tonnes
La dépense totale s'est élevée à 1,187,710 doll. 31, soit 5,938,550 francs, en comptant le dollar à 5 francs. Sur cette somme, 1,500,000 francs avaient été dépensés par la Compagnie qui avait commencé le monument.
Le grand monument de Washington a été déjà atteint parla foudre plusieurs fois. Heureusement que les précautions avaient été prises à cet effet. Le cône terminal de l'obélisque est en aluminium ; il se trouve relié électriquement au sol par les quatre colonnes métalliques de l'ascenseur. Cette disposition a fait victorieusement ses preuves. La foudre n'a causé aucun dégât.
Non loin de cet obélisque, dans un parc considérable planté de beaux arbres, on a construit des pavillons fort bien aménagés pour les travaux divers des hommes de la science. La géologie, la botanique, la paléontologie, etc., ont là leur service particulier. Les laboratoires, les bibliothèques, sont installés largement et d'une façon aisée pour l'étude. Un curieux bâtiment réservé aux pêcheries et à la pisciculture complète tout cet ensemble qui entoure les grandioses galeries du Muséum d'histoire naturelle. M. le professeur Spencer Baird a bien voulu m'en montrer tous les détails. Dans quelques années les collections fort nombreuses auront pu être mises en place méthodiquement ; ce sera alors un des plus curieux musées qu'on puisse voir. Le public ne peut considérer actuellement qu'une faible partie de toutes ces richesses. Il y a déjà dans de grandes salles des échantillons de minéralogie du pays et des fossiles remarquables; des objets de toutes sortes forment ensuite un curieux mélange ; cela donne une idée de ce que sera plus tard ce bel ensemble de curiosités de la science et de la nature.
Avec le palais du président des Etats-Unis et ceux qui abritent tous les services des administrations diverses, Washington a nécessairement un aspect tout particulier. Les avenues sont remplies des maisons luxueuses des hauts personnages de l'Etat; mais si l'on remarque toutes ces richesses, si on constate toutes les dépenses faites pour la création de ces constructions, une chose étonne encore plus le voyageur. Que de nègres, mon
Dieu, en cette ville î on ne voit que cela. Des négresses épouvantables, des négrillons hideux, quel vilain spectacle! Tout cela misérable, en haillons, traîne toute la journée dans les rues. A peine le Capitole est-il dépassé que déjà les maisons de bois commencent avec la misère. Je n'oublierai point certaines rues où les nègres habitent : le manque de soin, la malpropreté même dominent dans ces avenues pleines de boue ou de poussière. Ce sont de tristes contrastes, auprès des riches demeures du centre de la ville.