‹ Sixte-Quint (volume 3)Chapitre 12 sur 31 · II · texte numérisé non relu

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mais son ambassade n'a produit aucun résultat. » Cet échec, il l'attribue aux moyens de douceur recommandes par le roi, tandis que, dans son esprit, c'est la peur, et la peur seule qui aurait pu briser les résistances du Vatican {la via del rigor). D'ailleurs Olivarès es^ dégoûté du service. La triste satisfaction que lui donne l'insuccès du duc est contre-balancée par son dévouement pour le roi. Le rôle de Mentor du jeune Sessa ne lui convient pas, et il prie son ami le secrétaire d'Etat d'exprimer à leur maître les regrets qu'il éprouve de se voir écarté du nombre des personnes qui passent pour avoir bien mérité de Sa Majesté.

Cependant ils ne cessent, lui et le duc, d'obséder le vieux pontife de plus en plus souffrant, mais non brisé, luttant en même temps contrôla fièvre et contre les ambassadeurs de Philippe II, dont l'aspect seul le remplit de dégoût et de colère, mais non plus de peur ; car, chose étrange, dans les derniers jours de son existence, depuis qu'il a trouvé le courage de laisser partir le courrier d'Olivarès avec la capitulation non signée, il a repris toute l'énergie de son caractère ; il est décidé à ne plus se laisser intimider ; il espère d'un jour à l'autre apprendre que Paris s'est rendu. Il compte sur des faits accomplis que le temps amènera, car le temps, tout le monde le sent, est favorable à la cause de Henri, qui est la cause de la France, et en même temps, cette fois, celle de la pa-. pauté. «Ils nous tueront, dit-il à Badoer quinze jours avant sa mort, ils ne veulent pas nous laisser en vie, ces Espagnols, ils veulent nous enseigner ce que nous

avons à faire, mais nous n'avons besoin de leurs enseignements. Nous enverrons des troupes en France, mais pas maintenant, et pas en compagnie avec TEspagne, mais pour soutenir le prince catholique qui aura été élu roi de France, et en attendant iïous y enverrons des prélats. »

Le dimanche 19 (août) Olivarès et Sessa se présentent chez lui. Il est fort souffrant et, pour se venm'r de leurs importunités, c'est au milieu du jour cpi'il les oblige à quitter Tombre et la fraîcheur du palais d'Urbin et à gravir la rampe qui mène au (Juirinal, qu'il habite pendant la saison chaude. Cette audience; ne dura que quelques minutes. Les ambassadeurs mnouvelèrent leurs instances, protestant contre la mission de Mgr Séraphin, exigeant que le pape fil l<;vcr (les troupes conformément aux engagements « quasi » pris par Sa Sainteté*. Le pape se fâcha, leur dit des paroles fort dures, et lorsqu'ils lui déclarèrent (]\n% s'il continuait à les traiter ainsi, ils ne se préscnlcrnieiii plus devant lui, il s'écria qu'à Theurc même ils |)ouvaient s'en aller. Ils se retirèrent aussitôt, ])our ne plus le revoir. Le 21, Sixte-Quint réunit la congrégation de France, renouvela ses plaintes contre les représentants de Philippe, et posa la question de savoir si les prélats devaient ou non se mettre en route pour la France. Les cardinaux conseillèrent d'ajourner le départ, afin de ne pas avoir l'air d'agir par dépit, et

i. Le pape r.*! conte les détails de Taudiencc à Graziosi, agent du duc d'Urbin. Relacion de lo que pasô con Gracioso, agente del lh(que (le Urbino. Lundi, 20 août 1590; adressée au duc de Sessa, Arcli. Simancas.

aussi par égard pour Sa Majesté Catholique. Sa Sainteté y consentit et se calma, car à ce moment rien ne répondait mieux à ses desseins que les délais.

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