LES PAROLES DE SKOBELBW
Les populations des bords de la Vistule n'envisagent pas l'avenir avec la môme quiétude que nous. Elles croient que si l'empereur Guillaume et le maréchal de Moltke n'avaient t)as l'un et l'autre grandement dépassé quatre-vingts ans, Skobelew, en rentrant à Varsovie, après avoir prononcé se» harangues, eût trouvé campées, sous les murs de la cité polonaise, les garnisons de Posen et de Cracovie, mises en mouvement sur un ordre parti de Berlin. Mais ^Empereur d'Allemagne sait que cette guerre sera la plus terrible qu'on aura vue depuis l'invasion des Mongols, et comme il sent qu'il devra bientôt paraître devant Dieu, il ne veut pa& avoir à lui rendre compte du sang dont il aurait pu éviter l'efltosion.
Les Slaves aussi bien que les Allemands comprennent parfaitement toutes les conséquences que doit avoir ce conflit.
A Sadowa, on se battait pour savoir si la Prusse ou l'Autriche représenterait en Europe la race allemande; à Sedan, il s'agissait de décider si la France ou la Prusse tiendrait. le sceptre européen. La Pruisse a vite réussi à placer la race allemande sou* son hégémonie, et à transférer de Paris à Berlin le méridien de la politique européenne ; désormais la suprématie politique est assurée à la race aile- 0)ande au détriment de la race latine* Maintenant
s SLAVES KT TEUTONS
il s'agit d'une toute autre affaire. La guerre qui se prépare n'est plus seulement une guerre d'Etat à Etat, de race à race ; c'est l'Orient qui est aux prises avec l'Occident, — l'Orient qui n'ayant su jusqu'ici que nous emprunter nos vices, se croit en possession d'une civilisation parfaite et prétend défendre les mœurs antiques et le principe du pouvoir absolu et divin, personnifié dans le Tsar pontife , contre les théories subversives de V Occident pourri. Ce sont des hordes barbares, enrégimentées à la façon des armées civilisées, qui s'apprêtent à marcher sur l'Europe, en déployant les étendards de la sainte Russie, pour apporter à tous les Slaves les bienfaits de la communion orthodoxe.
L'Allemagne subira un choc effrayant, et il lui faudra toute sa cohésion et l'élan que sait inspirer aux Allemand? l'amour du Vaterland, pour résister à cette guerre d'ext^rmination.
^. Désormais les Russes savent qu'il ne suffit plus ' BXBL cosaques de violer le sol roumain et de franchir le Balkan pour aller planter leurs lances dans la porte dorée de Stamboul. Constantinople n'est plus qu'un rêve tant que la querelle allemande ne sera pas vidée. Tous les coups viennent de Berlin. C'est à Berlin qu'on a décidé de couper les serres de Taigle russe qui s'était cramponné il y a quatre ans aux minarets de Sainte-Sophie ; c'est à Berlin