‹ Six mois aux États-UnisChapitre 31 sur 74 · HOTEL DEL MONTE ET LE PACIFIQUE · texte numérisé non relu

HOTEL DEL MONTE ET LE PACIFIQUE

exercices de toutes sortes capables de leur donner de la vigueur et de les développer.

Au bord du rivage, des piscines superbes sont installées pour prendre des bains de mer chauds, elles forment de grands jardins d'hiver où les baigneurs peuvent se promener à Taise. Situées tout auprès des bains de mer ordinaires, elles forment un ensemble complet où le plus grand confort règne d'une façon admirable.

Le soir, les familles se réunissent dans les salons de l'hôtel et les bals pour les jeunes gens commencent. Si je parlais tout à l'heure des fleurs du jardin, que pourrais-je dire des jeunes fdles qui vivent dans ce séjour charmant? Il y en avait bien cinquante environ, en robes blanches et dansant gaiement. Un véritable flot de rubans et de mousseline. Presque toutes jolies, quelques-unes d'une rare beauté. Les jeunes danseurs semblaient fort heureux, il faut leur rendre justice, et c'était vraiment un ravissant spectacle qui, malheureusement, ne dure pas longtemps. A onze heures du soir la récréation est finie, les jeunes gens surveillés par la famille doivent aller se reposer des fatigues de la journée.

La plage de Monterey est remarquable par les vues diverses de l'océan Pacifique. Les arbres et la végétation ne s'arrêtent que sur les bords mêmes de la mer. On ramasse des coquillages et on cueille des fleurs tout à la fois, ayant presque les pieds dans l'eau. La côte de Pescadore avec ses antiques cyprès tourmentés par le vent et ses rochers s'avançant dans l'Océan forment des scènes superbes, qui laissent dans l'esprit des traces ineffaçables.

Dans les bois de pins situés près de la pointe de la baie, un parc réservé aux personnes peu aisées de San-Francisco ou des environs est fort intéressant h visiter à cause de son installation. Nous n'avons rien de pareil en nos pays. Je vois sous les ombrages une quantité de grandes tentes de toile blanche ; beaucoup sont habitées par des familles complètes, il y en avait peu encore à louer. Dans ce campement original, le public trouve les

restaurants nécessaires ou les provisions qu'il faut pour faire sa cuisine soi-même sous les arbres ou dans sa tente. Le soir, des musiciens ambulants viennent ; on danse sur l'herbe au milieu des lanternes chinoises accrochées dans les arbres pour le bal, et ce sont des concerts qui se prolongent quelquefois bien avant dans la soirée.

Les bords de la mer sont splendides à visiter, mais ils ont aussi un autre intérêt.

Le commerce des coquillages, sur les côtes du Pacifique, en Californie, a une importance assez considérable. Les rivages qui avoisinent l'hôtel de Monterey sont des régions où les récoltes sont abondantes.

Les colons chinois surtout s'occupent de cette besogne souvent pénible. Ils vivent pauvrement, au bord de la mer, dans des huttes en bois des plus primitives et, après plusieurs années de cette existence sauvage et isolée, ils rentrent dans leur lointain pays avec leurs économies.

La France est le pays oii l'importation des coquilles nacrées est la plus importante; l'Allemagne, la Belgique, la Hollande et l'Angleterre viennent ensuite.

Les coquillages sont vendus par les pêcheurs, à San Diego, San Pedro et Santa Barbara, et les navires les exportent en Europe où ils sont fabriqués de mille façons. Ils sont transformés alors dans nos usines, en manches de couteaux, ou pour les fournitures de harnais, les boutons, les bijoux, les éventails, etc., etc.

Le centre principal de ce commerce est Los Angeles. Un israélite français a créé dans cette ville une maison considérable, paraît-il, où les pêcheurs vont en foule, toujours certains d'avoir leur récolte payée exactement et reçue sans difficultés.

Ce commerce prend en Californie des proportions énormes, il s'élève à plusieurs millions de francs par année. Une maison de Los Angeles envoie, entre autres, à une des premières fabriques de Paris, avec laquelle elle a signé un contrat depuis l'année 4882, une livraison régulière de 40 tonnes de coquilles nacrées tous les soixante iours.

Page 1