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COLON ET LES HOPITAUX

du canal sont attentivement soignés. Dans de vastes pavillons séparés il y avait, lors de notre visite à la fin de février, huit cas seulement de fièvre jaune. L'hospice de Colon, quoique hien aménagé, est simple et modeste ; celui de Panama est un véritable modèle, luxueusement construit. Il a coûté une somme considérable à la Compagnie, mais c'est une dépense qu'on ne saurait critiquer quand on est témoin des soins qui y sont donnés aux malades.

Fig, 70. — Les remparts et riiôtel de la Marina, à Panama (d'après nature).

Ce vaste établissement contient cinq cents lits; comme celui de Colon, il est composé d'une série de pavillons parfaitement aérés. Reliés entre eux par des jardins, ils sont placés sur la hauteur. Les malades peuvent jouir ainsi de la vue superbe de la ville de Panama, des montagnes couvertes de verdure, et de l'océan Pacifique. Quarante sœurs dirigent le service de l'hôpital, et dans la saison mauvaise, où les maladies sont plus nombreuses, on

leur donne, pour les aider, quelques servantes supplémentaires. Quatre docteurs et deux chirurgiens, neuf pharmaciens sont chargés des soins à donner.

L'hospice possède encore au milieu de ses vastes jardins : un ahattoir, des hasses-cours, des glacières, des houcheries, etc. Il peut enfin satisfaire aux besoins de tous ses services différents et nombreux, car tout semble avoir été prévu.

Lorsque les malades des hôpitaux de Panama et de Colon sont arrivés à l'état de convalescence, ils sont menés au sanitorium qui a été fondé également parla Compagnie dans l'île de Taboga. Cette île n'est pas très éloignée de l'entrée du canal futur; l'air qu'on y respire, sans cesse renouvelé par les brises légères de l'océan Pacifique, doit en faire un séjour qui offre toutes les garanties possibles de salubrité.

Citons, avant de quitter la question si importante de la salubrité dans l'isthme, le village américain que la Compagnie du Panama Rail Road a créé à Colon non loin de l'hôpital. Avec ses maisons propres, isolées, bien situées, ses fossés d'écoulement d'eau, etc.. c'est là évidemment le modèle à suivre pour les installations du canal : au village américain l'état sanitaire est tout à fait rassurant, la maladie ne dépasse pas la moyenne des cités coloniales civilisées. Nous y puisons la confiance dans l'avenir de la salubrité des travaux de l'isthme.

M. Charles de Lesseps, dès notre arrivée à Colon, nous avait fait remettre à tous un programme, composé par lui, pour nous faire visiter en six journées les travaux du canal dans toute sa longueur, nous laissant quelques jours d'intervalle pour nous reposer ou pour visiter Colon et Panama et nous rendre compte de toutes choses dans leur ensemble complet.

Ce colossal travail offre en ce moment un aspect du plus haut intérêt. Nous voyons le premier jour les travaux de dérivation du Chagres ; la canalisation n'est pas encore achevée, mais dès l'année prochaine elle sera terminée entièrement, depuis la baie de Limon jusqu'à Gatun.

Le rio Chagres, le rio Grande avec les autres petites rivières

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