‹ Six lecons sur les evangilesChapitre 3 sur 13 · LEA · texte numérisé non relu

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cit : Ceci est arrivé pour que la prophétie s’accom-. plit, ceci était écrit. IL pousse ce souci jusqu’à une insistance qui nous choque presque, et jusqu'à donner l'impression que le souple et vivant récit de la vie de Jésus n'est qu’une suite de nécessaires échéances.

Cette application systématique, qui est dominante chez saint Mathieu et qui caractérise sa manière de concevoir et de présenter la vie de Jésus, n’est pas d’un grec écrivant pour des Grecs, comme saint Luc, mais d'un helléniste écrivant pour des hellénistes, et se proposant, lui aussi, de leur faire reconnaitre la solidité des enseignements de ceux qui les ont catéchisés, — non pas en écrivant une narration suivie dont l'autorité tiendra à ce qu’elle sera conforme à ce que les {émoins oculaires et les serviteurs de la parole ont rapporté, — mais en écrivant un récit où l’on sera forcé de voir qu'il est la perpétuelle réalisation de prophéties messianiques. L’Ancien Testament est le garant du Christ : la généalogie du Christ que Mathieu met en tête de son évangile, est, suivant une vue ingénieuse d’un critique, moins une généalogie de Jésus qu'une sorte de résumé de l'histoire du peuple de Dieu, destiné à montrer que les temps sont accomplis et que Jésus est le terme final où tout aboutit. Reconnaïissez-vouslà l'esprit d’apologétique hellénistique que nous découvrionsensaint Étienne?

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Disons donc que Mathieu, juif de race, helléniste de culture et d'esprit, a écrit son évangile pour des chrétiens d’un pareil esprit. Comme il s'attache à rappeler les plus dures paroles par lesquelles Jésus dénonçait l’hypocrisie des pharisiens et des scribes : « Dans la chaire de Moïse sont assis les scribes et les pharisiens : tout ce qu'ils vous diront, faites-le, observez-le; mais leurs œuvres, n’en faites rien, car ils disent et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, ils les chargent sur les épaules des hommes; mais eux du bout du doigt ils ne les veulent pas remuer. (MarrH. xx, 4-4). Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites : vous parcourez la mer et laterre pour faire un prosélyte.. Vous êtes semblables à des sépulcres blanchis, qui de dehors paraissent beaux, et qui au-dedans sont pleins d’ossements de morts et de toute pourriture... Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites : vous bâtissez des tombeaux aux prophètes et vous décorez les sépulcres des justes... Vous êtes les enfants de ceux qui ont tué les prophètes. » (xx, 15-31). Sévères paroles, les plus sévères que le Sauveur ait prononcées, et que seuls pouvaient aimer à rappeler des hellénistes comme Étienne, des

hellénistes qui, dans les cités grecques, rencon-

traient des pharisiens en quête de prosélytes à faire, des hellénistes qui, en voyant passer ces mission-

naires de la justice formaliste, se rappelaient que

leurs mains, si pieuses à entretenir les tombeaux des prophètes et des justes, s'étaient tachées du sang de Jésus, d’Étienne, de Jacques.

De pareilles paroles n'étaient pas de celles que dans l'entourage de Jacques Oblias on eût rappe-" lées avec cette force et avec cette insistance. Nous » Savons ie ce qui arriva à Paul, à Jérusalem en 58, qu'on n’y traitait pas impunément le souverain pontife juif de « muraille blanchie » (Acr. xx, 1-5). Aussi n'est-ce point à Jérusalem que nous. imaginerions que l’évangile selon saint Mathieu à été rédigé, et volontiers penserions-nous qu'il a pu être rédigé en Syrie, par exemple à Antioche.. M. Harnack croit qu’il date de 70-75. Pour Mathieu, en effet, comme pour Luc, on veut retrouver la preuve qu’il fait clairement allusion à la ruine de Sérusalem, dans la parabole du roi qui célèbre les noces de son fils et dont les invités ne se rendent pas à son invitation : « Les autres se saisirent de ses serviteurs et les tuèrent après les avoir accablés d’outrages. Le roi l'ayant appris fut courroucé et ayant envoyé des armées, il extermina ces homi- ‘4 cides et incendia leur cité » (MarrH. xx, 6- -1). Eh bien! non, ici encore nous ne pouvons nous persuader que l’évangéliste a rédigé la parole de Jésus - # en l’interprétant comme une allusion à l'événe- ment de l’an 70, etnous dirons de cette prétendue a lusion ce que M. Harnack même ne craint pas de dir

semblables prétendues allusions relevées dans -saint Marc : « L’impression que nous avons devant “nous un évangile écrit avant la disparition de Jé- - rusalem en devient plus forte. » Fixer une date î serait toutefois bien délicat. Nous nous en tiendrons à celle que suggère un évêque de la fin du n° siècle, saint Irénée, et nous daterons de la période 65- 10 la composition de l’évangile selon saint Mathieu.

Voilà donc déjà fixé en deux écritures, pour ne 4 rien dire de l’évangile selon les Hébreux, le témoignage des apôtres. L'une de ces écritures est grec- que, l’évangile de saint Luc, l’autre judéo-grecque,

: T évangile selon saint Mathieu. Ni l'un ni l’autre n'a 1 été rédigé à Jérusalem, ef ni l'un ni l'autre ne re- » présente absolument le pur témoignage des ap6- ® tres: il représente davantage. « Il faut, disaient - les apôtres au moment de l'élection de saint « Mathieu (Acr. 1, 21-22), il faut que parmi les ve hommes “on ont ae avec nous tout Le . que le

re nous de sa een » Le témoignage des . apôtres, portant sur ce qu'ils ont vu de leurs yeux

et entendu de leurs oreilles ne s'étend strictement que sur la période qui commence au baptème dev Jeanetfinità l'Ascension.SaintMarcl’entendra exactement ainsi. Mais saint Marc est un primitif, com paré à Luc et à Mathieu. Ceux-ci donnent chacun une généalogie de Jésus, chacun un récit de l'en fance. Ce sont là des souvenirs que saint Marc n'a pas notés : ils s'ajoutent au témoignage des apô-" tres; leur vérité est de foi; leur source se cache dans la tradition anonyme des premiers jours.

Mais ce qu'il importe de dire, en terminant, c'est que saint Luc aussi bien que saint Mathieu témoignent, en recueillant et en mettant en ordre tous. les souvenirs existants de la vie et de l’enseigne-" ment de Jésus, un infini serupule de fidélité. Sainte Luc, qui écrivait en grec avec une pureté de lexique et une élégance de forme dont son prologue est la preuve, saint Luc qui savait ce qu'est un discours dans le goût des rhéteurs grecs, s’est cru | permis de donner à sa composition la suite qui lui paraissait la plus harmonieuse, suivant les ins-. pirations d’un goût délicat ou d’un jugement cri

disparates à composer : ses narrations les plus.

originales sont d’un art exquis, « l'épisode des”

saint Mathieu, rapporte pour plus des deux tiers de son évangile les mêmes faits et les mêmes discours avec les mèmes traits et les mêmes termes que saint Mathieu. Le médecin grec et le publicam helléniste mettaient le même religieux respect à recueillir chacun dans le ciboire de son évangile les saintes parcelles de la vie et de la parole de Jésus. Et tandis que les divers écrivains de l'époque apostolique, le rédacteur de ’épitre aux Hébreux, saint Paul, saint Clément, saint Ignace, garderont lindividualité de leur style, saint Mathieu et saint Luc, écrivant tous deux en grec, se sont rencontrés À écrire dans une même manière, à écrire ce grec inouï qui est celui de nos trois premiers évangiles, ce grec à petites phrases disjointes, « où la vieille syntaxe est totalement brisée, où sont transportés par un véritable tour de force, l'allure claire et enfantine de la narration hébraïque, le timbre fin et exquis des proverbes hébreux », — et où nous reconnaissons comme l'accent même, populaire et choisi, qui a dü être celui de Jésus et de ses apôtres

galiléens.

Nous avons vu comment le témoignagenonécrit apôtres avait été d’abord tout l’évangile, — et mment cet évangile non écrit s'était fixé en un

L'évangile selon saint Mare a ceci de caractéris

chez saint Marc la parabole du bon Samaritain, non plusque la malédiction des scribesetdes phiarisiens. « Le fait d’être ainsi désintéressé des prédilections auxquelles saint Luc et saint Mathieu étaient au con: traire si sincèrement attachés, est d'autant plusfrappant que l’évangile de saint Mare a été rédigé dans des conditions qui ne sont pas très différentes de celles où Mathieuet Luc écrivirent. Il écrivit, en effet, M pour des lecteurs qui n'étaient ni de Palestine, nide race juive.Lorsque des pharisiens viennent représen- « ter à Jésus qu'il permet à ses disciples de manger sans s'être d’abord lavé les mains, et de violer ainsi

rête pour expliquer au préalable que « les pharisiens ettous les juifsne mangent rien sans s’être lavé « les mains plusieurs fois, selon la tradition des an- «

ciens.., etqu'ils ont beaucoup de pratiques ou traditions de ce genre, comme de laver lescoupes, les“

mesures et les vaisseaux où ils mettentce qu’ils boi= vent » (Marc, vi, 2-4). Évidemment cette expli= cation, et plusieurs autres semblables, s'adresse à des chrétiens qui n'étaient jamais entrés dans une maison juive. D'autre part ces chrétiens sont de ceux qui comprennent et qui parlent un grec mélangé de mots latins et de tournures latines : ni en" Syrie, ni en Achaïe, ni à Alexandrie on n'aurait appelé un centurion xevrvolwy comme fait saint Marc. Semblables expressions latinisantes lui sont fami-.

dé TROISIÈME LEÇON. 57 lières, lorsqu'il rappelle le trait de la veuve qui apporte au Temple sa petite aumône, il nous dira (xu, 42), et saint Luc aussi (xxr, 2), que cette pauvre femme mit deux xezra dans le tronc : les lecteurs de Luc savent ce qu'est cette monnaie grecque de cuivre, mais les lecteurs de Marc ne le savent sans doute pas, car il ajoute : deux Xerrà font un quadrans, c’est-à-dire une monnaie latine. Les lecteurs de Marc usaient done de monnaie latine?

Les lecteurs font plus encore qu'ignorer les usages des juifs : ils semblent ignorer l'Ancien Testament. Saint Mathieu faisait appel aux prophéties messianiques pour les montrer accomplies en Jésus : ses lecteurs connaissaient donc les prophéties et

-admettaient l'autorité de l'Ancien Testament, mais “saint Marc ne cite jamais l'Ancien Testament et ne fait pas allusion aux prophéties. Saint Luc parlait de la loi et des prophètes (Luc, xvi, 16), encore qu'il “en parlât comme d’une autorité abolie depuis la proclamation duroyaume de Dieu parJ ean-Baptiste:

saint Marc n'imagine pas que ses lecteurs se préoc-

cupentde Moïse. D'où l'on peut conjecturer que les “lecteurs de Mare, pas plus qu'ils n'étaient entrés dans -des maisons juives, n'avaient été initiés à l’Ancien Testament.

Marc s'adresse en eux à ce sentiment religieux, si vif dans les âmes païennes, qu'il les rendait plus

sensibles, que les juifs mêmes, au divin dans le

À ie RENE

miraculeux. Pierre et Jean (Acr. IX, 1- 40) sta ; un boiteux à la porte du Temple de Jérusalem : Paul et Barnabé (Acr. x1v, 7-14) en guérissent un autre” dans un carrefour de Lystres en Lycaonie. À Jéru-" salem, le peuple, qui a été témoin du prodige, est … «rempli de surprise et d’ébahissement », nous disent les Actes. À Lystres, la foule se met à crier : « Des ‘4 dieux, sous forme humaine, sont descendus parmi nous! » L'évangile de Marc est tout entier pénétré. de cette pensée que les actions miraculeuses de Jésus suffisent à prouver qu'il est le fils de Dieu. Voilà pourquoi l’évangile de Marc, plus que celui de“ Mathieu ou celui de Luc, s'applique à mettre en valeur les actions miraculeuses de Jésus, son pouvoir sur les démons, sur les malades (lépreux, paraly tiques, aveugles), sur les morts, sur les éléments (tempêtes apaisées, multiplication des pains) : et ces actions miraculeuses sont rapportées par Marc dans leur détail réaliste, pour en mieux faire saisir au lecteurla vérité etle caractère. La guérison de l’aveugl de Bethsaïda (Marc, var, 22-26), qui est un récit particulier à Mare, est le plus significatif de tous. Qui sera ce Marc, qui écrivit son évangilepour des païens convertis au christianisme, pour des chré- * tiens de Fe vraisemblablement? Lepies au

fout ce qu’il se rappelait des paroles ou des actions du Christ. Car il n'avait pas entendu ni suivi le “Seigneur; mais plus tard il avait suivi Pierre, - qui faisait ses catéchismes selon les besoins du - moment et non comme s’il eût voulu dresser un rej œueilméthodique des discours du Seigneur. » Non, » saint Marc n’écrivit pas « sans ordre », et le senti- . ment actuel des critiques va plutôt à reconnaître . que l'ordre, très simplifié, dans lequel Marc dis- | pose les événements de la vie de Jésus est l’esquisse la plus juste du développement historique de cette * vie. Non encore, saint Marc n'écrivit pas uniquement « de souvenir », nous le verrons dans la suite. Mais il reste avéré que saint Marc n'avait « ni entendu ni | suivi le Seigneur » : il devait être un enfant encore | au moment où Jésus fut crucifié : on conjecture “qu'il est cet adolescent dont il parle (x1v, 51) et qui, au jardin de Gethsémani, suit un instant la troupe pus ‘emmène Jésus prisonnier : on conjecture avec - plus de motifs qu’il est ce « Jean surnommé Marc », » dont parlent les Actes (xir, 12), et qui a pour mère . cette Marie dans la maison de qui, à Jérusalem, “Pierre, miraculeusement délivré de prison, vient retrouver les disciples réunis en prière. On le re-

trouve avec saint Barnabé en Chypre (Acr. xv, 39), avec saint Paul à Rome vers 62-64 (Coc. 1v, 10), et peu de temps après à Rome encore avec saint Pierre ([PETR. v, 13).

Par deux fois, à Jérusalem d’abord en 44, puis à 4 Rome vingt ans plus tard, nous trouvons Mare « auprès de saint Pierre. Or les critiques sont unanimes à reconnaître que l’évangile de Marc est celui où la personnalité de Pierre est davantage em preinte. C'est par la vocation de Pierre que Marcfait commencer la prédication du Sauveur (1, 16); c’est la guérison de la belle-mère dePierre qui est la pre « mière de toutes les guérisons miraculeusement opérées par Jésus (1,29). Pierre est mis à part des autres apôtres (xvr, 7); le jeune homme au vêtement blanc que les saintes femmes rencontrent au sépulcre le matin de Pâques leur dit : « ... Allez, ” dites aux disciples et à Pierre que Jésus s’en va devantvous en Galilée. » On imagine quesaint Pierre … devait raconter ainsi la vie et la résurrection deson Maitre. Et en réalité, si les discours de Jésus sont chez Marc raccourcis à ce point que Marc ait pu être traité d’abréviateur, par comparaisonavec Mathieu et Luc, les récits, au contraire, ont chez lui un re- À lief, une netteté de traits, un réalisme sincère, dont on a pu dire que, si « la mollesse des contours frappe dans Mathieu et dans Luc », dans Marc « tout est pris sur le vif et on sent qu’on est en présence de souvenirs » de témoinsoculaires. Voyez, en exemple, le récit du reniement de saint Pierre tel que le À présente Marc (x1v, 66-72) avec une incomparable # précision de détails, et comparez-le aux récits

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. parallèles de Mathieu (xxvi, 69-75) ou de Luc (xXxH, 56-62), tous deux dérivés de celui de Marc et déjà - plus vagues comme un relief qui se fond.

À quelle date fixerons-nous la rédaction de l’évangile de Marc? Tandis qu’il y a des apparences - qui font douter que Mathieu et Luc soient antérieurs * à la ruine de Jérusalem, M. Harnack nous concède | que Marc est antérieur à 70 et peut dater de la - période 65-70. L'opinion des critiques ecclésiastiques n'est pas différente.

Nos trois premiers évangiles, Mathieu, Marc, Luc sont désignés ensemble par le nom d’ évangiles synoptiques, — nous dirions en français évangiles “parallèles, — parce qu'ils rapportent la vie et l’enseignement de Jésus dans une suite dont les grandes lignes sont les mêmes; parce qu'ils rapportent pour une part les mêmes Fra et les mêmes ‘discours ; et parce qu'ils s'expriment en maints É passag es dans des termes identiques ou synonymes. On a pu ainsi éditer nos trois évangiles sur trois “colonnes parallèles : à feuilleter des éditions de ce genre, par exemple le beau Synopticon de M. Rushbrooke (Londres 1880), on se rend compte de cette similitude d'ordre historique, de récits et

de discours, et même de mots, qui est la meilleur preuve de la délicate fidélité que nos évangélistes | apportaient dans la narration de la vie et dans la reproduction de l’enseignement de Jésus. à

Toutefois ce synoptisme et cet accord de nos trois premiers évangiles n’est pas constant. — Mathieu et Luc racontent l'enfance de Jésus, dont Marc ne dit rien. Pour le reste, si nous divisons le minis- 4 tère de Jésus en deux périodes, dont l’une précède … et l’autre suit la première multiplication des pains « (MarTH. x1V, 15; Marc, vi, 35, Luc, 1x, 12), : cours de la seconde année du ministère de Jésus, « on remarque dans la première période une étroite conformité d'ordre entre Luc et Marc, et la divergence de Mathieu; tandis que dans la seconde période la conformité est entre Marc et Mathieu, et la divergence chez Luc. J'emprunte l'énoncé de cett loi au P. Séméria. — Nos trois synoptiques ont u fond commun de récits et de discours : c’est la tr ple tradition. Mais à côté de cette triple tradition, voici une série de récits et de discours qui ne sont” rapportés que par Mathieu et par Luc : c'est la dot ble tradition. Et enfin voici une série de récits € de discours qui sont rapportés par Mathieu seul les autres par Marc seul, les autres par Luc seul.

La question qui se pose dès lors est de ssyott comment expliquer ces rencontres et ces dissiden= ces. C’est ce qu'on appelle le problème synoptique.\

JL est de mode dans certains milieux, non plus de nier l'existence de ce problème, mais de le déclarer insoluble, simplement, et, en preuve, d'énumérer les multiples et contradictoires hypothèses qui ont 4 été proposées comme solutions. On ne saurait avoir une attitude moins scientifique. Non, il ne faut ja- » mais dire qu'un problème est insoluble. Il faut croire, au contraire, au perfectionnement progres-

sif des méthodes et que plus on a usé d’hypothèses

plus on est près souvent de rencontrer la meilleure. Il faut croire aussi que les hypothèses les plus . simples ne sont pas forcément meilleures que les hypothèses les plus compliquées. Et il faut croire enfin que c’est un progrès de constater la déchéance

de solutions très simples admises d’abord, quitte à

n'être pas très assuré de la solidité parfaite des so- % Jutions plus compliquées que l’on tient ensuite - pour plus plausibles.

La solution la plus simple, la plus ancienne en date, la plus populaire encore parmi nous catholiques, consiste à dire que les affinités de nos trois

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