LES JUIFS. — LES M'ZABIS. — LES BISKRIS
A ces trois races il faut joindre, dans une proportion inférieure, les Israélites qui ont conservéleurs caractères et leurs mœurs. Comme les Maures, ils sont citadins et se livrent à toute espèce de transactions. Ils sont aussi très économes ; grâce à leur habileté, ils s'enrichissent promptement et finissent par acquérir tous les principaux immeubles des grandes villes.
Leur type est un des plus beaux de l'Algérie : la figure ovale, les yeux noirs et le nez busqué, la barbe et les cheveux très abondants, ils portent avec noblesse le costume des Maures, qu'ils relèvent d'une ceinture et d'un turban noir.
Les Juives, belles, grandes, bien faites, ont les traits d'une parfaite régularité. Contrairement aux Mauresques, elles circulent librement et le visage découvert. On les reconnaît à leurs robes d'étoffes sombres, serrées comme un étui, la tête couverte d'un bandeau noir. On les voit sur le seuil des portes, dans les rues, les mains chargées d'emplettes, à la fontaine ou bien aux fours banaux dont elles apprécient particulièrement les friandises. Les Juifs, on le sait, sont considérés d'une façon dédaigneuse par les races anciennes de l'Algérie ; il en est à peu près de même des M'zabis, bouchers, baigneurs, meuniers; des Biskris, fortefaix, porteurs d'eau, chaudronniers. A eux les petites industries, où il faut travailler beaucoup pour gagner peu. Le modeste pécule amassé, ils retournent dans leur pays.
Ils représentent en Afrique ce que sont chez nous :
Les enfants de V Auvergne ou ceux de la Savoie.
Enfin les Nègres, originaires du Soudan, de la Nigritie ou de l'Afrique centrale, ont gardé le caractère de servilisme de cette race déshéritée.
Quant à l'origine primitive de tous ces peuples de
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l'Afrique du Nord, nous n'hésitons pas à l'attribuer, à l'exception des Nègres, aux premiers colons phéniciens.
D'après les dernières recherches de notre savant ami, le baron de Moyecque de Macgrath, orientaliste des plus distingués, l'Algérie, comme le Maroc, la Tunisie et nombre de points du littoral de l'Océan, auraient été peuplés par les Phéniciens.
Initiés à l'art nautique par la construction même de l'Arche, compendium de tous les arts primitifs, en quittant la Chaldèe et la Tour de Confusion (Babel), ils vinrent s'établir aux bords de la Méditerrannée et y fondèrent leur première ville, Sidon, qui signifie siège.
De là, rayonnant d'abord sur tous les rivages de cette mer intérieure, ils occupèrent l'Italie, une de leurs premières colonies agricoles : it talam en phénicien, signifie : terre de labour, nom encore porté par une des provinces méridionales; puis, toutes les côtes de l'Afrique du Nord, de Carthage au Maroc inclusivement ; puis, le Portugal, l'Espagne, les Iles Britanniques et les Gaules, de l'Atlantique aux Alpes, et des colonnes, dites par corruption, d'Hercule à l'Escaut.
La preuve frappante de la vérité de cette théorie, qui restitue à la race sémitique l'honneur d'avoir civilisé tout le West-Europe, réside dans ce fait indéniable, à savoir que la langue celtique, encore en usage aujourd'hui en Irla'nde, en Ecosse, dans l'île de Man et dans une partie de l'Amérique et de Cornouailles, est un dialecteétrusco-phénicien, semblable à celui descélèbres tables engubines, étrusco-phéniciennes elles-mêmes.
C'est donc à tort que l'on cherche à attribuer uniquement au sanskrit, langue sacrée, la plus ancienne connue de l'Asie, la racine des idiomes de l'Europe,