‹ Six semaines en Algérie: par le vicompte de PullignyChapitre 56 sur 88 · LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES · texte numérisé non relu

LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES

Cet idiome est de la plus haute antiquité, et il est facile d'en démontrer l'origine phénicienne, . par cette preuve irrécusable que ladite langue celtique de l'Irlande est la seule qui, prise pour clé, ait pu servir à traduire les célèbres inscriptions dites Tables &\Eugubio, découvertes à Eugubio, duché d'Urbino, en 1544, et restées intraduisibles jusqu'à nos jours malgré les tentatives de tous les savants au moyen du sanskrit, du grec, du latin et de l'hébreux.

Ces mystérieuses inscriptions si controversées sont le récit de la découverte de l'Irlande par les Phéniciens partis du Cap d'Ortégal (ou des trois coteaux), en Espagne pour un voyage vers le Nord, exécuté avec la boussole bien avant sa prétendue importation en Europe par Marco Polo.

Cette preuve si importante et si imprévue de la conquête et de la civilisation du West-Europe par des colons phéniciens, fondateurs de la colossale Confédération celtique, qui eut la gloire de résister aux Romains eTtx-mêmes, après la chute de la mère-patrie, Tyr et Carthage , et la grande similitude des noms de diverses localités de l'Amérique avec des mots ou des noms celtiques, porte même à croire qu'une étude comparée des vieux idiomes du continent américain pourrait fournir des preuves complémentaires des vastes conquêtes des dits Phéniciens et Etrusco-Phéniciens, d'origine sémitique, jusque dans le Nouveau- Monde.

Or, les monuments mégalithiques d'Afrique par leur ressemblance avec ceux de Bretagne, d'Ecosse, d'Irlande et tant d'autres lieux, doivent être attribués aux Phéniciens ou à leurs colons, puisqu'ils jalonnent la route suivie par ces hardis navigateurs.

Les menhyrs sont les bornes milliaires des conquêtes

200 PROVINCE DE GONSTANTINE.

phéniciennes, comme les dolmens sont les tombeaux de leurs guerriers; et les signes cryptographiques découverts -en maints endroits sont la manifestation d'une religion unique, semblable entre les Phéniciens d'Afrique, ceux d'Europe et ceux du Nouveau-Monde ; sorte de langage sacerdotal, appliqué à des monuments d'un caractère uniformément religieux.

Après les mégalithes, nous rencontrons dans ce pays cher aux archéologues, le Médra'cen situé à deux lieues d'Aïn-Yacount, sur lequel je désire appeler l'attention. Ce superbe édifice, composé de blocs taillés, superposés en gradins, forme une pyramide conique, d'une hau-* teur de près de dix-neuf mètres, sur cinquante-neuf de diamètre à sa base, et onze à la plate-forme supérieure.

Moins élevé que le Kor : er-Roumia, il paraît plus ancien d'environ deux siècles; néanmoins, il est mieux conservé, il renferme à l'intérieur une chambre sépulcrale située au centre de l'hypogée, à laquelle on arrive par une galerie avec palier et marches ; au dehors, une rangée circulaire de colonnes engagées occupe le pourtour au-dessous des gradins, au nombre de vingtquatre.

Le Médra'cen, on le suppose, fut édifié par Massinissa, roi de Massylie, en Numidie. Sa ressemblance frappante avec le Tombeau de la Chrétienne indique certainement une identité d'origine, et nous nous rangeons volontiers à l'opinion deM.O'Mac-Carthy, d'après qui l'un serait le mausolée des rois de Numidie, et l'autre celui des rois de Mauritanie.

En quittant le Médra'cen pour regagner la route de Batna, on laisse les Hauts-Plateaux et l'on s'engage dans la vallée de l'Oued-el-Harrar, conduisant à cette ville.

Malgré de nombreuses sources, ces plaines immenses

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