LETTRE XIII
de madame de Thémines , a -
dame de Vcrncuil.
Le i% juiu.
Non, je 1W saurais fermer moil • ohir à h confiance , je me rej de l'avoir cru possible) m
go SOPHRONTIE.
pourquoi vous refuser à l'évidence ?
vos doutes m'humiliaient : vous n'en aurez plus.
La veille du jour où je vous écrivis, ma sœur m'amena M. d'Armoville , pour me distraire, disait-elle.
En effet, malgré ma répugnance à le voir, je finis par écouter , avec assez d'indifférence, il est vrai, les nouvelles dont jetais si loin de m'informer depuis quelques semaines. Je n'ai pas besoin de vous le dire, je trouvais peu d'amusement à ces récits pleins de médisance. Vous connaissez la confiance de M. d'Armoville , il jugea du plaisir que j'y prenais, par celui qu'il avait à s'écouter.
Il était, ainsi que ma sœur, assis en face de moi , devant ma grande table à fleurs. Le jour venait de tomber. Un trouble secret , involontaire,
s'emparait de moi ; je lève les j eux , et j'aperçois dans le fond de ma chambre, Saint- Àlbe, Saint- Albe lui-même) ou du moins l'objet mystérieux que j'avais vu quelques jours avant sous les arbres de l'abbaye. Il restait immobile, et les regards attaches sur moi. Au mouvement delf roi qui m échappe, il disparait. — Demeure , m'écriui-je î — Je m'aperçus trop tard de mon imprudence. Si -1 Annoville n'eût pas été là, j'aurais, dans le premier mouvement, tout avoué à ma sœur. Je voyais la frayeur peinte sur son visage , et tout ce que je pouvais faire , c'était de la rassurer. — Ce n'est rien, lui dis-je d'un air riant, plus rien du tout. Jeu ai éprouvé autant il y a quelques jours.