‹ Six légendes Amércaines identifiées à l'histoire de Moïse et du peuple hébreu par le R. P. E. Petitot, O.M.I., missionaire au Mackenzie: OFrt Good-Hope (Mackenzie River's District), North-West territory, British North America, 21 décembre 1876Chapitre 9 sur 12 · LÉGENDE NATIONALE DES TZENDALES DU GUATÉMALA. LE DEMI-DIEU WOTAN · texte numérisé non relu

LÉGENDE NATIONALE DES TZENDALES DU GUATÉMALA. LE DEMI-DIEU WOTAN

« Wotan, ou, comme l'écrit M. de Charencey, Volan, était le grand chef des C'hans ou Serpents, et le troisième de sa race. Dans un écrit laissé par lui, en langue izendale ou chiapanèque, il s'intitule « le Seigneur du bois creux », c’est-à-dire du Tun ou tambour sacré. Mais les Tzendales et les Chiapanèques, qui se disent les premiers habitants du continent américain, et qui reconnaissent Wotan pour leur héros, leur père, leur bienfaiteur et leur législateur, le nomment le C'œur du peuple, à cause de sa grande douceur et des bienfaits dont ils en furent comblés. Après sa disparition, ils lui décernèrent donc les honneurs divins, et placèrent sous sa protection le troisième mois de l’année.

« Dans son mémoire tesiamentaire, Wotan dit qu'il est le petit-fils d’Ymos (le grand poisson cornu, le même que Quetzal-Cohuat! des Nahoas), ce vieillard sensé qui échappe au déluge sur une grande barque qu’il construisit dans le dessein de s’y retirer.

« Wotan raconte qu’il vit le grande tour élevée par les hommes après le déluge, et qu'il fut envoyé par Dieu, après la diffusion des langues, pour peupler le continent américain , alors désert et inhabité. Il parvint, dit-il, en Amérique, du côté du nord-ouest, par une voie souterraine et ténébreuse, à la manière des serpents, ses frères, après avoir passé par les sepf demeures ou cavernes des treize serpents, et il ajoute que, dans ce voyage, il laissa sur son chemin des signes de son passage.

« Wotan pénétra d'abord jusqu’au lieu où fut constraite depuis la cité des vieillards (kuéhué/an), sur les bords de

la rivière de Ciudad-Real de Chiapas. Il y amena sept familles de serpents ou C'hans, commandées par dix-neuf chefs, à la tête desquels il se trouvait. Il dit que son but, dans ce voyage en Amérique, était d'atteindre le Pied du ciel, afin d'y retrouver les serpents ses frères. Par la même route souterraine qui le conduisit en Amérique, Wotan fit quatre voyages successifs, aller et retour, de la terre de Wotan (Valum Wotan) à la terre de Xibes ou Chives (Valum Chivim). Ce dernier mot est le nom des Toltul-Xinhs, appelés aussi Olmèques, Xicalanques, Nahuatlaques, Nahoas et Toltèques orientaux. Il ajoute qu'il alla de là en Chaïdée, à Jérusalem et en Europe.

« Wotan raconte encore dans cel écrit qu'au retour d’un de ces voyages il trouva dans sa nouvelle patrie sept autres familles étrangères. Il délibéra longtemps pour savoir s’il les traiterait en amis ou en ennemis; mais enfin il finit par les reconnaître aussi pour des serpents comme lui. C'étaient probablement des {Vahoas orientaux ou Chives. La tradition les nomme Zséquils. Wotan traita les Tséquils en alliés, il fit alliance avec eux, leur donna en mariage des filles chanes et les établit auprès de lui. Ce sont les ancêtres des Tzendales et leur nom est reslé à un quartier de Ciudad-Real de Chiapas.

« Wotan apprit à son peuple l’agriculture, la culture du maïs, la connaissance et l'usage du calendrier, les arts, plusieurs sciences et toutes sortes de coutumes et de cérémonies relativement à l'usage des coupes, des bassins et des nappes. Il divisa l’année en treize mois lunaires de vingt jours chacun. Mais il allia à ces bienfaits le culle des fétiches ou nagualt (l'animal-dieu}, qu'il avait reçu des Tséquils. Il importa en Amérique le tapir, édifia plusieurs villes et soumit à ses lois les premiers habitants du plateau d’Anahuac, les Chichimèques ou Quinamès, adorateurs de Tezcatlipola, l'ennemi de Querzal-Cohuati.

« Woian dit encore que par la puissance de son souffle il éditia sur une montagne, sise sur les bords de la rivière des vieillards, un temple sombre et souterrain, dans lequel il déposa son écrit ou mémoire testamentaire en hiéroglyphes sur des tables de pierre ; plus dix-neuf statuettes de jade, représentant les dix-neuf chefs subalternes de ses Etats; plus des vases précieux et de grande trésors. Il préposa à la garde de ce temple souterrain une grande prêliresse et des custodes ou Tlapians.

« Wotan divisa ses Etats américains en quatre royaumes, savoir : 4° celui de Vach-chan (maison des serpents), dans lequel on pense qu'était la fameuse cité de Palenqué, dont les ruines ne le cèdent guère en beauté à celles de Thèbes et de Palmyre, et qui fut la capitale du royaume appelé subséquemment Xibalba, c'est-à-dire portion des Xibes ou Chives (des Nahoas); 2° le royaume de Yucatan; 3 celui de Guatémala ; et 4° enfin celui de Tulha ou Tulan, dans lequel se trouvait Ciudad-Real de Chiapas, portion des Tséquils.

« Après toutes ces grandes actions, Wotan s’en retourna aux lieux d’où il était venu et on ne le revit jamais plus.»

Ainsi finit la légende guatémalienne. Nous devons, avant d'essayer de l'expliquer, la compléter en y ajoutant le compendium des données que nous fouruissent les auteurs qui ont écrit sur ce sujet.

Leschroniqueurs donnent à Wotan dix-sept successeurs, tous de la race des chefs de la nation wotanide.

« D'après l'abbé Brasseur de Bourbourg, les Chichimèques, que Wotan trouva sur les plateaux d’Anahuac, arrivèrent en Amérique, vers l'an 49 de notre ère, d'Aztlan ou Asé-Land, comme l'écrit le baron de Bretonne, c'està-dire de la terre des Ages, l'Asie. On les identifie avec les Toltèques occidentaux commandés par ltzamns, qui

fut lui-même un des monarques du Yucatan.

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