à l'arrivée, la diminution du prix d'affranchissement des papiers d'affaires^ l'unification de la taxe des colis postaux, rémission et le paiement par la poste des mandats métropolitains, elc, ont également contribué à l'accroissement des communications.

Si Ton compare les résultats de l'exploitation des postes et télégraphes, en Indo-Chine, de 1897 à 1901, on constate que le trafic a augmenté, en cinq ans, dans les proportions suivantes :

55 pour o/o pour les taxes télégraphiques ;

65 — pour les mandaUi locaux;

50 — pour les mandats métropolitains ;

150 — pour les colis postaux ;

143 — pour les recouvrements;

123 — pour les abonnements aux journaux ;

500 — pour les correspondances postales de toutes natures.

Les recettes encaissées par le service ont augmenté de 68 pour o/o.

Il y a lieu de signaler les dispositions prises, à la dernière session du Conseil supérieur de l'Indo-Chine, pourfavoriser le développement du commerce sous pavillon français en Extrême-Orient, par l'octroi de primes à la navigation.

Toutes les mesures qui viennent d'être rappelées, d'autres de même caractère et de moindre importance, sont venues s'ajouter à la création de l'outillage économique de la Colonie, pour contribuer à améliorer sa situation commerciale.

Aussi, le commerce de rindo-Chîne, au cours des cinq années 1897, 1898, Développement du 1890, 1900, el 1901, a-l-il pris un essor qui dépasse toutes les espérances. do"c"?ne^ *

En en comparant les résultais à ceux de Tannée 1896, on aura une idée exacte de Taccroissement qui s'est produit pendant la période que nous envisageons, les chiffres de 1896 représentant sensiblement les chiffres moyens des cinq années de 1892 à 1896, où les variations avaient été du reste peu considérables.

Le Commerce général de l'Indo-Chine (importations, exportations, transit Commerce général.

et cabotage) avait été, en 1896 de 215, 720 . 669 francs

Il a été successivement dans les dernières années :

En 1897, de 257.123.310 francs.

En 1898, de 298.518.837 — .

En 1899, de 859.614.405 -^

En 1900, de 474.026.605 —

En 1901, de 534.949.876 —

Soit une augmentation, en cinq années, 1896 & 1901, de 319 millions de francs, ou 148 pour o/^.

La décomposition de ces chiffres permet de mieux mesurer le progrès écono- Importations, mique accompli.

Le montant total des importations avaitété, en 1896, de. 81 .084.040 francs. Il a été successivement :

En 1897, de 88.182.991 francs.

En 1898, de 102.444.846 —

En 1899, de 115.465.877 —

En 1900, de 186.044.387 —

En 1901, de 202.296.045 ~

Soit une augmentation des importations de 121 millions de francs, ou environ 150 pour ^o, de Pannée 1896 à Tannée 1901.

Le montant total des exportations avait été, en 1896, de 88,809.575 francs. Exportations. Il a été successivement :

En 1897, de , 115. 762.596 francs.

En 1898, de 125.553.314 -

En 1899, de 136.774.788 -

En 1900, de 155.606.385 ~

En 1901, de 160.751.754 ~

Soit une augmentation des exportations de 72 millions de francs, ou, en chiffre rond, 82 pour o/o, de 1896 à 1901.

SITUATION DB l'iNDO-CHINE 5

Transit.

Cabotage.

imaree arec France.

Le transit avait été, en 1896, de. 9.438.91.5 francs.

Il a été successivement :

En 1897, de 11 .259.500 francs.

En 4898, de.. 12.604.432 —

En 1899, de 49.538.783 —

En 1900, de 22.9.53.944 —

En 1901, de 33.354.324 —

Soil une augmentation du transit de 24 millions de francs, ou 252 1/2 pour o/o, de 1896 à 1901. :

Le cjibotage avait porté, en 1 89(>, sur un chiffre tolâi de 36 . 387 . 539 francs. Il a été successivement :

En 1897, de 40.457.801 francs.

En 1898, de •, • • • 55.959.380 —

En 1899, de ; 87.834.657 —

En 1900, de • 109.421 .989 —

En 1901, de 1 .38 . 547 . 75:i —

Soit une augmentation du cabotage de 102 million.^ de francs, ou 281 pour o/o, de 18% à 1901.

la Dans le développement du commerce de l'Indo-Chine, les transactions avec la France ont une part croissante. Le montant annuel des importations et des exportations françaises s'est accru plus vite encore que le montimt total du commerce extérieur.

En 1896, les marchandises françaii^es .importées en Indo-Chine représentaient une valeur de , 30 . 547 . 037 francs.

Les importations françaises sont montées, successivement :

En 4897, à 35. 784. 730 francs.

En 4898, à .'. 44.445.786 —

tn 1899, à 55.210.060 -

En 191K>, à 74.226.403 —

En 1904, à 100.067.696 —

Soil un . ac^^roissem^nt de près de 70 millions de francs, ou 227 1/2 pour o/o, des importations françaises, de 181H> h 1}X)1 .

En 1896, les exportations sur la France des produits de l'Indo-Chine représentaient une valeur de 10. 14d. 905 franco

Les exportations sur la France sont montées, successivement :

En 1897, à 16.059.014 francs.

En 1898, à 29.198.786 —

En 1899, à 23.546.583 —

En 1900, à 34.827.481 —

En 1901, à, 39.549.995 —

Soit un accroissement de plus de 29 millions de francs, ou 290 pour o/o des produits exportés sur la France, de 1896 à 1901.

Si rapide et si considérable qu'aient été, en ces derniers temps, les progrès Exposition de Hanoi. du commerce général de l'Indo-Chine, et spécialement de ses échanges avec la France, il n'est pas à croire qu'ils soient près de s'arrêter. L'augmentation de la richesse de la Colonie, la pénétration, par les voies ferrées, dans les provinces voisines de la Chine, donneront un nouvel élan au commerce, de nouveaux débouchés à l'industrie métropolitaine.

L''Indo-Chine doit devenir, non seulement à cause de la consommation intérieure accrue et réservée à notre industrie, mais encore par sa situation géographique, ses voies de communication et son rayonnement politique, un grand marché des produits français en Extrême-Orient.

En vue d'aider à ce résultat, de rapprocher le plus possible cet avenir, et de prouver, de consacrer en quelque sorte, aux yeux du monde asiatique, la richesse çt la puissance de l'Indo-Chine française, une Exposition a été organisée à Hanoi. Elle sera ouverte au mois de novembre prochain.

L'Exposition de Hanoi est réservée aux produits agricoles et industriels et aux œuvres d'art de la France et des pays d'Extrême-Orient. Cette limitation indique clairement le but pratique, d'intérêt national, qui est poursuivi. Les industriels français viendront à Hanoi en grand nombre ; on en a dès à présent la certitude. Mais il ne faut pas que ce soit, de leur part, un effort momentané, une œuvre éphémère et vaine qu'ils entreprendront. Ils doivent aller en Indo-Chine, non pour y briller un jour, mais pour y acquérir une réputation durable, pour faire la conq^uête d'une grande clientèle asiatique qu'il leur faudra entretenir et conserver.

L'Exposition de Hanoi vaudra, parce qu'elle fera connaître et admirer l'Indo- Chine, mais aussi et surtout parce qu'elle provoquera la création d'entreprises et de comptoirs commerciaux français.

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