‹ Six mois aux États-UnisChapitre 9 sur 74 · PITTSBURG · texte numérisé non relu

PITTSBURG

sommes importantes pour faire les travaux nécessaires à l'exploitation.

Depuis deux ans, une compagnie a risqué l'entreprise ; elle a exécuté à ses frais la canalisation considérable qui amène le gaz dans les usines. Dix-huit mois d'exploitation ont suffi pour payer ce grand travail et les forges économisent presque, actuellement, la moitié de leur dépense précédente de combustible; Le gaz naturel présente un inconvénient qui a failli produire les plus grands désastres, le 19 mars dernier, à Murrayville. La pression qui règne dans les canalisations de gaz naturel varie depuis 20 atmosphères à l'orilice des puits de dégagement jusqu'à près d'une atmosphère sur les lieux de consommation les plus éloignés. Nos conduites de gaz d'éclairage ne fonctionnent qu'à une pression de quelques centimètres d'eau. Cette différence est vraiment extrême ; de plus le gaz naturel contient presque uniquement du gaz des marais et de l'hydrogène formant avec l'air un mélange détonant.

L'exploitation de ce gaz offre donc d'assez graves dangers ; les précautions prises consistent à ne pas laisser dépasser 20 atmosphères dans les réservoirs de réception et à disposer^ le long des conduites, des soupapes à fonctionnement automatique qui, lorsque la pression atteint 0"\70 d'eau, s'ouvrent dans des tubes de dégagement qui rejettent dans l'air le volume de gaz excédent.

Pendant la nuit tous les échappements de conduite du gaz fonctionnent dans les usines de Pittsburg et de ses environs. Pour se débarrasser de l'énorme débit de gaz dont elles ne se servent seulement que dans le jour, les ouvriers des usines mettent le feu chaque soir aux tubes de dégagement sur les lieux de production. Les habitants des environs jouissent ainsi d'un éclairage abondant, mais fort primitif d'aspect (fig. 11).

En essayant de poser un branchement sur une conduite principale de 0™,40 de diamètre à l'origine des puits, l'ouvrier chargé de ce travail ne prit pas garde à la pression considérable du gaz qui, faisant une soudaine irruption, se répandit à

flots dans les rues et les maisons du voisinage. Il s'enflamma au contact des becs de gaz, faisant en même temps une formidable explosion. Les flammes s'élevaient à plus de 25 mètres de bauteur, le gaz naturel empoisonnait l'air dans un rayon de 500 mètres. Toutes les précautions furent enfin prises pour localiser l'in-

Fig. 10. — Pitlsburg, côté du mont Washington (d'après nature) (page 29).

cendie, mais pendant trois jours les babitants de Murray ville ont pu croire à la destruction complète de leur petite cité.

La plupart des usines de Pittsburg consomment aujourd'bui le gaz naturel, et tous les jours on cbercbe à forer des puits nouveaux. S'ils sont abondants à Murrayville, ils le sont plus encore sur les bords de l'Allégbany ; on en trouve un peu partout dans

Alb. Tissandier.

Page 1