LE DAKOTA ET LES GRANDES FERMES
ries, des remises pour les machines, des forges, des ateliers de réparation, des magasins de toutes sortes. Ces différents services peuvent correspondre entre eux à l'aide du téléphone et ils se relient en outre au bureau principal de l'intendant général.
M. Dalrymple possède environ 1000 chevaux ou mulets pour les travaux divers des champs, et il occupe plus de 400 ouvriers pour la moisson et plus de SOO pour le battage du blé dans les sections qui sont voisines de Fargo. Je n'ai pu cacher mon étonnement lorsque M. Dalrymple m'a mené vers une des sections où les travailleurs étaient occupés : 14 machines attelées chacune de 3 mules marchaient en ligne, commandées par l'intendant. Elles coupaient régulièrement le blé semé, en faisant le tour de la section et le rejetaient ensuite en bottes toutes liées à l'aide de fils de fer; chaque botte était recueillie alors par des ouvriers qui les plaçaient en faisceaux sur le sol môme (fîg. 5S).
La discipline est parfaite et toutes les manœuvres sont exécutées avec une précision étonnante. La voix seule du commandant se fait entendre au milieu du silence absolu des champs; elle n'est troublée que par le bruissement léger produit par le blé coupé, ou par les machines.
Les opérations faites dans les terrains où la herse devient nécessaire (fig. 56), celles du labourage et de l'ensemencement, se font de même à l'aide de machines dont les modèles sont connus d'ailleurs. Onles a vus aux différentes expositions agricoles. C'est un spectacle vraiment extraordinaire que ces travaux menés de cette façon; les hommes, les mules et les machines se meuvent comme une véritable armée. Les terres absolument planes de toute la contrée ont facilité l'usage des machines, il n'a fallu aucun travail préalable, aucune préparation. En France, nos champs sont loin d'être aussi unis et des travaux d'aplanissement seraient souvent trop coûteux. Ici la nature semble avoir tout prévu par avance. Le sol est aussi tellement riche que depuis des années d'exploitation il n'a pas été nécessaire de le fumer. D'année en année on a pu planter aussi sans aucun changement, toujours du blé oudesavoinesauxmêmesendroits.L'andernier,M. Dalrymple
iOQ SIX MOIS AUX ETATS-UNIS.
apurécolterjusqu'à600,000bottes deblé, sans compter les avoines.
Dans l'année 1882, il a pu faire un bénéfice net de 216,000 dollars ou 1,080,000 francs.
Le cliemin de fer passe dans les propriétés de ce cultivateur hors ligne ; des élévateurs à blé sont disposés près de la station, qui porte le nom de Dalrymple, de sorte que les récoltes peuvent être envoyées sans retard dans les villes. Une grande partie des grains est ainsi expédiée àMinneapolis, dans les moulins gigantesques 011 la farine se fabrique.
Minneapolis, ville voisine de Saint-Paul, compte près de 100,000 habitants. Située sur le Mississipi, elle a un aspect tout particulier et le mouvement commercial y est extrême. Les scieries colossales ainsi que les moulins font la fortune de la cité.
Sur notre premier croquis, on en voit quelques-uns des principaux, les Washburn mill, etc. (fig. 57), puis enfin les travaux de l'immense barrage construit : les falls of Saint- Anthony . De chaque côté des chutes, le Mississipi apporte la force de ses eaux pour l'alimentation des usines, scieries et moulins ; elles s'écoulent ensuite au bas des chutes en mille cascades diverses. Le chiffre des affaires commerciales qui résultent des industries de Minneapolis est de plus de 175 millions de dollars ou 875 millions de francs.
J'ai visité la plupart des moulins, grâce à l'amabilité de leur directeur; c'est évidemment le Pillsbury mill le plus considérable d'entre eux. L'aspect extérieur est dénué de toute recherche artistique. Ces moulins forment de grands cubes de maçonnerie de six ou sept étages bâtis en granit ou pierre du pays. Mais à l'intérieur leur disposition est des plus intéressantes. Les grains sont portés tout d'abord au rez-de-chaussée. Une série de cylindres en acier trempé commence à les broyer. L'effet de cette première opération est peu sensible d'abord, mais à mesure que nous voyons le résultat produit par sept réductions semblables on comprend aisément l'action des rouleaux d'acier. A chaque réduction, une portion dont on tire la meilleure farine, le middlincj, comme on dit là-bas, est retirée de l'enveloppe extérieure du grain. Cette