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lovi?r «I {| iH)|>iH«idro leurs sièges, exprima sa satisfaciiou» t>l i^ouIa, tt on faisant de grands soupirs et exelalUnUon»» «luo los afTaires de France le travaillaient Tort i>i no lo laissaient iH^poser ; qu'il fallait se gouvonior avoo prudence tit (Hrc avisé ; qu'on se pouvait dt^finuliH) d'un cardinal d'une manière moins scanda- I0U80» ot qui eût fait le même eff.t. » Il allégua des oxouiplos. disant « que l'empereur Charles-Quint, encore «lu^en son cœur il fût bien aise de la prise du pape Clément et sac de Rome, fit néanmoins porter le dtniil en sa cour, et faire processions pour la délivrance du pape; et que le roi Philippe, victorieux contre Paul IV qui lui avait fait la guerre, avait fait rendre les villes prises, et chargé le duc d'Albe d'aller à Rome demander l'absolution ». La fin de ce long . développement historique était qu'il ne donnerait l'absolution qu'après que le cardinal et l'archevêque auraient été remis entre les mains du légat. Comme dernière concession, il annonça qu'il se contenterait d'un écrit par lequel le roi déclarerait que ces deux personnages étaient gardés par ses gens, mais au nom du légat. C'est ainsi que se termina cette mission.
Un grand événement et un petit incident contribuèrent à la faire échouer. Des dépêches du cardinal Morosini firent connaître l'accord établi entre les rois de France et de Navarre, et en même temps le légat annonçait qu'il avait quitté la cour de Henri III. C'était l'événement. L'incident fut l'arrestation, lors de son passage à Roanne, du maître d'hôtel de Mgr du Mans. Les lettres qu'on trouva sur lui furent envoyées à Rome. L'évêque et l'ambassadeur écrivaient au roi
que Sa Sainteté n'avait en vue que de Thumilier; qu'en lui montrant de la fermeté, on la ferait bientôt changer de ton*; que d'ailleurs on n'avait rien à espérer d'elle. Le pape s'en montra fort irrité et on attribua en partie à son dépit l'insuccès de Mgr du Mans. Mais ce fait s'explique plus naturellement par la tournure qu'avaient prise les affaires de France depuis les assassinats de Blois. Néanmoins, malgré les mauvais traitements qu'il avait fait' subir à l'envoyé de Henri, Sixte-Quint, craignant de. livrer le roi complètement aux huguenots, hésitait à rompre avec lui. Les cardinaux de la congrégation de France étaient divisés sur r.opportunité du rappel du légat, que celui-ci demandait avec instance. Mais le Saint-Père, supposant avec raison que cette mesure serait interprétée comme une déclaration du Saint-Siège en faveur de la Ligue, envoya au légat l'ordre de rester à son poste.
Cet homme d'État éminent, accablé par Sixte-Quint d'injustes reproches, avait pourtant fait les plus grands efforts potrr empêcher un rapprochement entre les rois de France et de Navarre. Il avait saisi l'occasion de la mort de Catherine, moment favorable, pensait-il, pour toucher le cœur de son fils, pour lui représenter l'étendue de son crime. « Tâchez, Sire, lui avait-il dit, de vous réconcilier avec Dieu, grandement irrité contre vous pour les choses passées. » Il le conjura de ne pas tendre la jnain aux huguenots ni à leur chef hérétique, relaps et condamné par l'Église ; et' Henri IH,
1. a Sua Santità gli anderebbe con la beretta in mano. » — Le pape donne ces détails à Badocr. C'est en effet le langage habituel des rapports du cardinal de Joyeuse et de M. de Pis&n^.
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i|Uoi(|iu> ih^jà OU |H>ur|>arlers avec Navarre, jura et ailinim 8ur Thonneur que jamais il ne s'allierait avec iUî |MiUCO« Lo h'*gal ou était là de ses remontrances ïàU^riK>H» lorsqu'il n^^^wi un courrier porteur de dépêches qui hlàuinioul vivi^mont sa conduite. Quoique le cartiiual Monlalto eût timidement cherché à atténuer roxp)H)asiou du mécontentement de son oncle, ces pitVoH no laissèrent aucun doute sur la disgrâce du légat. Momsini i^pondit avec dignité : il avait exécuté l«« orthHJs, il avait agi dans Tesprit des instructions de Sa Sainteté ; sa conscience ne lui faisait aucun rcpn>che.
De son côté, le roi continue à le payer de bonnes paroles qui sont autant de mensonges. Il évite d'ailleurs de le voir. Lorsque le légat apprend qu'au lieu de mettre en liberté le cardinal de Bourbon et Tarclievcque de Lyon, on va les transférer au château d'Amboise, il pénètre, sans avoir demandé audience, dans l'appartement du roi. On lui dit que Sa Majesté est dans son cabinet de toilette et s'habille, mais le cardinal ne se laisse pas arrêter. Il entre, il lui adresse les plus vifs reproches. Henri répond que c'était là un do ces cas où le père ne pardonne pas au fils, que Sa Sainteté elle-même lui conseillerait d'empêcher par tous les moyens, sa vie durant, d'autres que lui d'ôlro rois de France.
Les rapports entre ce prince et le représentant du Saint-Siège se tendent de plus en plus. Lorsque le roi propose au légat de le précéder à Moulins, celui-ci accepte avec empressement, d'autant plus volontiers, lui répond-il, que c'est la route d'Italie. Il ne se fait
d'ailleurs aucune illusion sur Tarrière-pcnsée de Henri, sur son désir d'éloigner un témoin incommode, pendant que les messagers vont et viennent entre Blois et le camp du roi de Navarre.
En effet, le 3 avril 1589, la trêve fut signée entre ce dernier et Henri HI. Le légat jugea que c'était pour lui le moment de quitter la cour. 11 se rendit à Moulins. Le tableau qu'il trace de l'état du pays qu'il traverse est effrayant, et dépasse, en fait d'horreurs et de misères, tout ce que de nos jours nous avons pu voir dé semblable dans des circonstances analogues. Morosini en a l'esprit frappé. H pense que si on laisse le temps d'arriver aux auxiliaires étrangers appelés par les deux partis, par la Ligue et Henri lU, la France sera à jamais ruinée. L'exaltation des ligueurs, leur hostilité contre le roi ne laisse aucune chance de réconciliation. A Lyon, un père dominicain a affirmé du haut de la chaire que le roi était hérétique. Le légat renouvelle ses instances pour être rappelé. Lorsque Henri HI s'est fait annoncer à Moulins, Mgr Morosini, bien que malade et sans nouvelles de Rome, parce que Ton intercepte ses courriers, se décide à partir précipitamment. Sa dignité personnelle, autant que les égards dus à sa position ofQcielle, ne lui permettent pas de revoir un prince devenu l'allié des ennemis de la foi. Quoique les chemins soient infestés de maraudeurs et de bandes de voleurs, il se met en route. C'est à travers mille dangers qu'il arrive enfin à Lyon. Là, sous la protection du frère du duc de Nemours, le marquis de Saint^Sorlin, qui comman^le pour la Ligue, il espère pouvoir attendre en sûreté l'autorisation si
souvent sollicitée de retourner à Rome. Son espérance est déçue. La terreur règne dans la ville, le peuple est fanatisé. Les suspects sont ari'êtés, quelques-uns d'entre eux mis à mort. Lui-même, passant pour favorable à Henri III, est regardé avec méfiance. On le reçoit, il est vrai, avec les honneurs réservés à son rang élevé, mais les autorités municipales ne lui cachent pas l'embarras «que leur cause sa présence. Il est obligé de leur exposer la conduite qu'il a tenue depuis « le malheureux 23 décembre ». C'est à gi'and' peine qu'il parvient à les calmer; mais, malgré la bienveillante protection du marquis de Saint-Sorlin, sa situation n'est pas tenable. D'ailleurs il ne doute plus du triomphe final du roi de Navarre. Ce qui se passe sous ses yeux, dans ce centre de la Ligue, le confirme dans l'opinion que Henri sera vainqueur. Seulement, il voit dans son triomphe celui de l'hérésie. Lorsque le bruit, qui avait couru à Lyon pendant quelques jours, de la maladie et de la mort du chef des huguenots, est démenti, il écrit à Montalto : « Il n'a pas plu à Dieu de nous accorder un si grand bienfait, car cette mort seule pourrait empêcher ce royaume de tomber sous la domination des hérétiques. » Le contre-coup de ce démenti, ce fut une nouvelle démarche de trentesix prévôts qui, vu l'effervescence du peuple, venaient le prier de quitter Lyon. Il était accusé d'entretenir des intelligences avec le camp ennemi, d'avoir engagé les princes et prélats catholiques à se rallier aux deux Henri, d'organiser dans la ville une levée de boucliers en leur faveur. Il tâcha de les détromper et les engagea à visiter sa maison. « Les armes que vous trouve-
rez chez moi, leur dit-il, sont des bréviaires. » Enfin il refusa de partir et resta.
A Rome, le comte d'Olivarès, blâmant hautement la tiédeur du pape, essayait de lui arracher de vive force le monitoiré. D'un autre côté, Alberto Badoer,.le nouvel ambassadeur de Venise qui venait de remplacer Gritti, ne cessait d'appeler l'attention du pontife sur les inconvénients d'une semblable mesure. Son langage lui était d'ailleurs dicté par des instructions pressantes. « Représentez au Saint-Père, lui écrit le doge, la gravité de la situation. Déjà à Constantinople on se réjouit de la perspective d'une conflagration générale. Elle sera le résultat inévitable de l'état de choses en France, si on ne parvient pas à y éteindre le feu. Que le Saint-Père y réfléchisse; qu'il intervienne ; qu'il ne soit pas toujours sévère ; qu'il use d'indulgence (envers Henri 111) ; qu'il tienne compte des circonstances et des difficultés des temps ; qu'il suive l'impulsion de son cœur bienveillant. » Ces remontrances respectueuses et amicales ne firent qu'ajouter aux embarras du pape. « Que pouvons-nous faire, répondit-il à l'ambassadeur en haussant les épaules, si le roi ne veut pas être sauvé? Nous avons eu grande patience. Il va de mal en pis. Que pouvons-nous faire, pauvres gens que nous sommes? — Du courage, Saint-Père, répliqua le diplomate vénitien; vous trouverez dans votre sagesse le moyen de remédier aux maux passés et d'empêcher de plus grands maux qui semblent imminents. — Que Dieu nous vienne en aide! s'écria Sixte-Quint ; nous ne savons que faire. »
L'ambassadeur d'Espagne avait appris l'interven-
tion de la république de Venise en faveur de Henri III, et lorsque Badoer se présenta un jour chez lui pour en atténuer la portée, Olivarès blâma la partialité de la Seigneurie, et donna à entendre que Ton avait connaissance à Madrid des sommes d'argent envoyées à ce roi par le gouvernement vénitien. Il déclara que l'union de Henri III avec Béarn avait complètement changé la situation ; que son maître ne tarderait pas à se déclarer, que la tendresse de la Seigneurie pour le roi do France était étrange et témoignait de peu de zèle pour la religion, car si elle prétait en apparence son appui moral à Henri IH, c'était réellement à Béarn qu'elle l'accordait.
Après de longues hésitations, le pontife se décida. Le 5 mai, il tint un consistoire, imposa aux cardinaux réunis le secret le plus absolu, traça un tableau fort sombre de l'état général de la France, fit lire un recueil de pièces diplomatiques, et finit par communiquer le projet de monitoire, que l'assemblée s'empressa d'adopter. Le 12, ce document fut expédié au Icgnl, avec ordre de le publier le même jour qu'il serait affiché à Rome. Le roi, sous peine d'excommunication, était sommé de mettre en liberté le cardinal de Bourbon et l'archevêque de Lyon dans l'espace de dix jours, et, dans l'espace de soixante, de comparaître à Romo, personnellement ou par procuration. Quelques jours après, le monitoire fut communiqué aux ambassadeurs de France, d'Espagne, de Venise, de Savoie et de Toscane. Le pape envoya un prélat chez Olivarès pour lui exposer la nécessité où il s'était trouvé d'en arriver là, (( comme s'il avait besoin, écrit l'ambassadeur à
Philippe, d'excuser cet acte, au lieu d'excuser plutôt SCS lenteurs et ses irrésolutions. » Le pontife en parla à Badoer. Il tenait toujours, lui disait-il, les bras onverts, prêt à embrasser le roi, et c'était par un sentiment de convenance qu'il n'avait pas dans le monitoire fait mention de l'union de Sa Majesté avec les hérétiques ; mais en réalité c'était précisément cette union qui avait déterminé le chef de l'Église à lancer la sommation. *
Le chevalier Vinta, secrétaire d'État du grand-duc Ferdinand, eut ce jour-là une longue audience. Le pape l'accabla de reproches, trouva indigne la conduite de son maître, toute favorable au roi de France, et si contraire aux obligations que sa maison avait à Charles-Quint et à Philippe; si imprudente, puisqu'elle exposait le grand-duc au ressentiment des Espagnols et l'Italie aux troubles qui en seraient la fatale conséquence. Ces propos sont significatifs et méritent d'être relevés, parce qu'ils concourent, avec d'autres indices, à prouver que dans cette crise Sixte-Quint ne voyait plus de salut en dehors de l'alliance espagnole.
Les représentants de Henri III, après avoir vahiement essayé d'obtenir un sursis, eurent hâte de partir avant la publication du monitoire. Le cardinal de Joyeuse et l'évcque du Mans prirent congé du pontife. Celui-ci, encore sous l'impression des lettres interceptées du prélat français, lui dit : c( Racontez au roi ce que vous avez vu ici, et surtout pas de mensonges ! y> Le marquis de Pisany trouva plus digne de son rang de partir sans audience. Sauf le bonheur domestique qu'il avait trouvé à Rome, en y épousant une femme