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Mais une classe oublieuse de ses devoirs, loin de trouver dans la fortune un soutien, n'y rencontre qu'une facilité de plus pour la jouissance, qui devient le seul but de son activité. Dès lors elle n*a plus ni le stimulant que donne le souci des affaires publiques, ni le frein contre les entraînements d'une vie insouciante et facile.
Le livre d'or de la noblesse polonaise n'est pas sans taches. Il y a plus d'une famille célèbre et puissante dont quelque membre a été traître au pays, et que l'histoire rend en partie responsable des malheurs de la Pologne. Mais l'épreuve au lieu d'envenimer les haines semble les avoir calmées. Ces crimes de lèse-nation sont aujourd'hui oubliés des Polonais eux-mêmes, et à chaque crise que le pays a traversée depuis son démembrement, il a retrouvé toute son ancienne noblesse prête à donner sa vie et sa fortune pour la cause nationale.
Quand on a nommé les familles Czartoryski, Zamojski, Potocki, Krasinski, Lubomirski, Sapieha, Radziwill, Tyszkiewicz, Przezdziecki, Branicki, on a cité les principaux noms de Pologne, qui ont à la fois un passé historique et le prestige que donne une immense fortune. Il y aurait certainement là assez d'éléments pour reconstituer une force sociale capable de préparer au pays un nouvel avenir, mais à l'exception des Czartoryski, des Zamojski, des
1^ SLiTVlES ET TBDTONS
Luhomifski €ft de ({uelqc^es ailtres, qm 4toiiiieiit joinv nélleffleiitla preure qu^îls oeinivienneiit lairs^tefoirs so^uK/il^semMe v^e la liante «an$t<yenrtte a ^is son pâ^^i iâfi râle ^éS^eé iqai lui est>ftiit,*étqii¥lte attende -povr motitrerison aéT0U€»»eiit % la caase ptdMiqne npïe la Po*ogiie*i8e'i?i^&h9ie a^He^méiiié^.
Désormais la fortune seute'^èl«9Se «ntre^&ïrx'les gMtilAioinmes polonais, €t tel grand "^seigneur, qmi se naine, tombe 4u ismp des pn^niers rai^s Ae l\nrïâtoeratie anx^denivers rangs ëe^la "silaidti^.^ S2lac!ita "«st anjoinil%iii Hsn *Polf^ne le mm\ wrps orgmiisé.^Il ftttnn lanps ou f«is gentilsiKmmes |)ck Icmais, eialtres'de la'teire/se^Gicmsî^^ seals'â^nes de l*lionnenr de^ia déft^vâi^jse'tennieict ^oltenetttunîs par les liens d'une isolidarîté^oiïte dhevatet^esque, se traitaient en frères pattout où 'te liasard'les felsait «e rencontrer et ne connaisâaialt qu'une devise: Chncun pour toits et lûtts pour chacun, ^es ^traditions h^existent plus dans la szlachta. La Tie est plus positive et plus kanale, mais du moins* le patriotisme, l'honnêteté, le travail, le sacrifice absolu pour le salut national, s® lit restés le trait caractéristique et la paissitm dominante du gentilhomme campagnard.
1 Le tifaie»u E qu'ion (retrreà iU' fin de œ livre iiQilii{ae< testes les familles ^e la haute aristocratie dont Torigine nationale n'est pas contestée.
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En "tête de la szlaohta, sont qtfôlques limmoes éclairés, riciies propriétaires, dont Jes domaines ont jusqu'à quinze mille h0ctares. C'est chez eux ^ue le cararctère niatioQal est le mi&aai conservé, q^ ia tradition nationale est restée intacte, et qu41 y a • encore assez de ressort pour former une classe dixigeanÈe dt pour qu*on ne désespère pas toat à lait de l)»?emr du peuple polonais.
Tant que la szlachta tiendra la terre €t restei^ dans les campagnes en contact avec les pay'sans, >la PoliQigiie démembrée, appauvrie, persécutée, aura encore assez de souffle pour revivre. Cette «classe est nombreuse et se retrouve dans toutes les provinces qui dépendaient du royaume de Pologne. Dans le grand-duché de Posen elle possède encore près de la moitié du territoire ; dans les anciennes provinces polonaises annexées à la Russie, elle q»i poi^de près du quart ; dans le royaume de Pol<^ie, la grande propriété comprend la moitié des terres de rapport. Sur les douze millions d'hectares, qui forment la superficie du royaume de Pologne, les petites propriétés des paysans, des bourgeois et des petits nobles, qui sont inférieures à 160 hectares, représentent une étendue d'environ cinq millions d'hectares, et celles dont la superficie est supérieure quatre millions sept cent mille hectares. Les domaines de cette demièrecatégorie ont, en moyenne
une étendue de 565 hectares. La petite et la grande propriété ont donc approximativement la môme importance. C'est dans les huit mille domaines de grande propriété, qui ont les éléments d'une exploi- •tation complète : terre de labour, prairies, pâturages, bois et une population ouvrière — que se trouvent plus de sept mille gentilshommes polonais de la szlachta, vivant dans leur dwor et faisant valoir eux-mêmes leurs terres.
La petite noblesse du royaume de Pologne est bien en retard sur celle de Galicie, sous le rapport de la culture intellectuelle et de l'éducation politique. C'est la conséquence de la crise agraire et de l'insurrection de 1863. Il y a bien encore une moitié des gentilshommes campagnards du royaume qui ont été trop éprouvés par la réforme agraire pour avoir pu se relever. Ils ont une existence difficile et manquent de ressources suffisantes pour donner une éducation complète à leurs enfants. En outre les Polonais, qui occupaient jusqu'en 1863 tous les postes administratifs des divers gouvernements du royaume, n'ont plus eu depuis vingt ans aucun moyen de s'initier aux affaires publiques. Les conseils et les tribunaux des communes sont bien électifs, mais les employés russes, par leurs sottes exigences, mettent tant d'entraves à la gestion des affaires locales qu'on ne trouve pas de propriétaires
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disposés à accepter les fonctions municipales administratives. Au contraire les places de juges sont recherchées par les propriétaires et c'est ainsi qu'ils se trouvent en contact fréquent avec les paysans.
Les paysans jouissent delà liberté civile depuis rintroduction par Napoléon du Code civil dans le grand-duché de Varsovie en 1808. Ils n'étaient plus tenus qu'à quelques jours de corvée représentant le prix des terres dont la culture leur avait été concédée. A partir de 1830, les Zamojski, Wielopolski, Adam et Auguste Potocki et d'autres grands propriétaires essayèrent de convertir ces charges, derniers restes du servage, en des redevances pécuniaires ; mais les paysans étaient toujours plus disposés à se libérer en travail qu'en espèces. Le montant des redevances qu'ils consentaient à payer n'était jamais suffisant pour indemniser le propriétaire, de plus ils résistaient à toute division des terres, au partage des biens communs, à la suppression des servitudes et à toutes réglementation^^ ^çs usages forestiers et du droit de pâture. Aus9j, en 1859, la population rurale était encore composée pour les trois cinquièmes de paysans dits seiffus^j^t^riaux. L'Ukase de 185G plaça ces paysans sous la protection du Gouvernement. Il fut interdit aux
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propriétaire» de les renvoyer arbitrair^nent- et!rantorité se réserva Texamen de toat contrat* passé entre eux et les propriétaires. La corrée n'en subai^ paa moins. Le marq^iis Wielopolslu, administrateur du royaume, avait pris en 1861 les- mesures nécessaires pour l'abolir définitivement; mais sans attendre que les propriétaires eussent fait des GODktrats pour opérer cette transformation,, uae lui âd 1862 fit disparaître les derniers liens^ dit s^rvege ei: raidit le cens obligatoire Elle impUqusât en même temps la division des terres, rabolition: d«s servitudes, la suppression de. la jomseance oomr mune. On eut le tort de baser cette loi sur le pi^inoipe d'un bail perpétuel, alors que Topinion pididique réclamait déjà pour les paysans la pleine propriété desserres qu'ils cultivaient.
MpUteucreusem^it. pour la Pologne la q^estilm agrsàm n'avait pas été complètement, réglée aR^aat rinsurreQtion, et le gouvernement misse, qui à^tfurtùr de 186^ ne songeait plus qu'à l'anéantissfaneiii: die la race polonaise, av^it garde de laiaaen écbapper l'occasion qui: s'offrait à lui de ruiner une noblesse ^tujLen faisait la force. L'Ukase du 2 mars^l864p©sa lea,basas de la, réforme agraire pour tout TEmpire. Mais tandisique dans les provinces rosses les^ employés chargés d'appliquer la loi s'efforçaient. de fa- Yorisear tes propriétaires^ cumsL qui fureni envoyés
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àBim ley TxsywamB d^ Polo^o* usèrent dlë tous les m^ens^pourles miner. Les^^valuations^s^terres et les taxes; de rackat ont été si élevëe» en; Russie que les petits cultiY'ateuiKh sont appauj^iô» pour longtemps. En Pologne mi oontralre les ternes ont étéestimées^àideS' prix dérisoire». "Qwas- Men des^ ca» les évaluations^ n'ont pas&'dépassé le tiers de la: valeur réeMe, et F Ukase de IMé ai été interprété de* telle sorte» qpie lea simples manœuTres et' les^ garçons de ferme, par le seul fait qu'ils habitaient le domaine du propriétaire et étaient engagés à Tannée, furent déclassés propriétaires.de la miaison qu'ila-toosufiaîent et du jardin y attenant. Pendant ^^en^ fiusme on supprimait tous Ies> droits de pâturagevd&'pacsgQ et l4!S> usages forestiers, on mettait eni Pblegne-àila Gbargedes grands propriétaires de» servitudes^tel* lement onéreuses qpi*aujourd^hui, encpae beaucoup sont obligés, pour s'affranchir de ce» droits,. ^abandonner amx paysans^des terresi poux: luie vaieujt con-r indtérable et de^vendm une partie deeleui» fecétsv — Oi* m'» cité un propriétaire qui avait reçuj 38^000 ronbl«Bi^d'imLemnité peur ' 3^600 hdctanssB de t^res réparties entra le» paysans ^l cuitâyaient: sesdontaîne»^ etqoÊai iùr leur aiiiuidt)nn]er pour! I^fiT^OO roubles à& terres arables^ pouR^ oltÊBmtt àlewsL la renoHciatie» a«& vamffm fèi^eaaliais» cpd^ aiwent^ été recoIlnustp8e^la^ocllBlmisnon rusMi.
Les Russes avaient espéré qu'en sacrifiant les propriétaires, ils créeraient un antagonisme entre les petits cultivateurs et les paysans et qu'ils gagneraient les sympathies de ces derniers, mais les propriétaires ont gardé uneprudente neutralité et ont su éviter tout conflit. L'administration russe n'a pas réussi à gagner les sympathies des paysans, car l'employé russe ne sait pas administrer un pays sans froisser les populations et tout compte fait, l'impôt à payer à l'Etat est plus onéreux que les obligations dues autrefois aux propriétaires. Au surplus un employé russe ne fait rien pour rien. Il faut à tout propos payer un pot de vin, ici pour ne pas avoir de difficult;$s, là pour écarter celles que l'administration a soulevées. Les grands propriétaires se soumettent à cette nécessité, ils préfèrent payer et avoir la paix, mais le paysan rechigne longtemps avant de s'exécuter.
La crise foncière a été trop forte et trop longue pour que la grande propriété n'ait pas été gravement atteinte. Pendant les deux années qui suivirent rinsurrection, une guerre de partisans acheva de ruiner le pays. Il fallait sans cesse satisfaire aux réquisitions militaires. La réforme agraire ayant été appliquée comme on l'a vu plus haut, toutes les exploitations furent désorganisées ; on ne trouvait plus le personnel suffisant pour les travaux des
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champs, la valeur vénale des terres était considérablement amoindrie, l'insolvabilité d'un grand nombre de propriétaires étant notoire, on leur refusait du crédit. Par bonheur, plusieurs années de bonnes récoltes, la baisse du rouble, le développement de l'industrie et du commerce intérieur ont permis à un grand nombre d'agriculteurs d'échapper à une ruine complète.
C'est surtout au Crédit foncier que les propriétaires polonais doivent leur salut. La fondation du Crédit foncier de Pologne est antérieure à 1830. Le pays épuisé en hommes et en argent par les guerres de Napoléon fut une première fois sauvé par cet établissement. Dans les moments de crise, les agriculteurs ont toujours trouvé là un crédit facile, sans lequel ils auraient été obligés de vendre leurs biens à vil prix, et ces terres seraient infailliblement tombées entre les mains des Allemands qui étaient toujours prêts aies acheter. Chaque fois qu'un héritier désire éviter le morcellement d'un domaine qu'il faudrait partager, il s'adresse au Crédit foncier et remprunt qu'il y fait lui permet de dédommager ses cohéritiers. Ce cas est très fréquent. — Mais cette institution paraît avoir déjà donné en Pologne tout ce qu'on est en droit d'attendre d'elle. Le chiffre des emprunts dépasse déjà cent millions de roubles; aller au delà pourrait avoir le grave inconvénient
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(le fausser r«sprit de rinstîtufion, detropmcdiiHfier la terre, et d'en élever le prix plus que ëe wrison. Autrefois les terres étaient capitalisées sur le Isàux de 6 0/0, aujourd'hui elles «e venâeut surileianiL'de 4 0/0. Dans ces conditions, les Mis de euStuife^eties intérêts à payer pour les empruTPts'&tfteauiQBéâit foncier représeirtent déjà près àe 6^ 0/0 et la "terre ne donne pas cette rente. En résumé, sur lesdiK^)» douze mille propriétaires dont les terres fotnient la moyenne propriété, les deux ^iers i»mt saurés aujourd'hui, le reste est trop compromis pour éviter uneroine plus xm moins procbaiae.
n a été publié en mars dernier dans une iwvue de Varsovie (Niwa-hi Plaine) une étude «te M. Louis Gors:ki snv IHmportancett les devoirs d^ ùz grande propriété dans le royaume de Pologne. J'an mettais les réflexions suivantes :
Depuis une quinzaine d'années les grands propriétaires, qui oilteu *à passer la crise firovoquée par la*réforme agraire, ont fini par perdre te goût des travaux agricoles. Ils se plaignent de n'y {Uts trouver une rémunération* suffisante de leuns peines, d^étre obligés d^e vivre lc«n de tout centre iatcHôo-
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ixi^,'mtû'Ummi liiitte^ toutes sortes de ^eserHifits de ia '^«rt âe l^idmiQtsîtratioii locale. {Beaucoup pnsmtônt^ parti ée jsoos-kmer leurs terres ;à des juifs «st id'aiterifiaUlerJtes fvilies duiK>yauiiie. — Il est vrai que Tadministration russe, qui se plaît quelqifâfins À rniéiBageriesPoionaâs de Varsovie se montre toiijouirs tHRirassière dans les campagnes. À diaque pss'xxi'se heurte aux xosesures arbitraires des petits empiojés; il'a«$t inutile ^-de p^Ttor ^inte ^t c>^ n^ÊmBmoajff^nt dangereulL. ^ A Wwsume tm obti^ot un passeport en quaraiit&»àuft teun^ 4M11S im campagnes il faut des mtm, iLa "vioinaitté e^ si négligée que les commaiii«a^iR»iiatxie ^rmsfns *fsmi, parfois iiiapossibèes:; les 4m«eaiiKd^ so Ait très
distants lesuns desautres, le&iettresssstiesjourniaisiL n'arrivent la plupart du temps que tous l<es ^iKOt jours. Tout ce qui touche au ciilte 'catholi'que «sft Vot^ de mille dimcultés.
Déjà un grand nombre de paj^^ns sont attinte vers les villes par le développement excessif que le commerce et l'industrie ont pris depuis une dizaine d'années. Si les propriétaires font de môme, ce sera un grand malheur pour la nationalité polonaise. M. L. Gorski démontre que la crise agricole est sur >tei»)iift'âe ^ir. :La tekie in mnbàe ryerme^ aisfx p^opril$tai^g6^dbe «ventine lesns produSts À iftes 'prtK ttiipdr«iuiQsii4seaKtqiie ip&mmiJC^bsaiTltmitxàr
tivatetiTS des autres pays ; on a la main-d'œuvre à bon marché; la plupart des domaines ont une étendue de cent arpents, c'est assez pour qu'une famille puisse vivre honorablement et môme faire quelques épargnes.
Ce qui manque aux propriétaires, ce sont les connaissances pratiques pour obtenir une production à bon compte. On ne sait avoir ni de bons chevaux, ni de bon bétail, ni de bonnes volailles, ni de bons fruits. On néglige même d'entretenir les forêts qui constituent une grande richesse.
La petite noblesse polonaise ne parjit pas comprendre les grands services qu'elle peut rendre au pays. Les paysans représentent soixante pour cent de la population du royaume, c'est en eux que réside toute la force naiionaie. Au lieu de les^
laisser livrés à eux-mêmes et tomber dans la main des juifs, elle devrait entretenir soigneusement de bons rapports avec eux et les aider de ses
conseils.
C'est sans doute un grand malheur que la réforme agraire ait été faite par les Russes avec cette rage haineuse, car des mesures qui sagement appliquées