LE MONT WASHINGTON
La machine est pourvue de rouleaux de friction suspendus au châssis, qui restent au contact d'un rail central formant crémaillère. Ils sont de plus retenus par ses rehords latéraux.
L'ascension se fait très lentement, mais elle est des plus intéressantes, et le panorama qu'on découvre des hauteurs est vraiment splendide. Un vaste hôtel est construit sur la cime de la montagne, tout auprès de l'observatoire météorologique bien connu qui est installé parles soins du gouvernement depuis 1874.
Bien moins élevé que celui de Pikes Peak^ dans le Colorado, qui est à 4,713 mètres au-dessus du niveau de la mer, il ne fait pas moins de curieux et utiles travaux. La plus grande vitesse de vent qu'on ait pu observer a été, pendant l'année 1878, de 186 milles en une heure ou 299,274 mètres. Il n'est pas rare de constater une vitesse de vent de 160,900 mètres à l'heure.
Près de 12 à 15,000 touristes font annuellement l'ascension de la montagne ; outre les vues grandioses dont ils jouissent, ils ont encore un autre plaisir. Un journal paraît tous les jours dans ces hautes régions, et le nom de chacun des arrivants y est inscrit. Une imprimerie bien installée fournit en quelques instants la liste des touristes présents. Elle est gaiement achetée pour la somme de 50 centimes, et le journal Among the clouds^ le plus haut du monde, imprimé à 2,097 mètres au-dessus du niveau de la mer, fait fortune de cette façon, qui ne manque pas au moins d'originalité.
Ces dernières excursions terminaient mon voyage. Revenu à New-York, j'étais depuis six mois et quelques jours aux Etats- Unis. Le Transatlantique le Labrador me ramenait au Havre.