LES MAUVAISES TERRES
on est étonné du peu de touristes qui y vont encore tous les ans. Deux mille personnes voient toutes ces merveilles par saison. Nos Pyrénées et nos Alpes françaises sont visitées par vingtcinq à trente mille personnes chaque année ; il est vrai que les moyens de transport sont plus aisés et le voyage plus facile. En quittant Yellowstone nous reprenons le chemin de
Fig. 54. — Intérieur d'une source tarie près Mammoth hot spvings hôtel, d'après nature (page 184).
fer pour arriver à Livingston. Il faut s'y arrêter deux heures avant de monter dans le train express. Livingston possède 1500 habitants, mais, contrairement aux autres petites cités des Etats-Unis, il n'y a guère de mouvement dans les rues. Les fleurs sauvages envahissent la voie publique toute poussiéreuse, ce sont des soleils superbes qui poussent partout au hasard. C'est
la plus grande curiosité de cette ville. Chacun peut en mettre à sa boutonnière ou composer des bouquets. Quelques voyageurs en gardent pour orner nos wagons pendant les longues heures que nous avons à y séjourner.
Nous passons au milieu des Bad Lands ou mauvaises terres, fort curieuses contrées formées de nombreuses collines de sable rougeâtre de tons fort divers et de monticules aux formes bizarres
Fig. 55. — Travail agricole d'une ferme du Dakota : les machines à moissonner, d'après nature (page 195).
tout pleins de roches brûlées, de scories analogues à celles des volcans. Le long du chemin de fer, des couches de lignite apparaissent à la surface de la terre et, de temps en temps, nous voyons s'élever des fumées, traces des incendies qui continuent leur œuvre de ruine et de désolation. Les indiens, paraît-il, contribuent à ces destructions par les feux qu'ils allument souvent dans leur campement.