‹ Six semaines en Russie, sites, moeurs, beaux-arts, industrie, finances, exposition de MoscouChapitre 26 sur 63 · Voir annexe B · texte numérisé non relu

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provinces où il existe de belles exploitations, les chevaux de culture coûtent en-

vn-on 45 roubles par tête, la paire de bœufs 120 roubles, les bêtes à laine adultes coûtent environ 4 roubles et les jeunes i roubles, elles sont tondues en mai et représentent par tête de bétail une toison de à -,o00 a 4 kilogr., les laines sont vendues en suint à un prix qui atteint souvent 9 roubles 40 kopecks parpoud de 16 ki W Bien n'est moins rare que de constater comme rendement un produit de 70 à 75 roubles par déciatine et il n'est pas téméraire d'espérer pouvoir atteindre le prix de 100 roubles. Toutefois, il faut tenir compte

Pour ces récoltes, 4 ui s'effectuent souvent du 10 au 20 juillet, de l'aléa résultant de

la grande variabilité de la température et surtout de la quantité de pluie; c'est ai'nsi

quu^terre qui avait produit à l'hectare, « 1887, 15- 20; en 1888, 13- 86; ne pro^ ta* en 1889 que 3 qu.ntaux de froment d hiver; le froment d'été donne un ren-

SIX SKM.UXESI «■ „

S 'X S KM .USES E.N RUSSIC.

dément un peu inférieur, le seigle peut fournir une moyenne de 1 2^,76 à l'hectare ; l'avoine blanche de Russie qui est très répandue dans l'Est de la France et que l'on sème au printemps à raison de 7 pouds ou U4 kB ,66 à la déciatine, donne un produit moyen de 9 à 10 quintaux l'hectare, et cette. avoine pèse de 45 à 50 kilogr. l'hectolitre; l'orge de brasserie, semée dans les mêmes conditions, produit environ 70 pouds à la déciatine. Il y aurait lieu, nous n'en doutons pas, de développer en Russie cette culture et de multiplier le nombre des brasseries ; la bière remplacerait très avantageusement le kwas. Si l'on procédait au système de la fermentation haute, comme dans nos départements du nord de la France et à Lyon, on obtiendrait, avec une installation industrielle peu compliquée, une boisson très économique qui serait consommée sur place ; d'autre part, si on voulait adopter le système à fermentation basse, il serait facile d'organiser des usines importantes et

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l'alimentation des glacières si coûteuse en d'autres régions, serait facilitée dans ce pays où l'hiver est très rigoureux.

La betterave cultivée en Russie provient généralement de graines de la variété de Vilmorin ; la récolte a lieu depuis le commencement de septembre jusqu'au 8 ou 1" octobre, et le rendement moyen peut être évalué à environ 12,000 kilogr. par deciatine; on atteindrait des rendements plus importants avec une graine de végétataon plus vigoureuse et en modifiant les procédés de fumure.

Dans bien des régions, la difficulté est de rencontrer des ouvriers que l'on puisse engager pour toute une saison, car, ainsi que nous l'avons constaté plus haut, beaucoup de paysans sont propriétaires. Le prix moyen de la journée, hors moisson, est, défalcation faite delà nourriture, de 35 kopecks par homme, et de 25 à 35 kopecks par femme; pendant la période de la mois- «on, les prix s'élèvent de 50 à 80 kopecks

par homme et de 45 à 65 kopecks par femme; ces salaires sont, du reste, proportionnels au résultat de la récolte. Nous donnons ci-dessous, d'après les renseignements qui nous ont été fournis par un haut fonctionnaire des plus compétents, des indications sur les rations mensuelles des ouvriers :

2 pouds (33 kg ,760) de farine de seigle; 30 livres (12 kilogr.) de gruau, de sarrasin ou de millet ; 4 livres (l"«,600) de lard;

— (l k s, 600) de viande;

— (l k s,600) d'huile de chanvre;

— (l k *,600) de sel.

Quelquefois on distribue du poisson sec pour les nombreux jours déjeune.

A cette ration , il convient d'ajouter :

en été, des légumes verts; en hiver, de la choucroute et des betteraves salées à discrétion.

Nous reproduisons ci - après la valeur moyenne des denrées :

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Le poud de farine de seigle, 60 kopecks ;

— de gruau, 90 kopecks; de lard, 5 roubles ;

— de sel, 15 kopecks;

— d'huile de chanvre, 4 r. 5 kop. à 5 roubles ;

— de viande salée, 1 rouble à 1 r. 30 kop. ;

— de viande fraîche, 2 roubles.

Nous ne voudrions pas clore cette étude sur l'organisation et les produits de la culture russe, sans consacrer quelques lignes à la production des vignes qui, en Crimée en Bessarabie, dans la région du Don, dans celle d'Astrakan-Oural, au Caucase et dans le Turkestan, représente une des sources de revenu les plus considérables.

La Crimée, tout particulièrement, produisait déjà, au temps des Grecs, des cultures de vigne, comme l'atteste un passage de Strabon, faisant remarquer qu'à l'entrée des Palus-Méotides, on enfouissait la vigne en hiver. D'ailleurs, le beau musée des antiquités du Bosphore Cimmérien, que nous

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avons admiré au rez-de-chaussée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, nous montre, au milieu des bagues, des bracelets et des couronnes de lauriers en or, des vases où l'on voit suspendues des têtes humaines barbues ou à cornes de taureau (Dionysos ou Acheloiis) [Catalogue n° 164], des amphores dépeignant des scènes bachiques (n 0! 17-19; 15-2; 1118, 22, 24, 25), et des figurines de Scythes tenant des coupes à la main ou buvant dans la même coupe, en signe d'alliance, comme nous l'apprend Hérodote, du vin auquel ils avaient mêlé quelques gouttes de leur sang. Nous n'avons la prétention ni de rechercher l'époque précise de l'origine non plus que l'évolution de la production du vin dans la Crimée ; nous bornerons notre esquisse à l'étude de l'époque moderne. C'est au prince Voronzov en 1826, et de nos jours au prince Léon Galitzin que l'on doit rendre hommage pour le développement et l'amélioration de ces brillantes cultures ; les cosaques avaient

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appris depuis longtemps, des Français, l'art des vins blancs mousseux qui, au dire d'Hoummerk, fournissait il y a 50 ans un million de bouteilles par an, sans compter la quantité «incroyable» qui se buvait clans leur pays, principalement aux foires, où « aucun marché ne saurait se conclure sans une caisse de vin du Don ».

Nous avons pu admirer à notre exposition de 1889, l'élégant Tholus, de style vieux russe, tout enguirlandé de pampres et garni de bouteilles casquées d'or, avec cette devise du prince Léon Galitzin : Vir est vis.

Les vins de Crimée qui se vendaient en 1711, :2 centimes la bouteille; en 1762, 13, lo, 2-2, 82 et 38 centimes, s'élevèrent en 1793, en raison de la guerre contre la Turquie, à 65 centimes ; ils se vendent aujourd'hui un prix relativement élevé; dans les grands hôtels de Saint-Pétersbourg et de Moscou où l'on n'est pas toujours disposé à payer de 25 à 30 fr. une bouteille de Champagne où à enrichir, pour un empoisonne-

ment lent, mais sûr, les fabricants de vins fortement alcoolisés de l'Allemagne, on boit fréquemment des vins mousseux de Crimée qui coûtent 2 ou 3 roubles.

Les frais d'établissement d'une vigne, tels qu'ils m'ont été donnés par mon savant ami François Ruyssen, représentent environ 5,537 r. 50 k. par déciatine que je réduis en francs par hectare, à 16,612 fr. 50 c. en prenant, pour ce calcul, comme pour tous les autres contenus dans ce travail, le rouble à 3 francs; les frais annuels représentent 706 r. 88 k., soit 2,120 fr. 64 c. ; le vin de propriétaire s'est vendu successivement, de 1884 à 1888, le vedro de 12', 29 : 4 r. 9 k.

(12 fr. 27 c); 4 r. 40 k. (13 fr. 20 c); 5r. 87 k. (17 fr. 61 c.) ; 5 r. 76 k. (17 fr. 28 c); 5 r. 57 k. (16 fr. 71 c); soit une moyenne de 5 r. 18 k. (15 fr. 54 c).

Pendant une période de 1879 à 1888, les vins des districts du Dnieper et de Berdiansk, représentant 562 hectares environ, ont produit 995,854 kg ,86 qui se sont vendus

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pour le Dnieper de 1 1 à 49 fr. le quintal et de 49 à 66 fr. l'hectolitre, et pour le Berdiansk 25 à 30 fr. le quintal et 33 à 50 fr. l'hectolitre.

Sans aligner le rendement complet des vins de Crimée, il faudrait ajouter les 19 hectares de Mélitopol qui ont produit 76,249 kilogr. de raisin (de 24 fr. 42 c. à 54 fr. 71 c le quintal et à 48 fr. 98 c. l'hectolitre), et les 2,742,830^,60 de raisin des villages de Kamenka, Inamanka, Terpenievsk e°t des colonies allemandes des mêmes districts, mais ces raisins qui représentent une valeur de 1 2 fr. à 25 fr. le quintal sont expédiés dans les gouvernements de Kherson et d'Iekaterinoslav, à Simphéropol et jusqu'à Moscou.

Quoi de plus intéressant que la manière dont les Russes se sont rendus maîtres du phylloxéra qui incubait depuis 18 ans à Téseli, chez M. Broieskiy, où le découvrait en 1880 M. Danilewskiv, directeur du jardin impérial de Nikita ; nos compatriotes, les paysans de la Champagne, rebelles au

remède, apprendront avec stupeur qu'un corps d'armée tout entier, sous la conduite de l'aide de camp général Korv, était mobilisé et se mettait en campagne avec ambulances et baraquements pour détruire en trois mois 6 1 hectares, dans une région où, depuis dix ans, l'ennemi n'a plus reparu, pas plus d'ailleurs qu'en aucun point de la Crimée. A ceux qui trouveraient le remède quelque peu exagéré dans sa mise en scène guerrière, nous nous permettrons de faire remarquer que le phylloxéra nous a coûté 4 et 5 fois plus cher que notre rançon de 1870.

La Bessarabie produit dans ses districts :

Kichinev Benderî Bieltsî .

Kohtine Orgiev Itoroki.

Akerman Ismaïl .

Soit

)éciatines.

Velros,

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Le vin de 3 à 5 ans se vend de 6 à 8 et même 10 roubles.

La région du Don ne vendange que 60 à 75 p. 100 de sa récolte, elle produit environ 20,000 vedrospar an, soit24,000 hectolitres.

Le raisin non vendangé s'exporte comme raisin de table, à Moscou, à Voronèje et à Rostov. Les vignobles du Don, au nombre de 8,150 comprennent 2,440 déciatines.

Il existe dans le

1 er arrondissement du Don

6,123 vignobles

Arrondissent

. d'Oust-Medvieditsa.

de Khoper

de Donetz

de Tchervatok.

de Mioutsk . .

Dans la région d'Astrakan-Oural, la quantité de vin produite en 1870 était de 1,500 vedros. Les chiffres du rendement manquent pour 1880, mais on peut les évaluer à au moins 10,000 vedros, si l'on tient compte que la récolte s'est vendue 30,000 roubles.

Dans la. région du Caucase :

Vedros.

La province du Kouban . .

produit

Le gouvernement de Stavropol

La province de Terek. .

— de Daghestan . .

Le gouvernement de Koutaïs .

— de Tiflis . .

d'Erivan. .

— d'Elisabetpol

— de Bakou .

La région du Turkestan, dont la part la plus productive est Taschkent, produit 20,000 vedros.

L'étendue totale des vignobles de la Russie est de 168,790 déciatines qui donnent un produit annuel d'environ 27,680,000 vedros ; l'exportation qui s'effectue surtout par les ports de la mer Noire et par la frontière finlandaise a produit :

En 1885 71,538 roubles.

En 188(5 142,763 —

Eu 1887 196,267 —

En 1888 185,532 —

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Jusqu'où s'étendra cette exportation quand la Russie aura planté en vignes les 95 p. 100 et même 97 p. 100 des terrains propres à cette culture et dont seulement 3 à 5 p. 100 y sont appropriés?

Mentionnons encore sous cette rubrique de l'agriculture en Russie la possibilité de donner un grand développement à l'industrie laitière, en fondant des laiteries, des beurreries et des fromageries. Il serait facile, en effet, dans ce pays de créer des « fruiteries » à l'instar de celles que nous avons vues fonctionner pendant notre séjour dans le Jura où, chaque cultivateur apporte le soir le lait de sa ferme dont il est crédité de manière à partager ensuite au marc le franc le prix de vente des fromages, déduction faite des frais de manutention. N'oublions pas que l'industrie laitière représente pour un grand pays comme la France un chiffre minimum d'un milliard et demi.

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