CHICAGO. — LES TRAMWAYS
posséder des tramways funiculaires ou cahle railwaifs. Elle avait d'autant plus de facilité pour l'installation de ces appareils que, tout au contraire de San-Francisco, son sol est presque absolument droit et uni.
Les tramways funiculaires de Chicago diffèrent peu de ceux de San-Francisco (fig. 58). La voiture est entraînée par un câble moteur qui reste continuellement en mouvement. Un tube central, logé au milieu de la chaussée et enterré dans le sol, contient ce câble. Un grappin, manœuvré de la voiture par l'employé de service, peut être mis en contact avec le câble à l'aide d'une fente pratiquée dans le tube central. Si le conducteur veut mettre sa voiture en marche, il doit la relier au câble par le moyen de son grappin. Un mécanicien placé sur la plate-forme du car peut resserrer ou relâcher à volonté le grappin, il règle ainsi tous les mouvements du tramway. C'est depuis janvier 1882, que Chicago possède un cable railway. Mais depuis cette époque, ils ont augmenté et s'accroissent encore de jour en jour. La ville a donné la concession dos tramways funiculaires à trois compagnies qui auront chacune une section de la ville à exploiter.
Après avoir vu les rues, les visites les plus intéressantes à faire dans la ville sont celles des stock yard's ou marché des bestiaux et des abattoirs qui y sont joints.
Quelques chiffres donneront une idée réelle de cet immense marché de bestiaux. Dans les parcs différents dont il est composé, il y a place pour 25,000 bœufs, 100,000 porcs et 22, 000 moutons. Des compartiments spéciaux peuvent contenir encore 500 chevaux. Pour faire les clôtures de bois de tous ces parcs il a fallu employer plus de 9,000 mètres de planches et madriers. L'ensemble total de ces parcs occupe une surface égale à un mille carré, c'est-à-dire 2,592,100 mètres carrés environ. Chaque parc est séparé par des avenues destinées à la circulation du public et des propriétaires des bestiaux. De nombreux plans inclinés sont élevés de tous côtés, pour que les animaux puissent descendre aisément des wagons de transport dans les parcs, ou pour qu'ils puissent entrer dans les abattoirs où ils seront
tués. Les chemins de fer les ont amenés des provinces du Texas, de Pensylvanie, de l'Oliio^ etc. Le spectacle qui est donné par cette foule de près de 150,000 animaux divers mugissant et hurlant dans tous les tons, et le mouvement du public qui semble perdu dans les nombreux détours formés par les clôtures des parcs, sont des tableaux que seule peut donner une ville des Etats-Unis. La dépense occasionnée par la construction des bâtiments des stock yard's a été de plus de 15 millions de francs, et tous les jours ils subissent encore des agrandissements nouveaux. Trois cents gardiens surveillent cet établissement véritablement prodigieux.
Parmi les nombreux abattoirs des stock yard's, c'est l'établissement Armour and C° le plus considérable.
L'usine a un tel développement qu'on a de la peine à comprendre tout d'abord son importance. Construite toute en bois et faite sans doute peu à peu, on n'a jamais songé à exécuter un plan d'ensemble ; tout a été bâti à la hâte et suivant les besoins du moment. C'est un véritable dédale de hangars et de salles énormes, communiquant de manières diverses par des couloirs, des escaliers, des ascenseurs, des ponts suspendus sur des ruelles, où passent les ouvriers, où circule le chemin de fer. On ne pourrait jamais se retrouver sans guide dans ces immenses bâtiments. M. Cudahy, le directeur, a bien voulu me donner toutes les permissions nécessaires et me faire accompagner par un jeune employé dans tous les détours de son étonnant établissement. Il est impossible d'être plus aimable et plus obligeant pour un étranger.
Dès l'entrée dans les abattoirs, on va visiter premièrement la salle où l'on tue les cochons. Ils arrivent un par un dans les compartiments indiqués ci-après (fig. 59) ; des chemins bordés de planches les ont conduits jusqu'en cet endroit, hors des parcs situés dans les stock yard's où ils étaient enfermés. Un homme les saisit par les pattes de derrière et enfonce dans l'une d'elles un crochet, garni d'une longue chaîne. Un autre homme placé sur la galerie supérieure tire à lui la chaîne et le cochon. L'ani-