LETTRE XVI
de Madame de Verneuil, a madame de Marsilly.
Le
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Cje que vous me dites de notre chère Sopîironie m'afflige et m'inquiète de plus en plus. Elle vous cache un secret important. Ah ! ce n'est point par méfiance î Ne savez - vous pas combien elle vous aime? et ne lisezvous pas dans cette âme angélique, qui s'alarme de ses pensées les plus innocentes? Un seul mot, sorti de votre cœur, vous ouvrira le sien.
J'aurais pu , presque sans reproche , vous découvrir son secret ; je ne veux rien dérober à la confiance.
Parlez ? hâtez-vous î craignez d'être injuste envers cette douce créature,
NOUVELLE V. m
que Dieu pourrait rappeler à lui, a\ant que vos cœurs ne se fussent entendus. Pauvre Soplironie! elle a grand besoin de secours , et n'en peut trouver que dans votre tendresse, et dans ses sentiuiens religieux. S'il est des douleurs inaccessibles aux consolations de la terre , il n'en est point d'inaccessibles aux consolations du Ciel.
P. S, M. de Verneuil est toujours souffrant. Pour vous donner une idée de son état, songez que Soplironie souffre aussi, et que je ne suis pas auprès d'elle.
lia SOPHRONIE.