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… premier, a été utilisé par Marc, et Mathieu et Marc 1 ont été utilisés par Luc.
D cette hypothèse est appelée par Les critiques d'Allemagne, l'hypothèse de l’utilisation (Benützungshypothese). Pour qu’elle fût vérifiée, il fau-
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évangiles s'expliquent par ce fait qu’ils dépendent. È les uns des autres : Mathieu, ayant été écrit le
drait que l’on püt constater que Marc est un abrégé: 1 de Mathieu, et Luc une combinaison de Marc et de Mathieu : ce que l’on ne constate pas. Et alors | même qu'il en serait ainsi, on aurait bien l’explication des coïncidences de nos trois évangiles, mais non de leurs dissidences. Il n’y a pas lieu « d'être surpris que cette théorie soit à l'heure ac- “ fuelle la plus démodée des hypothèses.
D’autres critiques ont supposé que nos trois évangiles synoptiques dépendaient d’un même unique évangile, qui serait un évangile oral. Cette hypothèse est désignée par le terme de Traditionshypothese, l'hypothèse de la tradition orale. Nous avons nous-mêmes trop insisté sur le rôle joué. par le témoignage des apôtres, en tout ce qui a trait à ce qu'ils ont vu de la vie et entendu de l’en- “ seignement de leur Maitre, depuis le baptême jusqu'à l’Ascension, pour déprécier cet évangile oral, qui, historiquement, est [a plus primitive forme de “ l'Évangile. Mais que, entre cet évangile oral et le * texte existant de nos trois synoptiques, il n’y ait eu aucun intermédiaire, aucun texte écrit, c’est ce que contredit formellement le prologue de saint Luc : M « Plusieurs, dit-il, ayant déjà essayé de rédiger le récit des choses accomplies parmi nous, selon ce “ que nous ont rapporté ceux qui dès le commencement ont été témoins oculaires et les serviteurs de la parole... » Saint Luc distingue bien nettement …
- la parole non écrite et les essais de rédaction. Se-
condement, un évangile purement oral, parlé d’abord en araméen par des lèvres galiléennes, puis en grec par des lèvres soit juives, soit grecques, aurait bien difficilement gardé cette fixité dont témoignent les identités de tours et de mots de nos trois synoptiques : on peut même faire cette observation piquante que le texte de l’oraison dominicale, qui, mieux que bien d’autres fragments, aurait dû
. être conservé avec une parfaite unanimité comme
le fragment le plus connu de l’évangile oral, est un texte, non seulement qui manque à Mare, mais que Mathieu (vi, 9-13) et Luc (xx, 1-4) reproduisent avec de très sensibles divergences. — Pour ces raisons, nous disons que l'hypothèse d’un évangile oral, source unique et immédiate de nos trois évangiles synoptiques, est une hypothèse insuffisante.
Voici en quels termes on formule de préférence,
. à l'heure actuelle, la solution du problème synop-
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tique.
Chronologiquement Marc serait le plus ancien de nos trois évangiles (il daterait de 65-70, selon M. Harnack); le plus jeune serait Luc (78-93 d’a-
- près le même critique, mais c’est à nos yeux une
- datation trop tardive); Mathieu serait de date in-
. termédiaire (70-75 d’après la même datation un . peu trop tardive encore, selon nous). À quelques
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années près, cette succession chronologique des