‹ Six semaines en Algérie: par le vicompte de PullignyChapitre 65 sur 88 · LE SANTON · texte numérisé non relu

LE SANTON

généralement jaloux, balance au coin d'une borne sa tête hideusement grimaçante.

Tout à l'heure, ce fou illuminé montera au minaret pour implorer la pluie et affirmera ainsi son prestige.

Des marchands proposent des dattes à 25 centimes le litre; d'autres ont devant eux des monceaux de noyaux qu'ils vendent 10 centimes , soit pour engraisser de belles chèvres fournissant par jour quatre litres de lait; soit pour nourrir des chameaux couchés en groupe sur le bord d'une place attendant l'heure du départ pour le désert.

Quelle poésie dans tout cela, et comme nous sommes loin de l'Europe!

Le. grand désert du Sahara. — Voyage sur les chameaux. — Les Mehara. — Chasse du lièvre et de la gazelle. — Les caravanes. — Puits artésiens. — Pisciculture en Algérie. — La Flore saharienne. — Jongleurs soudaniens.

Vue du désert , frisson !

Telle est la note que je transcris textuellement de mon carnet.

Ouf! me voilà de retour. Dieu merci ! et s'il ne m'est rien arrivé, ce n'est pas faute de prédictions sinistres.

— Surtout n'allez pas à chameau! me répète-t-on pendant mes préparatifs pour une excursion dans le désert.

— Mais, comment donc traverser le désert sans chameau !

— Alors, renoncez à votre voyage.

— Tiens, vraiment ! je serais venu de si loin pour reculer, ah ! la charmante plaisanterie !

— Vous aurez un affreux mal de mer.

— Tant pis, ce sera fâcheux.

— Vous serez disloqué.

— Ça m'est parfaitement égal.

— Vous resterez au lit, mala'de pendant six semaines.

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