‹ Sixte-QuintChapitre 22 sur 66 · II · texte numérisé non relu

II

404 SlXTE-QUlNT.

des murs entre les étages se revêt de pilastres fort peu saillants appuyés sur des bandeaux. La porte, les fenêtres du premier étage sont le plus souvent à platesbandes. Un chambranle simple tourne égalementautour d'elles. Les fenêtres de Tétage supérieur sont à plein cintre et sans imposte, le toit toujours saillant. Dans les constructions plus considérables on voit audessus du portail à plate-bande une corniche supportée par des consoles dans la hauteur de la frise, qui est saillante et affecte la forme du tore. Les consoles reposent sur des contre-chambranles. Les fenêtres sont à plein cintre, entourées d'un chambranle plat et sans imposte. Les tympans forment saillie sur le nu des murs, portent une rosace, et sont couronnés d'une corniche *. Sous l'influence des Florentins attirés par Léon X, leur compatriote, le goût du rustique reprend à côté du culte de l'antiquité. On parle la langue des Romains avec un fort accent toscan qui ne gâte rien. Peu de maisons, bourgeoises.' osent, à l'exemple du palais, asseoir leurs étages supérieurs sur un rez-de-chaussée en bossage, mais, le portail au moins suit la mode. C'est de nouveau l'arc à plein cintre; seulemeiit les claveaux et assiettes sont de grosses pierres rustiquées et alternant de longueur. On n'y voit pas encore l'imposte, qui est déjà généralement adoptée pour les fenêtres quand elles sont cintrées ; un peu plus tard celles-ci sont généralement

* Le plus beau spécimen est la maison de Pietro Torcino dans la Strada papale citée plus haut.

* Le »• 105 du Borgo novOt bâti, comme on croit savoir, par le médecin de LéonX, est du nombre, sauf le portail.

construites à plates-bandes. On a de la peine à s'expliquer le charme secret de cette architecture bourgeoise; il serait plus difUcilede le défiiiir, impossible de ne pas le subir.

D'où vient-il qu'immédiatement après Paul III, et déjà vers la fin de son pontificat, bien qu'on s'écarte à peine des grands modèles, les palais et maisons deviennent lourds, monotones, tristes, engagent si peu les passants à les choisir pour résidence ? Le feu sacré des générations précédentes s'éteint de plus en plus. Dans la seconde moitié du siècle , les portails rustiques , composés de pierres moins grosses , portent des impostes et des clefs non rustiquées qui n'ont aucune raison d'être dans une architecture imitant le rocher ; plus tard on y engage des colonnes supportant des balcons peu saillants. Les portails des petites maisons sont à plein cintre avec impostes composées de pierres ravalées. Les encadrements des fenêtres désormais sans exception à plates-bandes sont tourmentés et se profilent les uns sur les autres. Les crossettes sont parfois accompagnées de consoles qui n'ont rien à supporter.

Page 1