Victor de Swarte), Les Financiers amateurs
Pir;S vie,XVIieetxvmesiècleB ' p ^ 6 - p ^
des Plantin et des Moretus à Anvers ; et pour finir quatre beaux portraits d'Hélène Fourment. Dans celui où la seconde femme de Rubens est représentée tenant sur ses genoux son enfant, on aperçoit adroite une colonne de marbre entourée de draperies, puis une échappée sur lejardin, et l'on remarque dans cette étude de paysage que la silhouette des arbres est peinte largement, comme le font nos paysagistes d'aujourd'hui en bons disciples de Corot. Cette remarque et une observation du même genre que nous faisons devant une toile du vieux maître Titien (n° 11 13) me rappellent qu'un jour je montrais dans la salle Duchatel au musée du Louvre, à mon tant regretté ami le grand paysagiste Pelouse, les fresques de Bernardino Luini représentant pour Y Adoration des bergers, des lointains avec des arbres à peine esquissés dont la silhouette apparaissait dans le bleu de l'horizon. Pelouse, d'un ton très modeste et avec son bon sourire, se borna à me dire : « Tu le vois bien, il n'y a
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rien de nouveau ! » Nous ne connaissions (le paysages de Rubens que celui qui existe au musée de Louvre et qui avait dès longtemps attiré notre attention. Nous avons été heureux de pouvoir étudier à Munich avec plus de points de comparaison la poétique du maître dans l'interprétation de quatre autres paysages dont deux décrivent des scènes pastorales toutes virgiliennes et un autre nous montre le portrait de la famille Rubens dans un site un peu de convention.
Après cette petite étude préliminaire consacrée à Rubens, nous nous promenons dans les nombreuses salles de la Pinacothèque dont les murs scintillent d'éblouissantes richesses. Voici desBartholomé; l'un représentes^ Barlholomé, son patron, entouré de sainte Agnès et de sainte Cécile, peintes dans cette grâce naïve des primitifs, avec des figures de belle expression et des dra-.
peries élégantes aux plis harmonieux. Le Saint Luc peignant la Vierge, deRogier Van der Weyden, d'une composition charmante,
brille par la richesse de son coloris; c'est un des plus beaux du maître qui est représenté ici par trois autres toiles; dans l'une, la Présentation au Temple, un estropié loqueteux attire longtemps le regard et vous poursuit. Plus loin , les tableaux de Jan Van Heinessen et la Sainte Véronique si jeune- et si expressive de Guillaume de Cologne; la Présentation au Temple et la Visite de Marie à Elisabeth, du maître Lvversberg, ainsi que les tableaux de Victor et Henri Dunwegge. Nous admirons «les Quantin Mirsys où l'illustre forgeron d'Anvers a peint dans une piet a, avec une grande vigueur, le Corps du Christ que recouvre en partie une robe bleue d'une grande intensité de ton. Admirons encore Y Annonciation de Martin Schaffner; le portrait de Martin Schongauer, ainsi que le portrait de Jean Carondelet de IlansBurgkmair; la Naissance du Christ de Martin Schongauer; trois tableaux de Bartholome Zeitbloin ; un portrait très énergique de
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Hans Van Melem; une toile d'une facture très intéressante, notamment pour l'exécution des mains, représentant un Argentier pesant des écus et une jeune fille, par Marinus Van Eoymerswale; une Vierge et F Enfant Jésus, d'une expression remarquable et ane Annonciation où un petit génie ailé et malicieux accompagne l'archange Gabriel de Lucas de Leyde; une délicieuse Danaé dé Jean Gossaert; le Petit David rapportant la tête du géant Goliath, de Bernhard Strigéldix -huit tableaux de Ilolbein le vieux' et parmi eux une sainte Barbe et surtout une sainte Elisabeth de Hongrie de Holbein le jeune, qui a dû bien admirer, en son temps, les portraits de Hans Van Melem comme ceux de Quantin Matsvs; un merveilleux portrait de sire Bryan Tuke, le Schatzmeister du roi Henri VIII d'Angleterre, et une moyenâgeuse Descente de croix du peintre de Nuremberg, Michel Wolgemut. Du grand maître de Nuremberg Albert Durer, la Pinacothèque ne possédé
pas moins de quinze tableaux des plus remarquables , parmi lesquels nous distinguons le fin portrait d'Osivalt Krell et une tête d'homme jeune d'une extraordinaire énergie, la Naissance du Christ et le portrait de Michel Wolgemut, qui nous montre une figure d'un très grand caractère, ainsi que YÉvangélisle saint Jean et Y Apôtre saint Paul. De cet illustre maître nous voyons une Lucrèce nue qui se perce le flanc et dont la figure exprime à la fois l'énergie et la souffrance; nous rapprochons ce tableau du même sujet traité 'par Lucas Cranach, où l'arrangement général est conçu avec préciosité ; la figure de l'héroïne romaine n'exprime aucune douleur et la bouche est immobile.
V AmiralHarpertzoon, Y>emta\Qcungra,nd brio, est attribué à Van der Helst comme l'on attribue à Franz Hais un portrait de famille; quoi qu'il en soit de l'incertitude de ces attributions, nous avons admiré dans le portrait de l'amiral, l'exécution de la tête
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et des mains et l'art avec lequel l'artiste a ménagé ses blancs pour réserver une grande valeur de ton à l'argent du baudrier et à la garde de l'épée. Le tableau attribué à Franz Halz est d'un riche coloris, les verts et les bleus du ciel et de la charmille sont très lumineux, quant aux huit personnages, la disposition en est excellente et les poses très naturelles.
Parmi les œuvres remarquables, il faut encore citer V Invention de la vraie Croix par sainte Hélèn, de Barthel Bréham ; cinq tableaux de Mathias Grunewald, un portrait d'une figure douce et mélancolique par Hans Dalning, le Christ mort entouré de Marie, de Madeleine et de saint Jean par Albert Altdorfer.
Nous voici arrivés à la salle contenant les dix Rembrandt: le portrait de Kunstlers est d'une grande crânerie, les effets de lumière sont admirablement concentrés sur la figure et distribués ensuite- graduellement dans le reste du tableau ; le Sacrifice d'Abra-
ham où le corps d'Isaac brille d'un vif éclat ; la Sainte Famille, d'un réalisme très empoignant, nous rendent ces prestigieux effets de lumière qui nous ont fait passer de si bonnes heures à l'Ermitage et à Amsterdam. Bien de plus gracieux que le Sommeil de l'enfant dont la main droite repose dans un mouvement très naturel. La Vierge, un portrait sans doute, retient dans sa main les petits pieds de Jésus ; le Christ portant sa croix est aussi une des belles œuvres du grand peintre hollandais. Les cinq tableaux de Ferdinand Bol mériteraient presque d'être signés de la signature de son maître Rembrandt.
Le Portrait d'un jeune homme par Carel Fabritius est une œuvre peinte aussi chaleureusement, en vive lumière. Quel régal pour la vue que de pouvoir s'arrêter longtemps devant les Adrien van Ostade, les Gérard Terburg et devant le Michel Sweerts (chevalier Swartz ou S w arts ou encore Michèle Suars, comme on l'appelait à Rome) ;
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quelle vérité d'expression dans les 4 têtes de son charmant tableau ! Voyons encore Franz van Miens; les Gérard Don; les Jan Meen et surtout le délicieux Intérieur hollandais de Pieter de Hooch avec ses effets de lumière venant du fond du tableau, comme nous l'avons déjà constaté à propos du pet.t tableau de ce maître que nous possédons au musée du Louvre et de ses œuvres nombreuses qui proviennent de la galerie du financier Van der Hopp et se trouvent aujourd bm disposées dans le merveilleux musée d'Amsterdam. Nous avons noté sur notre calepin que la Pinacothèque renfermait dix-neuf Philippe AVouverman, deux Paul Potter qui, avec les deux Karel Dujardin dans une donnée et une coloration toutes différentes, feraient de belles illustrations aux Uorgiques; ajoutez-y trois Salomon Ruysdaél et huit Jacob Ruysdaël d'une superbe facture et d'un aspect très romantique ainsi qu un paysage d'un charme très pénétrant d Hobbema. Pour ne point quitter ces belles
campagnes de Hollande, admirons les Jan Van Goyen, les Adrien et les Guillaume Van de Welde, les Nicolas Berchem ainsi que les Van der Meer, tous ces maîtres qui s'entendent si bien à nous rendre, avec un fini d'exécution qui n'est jamais puéril, ces paysages profonds aux horizons très lointains, dans une atmosphère humide et sous la blonde lumière de ce doux et savoureux pays de Hollande.
N'ayons garde d'oublierles quatre natures mortes de Jean David de Heem et les trois de son fils Cornelis, non plus que les deux natures mortesd' Abraham Van Beyeren, toutes colorées de fruits aux tons variés et brillantes de cristaux et d'argent. Douze autres natures mortes de Jean Weenix et sept autres de Franz Snyders complètent aussi cette série.
Indépendamment des artistes flamands que nous avons déjà nommés, arrêtons-nous devant un beau Portrait d'homme de Jost Van Cleef qui semble dans une parfaite
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sérénité d'esprit nous faire des yeux et du geste une démonstration; François Pourbus le jeune, Paul Bril- J an Brueghel avec ses paysages remplis d'une foule animée et d une basse-cour picorante, ou encore ses beaux jardins fleuris où Rubens qui ne dédaignait pas d'être son collaborateur peignait dans le ciel des amours ailés soutenant des guirlandes et jetant des fleurs à la déesse Flore et à ses nymphes. Plus loin voici Cornelis de Vos avec ses groupes de portraits très expressifs, Théodore Rombouts, Gaspard de Crayer, les dix -huit Adrien Brouwer avec des scènes de cabarets, deux tableaux du vieux Téniers vmgt-huit toiles de Téniers le jeune, où es fumeurs au nez trognognant fêtent les kermesses; un paysage de Lodewiok de Vadder, un autre représentant une bergère endormie près de ses vaches et de ses moutons, de Jan Siberechts. Pour finir cette brillante école flamande par le maître si puissant, si distinguée, si personnel, à qui
l'influence même de Rubens dont il dirigea si longtemps à Anvers l'atelier où travaillaient 105 élèves, n'a pu enlever l'originalité, étudions les 42 tableaux d'Antoine Van Dyck. Parmi les plus beaux à citer, n'hésitons pas à nommer la Vierge, V Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste; le Christ en croix; la Fuite en Egypte ; quatre Mort du Christ; le Supplice de saint Sébastien; Suzanne au bain ; le Portrait du jeune marquis de Mirabella; celui de Spinola; celui à! Alexandre deCroy; deJande Wael ; de Marie de Médias ; de Thomas de Carignan ; de Marguerite de Lorraine; de Gustave Adolphe de Suède ; d'Albert de Wallenstein ; du général Tilly; de Jean de Nassau; de Jean Brueghel, etc., etc. Chacun de ces portraits a bien sa physionomie propre, il arrête les yeux et saisit la pensée, on y trouve le caractère du personnage rendu par les procédés artistiques les plus parfaits et une connaissance philosophique de l'homme qui nous fait revivre les personnages mieux que les rensei-
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gnements souvent infimes que recueillent ies erudits.
La Pinacothèque ne renferme que 64 tableaux peints par desmaîtresfrançais. Nous débutons avec Clouet, ce maître portraitiste de la Renaissance, et Valentin, de Coulommiers, dont je prépare la biographie en ce moment, et qui eut la bonne fortune, dans sa courte existence de 34 ans, de recevoir les encouragements du pape Urbain VIII Barberini et de laisser une œuvre considérable p W d'action et d un chaud coloris Nous admirons ensuite à Munich deux Simon Vouet, quatre Nicolas Poussin dont ™ e ^™ tombeau de grand style; quatre
Claude Lorrain des plus poétiques; deux Le Sueur et un Sébastien Bourdon ; deux Bourguignon, la Madeleine et VÉvangéliste MU Jean, de Charles Le Brun; le portrait de Turenne, par Philippe de Champagnele-S^ s de Dôle , Tournai, Oudenarde e't Lille, de ,Van derMeulen; un portrait très expresse de Fénelon, par Joseph Vivien • un
François Lemoine ; un Nicolas Largillière ; 7 tableaux de Claude Joseph Vernet; un Chardin et une délicieuse tête de jeune fille, de Jean-Baptiste Greuze.
Les écoles italiennes sont représentées par le Christ en croix, de Giotto ; le Supplice des saints Cosme et Damien, de Fra Giovani cla Fiesole ; une délicieuse Vierge avec l'enfant Jésus, de Fra Filippo Lippi ; une Mise au tombeau très dramatique, de Boticelli ; une Descente de croix, de Marco Basaeti ; la Vierge adorant l'Enfant Jésus, dans un délicieux paysage tout émaillé de rieurs, de Francesco Robolini (Francia); de Bernardino Luini, une Sainte famille; une Vierge tenant dans ses bras l'enfant Jésus et un portait déjeune homme, de Baphaël, un André del Sarte, trois Garofalo ; le Mariage mystique de sainte Catherine avec l'Enfant Jésus, de Lorenzo Lotto; un portrait de Palma le vieux; un portrait de Charles-Quint et la Flagellation du Christ, par Titien ; un portrait très chaud de coloris d'André Vésale, par le Tintoret;
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qui rappelle celle du pouilleux du même auteur, qui se trouve au musée du Louvre.
Pour être complet, mentionnons en terminant, 5 tableaux d'Adam Elsheimer, et parmi eux l' Incendie de Troie, la Fuite en Egypte, et une grande peinture décorative et allégorique représentant un Sacrifice aux dieux ; 5 Gaspar Netscher des plus gracieux et deux portraits de Balthazar Dennerdont la physionomie à la fois fine et énergique vous saisit et dont on peut suivre à la loupe toutes les stries, les rides et les scories de la peau.
En sortant de cette belle galerie, nous allons donner un salut d'adieu au portrait d'Angclica Kaufmann peint par elle-même.
C'est elle, la blonde artiste aux yeux noirs, à la bouche fine et spirituelle qui fut à Kome la Muse de l'illustre critique d'art, continuateur de Winkelmann, le fermier général Seroux d'Agencourt qui avait quitté Paris plusieurs années avant la Révolution et fut inhumé à Rome le 24 septembre 18H,
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avec le cérémonial diplomatique, à Saint- Louis-des-Français '.La douce Angelica l'avait devancée dans la tombe.
Après ces développements qu'il nousa été agréable de donner en souvenir des heures marquées d'une pierre blanche, que nous avons avons passées en cette richissime ga-
W, nous ne nous étendrons pas sur les monuments de Munich, ni sur ] a vieilUrèd-
^ce f ni sur la résidence actuelle oupaIaig royal Nous ne décrirons pas le FesUaalbau de style Renaissance, avec ses peintures, ses cariatides et ses bas-reliefs. U nous serait bien agréable aussi - mais l'espace nous manque - de rendre compte des 19 fresques de «a Schnorr, complétées par de petites peintures dans les voussures et repré- «ntant la légende des Mèelungen oui 8om
Placées dans le vestibule, la salle des noces, ^ -lie de la trahison, celle de la vengeanc
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et celle des lamentations. Nous sommes entrés, depuis peu d'années, dans la familiarité de ces vieux mythes, grâce à l'intéressante bibliographie Wagnérienne qui a été publiée à propos des représentations de Bayreuth et de l'Opéra et sur laquelle Catulle Mendès a fait de si poétiques conférences.
Ce n'est point ici le lieu non plus de décrire le Théâtre de la cour qui est une des plus grandes salles de l'Allemagne, puisqu'elle peut contenir 2,500 spectateurs, non plus que le Ho f g arien ou jardin de la cour, ni X église Saint-Louis et celle des Thèatins. Notre but principal est rempli par la visite détaillée que nous avons faite aux œuvres d'art, et après avoir admiré la Maximiliansstrasse et les conducteurs de tramways aux grandes redingotes bleu de roi et aux mains gantées de blanc, nous allons prendre le frais au Jardin botanique, où les lucioles étoilent de vives lumières les massifs d'arbres, volant de l'un à l'autre- et éblouissant nos yeux, et de là nous allons dîner et
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passer la soirée dans l'immense salle de la brasserie de Lœw'mbrm (ou brasserie du Lion) dont nous avions visité déjà l'usine gigantesque.
Ce n'est pas notre faute cette fois, nous devons l'avouer, si les tristes souvenirs de la guerre de 1870-1871 nous sont remontés a 1 esprit avec l'apparition sanglante de Bazeilles effondré sous la canonnade et le feu des Bavarois.
Ce sera pour nous une soirée inoubliable que celle que nous avons passée dans cette salle de Lœivenbrâu où au milieu des éclats du tonnerre qui s'était mis tout à coup delà partie et des éclairs qui n'ont cessé de briller pendant trois heures, nous avons entendu la musique du 32' régiment de Meimngen jouer l'ouverture du Tannhàiiser des motifs deLokengrin et enfin une grande machne musicale intitulée sur le programme : Deutschlands Ennnerungen von 1870-1871. Ce grand morceau débutait par une phrase large qui était interrompue tout
à coup par le motif de la Dame blanche que jouait un flageolet : Ah! quel plaisir d'être soldat! Avec la subtilité d'esprit qui caractérise nos amis de l'Allemagne, cette réminiscence voulait dire sans doute que nous sommes des soldats d'opéra-comique.... Soudain, on entend les sonneries françaises auxquelles répondent les fifres et les tambours de l'armée allemande..., peu à peu nos sonneries sont étouffées et meurent..., les fifres et les tambours dominent sous une canonnade et un crépitement d'armes à feu que rendent les timbales. Après un instant de repos et sous les applaudissements de 9,000 auditeurs frénétiques, — un chien seul aboyait, il n'y avait décidément que lui et nous de Français, — la seconde partie du belliqueux morceau recommence par la même grande phrase du début interrompue cette fois par l'air de : Parlant pour la Syrie, jouée avec une lenteur béquillarde : ceci doit nous représenter la voiture de Napoléon III traînée au milieu de tous les chaos du champ de bar
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taille. Il n'est pas possible de traduire autrement les intentions délicates de nos vainqueurs. Aux alternances des mêmes sonneries française et allemande succède un tonitruant bombardement suivi de l'hymne national prussien enlevé par tous les instruments de l'orchestre sous les acclamations de la salle frémissante qui se calme après tout ce tapage et se gargarise de bocks géants et nombreux. C'est ainsi que tout se termine en Allemagne. Le chien n'aboyait plus et nous restions songeurs en pensant que si les musiques de tous nos régiments avaient voulu, au début de ce siècle, chanter toutes nos victoires et représenter avec notre air national l'entrée de nos grenadiers dans les diverses capitales de l'Europe le nombre des sonneries étrangères écrasées sous les fanfares de nos trompettes et de nos clairons eût fait un charivari plus grandiose.... C'est ainsi que nous nous sommes consolés.
Le soir nous prenions l'Orient- Express et nous arrivions le lendemain matin dans notre chère ville de Strasbourg que nous quittons le jour même pour arriver à Nancy, où nous attendaient de bons amis à qui nous fîmes le premier récit des principales émotions de ce voyage.
Quelques jours après, je déjeunais dans un ravissant petit palais Louis XVI situé à Versailles à l'extrémité de la Grande avenue de Paris avec un des hommes politiques dont le goût artistique est des plus affinés et qui occupait à ce moment l'une des plus hautes dignités de l'Etat. Il avait, en homme éternellement jeune, malgré ses 76 ans, que nous célébrions ce jour, utilisé ses vacances parlementaires à parcourir des pays de vieille civilisation et comme on lui demandait : « A quoi bon vous fatiguer ainsi ? » Il répondait, comme l'aurait pu faire un de ces grands philosophes d'Athènes qui s'en allaient pendant des années courir le monde et s'instruire des mœurs, des arts et de la