PREMIÈRE LECTURE
LWVevs es es e "sa" s "es" ns" es" 2" se" 2" 2"
! Messieurs de l'institut,
: Mesdames et Messieurs.
É Un pays libre à côté d’un pays es:
\ clave sert à celui-ci de miroir pour ÿ voir ses difformités.
“ À toutes les époques de l’histoire il s’est opéré, chez tous les peuples, des transformations sociales, des modifications dans les systèmes politiques, des changements radicaux dans les idées, dans les mœurs, dans les croyances. Les conditions d’existence de chacune des nations qui composent au- Wjourd’hui la grande famille humaine se sont successivement modifiées et améliorées : en un mot, l’humañnité dans chacune Mdes phases de sa vie morale, a constamment cbéi à l’impulsion que lui a donnée la providence, a constamment suivi la loi immuable du progrès, qui est le plus beau comme le plus
“vrai de ses attributs.
La civilisation, cet être abstrait si longtemps inconnu à ceux- L. la mêmes qui grandissaient sous son action bienfaisante, mais inaperçue : ce levier social dont M. Guizot, dans de profondes
et savantes recherches a si lumineusement retracé la voie et
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développé les effets, mais dont il n’a peut-être pas strictement défini l’essence ni indiqué l’origine: la civilisation, cette puissance à part, dans le monde, qui a tiré l’humanité de l’état de barbarie, d’ignorance et de dégradation dans lequel le christianisme lui-même n’avait pas pu l’empêcher de tomber . la civilisation, qui a été, quoiqu’on en dise, la véritable institutrice des sociétés, a réussi, après un travail de quelques siècles, à donner une nouvelle direction aux idées, à imprimer de nouvelles tendances à l’intelligence humaine, à rectifier les croyances générales, les notions fondamentales du droit naturel et politique ; à organiser, dans le monde social, cen associations d’idéeset de principes universellement admia contre lesquels tous les genres de despotisme sont venus ou viend'ont tour-à-tour se briser ; à faire apprécier exactement à l’hornme sa dignité morale, sa pleine indépendance en tant qu’être pensant, et conséquemment à faire surgir chez lui la conscience de sa souveraineté native dans tout ce qui touche à l’organisation du corps social.
C’est la civilisation qui a dit aux peuples : “ Vous seuls êtes les vrais souverains ; ?” et qui à dit aux Rois ; Vous êtes les
serviteurs et rien de plus, de ces agglomérations humaines qui forment les nations de la terre ; et c’était plus qu’une erreur, c'était un crime et une impiété que de vous en croire les maîtres. 7?
C’est la civilisation qui a dit aux peuples : “Ceux que vous appelez vos gouvernants n’ont reçu qu’une délégation d’autorité, qui se réduit au pouvoir de simple direction que vous, êtres collectifs, ne pruvez pas exercer directement. Or tout pouvoir délégué est essentiellement révocable. Vous avez donc le droit de changer vos institutions quand cela vous plait : vous avez donc le droit de déplacer, quand vous le jugez utile, les fonctionnaires que vous avez constitués en autorité pour telle ou telle fin définie et limitée. ??
C’est la civilisation qui a appris aux peuples que la souveaineté, soit individuelle soit collective, était inaliénable ; que ‘ par conséquent, de même qu’un homme ne pouvait être la propriété d’un autre homme, de même un peuple ne pouvait jamais être la propriété politique d’un autre peuple.
Enfin, Messieurs, la civilisation a trouvé dans le monde le principe de l’égalité native des hommes entre eux que le chris-
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tianisme y avait implanté ; mais elle a vu bientôt l’ultramontanisme Romain refuser d’admettre les conséquences de ce principe, et consacrer théoriquement et pratiquement l’asservissement d:: l’intelligence, et conséquemment la dépendance mo’ale et politique de l’individu.
Alors la civilisation a imprimé au monde un mouvement différent. Elle a protesté contre la réaction ultramontaine, et ne pouvant l’éclairer ni la faire sortir de son immobilité systématique, elle l’a laissée :oin derrière elle et l’a, de fait, réléguée sur le dernier plan où elle occupe aujourd’hui une position analogue à celle de ces poudreux et vénérables bouquins que l’on conserve encore, pour mémoire, sur les rayons de nos bibliothèques.
Ainsi, Messieurs, c’est la civilisation qui a tiré du principe Evangélique de l’égalité native de tous les hommes, la conséquence repoussée avec l’entêtement de l’intérêt et de la soif du pouvoir par l’ultramontanisme, savoir: l’indépendance morale de l’individu, d’où résulte sa souveraineté individuelle comme membre du corps social. Ou il faut nier la Provicence, ou il faut admettre que celui qui est libre dans le domaine de la pensée doit l’être dans l’ordre politique. Or de la souveraineté individuelle et native de l’homme, qui est inhérente à sa nature d’être pensant, découle nécessairement le dogme sacré de la souveraineté du peuple, dogme incontesté sur le sol libre du continent Américain, même par la hiérarchie catholique.
En Canada seulement, comme l’indépendance nationale et conséquemment la liberté politique n’existent pas encore, la hiérarchie refuse de recona:tre le dogme de la souveraineté du peuple, et lui a déclare une guerre à mort. Mais aussi, comme il est excessivement probable que, du moment que VPheure de la liberté aura sonné pour le pays, elle le proclamera avec force saluts et bénédicticns, laissons la exhaler une mauvaise humeur qui entre peut-être, qui sait, dans les vues de la Providence, et qui n’entravera pas d’un iota la marche des évènements.
Comptez les nations chez lesquelles le dogme de la souveraineté du peuple est la pierre angulaire de la société politique, c’est à peu près le monde civilisé !
Comptez maintenant ceux qui l’opposent. .....
A Te
En Europe, Messieurs, et en Europe seulement, je vois trois hommes, soutenus par quelques centaines de privilégiés, tendre leurs bras en avant pour faire rétrograder les générations.
Trois hommes y lu .t encore, au moyen des proscriptions, des cachots, de l’exii, de l’échafaud, des meurtres juridiques, des trahisons achetées, de la séquestration intellectuelle, de lPignorance imposée aux masses, des excommunications, des anathèmes, contre le principe fondamental, nécessaire, indéniable de toute organisation sociale régulière.
Ces trois hommes, vous les connaissez comme moi. C’est Sa Majesté, l’empereur d’Autriche, l’infâme bourreau de la Hongrie et de l’Italie! C’est Sa Majesté le czar de toutes les Russies, l’infâme bourreau de la Hongrie, de la Pologne et de la Circassie! C’est enfin leur ami et allié, le roi de Rome, le chef visible du catholicisme.
Voilà, Messieurs, les seuls représentants importants du despotisme dans le monde civilisé! Voilà la glorieuse alliance que la hiérarchie Italienne a ménagée au père commun des fidèles! Voilà le sort qu’elle lui a fait! Voilà le résultat de la victoire remportée sur l’Evangile et sur le christianisme démocratique des premiers siècles, par la sacristie et le capuchon inquisitorial.
Ces trois hommes ne se sont maintenus politiquement jusqu’à notre époque qu’en proscrivant la presse, qu’en dégradant le sentiment national, qu’en éteignant chez les masses humaines qu’ils oppriment, le flambeau de l’intelligence ; qu’en les séquestrant sévèrement de tout contact moral avec les autres peuples. Ils se sont faits, chacun dans les limites de leurs états respectifs les géoliers de la civilisation!
Plusieurs d’entre vous, Messieurs, ne savent peut-être pas qu'avant la dernière révolution romaine, pas un journal français ne pouvait franchir la frontière papale. J’ai connu un voyageur qu’on avait presque maltraité, dans les douanes de Sa Sainteté, parcequ’il avait eu le malheur d’envelopper quelques uns de ses effets de voyage avec le Journal des Débats; le défenseur et le panégyriste de la monarchie de
* Louis Philippe! Un journal monarchiste-constitutionnel, tou-
jours en lutte avec les journaux républicains, était prohibé dans les Etats Romains, à cause de ses idées trop avancées !
eulement, je vois nes de privilégiés, ograder les géné-
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: Voilà comme on n’y était pas réactionnaire! Voilà comme on y comprenait les tendances morales évidentes des sociétés modernes!!! Pour sa sainteté Grégoire XVI, Louis Philippe était un rouge !!
Eh bien, Messieurs, quelle est la qualification qui convient à un gouvernement qui considérait comme son droit la proscription de la pensée, comme une de ses plus importantes occupations, la saisie des enveloppes salies et chiffonées des voyageurs? Heureusement pour les peuples, ce despotisme abject et brutal ne sera pas encore longtemps posible !
‘“ Les semences des idées nouvelles”? dit M. Chateaubriand aux réactionnaires de toutes les époques et de tous les pays,”? » “Les semences des idées nouvelles ont levé partout. Ce « serait en vain qu’on les voudrait détruire. On pouvait cul- “ tiver la plante naissante ; la dégager de son venin ; lui faire ") ‘“ porter un fruit salutaire ; il n’est donné a personne de l’ar- “ racher. Je n’ai cessé de répéter à de vieux gouvernements … ‘qui furent bons dans leu: temps et qui eurent leur renommée, ‘“ que force était pour eux de s’arrêter dans la monarchie “ constitutionnelie ou d’aller se perdre dans la République.” , Voilà l’avenir des nations clairement indiqué p: un homme » dont le génie peut bien faire contre-poids à toutss ces déplorables têtes qui ne voient que dans le despotisme moral et politique la loi immuable de l’humanité.
* En effet, Messieurs, ne faut-il pas fermer exprès les yeux à | la lumière; ne faut-il pas être contradicteur par instinct ou par intérêt pour nier que l’ensemble des grands corps sociaux qui forment aujourd’hui le monde civilisé gravite uniformément vers la démocratie ?
Or, si telle est la tendance évidente et invariable de l'esprit humain partout où il n’est pas faussé par l’esprit de corps, ou par l’esprit de caste, ou par la corruption administrative, ou par la soif de suprématie temporelle de ce parti qui, avec un rabat pour égide, jette un cri de colère et de détresse à chaque conquête nouvelle de la civilisation moderne, pourquoi donc trouver si étrange qu’en Canada, comme partout ailleurs, on sente le besoin, on manifeste le désir de sortir de l’enfance politique, de jetter au loin les langes funestes dans lesquelles ce pays étouffe aujourd’hui? Pourquoi donc trouver étran, s que ceux qui, en Canada, n’ont pas perdu au souffle
+ d’avilissément du gouvernement responsable qui lui a été & octroyé, le sentiment de l’indépendance nationale ou celui de la dignité personnelle, pourquoi donc trouver étrange qu’ils désirent voir leur pays prendre rang parmi les peuples souverains du globe, et cesser de n’être désigné sur la liste des nations que par un zéro ?
Pourquoi done ceux qui ont vanté à tout propos l’exquise sensibilité de leur fibre nationale restent-ils sourds au cri qui eût dû la faire vibrer ?
Pourquoi donc font-ils tant d’eflorts pour repousser leur pays sous le réseau de corruption, d’appauvrissement, de nullification, d’inertie morale, d’amoindrissement intellectuel, de dégradation politique que l'Angleterre a tendu sur lui au moyen de l’Union et du gouvernement responsable, et dont il voudrait rompre la chaine ? Pourquoi enfin, ceux qui voulaient indépendance en 1837 n’en veulent-ils plus aujourd’hui ? Pourquoi font-ils tous les jours, humblement agenouillés devant l’emblème national de l’Angleterre, de déshonorants actes de contrition, pour leur conduite passée ?
Ah! Messieurs, il est triste de l’avouer, mais à quoi servirait de nier, ou de déguiser des faits éclatunts comme le soleil ? C’est que le conseil donné par Lord Durham au gouvernement métropolitain a été suivi: ‘“ Inventez, lui a-t-il «€ dit, inventez un système au moyen duquel les chefs ca- ‘ nadiens auront une part dans les places d’honneur ou de “ profit que vous n’avez distribuées jusqu’à présent qu’à vos ‘ nationaux, et vous les rendrez presque tous souples et ‘ dociles.??
Eh bien, Messieurs, ce conseil a été suivi, et maintenant je vous invite à désigner ceux de nos hommes politiques de 1837 que le gouffre de la corruption n’a pas engloutis. De tous ceux qui alors voulaient sincèrement l’indépendance du Canada et sont encore dans la vie publique, un seul est resté fidèle à son devoir d’enfant du sol, tous les autres sont passés à l’ennemi.
Malgré ce malheur, Messieurs, ne désespérons de rien. J'espère vous faire voir que notre position actuelle est mille fois plus favorable que nous n’avons jamais osé l’espérer. N’agissons pas comme ces luttenrs sans énergie que le
ble qui lui a été M
tionale ou celui de iver étrange qu’ils les peuples souveeur la liste des na-
t propos l’exquise s sourds au cri qui
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sespérons de rien.
actuelle est mille ais osé l’espérer.
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“Hinciblement,
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bremier obstacle rebute. Ayons foi en l’avenir, mais ayons foi surtout en nos propres convictions. Le temps approche, Messieurs, où la providence addressera au peuple de ce pays cette vivifiante parole qu’elle addressait, ly a dix-huit siècles à un homme, et qu’elle a addressée depuis à tant de nations, ‘1L EN EST TEMPS, LEVEZ-VOUS ET MARCHEZ.?” © ]l est un fait, daus l’histoire du genre humain, qui me barait dominer tous les autres faits : c’est que les trois quarts À les guerres qui ont ensanglanté le monde n’ont pas eu d’autre “ource que l’amour de l'indépendance, n’ont pas eu d’autre “£ause que le désir d’être libre.
MY L’amour de la liberté existe au même degré chez les 4 masses que chez l'individu. Un despotisme adroit ou brutal «peut quelquefois endormir momentanément ou comprimer £e sentiment chez elles, mais il ne le détruit jamais. Toute L Bociété politique comprend d’instinct qu’elle ne peut se déve- “lopper pleinement, ni arriver au but auquel tend sans cesse “FPhumanité, que si aucune cause extérieure ne gêne son mou- “Nement et son action.
M) Et puis s’il est quelque chose que l’histoire démontre inc’est qu’un peuple qui ne jouit pas de son inspendance ne jouit pas non plus de toute son énergie morale : l'est qu’un peuple que les vicissitudes politiques font passer
ous le joug d’un autre peuple, perd de ce moment, l’esprit de
" Drogs qui avait pu exister chez lui et tombe dans l’apathie 4 la torpeur. Le sentiment national s’éteint chez les indi- MMidus ; les petites ambitions, les jalousies locales, les pré- ÆHentions personnelles se font jour de tous côtés ; l’esprit na- + Honal fait place à l’esprit d’intrigue ; les factions se dessinent, te multiplient ; le peuple üse le peu d’énergie qui lui reste # dans de mesquines querelles individuelles ; toute politique d'ensemble disparait rapidement, et conséquemment le prorès moral s’arrèête et meurt.
” Voyez les Etats-Unis! N’est-ce pas de la conquête de leur Liberté que date leur merveilleuse prospérité et leur progresion si rapide qu’elle est sans exemple dans le monde ? Voyez la France! Voyez l’Angleterre! N’est-ce pas de chüte de l’absolutisme que date chez elles le vrai pro-
grès social ; celui qui a fait de celle-là la tète pensante et de | celle-ci la tête agissante de l’Europe ?
| Voyez d’un autre côté, l’Italie ! Du moment que les pape: "4 cessen: de faire cause commune avec les peuples ; du M pi moment que les républiques Italiennes sont dévorées par l’ab- Le solutisme ultramontain, devenu l’allié du despotisme Al. lemand, l'intelligence de la mère des nations modernes de. cline : la splendeur italienne s’aftaiblit graduellement et disparait en moins d’un demi-siècle : le génie des arts; celui des découvertes scientifiques tombent dans un état presque complet d’engourdissement, et jettent à pein”, à de longs inter. valles, quelques leurs passagères : l’esprit national se localise | et la liberté politique disparaissant, l’indépendance indivi: || duelle et le patriotisme n’existent plus. Il n’est pas même F1 jusqu’à la : 'avoure nationale qui ne soit profondémen | altérée ; et sans l’invasion française sous le directoire, qui : ouvert aux idées modernes ce beau pays que l’esprit clérical leur avait fermé, l’Italie n’aurait peut-être pas encore donn: les signes ou plutôt les preuves de résurrection socialeet po: || litique qui Jui ont valu, depuis un demi-siècle, les foudre: 1 terribles du Vatican, (j’espère qu’on ne m’accusera pas de les traiter avec trop peu de respect) et qui en dernier lieu, par le plus inexplicable faux pas politique, ont fait déborde sur elle la mitraille française, dirigée par un gouvernemen républicain contre une nation qui gémit depuis trois siècle: sous les étreintes d’une tyrannie tantôt brutale, tantôt hypo: crite !
Voyez l’Irlande, cet effroyable holocauste du fanatisme protestant ! ce stigmate ineffaçable devant lequel se voile | | toute la gioire Anglaise ! Conquise et écrasée sous le plu atroce despotisme que l’histoire ait jamais offert aux male. dictions du genre humain, où en est-elle aujourd’hui? De: milliers de malheureux, les esclaves blancs du dix-neuvième | siècle, et qui en sont réduits à envier le sort des esclave: noirs de l’Amérique, y sont, chaque année, moissonnés par | la faim !! et néanmoins, un tiers de la surface de ce pays, le plus pevplé de l’Europe eu égard à son étendue, est encore inculte !!
Maintenant voyez Ecosse, qui elle aussi a été conquise e brutalement tyrannisée pendant la dernière moitié du dix
tête pensante et de à
oment que les papes c les peuples; du nt dévorées par l’abdu despotisme Al:
tions modernes déraduellement et disle des arts; celui des n état presque coma», à de longs inter.
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Il n’est pas même soit profondémen:
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m’accusera pas de qui en dernier lieu, ue, ont fait déborde bar un gouvernemen t depuis trois siècle:
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“auste du fanatisme ant lequel se voile crasée sous le plu:
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ics du dix-neuvièmt le sort des esclave:
née, moissonnés pai rface de ce pays, le étendue, est encor
issi a été conquise € M
ière moitié du dix:
leptième siècle. Au commencement du dix-huitième elle jonsent à sa réunion à l’Angleterre et recouvre à peu près la
“Plénitude de ses droits politiques. Eh bien en moins d’un
È De,
Muart de siècle elle regagne presque tout le terrain qu’elle
#hvait perdu pendant son asservissement; son génie national
Meprend l’essor; l’activité sociale s’y vivifie, s’y déploie
Momme par enchantement, et aujourd’hui, soit sous le rapport r ientifique, soit sous le rapport industriel, elle n’est nul- Mement inférieure à l’Angleterre.
‘4 Voyez enfin, Messieurs notre propre pays, le Canada. S’il eut été annexé aux Etats-Unis en 1815, la majorité de sa po- Mpulation serait-elle encore incapable de lire ou d’écrire ? Un éénat de notre choix aurait-il jamais dévoré la honte du rejet Sun bill d'écoles, infamie dont le conseil législatif de 1834 ges chargé par ordre supérieur ?
1m Verriez-vous aujourd’hui le crédit public disparu ; (1) le fommerce à peu près anéanti; la propriété discréditée au Hoint qu’elle n’a plus, pour ainsi dire, qu’une pure valeur de "#fonvention ? Verriez-vous l’activité sociale endormie parce tqu’elle n’a pas d’objet; parceque de quelque côté qu’elle se
Mtourne, elle ne fait que se heurter à des prohibitions, à des
traves, à des difficultés de toutes sortes, accompagnements “éternels et inévitables de l’état colonial? Verriez-vous l’in- “ustrie dans un véritable état d’enfance parceque les capitaux dat introuvables? Et pourquoi le sont-ils sinon parceque les débouchés n’existent pas ?
4 Verriez-vous nos immenses voies de navigation intérieure devenues inutiles, et produire à peine le dixième de l’intérêt “es sommes exhorbitantes qu’elles ont coûtées? Auriez-vous Yu la langue française bannie pendant dix années de l’en- +. binte législative, par un article de la constitution ; réintégrée En 1848, et proscrite de nouveau, cette année, par le fait de % translation du siège du gouvernement dans une ville exclu- Mivement anglaise ? Qui est responsable de cette proscription ie fait de notre langue ? Ceux qui, pouvant l’empêcher, l’ont “ibrement acceptée : ceux-là même qui se récriaient si fort @ontre l’élection de Sir Allan McNab à la présidence de (1) Ceci était écrit à l’époque où M. Hincks venait d'échouer
ans sa tentative de réaliser un emprunt en Angleterre. Cet emprunt st négocié l’année dernière:
l’Assemblée, parceque, disaient-ils, nommer président d l'Assemblée un homme auquel ia langue française n’éta pas familière, c’était la proscrire ! !* 4
Auriez-vous été témoins de l’imposition, sur le Bas-Canad: d’une dette de £3,000,000 sterling, à la création de laquel}
il n’a jamais consenti? Loin de là; on ne l’avait pas seu #4
lement jugé digne d’être consulté ?
Le Bas-Canada n’aurait certes pas, sous des institution démocratiques, été sacrifié à une sale intrigue d’agiotags imaginée et consommée au profit de la maison Baring pa cet habile Macaire politique, sir Poulett Thompson, qu’on; fait baron pour le récompenser d’un vol national commis : notre préjudice.
Enfin, Messieurs, si nous eussions été annexés aux Etat Unis en 1815, vous ne verriez pas aujourd’hui le Clergé fan la propagande absolutiste ; anathématiser le libéralisme ; : lancer ses maigres ferrailleurs, désolantes médiocrités que le éclairs de génie ne tourmentent guères, sur ceux qui « le malheur de trouver que les papes sont devenus un pe plus aristocrates que ne le comporte la formule ‘ serviteur de serviteurs de Dieu.??
De tout ce que je viens de dire, Messieurs, il résulte que | droit nature! et le droit politique sont également violés : l'égard du Bas-Canada : le droit naturel, par le seul fait qu nous sommes sous la dépendance d’un autre peuple ; le dro politique parceque l’on nous a taxés sans notre consentement parceque l’on a décrété l’infériorité politique du Bas-Canal en lui donnant une représentation moindre relativement à s population, que celle du Haut-Canada ; parce qu’aujourd’hi même, cette prétendue réhabilitation de la langue français dont quelques vanités du jour se sont targuées avec tant à complaisance est une pure moquerie, puisqu’une loi dont l': 4 riginal est écrit en françris doit être traduite afin que l’angla devienne l’original, et le français la copie.
Cela n’empêche pas néanmoins qu’il n’existe parmi nou
des gens qui prétendent que le Canada jouit de la plus grand somme de liberté possible, qu’il jouit du droit de se got verner lui-même dans toute sa plénitude. Vous avez vu de journaux imprimés en français afficher l’ignorance au poi d'affirmer que comme colons Anglais, nous jouissions d’un
nommer président d4 igue française n’éta.
ion, sur le Bas-Canad:
la création de laquel:
n ne l’avait pas seu
, sous des institution le intrigue d’agiotage la maison Baring pa tt Thompson, qu’on:
vol national commis :
té annexés aux Etat:
urd’hui le Clergé fan iser le libéralisme ; :
tes médiocrités que le 6el
ères, sur ceux qui 0ù sont devenus un pe
formule “serviteur de 1.
sieurs, il résulte que !
t également violés :
el, par le seul fait qu autre peuple ; le dro as notre consentement itique du Bas-Canal
; parce qu’aujourd’h e la langue français targuées avec tant ( uisqu’une loi dont uite afin que l’angla bpie.
jouit de la plus grand t du droit de se go le. Vous avez vu de l'ignorance au poi nous jouissions d’un
idre relativement à s :
| n’existe parmi nou
—— 93 sen
bveraineté réelle, pendant que comme citoyens Américains is ne jouirions que d’une souveraineté nominale ! Vous z vu un journal français donner en faveur de la connexion Mtannique cette profonde et irréfutable raison “ que le Cana- Mne devrait pas se détacher d’un empire sur lequel le soleil se couche jamais ! ! ” Ainsi Messieurs d’après cet habile édacteur, la Pologne doit bien chérir la Russie, car le s0else couche encore moins sur l’empire Russe que sur l’empire glais! Enfin vous avez vu le même journal conseiller au pays @souffrir sans mot dire, toutes les avanies qu’on lui a faites, paiceque de tous les côtés les plus terribles ennemis sont prêts Mpndre sur lui! Au sud les américains, au nord, les glaces Mnelles du pôle, (textuel), ennemis d’une nouvelle espèce Mxquels personne n’avait encore songé !!
(Woilà Messieurs les énormités dont les feuilles connexion- Mistes fourmillent ! Voilà les inconcevables platitudes en Mange desquelles l’exécutif colonial prodigue ses faveurs et . oh patronage! ! Et l’on ne voit pas qu’une cause qui en est @uite à employer de tels arguments est une cause évidem- Mônt mauvaise, évidemment perdue !!
“Il est, pour les peuples, une chose bien plus dangereuse bore que la tyrannie, que les lois exceptionnelles : c’est acceptation sans protêt, sans opposition, sans remontrance. is ce qu’il y a de plus triste, de plus profondément découeant, c’est lorsqu’un peuple a été insulté, humilié dans ses Bctions, dans ses sentiments, dans ses souvenirs ; lorsqu’il é opprimé, menacé dans son existence par l’imposition Mcée d'institutions qui, sons une apparence de libéralité, cabent le plus dangereux de tous les despotismes, celui qui mit s’entourer de formes douces ou séduisantes pour se faire agcepter ; ce qu’il ya, dis-je, de plus triste, c’est de voir Bportion la plus éclairée de ce peuple admirer naïvement ce qu’on lui a donné ; se courber servilement sous le joug, en se félicitant de ce qu’on lui ait enfin rendu justice ; élever Msqu’aux nues lu puissance et la sagesse du despote, et se @Mbire libre et maîtresse de son avenir parcequ’on lui a laissé un semblant de libre arbitre, un simulâcre d’action propre, Ans un cercle infiniment restreint et limité.
Voilà précisément, Messieurs, ce que notre pays a eu le lheur de faire. L’Angleterre nous a dit : ‘ Vous allez doré-
hr
DR A NÉE OV EM PS où 0 à à Po
navant vous gouverner vous-mêmes, mais c’est à condition que je retiendrai une liste civile permanente ; que l’élection de vos représentants dépendra de leur fortune territoriale ; que les lois que vos chambres auront passées, et qui auront reçu la sanction de l’exécutif colonial, pourront pendant deux ans encore, être rescindées par l’exécutif métropolitain ; que le gouverneur pourra, selon son bon plaisir, réserver pour la sanction royale, toutes les lois, de quelque nature qu’elles soient, qui zuront été passées même à l’unanimité des deux chambres; que le quorum de Ja Chambre d’Assemblée ne sera formé que du quart de ses membres ; que le Bas-Canada paiera une dette qu’il n’a pas contracté ! ?” Or, toutes ces restrictions avaient évidemment l’effet de rendre à peu près inutile la prétendue réforme qu’on avait octroyée au pays. Le gouvernement restait trop fort parcequ’il gardait, pour ne pas rendre illusoire, à son gré, ce dont, en apparence, il se désaisissait. La permanence de l4 liste civile détruisait le contrôle, sapait la responsabilité ; et la privation de l’initiative faisait de la législature une simple machine à voter: la réduisait au rôle tout-à-fait subordonné d’un parlement de monarchie absolue. Teut cela n’a pas empêché, messieurs toute la Chambre d’Assemblée de répondre à l’Angleterre, il y a deux ans: ‘ Vous êtes un gouvernement juste et fort.”
Nous avons accèpté l’injustice avec une bonne grâce sans égale ! Nous avons accueilli l’oppression avec des prorestations de reconnaissance ! Nous avons subi l’insulte avec des remerciments! On nous a soffletés, et nous avons humblement avoué que nous avions mérité davantage#
En présence de ces faits, dont les uns existent encore, et dont les autres sont si vivants dans nos souvenirs, on noûs dit: ‘ Vous avez liberté pleine et entière de vous gouverner vous-mêmes ; vous êtes le peuple le plus libre qui soit au monde ! !?”
Eh bien, voilà comment se résume la liberté dont nous jouissons. Le ministège ne peut proposer aucune loi sans le consentement du gouverneur : les membres de l’Assemblée ne peuvent proposer aucune mesure qui comporte de près ou de loin un emploi d’argent : ils ne peuvent même proposer aucune loi d’un intérêt général, sans que le ministère ne les prie de la retirer: le gouverneur peut seul suspendre, nullifier
c’est à condition te ; que l’élection Le territoriale ; que t qui auront reçu pendant deux ans ropolitain ; que le erver pour la sancre qu’elles soient, es deux chambres; ne sera formé que la paiera une dette ces restrictions eu près inutile Ja Jays. Le gouverpour ne pas rendre il se désaisissait.
le contrôle, sapait ative faisait de la 1 réduisait au rôle onarchie absolue.
la Chambre d’Asdeux ans: ‘ Vous
bonne grâce sans avec des prorestal’insulte avec des s avons humbleage xistent encore, et puvenirs, on noùs de vous gouverner libre qui soit au
liberté dont nous aucune loi sans le de l’Assemblée ne rte de près ou de ême proposer auministère ne les spendre, nullifier
M rejetter tout ce qu’ils font,.et n’est soumis à aucun con- Ble local: c’est donc le gouverneur qui exerce réellement le pavoir ; et l’autorité de la chambre est autant subordonnée à sienne que la volonté ou les désirs du peuple du pays l’ont MPujours été aux caprices ou à l’ignorance des commis du Bureau colonial.
" Vous vous rappelez sans doute, Messieurs, qu’il y a deux ns, une association de commerce fut incorporée, par notre lé- É lature, sous le nom de Banque des Marchands, mais que 4 loi fut réservée pour la sanction du bureau colonial. Pour des raisons qui sont restées inconnues, cette sanction ne fut donnée que dix-huit mois après la passation de la loi, et près P deux ans, par conséquent, après la demande d’incorpotion. Or on ne pouvait guère espérer que les capitalistes L voulaient fonder cette banque garderaient lcurs capitaux en offre pendant un aussi long espace de temps. On devait MMvoir qu’en reculant autant l’époque de la sanction on em- R haït la fondation d’un pareil établissement ; car, en Ca- LL. da, l’homme qui peut un jour disposer de mille louis est tfès souvent obligé d’en emprunter vingt-cinq le lendemain. Pa ne s’est pas plus pressé, pour tout cela, de sanctionner la di, et elle n’a été proclamée, dans le pays, que dix-neuf Dis après sa passation par nos chambres.
ni Il va sans dire qu’alors les capitaux qui devaient servir à 1 bnder cette banque n’étaient plus disponibles, car la crise L. onétaire était devenue alarmante, et le commerce perdit les &vantages qu’il devait nécessairement en retirer. Et né- “moins on vous dit tous les jours que vous êtes véritablement indépendants et que l’Angleterre a cessé d’intervenir dans Mos affaires locales !
© Mais voici un autre fait plus étrange encore. … Depuis un grand nombre d’années, le manque asbsolu Wapprovisionnement d’eau pour la ville de Québec était vivement senti. Sans parler des terribles désastres des Faubourgs L R.-Jean et St.-Roch, qu'aucune puissance humaine n’aurait | | hé ba il y avait eu; dans Québec, plusieurs incendies Gh’on eût facilement maïitrisés s'il n’eût pas été si difficile de | procurer de l’eau en quantité suffisante.
MI y a trois ans, une association se forma dans le but de urvoir à de ip y la ville. C’était, à Québec
00 TERROIR SO VE EE annee À om pie gr vréodvee. HhMN EPÈE
plus que partout ailleurs, une mesure d’urgence. ÆEh bien 1 la loi passe dans les deux chambres, mais on la réserve pou 4 la sanction métropolitaine. Les citoyens de Québec ne pou." vaient pas même boire d’eau ni éteindre le feu sans l’inter. 4 vention de Sa Majesté! ! Qu'est-il arrivé? La sanction n été donnée que huit mois après la passation de la loi, les ac. tionnaires ont perdu l’intérêt de plus d’une année sur. leur ca: pital; le grand incendie de l’année dernière n’a pu être maitrisé, faute d’eau ; et tout cela parceque cette malheur: reuse griffe du bureau colonial est toujours là, prête à tou saisir, à tout raturer, à tout entraver !
Néanmoius on vous affirme que ce pays est le plus libr qui soit au monde et que l’Angleterre ne se mèle en rien de nos affaires locales !!
Y a-t-il jamais eu une seule entreprise industrielle, une seule charte d’incorporation, dont la loi organique n’ait pa eté réservée à l’approbation du ministère des colonies ? Le: retards inévétables causés par cette inutile et ridicule inter. vention, ont quelquefois causé des pertes sérieuses, ont dé. tourné des capitaux considérables que leurs possesseurs lan çaient dans d’autres voies afin de ne pas les laisser « longtemps inactifs.
Eh! bien, plus ces faits sont convainquants, plus on nous crie que nous nous gouvernons nous-mêmes et qu’aucune in tervention étrangère n’entrave nos eflorts.
Pouvons-nous rompre l’Union, modifier le moins du monde le plus insignifiant détail de l’acte d’union, faire une légis lation tant soit peu eflicace, imposer le moindre droit d’entrét sur quoique ce soit sans l’assentiment du bureau colonial! Non sans doute, et pourtant on nous affirme, avec cet enté tement particulier à la sottise, que le Canadaest plus libre qu les Etats-Unis !
Avons-nous le droit de désigner la capitale du pays ? Avons nous le droit de décider que la législature s’assemblera dan: telle ville plutôt que dans telle autre? Non MM: au go 8
.verneur seul est dévolu ce privilège! C’est la prérogative dt la couronne ! reste de droit divin, reste d’absolutisme, rested Æ barbarie !
Aussi, Messieurs, le gouverneur nous a enlevé le sièg du gouvernement parceque son administration n’avait pas pi
d'urgence. ÆEh bien ais on la réserve pour
18 de Québec. ne pou-.M re le feu sans l’inter.
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deux régiments cantonnés dans la ville, contrôler ri rémer une centaine de misérables. Il est vrai que sous slques rapports, nos y avons peut-être gagné quelque obe se ! ainsi la sécurité publique est bien plus complète depuis :. l’autorité s’est éclipsée d’au milieu de nous ! Il est vrai Bdire que nous courons beaucoup moins le risque d’être Mlés, brûlés ou assassinés depuis que le gouvernement est à Gnt-cinquante lieues de nous qu’alors que nous l’avions à ds portes: mais là n’est pas la question ! Le gouverneur a levé le siège du gouvernement de Montréal, et le pays n’a in à dire! Le gouverneur est donc tout, et le pays rien ! Eh Men on nous affirme que nous jouissons de la plénitude de la Mveraineté !
Fr En théorie, oui; mais en pratique, non, alle ne l’oserait pas. En Canada on l’ose parcequ’on sait bien que le bureau éblonial peut se moquer de l’opinion publique!
‘à L’habitant de l’Angleterre ou de l’Ecosse, qui veut bien se Ontenter du titre de sujet anglais, est en réalité citoyen dc lais puisque par les communes, il contrôle le pouvoir éxécutif. Mais ici sommes-nous des citoyens anglais, quand figus n’avons pas le moind'e contrôle sur le bureau colonial F Quand le gouvernement métropolitain fait et défait nos instiftions sans nous consulter? Non, sans doute et il me semble . on nous fait sentir assez souvent, et assez amèrement que A8 nom et de fait, nous ne sommes rien de plus que les sujets, die la propriété politique de l’Angleterre.
+ Nous formons partie intégrante de l’empire anglais, dit-on! 0 Jui, comme peuple conquis, mais nullement comme peuple ère! Le peuple anglais est maître chez lui et ici; quant au ? Buple du Canada, il n’est seulement pas maître chez lui!
[Un citoyen anglais qui vient demeurer en Canada n’ab- : Hque-t- il pas sa souveraineté ? Une fois ici, n°est-il pas conré. comme indigne d’élire un membre pour les com-
M Et N’est-il pas considéré comme indigne de contrôler
Bsxécutif de la métropole? N’est-il pas gouverné par le Même exécutif qu’il aurait le droit de contrôler s’il était en pgleterre ? Là il peut être redoutable même au ministère,
mais üne fois ici, le dernier commis du bureau colonial « plus d'influence que iui.
En Angleterre le roi ne peut rien contre la volonté de la nation, parceque c’est celle qui, en définitive, est souveraine! Ici le gouverneur peut tout oser, parcequ’il représente le souverain, qui est le peuple anglais. Qu’aurions-nous pu faire à Lord Sydenham, par exemple, quand il a sioutrageusement violé nos franchises électorales au moyen des £20,000 qu’il a pris à même le revenu des biens des Jésuites pour faire des largesses aux assommeurs de 1840 ?
L’assertion que nous sommes le peuple le plus libre du monde n’a donc pu être faite que par des hommes payés pour étouffer le cri de leur conscience ; payés pour tromper ; payés pour mentir!! Rien ne prouve avec autant d’évidence combien le despotisme dégrade vite, sûrement, sans ressources, Ceux qui ne sont pas constamment sur le qui vive! ceux qui ne redoutent pas instinctivement tout ce qui vient d’une main longtemps ennemie, souvent astucieuse.
Permettez-moi, Messieurs, de vous faire part des remarques que faisait à la Chambre des Communes le 8 de février dernier, ‘un du très petit nombre d’hommes honnêtes qui ont toujours défendu ce pays contre l’oppression, Sir William Molesworth.
‘6 À qui, dit-il, à qui, dans la pratique, le pouvoir de dé- ‘€ sapprouver les actes des législatures coloniales est-il dé. ‘6 volu ? Aux chefs du ministère des colonies ; administrateurs ét absents ; vivant à plusieurs milliers de milles de distance, ‘ qui ne connaissent pas les besoins de la colonie ; qui n’} ‘ ont aucun intérêt; qui sont obligés de s’en rapporter à des ‘informations incomplètes et de seconde main; qui son “ grossièrement ignorants, et pis qu’ignorants, car les infor- ‘ mations qu’ils obtiennent sur les questions coloniales sont ‘€ presque toujours fausses et erronnées.
- € Ces chefs du bureau colonial sont responsables au parle- ‘ ment dit-on ; mais cette responsabilité esf une farce com- ‘ plète, car le Parlement n’a nullement le temps de se mêler « d’affaires coloniales, et même, s’il l’avait, il ne pourrait pas ‘€ obtenir, sur les colonies, de renseignements exacts et im- ‘6 partiaux.
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tre la volonté de la tive, est souveraine!
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est donc le gouver-
ureau colonial & plus
“nement par le mal renseigné, responsable à celui qui ‘ignore.
‘ La politique coloniale rationnelle consiste à croire que, M dans les colonies, on a autant de bon sens qu'ici; qu’on y M: connait les matières locales et les besoins généraux mieux % ‘ que nous ; qu’on y peut les régler et administrer mieux que M nous ; et que, par conséquent, on ne doit d’ici exercer
ft aucun contrôle sur leurs affaires locales.”
Ainsi, Messieurs, sir William Molesworth déclare honnément qu’en fait d’administration coloniale, ia responsabilité u ministre des colonies an Parlement impérial est une pure Marce ! Or si la responsabilité est une farce là bas, je voudrais #Dien savoir comment Ja définir ici? Qu’on nous dise donc ce ue signifie un gouvernement responsable dont le chef, celui MQui seul, peut nullifier tout ce qui se fait ici, ne doit compte de çes actes qu’au bureau colonial qui en fait n’est responable à personne! Eh bien, nous avons des hommes bien “plus instruits, sans doute, bien plus profonds politiques, bien
William Molesworth, qui affirment sans rire, que la respon- ‘abilité gouvernementale est très réelle en Canada ; que loin d’y “être une duperie, elle y existe dans toute sa plénitude ; et
“Ment les mêmes
TRS
penseurs qui mettent les glaces éternelles ‘Au pôle Nord au rang de nos plus dangereux ennemis politiques.
Nous trouvons dans ce fait, de quoi nous consoler du re- “proche !
… Voilà donc le gouvernement responsable assimilé, par un homme qui n’est certes pas suspect, au gouvernement despo- “tique russe, puisqu'il est sans contrôle, puisque la responsabilité du ministre des colonies au Parlement impérial est puement théorique! Vous verrez pourtant qu’on n’en contivera pas moins à affirmer que le Canada est plus libre que “les Etats-Unis. Cela prouve qu’en général ceux qui défendent
stomac leur suggère. Ils ont - os. à ronger, ils le défendent,
c’est tout simple ; ne reprochons pas au diable de n’avoir pa" de vertu.
Passons maintenant à un autre homme d’état anglais.
Le 3 juin 1846, M. Gladstone écrivait dans une dépêche au gouverneur du Canada ; ‘ Si les rapports, entre l’Angleterr: et le Canada consistent dorénavant dans un échange de charges et non d'avantages réciproques, cela prouverait qu leur connexion a atteint, ou est sur le point d’atteindre LE TERME LEGITIME de son existence.”
Voilà Messieurs, la grande question du jour décidée d’avance par une aulorilé officielle, car quand M. Gladstone af. firmait qu’il y avait un terme légitime à l’existence de la connexion du Canada avec l’Angleterre, il était ministre !
Voilà donc la loyauté mise au rang des :topies par un ministre d'Angleterre! Voilà l’aveu que la violation du droit naturel qui est nécessairement pratiquée à l’égard d’une colonie, ne peut être compensée que par une protection éclairée de la part de la métropole : que les liens qui les unissent ne peuvent être rien autre chose que l'intérêt des deux parties ! voilà l’aveu qu’une colonie peut réclamer son indépendance du moment que la connexion avec la métropole lui devient onéreuse. Nous n’avions pas besoin de cet aveu pour que notre droit existât dans toute sa plénitude , mais c’est toujours un grand point de gagné que la reconnaissance explicite d’un droit par celui qui a tout à la fois intérêt et mission de le contester.
Il est d’une grande importance pour nous qu’un ministre de la métropole ait broyé d’avance tous les pitoyables raisonnements, tous les ridicules subterfuges des ministres coloniaux ; car après tout, il faut bien l’admettre, quelque choquant que cela soit pour de précieuses susceptibilités, celui-là est le régent, ceux-ci ne sont que les écoliers.
La voix de M. Gladstone, perçant subitement le concert de flagorneries officielles de notre cabinet, me fait précisément l'effet, dans le cas actuel, de ces énormes bourdons de cathédrales qui attirent seuls l’attention, dès que leur puissante vibration ébranle l’atmosphère, et domine le tintamarre de toutes les petites cloches qui les avoisinent.
L’admission faite par un membre du cabiuet métropolitain qu’il existe un terme légitime à la connexion d’une colonie
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iuet métropolitain ion d’une colonie
ec sa métropole, réduit au néant l’opinion que la discussion
Ê blique sur les avantages qu’elles retireraient mutuellement
ne séparation à l’amiable, est séditieuse de sa nature. Elle couvre le discrédit et de honte les auteurs des récentes p stitutions ; tracasseries stupides exercées contre des hom- Mes qui ont émis précisément la même idée que M. Glads- Mne, savoir: que notre séparation d’avec l'Angleterre était venue légitime puisque notre connerion avec elle nous Mlait devenue onéreuse.
a” Si le but des annexionistes du Canada est légitime, Mes- | feurs, et personne ne le conteste il doit y avoir des moyens dégitimes pour arriver à ce but! Or la discussion publique, Sécompagnée de l’engagement formel de ne pas recourir. à violence est indénixblement un moyen légitime ! Eh bien, à ce que nos profonds publicistes du ministère ont condémné !
2Nos ministres responsables, nos monarchistes eonstitution- Bls toujours bourrés de précédents du moyen âge, toujours émpêtrés dans les antiques routines de la raison d’état, com- Dfenneut si bien leur rôle d’agents du peuple, ecmprennent si en le droit constitutionnel Anglais, qu’ils défendent aux ci- @yens de penser et de dire qu’un changement politique est dévenu désirable !
cl | changement par des moyens directs ou indirects d’aggression Physique, rien que de naturel, là dedans, rien que de juste ; Miles ministres manqueraient à leur devoir en restant inactifs fa suite de voies de fait! Mais destituer des citoyens irré- Püchables parce qu’ils ont émis leurs idées sur les moyens 168 plus propres à remédier aux maux existants, que les miistres eux-mêmes admettent en partie, et malgré le fait qu’ils ont explicitement recommandé à la population, de ne recourir, Pour aucune considération, à des moyens violents ; voilà ce qui est totalement inexcusable, voilà ce qui entachera à Mais la mémoire de ces politiques qui ont flétri, dans “autres temps, des actes de desputisme précisément ana- Bues à celui qu’ils viennent de commettre, et qui n’ont dé- @rté les rangs libéraux qu’après avoir gravi les degrés du oi { D’après M. Gladstone, les annexionistes ne se sont
pos : d’après Lord John Russell, ils ne se sont pas trompé" sur la question du droit, mais seulement sur celle ddapropos « il n°y a rien là qui comporte une violation de la constitution M car jamais une opinion erronée n’est punissable ! Or les an. nexionistes se sont strictement renfermés dans le domaine de lopinion, dans les bornes de la discussion réfléchie « consciencieuse : pas un acte répréhensible, pas une démar che douteuse, pas un semblant d’action secrète et cachée 1 peut leur être reprochée ! Il n’y avait donc pas matière à des. titution ! Eh bien, Messieurs: comment donc qualifier w gouvernement qui a l’air de se venger de ceux qui ont ou tragé les lois et l’ont fait trissonner de peur, sur ceux qui on respecté les lois, mais sur la modération desquels il savai ‘pouvoir compter ? En vérité, n’est-on pas tenté de croire, d'a près ce qui s’est passé, ou plutôt ce qui ne s’est pas pass depuis un an, que si les annexionistes, au lieu de se retranche soigneusement dans les bornes de légalité, avaient, eux aussi fait du brigandage à main armée, incendié les édifices pu
blics, tenté d’assassiner le gouverneur-général ; n’est-on pa. Pi tenté, dis-je, de croire que les ministres auraient peut-êtr “+
préféré leur alliance à celle qu’ils ont tacitement contracté: avec le parti quia commis toutes ces atrocités? N’est-« pas un fait notoire aujourd’hui, que les opposants à l’annexio sont, en premier lieu le ministère et ses fidèles, en secont lieu ses plus violents ennemis de l’année dernière ?
Les destitutions sont la conséquence de cette mauvaise « absurde pratique gouvernementale toujours conservée et chéri par les ministres malhonnêtes, les gouvernements de part qui disent, sans le croire, qu’on ne peut pas administrer le affaires publiques sans corrompre les hommes ; mais qu savent, et ne l’avouent jamais, que le patronage fait pour u ministère l’office de l’ancre de sureté pour un vaisseau ; | l’affermit contre la tempête. Je veux parler de la nominatio des fonctionnaires sous bon plaisir.
Je dis que c’est une mauvaise et absurde pratique, parce: que;
qu’elle donne au gouvernement une influence indue et toujour .@ dangereuse, car le patronage n’a jamais servi qu’à restreindr à à \
les droits des peuples et à faire accepter l'oppression par ceu: #4 qui re voient dans la politique qu’un moyen de gain, de for
) e 20nt pas tromph ll
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és dans le domaine iscussion réfléchie « ible, pas une démar | secrête et cachée n ne pas matière à des nt donc qualifier u r de ceux qui ont ot:
Jeur, SUT CeUX qui on on desquels il savai 8 tenté de croire, d'a i ne s’est pas pass u lieu de se retranche té, avaient, eux auis!
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Me personnelle ; et vous le savez comme moi, Messieurs : e espèce est toujours nombreuse.
Messieurs, ce qui c’est passé aux Etats-Unis depuis trois pis, peut fort bien nous servir de point de comparaison, et ire ressortir tout l’odieux de la conduite de notre gouvernent local.
La question de l’esclavage qu’on vient de traiter sérieusent rhez nos voisins, y a surexcité l’opinion, alarmé les intrêts, soulevé les passions. Un petit nombre d'hommes Mdents ou intéressés, auxquels l’actualité d’une question se- Ébndaire faisait perdre de vue l’ensemble de la situation politique, ont dépassé les bornes que prescrivaient tout-à-la fois la son, le patriotisme, le sentiment de la gloire et de la granr nationale, et ont eu le malheur de prononcer le mot de
* Vous avez vu quelle explosion d’indignation cette seule nsée a universellement soulevée ; quels magnifiques élans our du pays ont retenti dans le Congrès, quelles sages et es paroles ont été prononcées, par des hommes de toutes les nces et de tous les partis, dans les imposantes assemblées Phbliques qui se sont tenues dans les grandes villes comme ns les campagnes ! Vous avez vu comme on s’y est unani- Mement rattaché à la question dominante, à la question-mère, celle dans laquelle doivent se résumer et se fondre toutes 18 autres questions, celle de l’unité nationale : vous avez vu : e glorieux et formel démenti donné par un grand peuple aux Mévisions, aux espérances des ennemis de la démocratie, Msi qu’aux illusions de nos connexionistes ministériels, qui éhantaient déjà victoire, et regardaient la scission entre le Nord et le Sud comme inévitable ; car c’est une chose très PMmarquable, Messieurs, que dans tous les pays, les hommes ‘thetés par le pouvoir ou dominés par le désir de l’être, soient Mjours si heureux de voir les institutions démocratiques Œurir le risque d’éprouver quelques échecs, ou les principes "démocratiques subir de légères atteintes des passions ou de légèreté des hommes! Cela prouve peut-être, Messidurs, 4 entre le libéralisme honnête et ministérialisme il y a
Mais ce que vous n° avez pas vu, Messieurs, c’est l’interven-
tm tot
tion indue des différents gouvernements des Etats-Unis dans les matières qui ne sort:nt pas du domaine de l'opinion ! ce que vous n’avez pas vu c’est la déclaration, par les journaux officiels, que soit le gouvernement fédéral, soit les gouvernements particuliers eussent le droit de prescrire aux citoyens leurs opinions, ou celui de les punir pour les avoir publique. ment exprimées! Ce que vous n’avez pas vu, c’est la prosoription de la pensée individuelle quand elle ne concordait pas avec celle des hommes au pouvoir! ce que vous n’avez pas vu, c’est la répression violente, dans des vues de parti, ou dans l’intérêt d’une coterie, du cri de la consrience publique ; de l’expression franche et modérée des besoins généraux de tout un peuple ! ce que vous n’avez pas vu surtout c’est l’a. nathême ministériel lancé sur une pensée de nationalité !
Enfin vous avez vu le Président des Etats-Unis déclarer qu’il sacritierait sa vie pour le maintien de l’unité nationale, mais vous ne l’avez pas vu maltraiter celui qui commettait l'erreur de jugement de croire sa dissolution nécessaire ou inévitable !
Cela vient, Messieurs, de ce qu'aux Etats-Unis, le pouvoir sait qu’il n’est rien par lui-même ; qu’il n’a que des. devoirs à remplir et non des droits à exercer ; que l’autorité dont il est revêtn n’est strictement qu’uu dépot dont il doit compte ax peuple qui le lui a confié! Cela vient de ce qu’aux Etats- Unis les hommes constitués en autorité savent parfaitemen, qu’ils sont peuples aussi, qu’ils n’ont pas d’autres intérêts à défendre que ceux du peuple qui les a nommés, et que là, onne voit pas, comme dans les pays de monarchie tempérée, cette fiction, cette anomalie de deux pouvoirs incessamment en contact, perpétuellement en lutte, dont l’un, celui qui n’a aucuns droits, la couronne, s’arroge toutes les prérogatives inventées par l’esprit de caste, et dont l’autre, celui qui seul a des droits, seul possède la plénitude de la souveraineté, le pays, est toujours effacé et le plus souvent opprimé par lo premier.
&h bien, Messieurs, ne vous semble-t-il pas, quand aux Etats-Unis, dans ur moment de crise, alors qu’il ne s’agissait àc rie moins, pour quelques individus, que de scinder en deux parts une nationalité strictement homogène, la “plus belle des nationalités modernes, on n’a pas seule-
des Etats-Unis dans de l'opinion ! ce que ar les journaux offisoit les gouvernescrire aux citoyens les avoir publique.
s vu, c’est la proselle ne concordait e que vous n’avez les vues de parti, ou onsrience publique ; esoins généraux de u surtout c’est l’a.
de nationalité !
Etats-Unis déclarer le l’unité nationale, ni qui commettait tion nécessaire où
its-Unis, le pouvoir ‘a que des. devoirs
l'autorité dont il ont il doit compte e ce qu'aux Etatsavent parfaitement autres intérêts à dénés, et que là, on ne hie tempérée, cette
incessamment en ‘an, celui qui n’a es les prérogatives utre, celui qui seul la souveraineté, le nt opprimé par |:
il pas, quand aux s qu’il ne s’agis- 18, que de scinder
ent homogène, la:
on n’a pas seule-
Mbien servile, ou bien borné pour trouver mauvais que, dans
Mé, ou si l’on veut sur la nécessité d’une séparation paci-
at pensé à réprimer l’expression d'opinions exagétéés ; ne üs-semble-t-il.pas, dis-je, qu’il a fallu être ou bien despote,
e colonie, on exprimât uns simple opinion sur l’éventua-
jue et rraiable d’avec la métropole ? Ne vous semble-t-i] p s-qu’il a fallu être parfaitement étranger à toute notion de Moit colonial, pour déclarer indignes de la confiance publique Pux qui ont dit ici ce que M. Gladstone, ce que Sir Robert Rbel, ce que Lord Brougham, ce que Lord Grey, ce que Lord John Russell ont dit ia bas ?
Non Messieurs, il n’y avait pas là, compréhension de ses voirs, de sa mission, de la situation politique, de la Marche ordinaire des évenements qui sont le résultat néces- Mire d’un besoin social ou d’un mauvais systême? Il n’y #ait pas là compréhension des droits des peuples non plus he des droits de l'individu !
#Mais d’un autre côté, il n’est nullement étonnant que les inistres qui ont pu s’imaginer, le printemps dernier, que Misser le champ libre à l’émeute c’était “montrer du juge- Ment, ”” n’aient pas fait preuve du simple bon-sens ordinaire, dla vue du mouvement annexionniste.
Aussi lés seules conclusions qu’on puisse tirer de ce renie- | tient de principes, de cet abondon réfléchi de ses convictions @asséen, (si toutefois on a jamais eu des convictions, ce qui t pas sûr) c’est que le système politique actuel est radiment dangereux et corrupteur ! c’est que l’octroi de ce uvernement responsable dont un Sydenham a été le père, ma pas eu d’autre résultat que de dégrader les intelligences et de gangréner les cœurs ! c’est qu’il est pleinement dé- Montré que sous l’ordre de choses actuel on ne peut pas être L Ha fois ministre et libéral sincère et éclairé c’est que ce
Qi peuvent encore se prêter à le faire fonctionner n’ont pas lus le sentiment de la dignité nationale et celui de l’indé- Prndance individuelle, que cetui du respect de soi-même. A ces hommes, Messieurs, M. Victor Hugo dirait, dans son bétique et admirable langage : ‘ Vous êtes les parasites du Déralisme ! Vous êtes la maladie de la liberté !?
Mais, nous dit-on, il n’y a pas de précédent à votre de-
mande |. ce que vous voulez faire ne sex jamais fait encore ! il n’y a pas d’exemple d’une séparation paisible entre deux peuples dont l’un était soumis à l’autre! Votre démarche est absolument nouvelle !
Cette objection, Messieurs, est celle des partisans de li routine ; celle des hommes qui renoncent à exercer leur propre jugement pour ne s’étayer que sur celui des autres: c’est celle des hommes qui :: marchent vers l’avenir qu’à re. culons afin de se diriger dans leur route d’après ceux qui n’ont pu ni la voir ni l’explorer: c’est celle des hommes qui croient que la providence a jeté l’humanité dans un sentis étroit et limité, en lui disant: “Tu ne sortiras pas de là :” c’est l’objection des hommes qui sont toujours prêts à transiger avec les principes, si, par malheur, on ne les a pas bien compris, dans les siècles précédents, ou si on n’a pas entrevu deux cents ans à l’avance toutes leurs tendances, tous leur: résultats possibles ; c’est celle des intelligences paresseuse: qui préfèrent de beaucoup le travail tout fait, serait-il incomplet ou inapplicable au travail à faire, serait-il seul utile, sel
fécond en conséquences heureuses : c’est celle des hommes. 2”
qui veulent confondre le passé et le futur; qui aiment à calquer l’avenir sur le présent parceque l’inconnu effraie leur leur imagination quinteuse et négative : c’est celle des hommes qui agissent comme si les mots hier, aujourd’hui, demain, n’avaient qu’une seule et même signification: c’est celle enfin des hommes qui voudraient que chacun des siècles que le temps laisse toinber dans sa course fut la répétition tidèle et minutieuse de tous ceux qui l’ont précédé ; celle des hommes qui craignent le progrès et voudraieñt enrayer les rouages du monde social afin de l’immobiliser!
Chaque âge, chaque pays a fourni son contingent de ces zélés esclaves du passé, de ces vedettes avancées de l’esprit stationnaire.
Un seul pays au monde, les Etats-Unis, les a de suite ré. poussés de son sein,
Partout vous voyez ces endormeurs de l’humanité se ligue contre tout ce qui a vie, mouvement, activité sociale ; dé noncer comme nouveauté dangereuse toute idée qui ne date pas de deux sièles ; crier à la légèreté, à l’étourderie, si quelqu’un ôse proposer un projet, indiquer ur moyen qui n’ait pas
oulez faire ne s’en le d’une séparation it soumis à l’autre!
des partisans de la ent à exercer leu ur celui des autres:
ers l’avenir qu’ re.
e d’après ceux qui elle des hommes qui nité dans un sentier sortiras pas de là :” ujours prêts à tranon ne les a pas bien si on n’a pas entrevu endances, tous leur:
ligences paresseuse:
fait, serait-il incomrait-il seul utile, sel
st celle des hommes
futur ; qui aiment à ’inconnu effraie leur c’est celle des homier, aujourd’hui, designification : c’est e chacun des siècles rse fut la répétition t précédé ; celle des udraieht entayer les iliser !
bn contingent de ce avancées de l’esprit
s, les a de suite ré
humanité se ligue activité sociale ; dé-
te idée qui ne date 3
l’étourderie, si queli moyen qui n’ait pa
se, ol
trouvé, examiné pesé, considéré retourné, approuvé enfin r les aïeux de la dixième génération.
Ce sont ces hommes qui crieratent à la profanation, au van-
lisme, si l’affreux style des actes des notaires, si le barbare
Merbiage du style criminel Anglais étaient moderniséss; qui gretternient qu'on leur donnät plus de précision et consé- Memment de clarté, disent-ils, 11 ÿ aurait moins
1 parceque, Œuniformité dans la procédure :
comme si la procédure ne 1 buvait pas étre uniforme et écrite intellisiblement! Ce sont des hommes que vous voyez accomplir gravement, dans les Mcasions d'apparât, les cérémonies les plus ridicules des temps de servage, et qui, au milieu du salamalec obligé de l’étidette, répétent religieusement, comme souvenirs pleins de Maves enseignements, d'anciens dictons populaires ou bar-
le 4 D ant
| : es, devenus presqu'intelligibles anjourd'hui: ce sont ces Mmmes qui on prédit le bouleversement social lors de l’in-
Bntion de l’imprimerie, qui l'ont prédit à chacune des conqi hétes qu'ont faites les peuples sur le despotisme : qui l’ont 4 lit à la suite de quelques unes des grandes décotvertes Mientifiques ; qui l’ont prédit encore quand les véritables Mées démocratiques, qu’ila traitaient d’utopies
rs A
absurdes, sont ies victorieuses et resplendissantes de la grande et glo- Buse révolution Améric hommes pour qui bi sainissement des villes n’était pas nécessaire vu que leurs
une: ce sont ces
res avaient vécu sans air, sans es space, saus soleil! ce sont s hommes pour qui la demande d’un lit séparé pour chaque L: Diade dans les hopitaux était une preuve que l'amour des 3 veautés allait troubler le repos du monde: ce sont ces mmes pour qni labolition des lettres de cachet était une ca hcession inutile et dangereuse à faire aux Ant pour à la publicité de la procédure était la destruction de Ja juisÿ pour qui la vapeur allait être un fléau, les chemins de Pi fun malheur; pour qui le magnétisme est aujourd’hui un danser social !
Eh! bie fl 1! bien ces hommes qui opposent tout et voudraient tout htroler afin que rien ne püt se mouvoir autour d’ eux, que -ils autre chose que les traînards des générations moes ?
De tous les pays civilisés, Messieurs, celui qui en renferme # grand nombre ; celui où ils ont le plus de puis: ance ;
un Te
celui qui, sous ce rapport, et par la plus fatale coïncidence, a été le plus maltraité par la providence, c’est sans contredit l'Italie.
Une malheureuse expérience vous prouve que le Canada est lui aussi fortement attaqué de cette plaie sociale! il voit parmi ses enfants un bien grand nombre de ces espritsnégatifs qui se constituent dans le mouvement politique, les arcs-boutants de la réaction !
Tous ces hommes abhorrent l’annexion parcequ’ils sont naturellement ennemis de tout changement quelconque ; parcequ’ils voient des dangers partout et dans tout ce qui ne vient pas d’eux: parcequ’ils se sont toujours laissés dominer par ces pitoyables déclamateurs de collèges qui ne savent voir dans les peuples que des volcans animés toujours en ébullition: parcequ’ils voient clairement qu’un ordre nouveau d’idées générales va surgir d’une pareille transition: parcequ’ils ne peuvent soutenir l’idée de voir le Canada emporté dans l’or- ! bite immense de la constellation américaine: parcequ’ils voient la démocratie s’avancer irrésistiblement avec son cortège ordinaire, l’industrie, le patriotisme, la prospérité générale, le perfectionnement social, la liberté politique, le sentiment de la dignité nationale ou personnelle ; parcequ’enfin ils voient en dernier résultat la destruction des abus dont ils profitent et la mort éternelle de ce système de duperie et d’immoralité qu’on a appelé le gouvernement responsable.
On nous dit qu’il n’y a pas d’exemple d’une séparation pacifique et réciproquement volontaire entre deux peuples dont l’un était soumis à l’autre ! Et pourquoi cela, Messieurs, sinon parceque le droit naturel n’avait jamais été clairement compris ni défini avant les révolutions Américaine et Française ; sinon parcequ’à peine a-t-il commencé, même aujourd’hui, à recevoir la consécration de l’opinion publique ; sinon parceque de tout temps la tyrannie a été intraitable, aveugle, inepte ? Essayez donc de raisonner avec le despotisme: il se réfugie de suite dans le droit divin. Et qu’est-ce que le droit divin tel qu’il est entendu et pratiqué aujourd’hui par les rois absolus de l’Eurcpe? C’est, en fait, Messieurs, la négation du droit, la négation du libre arbitre, la négation de la morale, la négation de la justice, la négation de la vérité; c’est donc, en dernière analyse, la négation de Dieu.
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Notre demande est nouvelle! c’est possible ! mais cela ne ouve nullement qu’elle soit intempestive, imprudente, sédi- Beuse, punissable ! Il a été un temps anssi ou la demande de
+ cipation des catholiques était nouvelle ; cela n’a pas
Ps.
mpêché que cette mesure ne soit devenue loi ds PEmpire.
4 Tout ce que cette demande prouve, c’est qu’il s’est opéré in grand progrès dans le dix-neuvième siècle ; c’est que le “droit colonial repose aujourd’hui sur des bâses plus larges, Plus libérales qu'auparavant; c’est que les gouvernants sont “devenus plus tolérants, plus éclairés qu’ils ne l’étaient il y a inquante ans ; c’est que les plaintes du faible, ses h-soins,