‹ Six mois de séjour en Angleterre pendant l'année 1836 (volume 2)Chapitre 6 sur 16 · RETOUR A LONDRES · texte numérisé non relu

RETOUR A LONDRES

jftriour « çjs^onbus.

Nous avons quitté Bristol depuis trois jours , et nous voilà réinstallés à Leicester Square. Notre voyage, au retour, a été encore plus heureux qu’en allant, grâce au temps qui a été fort beau. Nous nous sommes arrêtés quelques instans à Bath.

Cette ville, de 30 mille âmes environ, est située dans une position charmante , à quatre ou cinq lieues de Bristol. Quoique moderne , elle présente

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le même genre d’architecture que les autres villes plus anciennes , mais son air neuf lui donne plus de gaité qu’a toutes celles que j’ai vues jusqu’à présent; on la nomme généralement la Faskionable. Habitée en effet par une classe riche et distinguée, qui ne connaît d’autre industrie que celle de retirer le revenu de son argent chez les banquiers , il ne faut pas s’étonner si le goût et l’occupation principale de ses habitans est de parcourir les rues avec un chapeau blanc plutôt que noir, et avec un habit fait par un tel plus élégamment sans doute que par un tel autre. Quoi qu’il en soit, Bath est une ville fort agréable à habiter, malgré que ses bains n’attirent plus à présent un aussi grand concours d’étrangers. Justice soit rendue à ses fashionabies comme à tous les Anglais , au reste , qui vivent de leurs rentes; il est rare qu’ils ne s’occupent pas d’une science quelconque, et avec succès , se rendant ainsi utile à eux-mêmes et agréables aux autres.

Nous avons encore vu deux ou trois autres petites villes, dont l’une est celle de Malborugh; mais il est inutile d’en parler, car elles n’offrent rien de

remarquable. Ce que je noterai en passant, ce sont deux gros chevaux blancs qui, depuis des siècles, vivent sur la même colline, sans jamais changer de place, à peu de distance de Malborugh. Leur taille est gigantesque , car on les voit à la distance de deux ou trois milles ; et quoiqu’ils aient l’air d’être fort bien portans, jamais picotin d’avoine n’est entré dans leur corps. Leur immobilité ne

vous surprendra pourtant plus quand vous saurez

que ces deux chevaux sont dessinés sur le dos de la colline. Cette colline , dont le terrain est blanc

comme l’ivoire , est toujours couverte par une pelouse très courte, qui ne peut servir de nourriture qu’aux moutons. Il paraît donc que quelque pâtre qui aura eu la bosse du dessin , a été pris d’envie de dessiner un fort beau cheval sur cette pelouse , puis , enlevant tout le vert, a renfermé son dessin dans les contours linéaires; le blanc inhérent au sol, rehaussé par le vert qui l’environne, produit l’illusion dont je vous parle ici. Le terrain argileux n’a pas permis que l’herbe poussât encore sans une culture primitive , et comme les autres pâtres ont voulu respecter l’œuvre de leur ancêtre , il ne faut

pas s’étonner si ces deux chevaux existent depuis dessiècles. Je ne garantis pas, par exemple, la date, mais il est positif qu’on les voit depuis fort longtemps.

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Galerie Nationale.

Nous venons de voir la collection de tableaux dite National Galenj , qui sera bientôt transportée dans un local magnifique qu’on lui prépare h Tra- Jalgar Square. Cette collection n’est pas riche par le nombre des tableaux qu’elle renferme, car je dirai même qu’il y en a fort peu; mais en revanche ils sont presque tous fort rares et des plus grands maîtres que l’ïtalieaitproduits. Leonardo da Vinci, Andrea del Sarto , Paolo Veronese , Correggio , Guido, Michel Angelo , Tiziano, Caraccio , et jusqu’au grand Raphaël , tous ces grands maîtres ont leur nom accolé à quelque tableau. Je ne certifierai pas que tous soient bien authentiques ; cependant M. Manni lui-même a jugé en définitive que s’il y a des copies, elles sont en petit nombre.

Outre l’école italienne, nous avons vu aussi des

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tableaux de Velasquez, Murillo, Van-Dyck, Rembrandt et Claude. Trois tableaux de ce dernier surtout sont réellement admirables. Chaque tableau porte le nom de l’auteur et , pour la plupart , le sujet qu’il a voulu traiter; ce qui est, a mon avis, une excellente habitude pour ceux qui ne sont pas en état de deviner le peintre par l’inspection du coloris , et pour ceux qui , ne voulant pas se donner la peine d’acheter un guide, préfèrent prendre pour du Raphaël ce qui appartient à Van-Dyck , et pour du Pouzin ce qui est de Murillo.

Je ne quitterai pas la galerie nationale sans faire remarquer que si la collection n’est pas plus nombreuse , c’est qu’il existe en Angleterre un grand nombre de collections particulières qui toutes réunies pourraient en constituer une des plus riches et des plus intéressantes. Mais il en est ici des tableaux comme des collections zoologiqucs , géologiques et autres; on en trouve une partie au nord, l’autre au sud , une troisième a l’est et la quatrième à l’ouest. C’est très commode pour chacun des propriétaires, mais ce n’est certes pas plus instructif pour ceux qui en font une étude spéciale.

Une Journée * Windsor.

La toute petite ville de Windsor n’a rien de remarquable en elle-même. Le château , la chapelle et le parc, voilà tout ce qui peut attirer l’attention des voyageurs. Ce château, résidence royale, à vingt-deux milles de Londres , est bâti sur une belle élévation au milieu d’une plaine très étendue. On le fait dater de fort loin , mais il a été tellement restauré et réparé, qu’on ne saurait le regarder maintenant comme étant bien ancien. Son aspect général est des plus curieux , surtout lorsqu’on n’a jamais vu en réalité Ces anciens châteaux d’anciens chevaliers, dont on trouve par ci par là quelque belle gravure. Si on se bornait à l’examiner en dehors, on le prendrait plutôt pour une citadelle destinée à défendre une sainte-barbe bien fournie, que pour une résidence royale. Toutes ses tours,

ses tourelles, sescréneaux, ses embrasures de canons où l’on croit voir, du dehors, la fumée de la mèche, sans cependant apercevoir les pièces; tout, en un mot , concourt à cette illusion , qui est encore augmentée par les matériaux qu’on a employés à sa construction. Tout le château, en effet, est bâti avec des pavés de moyenne dimension, réunis entre eux par un mastic noirâtre, sur lequel sont implantées, presque partout, de grosses pierres a fusil, ou, si vous aimez mieux, de gros morceaux de silex. On ne saurait croire au joli effet produit par ce mode de construction.

Nous sommes entrés au château par un chemin très large, et après avoir traversé une grande cour et une petite porte très vieille, dit-on, nous sommes parvenus à une autre cour plus large , divisée en deux parties par une grille de fer. line portion du palais étant habitée par la famille royale, il n’y a que l’autre que les curieux puissent voir. Un guide, avide d’argent, comme partout ailleurs, s’est présenté pour nous ouvrir les portes et nous montrer ce qu’il nommait curiosités ; nous l’avons suivi dans l’aile droite du château.

Les premières chambres ressemblent k un galetas grand et spacieux, mais pas trop propre; elles n’ont d’autres meubles ni d’autres ornemens qu’une ou deux chaises pour chacune d’elles , et quelques vieilles tables auxquelles il manque au moins un pied. Point de rideaux aux fenêtres; quelques portraits tout enfuméB sont appendus aux murs. À mesure qu’on avance dans les autres chambres , le nombre des tableaux augmente, mais non les meubles. On arrive enfin a deux grandes salles qu’on nomme salles de l’état : la première, très grande et assea bien ornée , présente tout autour les portraits des principales personnes qui figurèrent dans la fameuse coalition : l’empereur d’Autriche, celui de Russie, le roi de Prusse, les trois derniers rois d’Angletenre, etc.; tous concourent k former la tapisserie de cette Satie , y compris Wellington et Blücher; le pape lui -même et son principal ministre Coosalvi viennent augmenter la compagnie. En voyant lu cette royale assemblée, dont la plupart des membres sont séparés de l’église catholique, on croirait presque que S. S. Pie Vil ne reste avec eux que pour les convertir.

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La seconde salle est encore plus belle : tapissée par six superbes tableaux des Gobelins, avec l’histoire de Médée , elle présente un ensemble de richesse et de bon goût qui fait honneur au décorateur. Ces salles sont destinées aux grandes réceptions sans doute, et on les trouve peut-être d’autant plus belles que tout ce que l’on vient de voir est peu convenable à un château royal. On nous a montré ensuite la salle dite des Armures , qui est une petite chambre remplie d’armes de toute espèce, rangées en trophée avec beaucoup de goût et d’adresse. La encore se trouve le buste du duc de Wellington , placé vis-à-vis de celui de Marlborough. Celui-ci a sur là tête un drapeau blanc, et l’autre un drapeau tricolore; il est facile de commenter cette disposition historique.

En quittant les apparlemens de l’état , nous sommes montés à la grande tour, qui porte un énorme pavillon britannique qu’on peut apercevoir à plusieurs milles de distance. Cette tour domine une plaine immense, et de son sommet on aperçoit une douzaine de comtés que l’on nous a nommés. Nous avons vu ici que les nombreuses embrasures de

canons se trouvent , par hasard , placées devant des tuyaux de cheminées aboutissant sans doute aux basses-offices, car je les ai vus en action toute la journée; voilà ce qui a pu faire croire de loin que , mèche allumée , le château était dans un état continuel de défense.

Au sortir de la tour on nous a fait descendre à la terrasse du château , sur laquelle on peut longuement se promener tout en ayant devant soi un horizon aussi beau, quoique moins étendu , que sur la tour. Nous sommes allés ensuite visiter la chapelle, qui est un très beau reste de l’ancienne architecture. Malheureusement on a implanté au milieu de la grande nef les orgues et le chœur, de manière qu’il est impossible d’embrasser d’un seul coup d’œil la grandeur du monument (*). Le premier objet qui a attiré notre attention , c’est le tombeau de la princesse Charlotte , décédée en 1 8 1 7 . Il est en très beau marbre. Un corps gisant sür la tombe, un génie qui en sort, six personnes gémissant sur

(4) Il en est de même dans la plupart des plus Seaux temples du Royaume-Uni.

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les restes , voilà les principaux objets de ce monument. L’exécution nous a paru assez heureuse; mais il est singulier que les personnes en deuil soient représentées avec un long voile qui les couvre de la tète aux pieds, de manière que leur figure est entièrement invisible. On m’a dit qu’en Grèce unsculplcurs’étaitservidela même bizarrerie pour prouver la douleur extrême de celle qui est censée pleurer. Dût-on se moquer de mon peu de respect pour une imitation grecque , je ferai observer que c’est précisément dans les positions critiques , et lorsque la physionomie doit être le plus altérée, qu’un artiste doit se distinguer ; et s’il couvre les figures d’un voile épais, il n’augmente pas, k mon avis, le dramatique du tableau ; il prouve seulement son incapacité pour le rendre par des traits caractéristiques.

Quelques tombeaux anciens d’évêques , de rois , de lords et d’autres personnes , se trouvent épars dans l’église du château de Windsor. On voit enGn la chapelle des chevaliers de la Jarretière , où sont armés les nouveaux champions reçus dans le fameux ordre du Honni soit qui mal y pense. Il

y a quarante- une bannières placées tout autour de cette chapelle; elles portent les armes des différens rois qui ont eu ou ont encore l’honneur d’appartenir à cet ordre. Louis XVIII et Charles X ont leur plaque au dessous des fleurs-de-lis et de la couronne de France.

En sortant de la chapelle, nous sommes entrés dans le parc, qui ressemble h tous les autres; aussi je n’en parlerai que pour mentionner la superbe allée d’ormeaux qui fait l’admiration des étrangers. Cette allée, longue de trois milles et placée devant le château , est parfaitement alignée; large d’environ cent pas , elle est bordée d’une double rangée d’omacaux , dont je n’ai jamais vu ni de plus grands, ni de plus gros. Son chemin du milieu, madacamisé , est suivi de chaque côté par deux nappes de gazon anglais d’un velouté admirable. C’est dans celte allée que le bonhomme George III faisait sa promenade. Monté sur un tout petit phaéton traîné par quatre jolis chevaux qu’il aimait à conduire lui-même, il partait au galop d’une extrémité pour atteindre l’autre en peu die minâtes, et toujours eu riant.

Départ des Courriers de Coudre*.

On nous avait beaucoup parlé du départ des différens courriers , et trop même peut-être pour devoir ensuite en rabattre. Ce qu’il y a de plus remarquable dans tout cela c’est l’édifice des postes, qui certes n’a point d’égal ni en grandeur, ni en beauté. Quant au départ des dépêches, à huit heures du soir très précises , je m’attendais a quelque chose de mieux. Les voitures mettent souvent dix minutes de distance de l’une à l’autre dans leur départ. Les courriers, assis derrière la voiture, sur un petit tabouret en fer , ont les pieds sur la caisse qui renferme les dépêches; une trompette d’une main et une grosse carabine de l’autre , ils avertissent les voitures , par le son de la première , de se ranger afin de laisser passer la malle-

poste; avec la seconde ils sont autorisés à éloigner toute personne qui oserait les attaquer; ils sont tous habillés de rouge. Les voitures sont fort belles; mais les cochers n’ont pas un costume uniforme , et cela choque un peu ceux qui aiment la régularité. 11 n’est pas étonnant au reste de trouver cette différence des uns aux autres, quand on sait que ces voitui’es n’appartiennent pas à l’administration générale des postes. Chaque particulier peut se charger de fournir ici une ou deux voitures qu’il envoie prendre les dépêches dans la grande cour, à l’heure indiquée. En résumé, je crois que, à l’exception de l’édifice , l’administration des postes de Paris n’a rien à envier à celle-ci , et le départ des 14 malles pour les différens points du royaume a quelque chose de plus imposant que celui de Londres. Convenons pourtant que les chevaux étant ici meilleurs et les routes aussi, on gagne sur la vitesse ; et convenons également qu’entre les points secondaires , ce que nous nommerions différentes communes, les communications se font peut-être mieux.

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College* «le Lomiri'».

La médecine n’est pas tout-'a-fait exercée en Angleterre comme ailleurs. Il y a ici des médecins , des chirurgiens, des gorgeons proprement dit», et des apothicaires. Ces grades s’obtiennent dans les grandes facultés telles que celles de Dublin , Edimbourg, Cambridge et Oxford. Londres n’avait pas le droit, jusqu’à ce jour, de conférer aucun grade; mais, par une bizarrerie singulière, aucun de ces gradués ne peut exercer son état dans la capitale s’il n’a été primitivement examiné par un des collèges respectifs, sur lesquels nous allons revenir tantôt. Ainsi Londres s’arroge le droit d’examiner les connaissances médicales d’un docteur, lorsqu’elle n’a pas celui de conférer ce même grade.

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On a si bien senti ce qu’il y avait d’impropre dans cet arrangement , que par des souscription» particulières on fait maintenant bâtir dans la capitale une université magnifique. La médecine, la chirurgie, la pharmacie, le droit, la théologie, tout y sera enseigné, et je ne doute pas qu’elle ne devienne plus tard la première université de l’état. Nous y avons trouvé un cabinet pathologique déjà fort bien monté.

Cette université, avons-nous dit, est élevée par une souscription particulière; en cela encore le gouvernement ne se mêle de rien ; il semble ne s’occuper que de l’exercice et de la révision des lois. Quant à l’instruction de la nation , cela regarde chaque Anglais en particulier; tant pis pour eux s’ils restent dans l’ignorance» Honneur donc à ce peuple dont la nationalité est si fortement enracinée, qu’aucun sacrifice pécuniaire ne saurait l’arrêter quand il s’agit de fonder de grands établissemens pour le bien et l’instruction de ses concitoyens ! Le gouvernement voit surgir de ces établissemens au moment, pour ainsi dire, qu’il s’y attend le moins, et n’a jamais besoin de forcer

le vote des chambres pour venir au secours d’aucune institution. Mais revenons k nos gradués en médecine. Le grade de docteur équivaut ici au titre de lord , et il est la source d’une grande fortune; car un docteur en médecine ou en chirurgie ne fait pas payer une visite moins d’une guinée. Les pauvres vont aux hôpitaux , et ils doivent s’adresser, pour être admis, à un des souscripteurs qui lui donne ordinairement un billet pour le médecin ou le chirurgien. Il est rare que les docteurs en médecine exercent la chirurgie et vice versa.

Quant k la classe qui, sans être pauvre , ne peut pourtant pas payer une guinée chaque fois que le médecin viendra lui tâter le pouls, elle a recours aux surgeons , qui sont licenciés en médecine et en chirurgie sans avoir le grade de docteur; c’est k peu près le pendant de nos officiers de santé. Enfin viennent les apothicaires , qui sont les véritables gâte-métier. Jadis l’unique occupation de l’apothicaire était de préparer les remèdes prescrits par le médecin, et tout au plus de pratiquer certaine opération qui n’a pas besoin d’instrument tranchant; mais depuis ils ont trouvé que le débit des

drogues n’était pas suffisant, et conséquemment ils ont commencé eux-mêmes à prescrire leurs simples et leurs composés, faisant même quelques pansemens avec leur baume de fier-à-bras et leur élixir de longue vie. Eh bien ! cette honnête pratique , qui est à peine tolérée en France, est pleinement autorisée en Angleterre; la loi défend seulement aux pharmaciens de faire payer leurs visites aux malades. Ils ont ainsi la générosité , bien méritoire sans doute, de faire des visites gratis pro Deo ; mais les malades , envoyés à leur propre pharmacie , sont ordinairement exposés a payer chaque médicament dix fois plus que ne coûte la matière primitive. La loi autorise un métier si lucratif, et notez que le bas peuple serait le premier à s’opposer à l’abolition de cet abus. Au reste , les pharmacies ici ne ressemblent pas mal aux magasins des perruquiers de Paris, autrement dits coiffeurs. Des brosses de toute espèce , des éponges de toutes dimensions , des flacons de parfumerie , voilà leurs omemens ; au dessous sont de grands flacons dont l’étiquette , pour plus de clarté , est écrite en arabe. Et j’osais critiquer les pharmaciens de Paris!

J’ai dit plus haut qu’il yak Londres un collège de médecins et un collège de chirurgiens. Ce sont deux établissements fort beaux , ayant chacun une bonne bibliothèque, un joli musée et une grande salle de réception. La destination du local m’empêche d’en donner ici plus de détails ; je ne manquerai pourtant pas de rendre un dernier hommage à la mémoire du grand Sydenham , d’Harvey, de Brown et de Clisson , dont les portraits et les bustes sont placés dans les salles de ccs collèges.

Avant de quitter une seconde fois Londres pour pénétrer dans l’intérieur du royaume, un phrénologue enthousiaste a voulu nous faire visiter le cabinet phrénologique de M. Deville , marchand quincaillier dans le Strand. La collection, dit-on, est la plus belle qui existe; etee n’est pas étonnant, car M. Deville l’augmente tous les jours. Ce qui m’avait étonné c’est que cet excellent marchand eut le temps de l’augmenter et la patience d’y placer tant d’argent ; mais il m’a été répondu que c’est l'a une nouvelle branche de commerce, qui tend k devenir de jour en jour plus lucrative pour cet industriel ; et j’ai alors compris parfaitement

le goût phrénologique de M. Deville , qui fait mouler les têtes de tous les criminels avec autant de soin qu’il en mettrait à emballer un quinquct ou une lampe astrale.

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