LES ARABES. — LES KABILES. — LES MAURES
et leurs chevaux, souvent chargés de lourdes entraves, paissent autour du douar, pêle-mêle avec les vaches, les moutons et les chèvres. La propriété est collective sous le régime d'une féodalité religieuse et guerrière. Ils achètent la femme et ont le droit d'en posséder 'autant qu'ils peuvent en nourrir. Ils reconnaissent l'esclavage, en dehors de la loi française qui l'abolit.
Les Arabes sont les gentilshommes de V Afrique. Les Kabyles ont les goûts plus sédentaires et habitent les parties montagneuses. Ils se construisent des chaumières ou des maisons avec des murailles de terre, quelquefois en pierre, supportant des charpentes et des toitures. Actifs, industrieux, ils s'attachent au sol qu'ils cultivent avec soin pendant que leurs femmes, gardiennes du logis, se livrent à une foule d'industries dans lesquelles elles excellent. Chez eux la propriété est individuelle. Ils vivent en tribus groupées sous un lien fédératif, et possèdent une organisation sociale démocratique, égalitaire, élisant des chefs révocables.
Cet état affirme, une fois de plus, leur descendance phénicienne, puisque les Carthaginois avaient aussi une constitution démocratique affranchie de privilèges, contrairement aux Romains dont la république était aristocratique et patricienne.
Moins esclavagistes que les Arabes, ils sont plus monogames et professent pour la femme une "considération analogue à celle de nos vieux Gaulois de pareille provenance. Ce respect de la femme, poussé à un point tel que la loi l'initiait même aux cérémonies religieuses, comme on le vit chez les druidesses, fut précisément ce qui constitua la différence entre les. cultes païen et musulman et celui de nos aïeux les Sémites.
La race belliqueuse des Kabyles sut résister aux Romains, aux Turcs et aux Arabes; elle fut écrasée par
les Vandales mais ne céda qu'aux armes <Je la France. Devenus les auxiliaires les plus actifs de notre colonisation en Algérie,
Les Kabyles sont les gents de la mense, dans la coutume du moyen âge.
Les Maures semblent provenir d'un mélange d'anciens Mauritaniens ou Numides avec des Turcs ou des Arabes, peut-être même avec des Européens. Race conquérante d'abord, puis vaincue et refoulée, elle alimentalongtemps les bandes de pirates qui désolaient les côtes de la Barbarie. L'organisation en tribus est moins accentuée parmi les Maures que chez les Kabyles. Ils habitent généralement les villes où ils possèdent des maisons souvent somptueuses. Ces édifices en moellon ou en ' pisé blanchis à la chaux, selon les localités, se composent d'un rez-de-chaussée et d'un étage, avec cour intérieure environnée de galeries soutenues par des colonnades de marbre ou de pierre, couronnées d'arcades en fer à cheval.
Intelligents, ils ont accaparé le commerce et en exploitent habilement les différentes branches; on les dit très jaloux ; les Mauresques sont, il est vrai, fort jolies, faciles même, mais complètement nulles. Cette situation, elles la doivent aux préjugés des musulmans, qui croiraient se déshonorer en faisant donner de l'instruction à leurs filles. Du reste, se mariant dès l'âge de dix ans, comme je l'ai dit, elles vieillissent vite, et, malgré la beauté de leurs costumes et la richesse de leurs bijoux, ne présentent, à trente ans, qu'un ensemble de traits fanés, accusant d'une façon fâcheuse le défaut d'harmonie et la disproportion des oreilles, des mains et des pieds.
Les Maures se rapprochent des citoyens des villes antiques.